Bruxelles, un drame de plus…

Mais qui peut en vouloir à la Belgique ?

Malheureusement, tout ce qui sera écrit ces prochains jours dans la presse ne rendra pas la vie aux victimes de ce drame.

Essayons de comprendre au plus vite, afin d’éviter d'autres attentats de ce type. Pourquoi la Belgique vient d'être la cible d'attentats terroristes ? Ce n'est pourtant plus un pays directement engagé dans des opérations extérieures guerrières, bien qu'ayant annoncé son soutien aux opérations militaires de la coalition.

La Belgique, comme d'autres pays d'Europe (Suisse, Autriche, Luxembourg, Danemark, etc. ), par leur apparente tranquillité et leur système de justice très "souple" est utilisée comme base opérative et d'attaque par différents groupuscules terroristes. Il est nettement plus aisé, pour ce type d'organisations, de se mouvoir sur un territoire libre de contrôle où, en principe, les lois interdisent les écoutes téléphoniques et toute surveillance préventive. Mais également, le choix du pays pouvant servir de base opérative doit disposer de parties de territoires sans contrôle policier, tel que le quartier de Molenbeek par exemple. De cette manière, ces groupuscules peuvent opérer en toute tranquillité à l’intérieur et à l'extérieur du territoire belge (dans ce cas) pour porter des attaques en France (Stade de France en novembre dernier). Les distances sont relativement courtes et les moyens pour s'y rendre sont faciles, rapides et sans contrôle. Ces "ghettos", où même la police n'ose entrer (ex : Molenbeek), sont des repères et des bases idéales pour ce type d'actions, de leur préparation au passage à l'acte.

Un grand nombre d'opérations sont "soigneusement" préparées à l’avance, c'est-à-dire par désignation de volontaires et du mode opératoire, toujours identique et sans grande valeur ajoutée intellectuelle, mais pouvant rapidement être mis sur pied où bon leur semble.

C'est la raison pour laquelle, les auteurs (kamikazes) des attentats de Bruxelles, dont les engagements étaient certainement prévus pour d'autres endroits en Allemagne, France, Angleterre, etc., suite à l'arrestation de Salah Abdeslam dans le quartier de Molenbeek,  se sont orientés sur deux cibles ce matin : l’aéroport et le métro de la capitale, afin de venger l’arrestation de leur chef présumé.

A cause de cet esprit d'angélisme toujours présent dans les pays européens non touchés directement par le terrorisme, il est extrêmement facile de se rendre dans un aéroport en tant que voyageur ou même d’y travailler, par exemple, sans qu'il y ait de contrôle vraiment poussé.

Comment nous préserver ?

Comme déjà mentioné dans mes précédentes prises de position sur d'autres attentats :

1) être moins naïf et ne pas penser qu'un pays sans histoire est un pays protégé;

2) ne pas laisser d'espace sans contrôle;

3) disposer de renseignements et dossiers sur toute personne à risque, quelle qu'elle soit;

4) démontrer, par une « démonstration de force » : présence, contrôles, re-contrôles, traques, écoutes, etc. que la police et les services de renseignement sont bien préparés, présents et peuvent, de ce fait, limiter la liberté de manœuvre de toutes ces personnes à risque;

5) ré-instaurer les contrôles aux frontières (Schengen a vécu);

6) contenir les médias afin de diffuser le minimum d'informations pouvant renseigner et/ou faire le jeu des terroristes;

7) pour toutes les professions/fonctions/tâches sensibles, disposer d'un vrai contrôle sur l'identité et le mode de vie des personnes les accomplissant, quitte, par précaution, à les écarter de ces dernières (comme a osé le faire le Conseiller d'Etat Pierre Maudet à l'aéroport de Genève);

8) et, finalement pour la Suisse, remplacer certaines personnes, mises en place à des postes clés par Ueli Maurer, par des personnes mieux choisies et compétentes pour des missions de protection de la nation.

Nous devrions pouvoir compter sur la responsabilité citoyenne de chacun d'entre nous par l’apport d’informations cruciales aux autorités policières (tels que comportements anormaux détectés, locataires suspects, etc.).

Toutes ces mesures devraient être mises en place pour le bien de tous, sans pour autant verser dans la paranoïa, le racisme primaire ou l'état sécuritaire.

Sandro Arcioni

Sandro Arcioni

Sandro Arcioni, Dr ès sciences, lieutenant-colonel, expert en stratégie et en cyberdéfense, directeur de mupex Sàrl et enseignant-chercheur dans le domaine de la gouvernance.

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