Comment garantir « compétence et intégrité » à nos élus ?

A l’aube du 18 octobre, il ne s’agit pas d’élire des personnes X ou Y à des postes à Berne ou dans certaines capitales cantonales, mais d’offrir la possibilité à des compétences, c’est-à-dire à des femmes compétentes et des hommes compétents, de représenter les intérêts de chaque citoyen et chaque canton quelle que soit leur appartenance politique.

Plusieurs questions se posent :

– Une fois les élus en place, qui mesure leur travail, leurs compétences effectives ?

– Ont-ils un cahier des charges lié à leur poste, leur fonction ?

– Existe t-il un cahier des objectifs à atteindre ?

et

– Que deviennent toutes les promesses émises durant la campagne électorale ?

Certes, la gouvernance politique n’est pas exactement la même que la gestion d’entreprise (« Corporate Governance »), mais il devrait y avoir une adéquation quant aux deux types de gouvernance, au minimum sur la fixation d’objectifs et l’évaluation de leurs atteintes.

Une proposition de mise en place d’un système d’évaluation – «assessment en continu» – des élus, même dans une démocratie, permettrait de le faire. Cette proposition va certainement bouleverser le petit monde politique habitué au train-train quotidien qui n’a comme premier but, une fois élu, que de se faire réélire !

Quelques pays d’Asie tentent l’expérience. Il y a d’un côté un assessment en continu en fonction d’objectifs à atteindre dans certaines municipalités et de l’autre un « assessment » fait par la population au travers de questions posées sur une page Facebook.

Ce n’est pas parce que la Suisse est considérée comme une « bonne démocratie » qu’il ne faut jamais se remettre en question ! On doit toujours améliorer le système, même démocratique. Les élus doivent être mesurés, selon un cahier des charges et des objectifs à atteindre de manière précise. Il devrait être normal, pour un élu, de devoir rendre des comptes sur les résultats obtenus. Il est impensable de devoir attendre une ou deux législatures pour se séparer d’un élu soit par une non-réélection ou par sa démission.

Des exemples comme Ueli Maurer au Conseil fédéral ou Anne-Claude Demierre au Conseil d’Etat fribourgeois ne devraient plus se produire. Il en va de l’image de la Confédération ou du Canton.

Avec un système d’assessment en continu des élus, cela signifie que pour chaque poste et/ou fonction, un cahier des charges et un cahier des objectifs soient disponibles avant la présentation du candidat/e. Chaque  candidat/e se présenterait en connaissance de cause. Le parti serait également responsable du choix de la personne et de ses compétences pour le poste et les objectifs à atteindre.

Celui qui ne répond pas aux exigences doit en tirer les conséquences et démissionner. 

Il faut oser révolutionner la pensée politique pour l’amener vers le meilleur.

Ce système d’assessment en continu devrait être mis en fonction dans un premier temps pour tous les élus d’exécutifs, c’est-à-dire, pour les élus salariés.

 

Sandro Arcioni

Sandro Arcioni

Sandro Arcioni, Dr ès sciences, lieutenant-colonel, expert en stratégie et en cyberdéfense, directeur de mupex Sàrl et enseignant-chercheur dans le domaine de la gouvernance.

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