Vous n’aimez pas le mois de Novembre ? Et si on vous faisait sortir de la grisaille à travers les traditions américaines

Après deux chroniques un peu plus axées sur la politique, laissons-donc Donald Trump, les démocrates et les républicains se battre entre eux pendant les midterms. Nous aurons largement le temps d’analyser et de commenter les résultats dans les semaines qui suivront. Aujourd’hui, à travers cet article quelque peu différent et décalé, plongez dans les festivités américaines ou offrez-vous un petit voyage virtuel dans le pays de George Washington.

C’est bien connu, après l’été et ses belles chaleurs arrive l’automne et ses belles couleurs de septembre et octobre. Mais ensuite, c’est le gris, le froid, la pluie, des journées très courtes avec le changement à l’heure d’hiver en supplément. Vous l’aurez compris, le mois de novembre ne semble à priori pas très festif. Cependant, détrompez-vous, nous allons tenter de vous démontrer le contraire en vous faisant voyager à travers quelques traditions américaines. De Halloween à Thanksgiving, en passant par le Black Friday, vous ne pourrez qu’approuver que certaines d’entres elles ont depuis longtemps largement franchi l’autre côté de l’Atlantique. Et vous comprendrez dans le dernier paragraphe pourquoi il vous faut remercier notre calendrier annuel.

 

Lancement des festivités avec Halloween et El dia de los Muertos
La fête originaire des îles Anglo-Celtes n’a plus besoin d’être présentée. Gagnant en popularité dans les années 1920-1930, Halloween est maintenant fêté par près de 70% de la population américaine dans la soirée du 31 octobre au 1er novembre. Avec ses célèbres citrouilles et autres lanternes, la tradition a maintenant également ses adeptes en Europe où des millions d’enfants partent à la chasse aux bonbons et bravent les premiers froids de l’hiver. Le lendemain de la récolte de sucreries, bienvenue en novembre.

Le 1er novembre est justement un jour férié dans les cantons catholiques suisses et en France avec la Toussaint que l’on retrouve sous le nom de “El dia de los Muertos” (le jour des morts en espagnol) aux Etats-Unis. Cette fête d’origine sud-américaine et mexicaine à la base, se fait petit à petit une place dans le pays de Washington avec les nombreux hispaniques et l’inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco. Offrandes de nourritures, costumes, décorations des tombes, défiles et spectacles se côtoient avec un temps pour le recueillement. Preuve de l’internationalisation de cette coutume avec le dernier James Bond sorti en 2015 (Spectre) qui en fait sa part belle dans la scène de lancement.

Un peu de politique ou de recueillement c’est selon
Nous avions tenté de laisser la politique de côté, mais les chaînes de télévisions et de news finissent par se lasser de Halloween et nous rattrapent le mardi suivant le premier lundi de novembre. Comme mentionné dans le dernier article (Midterms 2018: les Américains prêts à se mobiliser pour les élections de mi-mandat), les Américains se passionnent pour l’élection de leur congrès (tous les deux ans) ou de leur président (tous les quatre ans). Cette année, aucun répit avec Donald Trump en guerre contre l’immigration que l’on entend jusqu’en Europe.
Néanmoins, l’histoire fait des fois bien les choses, puisque le 11 novembre est le Veterans Day aux Etats-Unis. Cette journée commémorative en l’honneur des anciens combattants rassemble toute la population et est un jour férié officiel. Coïncidant avec le jour de l’Armistice de la première guerre mondiale, cette journée de recueillement a été insaturée en 1954 par le président Eisenhower. Composé de discours, défilés et rassemblements en l’honneur de tous les soldats ayant combattus (à ne pas confondre avec le Memorial Day au mois de mai), on remarque encore une fois ce jour-là que la place des vétérans est très importante dans la société américaine.
Thanksgiving suivi du très commercial Black Friday 
Plus on avance dans le mois de novembre, plus la période des fêtes avec le début des décorations de Noël arrive à grand pas. Aux Etats-Unis, il y a encore un jour très important avant la folie et la fête du mois de décembre: Thanksgiving. Jour d’action de grâce et de retrouvailles par excellence, cette fête célébrée le quatrième jeudi du mois de novembre est irremplaçable pour tout Américain. Les jours ou soirs précédents, tout le pays se déplace pour retourner dans sa famille et les routes, autoroutes, transports et aéroports sont bondés et les prix au plus haut. Finalement, une fois arrivés chez eux, le repas de Thanksgiving composé traditionnellement d’une dinde est partagé dans la convivialité et la reconnaissance.
Pour avoir été sur place, j’ai également pu constater que c’est peut-être aussi la période la plus solitaire pour les personnes sans familles et seules. Toutefois, les associations et organisations font un travail remarquable en offrant et servant des repas aux personnes seules et sans domicile fixe. De nombreux habitants en font leur mission de cette journée là.
A des années lumières de Thanksgiving se trouve le Black Friday. Le lendemain de la fête, des millions d’Américains se ruent dans les centres commerciaux et autres magasins pour acheter toutes sortes de produits et d’équipements à des prix soldés défiants toute concurrence. Avec l’avènement de l’e-commerce, Amazon et les autres plateformes concurrentes en ont fait un rendez-vous incontournable du mois de novembre. Si les commandes explosent sur le net, il n’est pas rare de voir encore des gens se battre dans les magasins pour acheter le dernier téléviseur ou la dernière tablette disponible à prix réduit. Et vous n’avez pas besoin de partir aux Etats-Unis pour cela, puisque la mode du Black Friday s’est plus que démocratisée en Europe et en Suisse. Alors si vous avez besoin d’un nouvel équipement de ski ou d’une nouvelle veste pour l’hiver, pensez y mais avec calme et raison.
Noël et ses téléfilms sortis tout droit de Hollywood vs le sport américain
Si le temps et le froid ne vous poussent aucunement à sortir de chez vous, soyez rassurés la télévision et l’industrie du cinéma s’occuperont de vous. Comme chaque année, les dizaines de films et téléfilms sur Noël passent en boucle sur les chaînes avec une multitude d’histoires à l’américaine. “Rendez-vous de Noël”, miracle et tragédies sont autant de comédies sorties tout droit des productions de Hollywood. Habituellement programmés dès novembre, ces films ont battu un record cette année en prévoyant le premier dès le début du mois d’octobre.

Enfin, il ne serait pas bon de rester inactif derrière les petits écrans. Bien que la grisaille persiste et que les stations de skis ne soient pas encore ouvertes, la période est propice aux patinoires, terrains de sports couverts voire extérieurs. Le sport américain tout entier est en pleine activité puisque la finale du championnat de Baseball (MLB) a lieu entre fin octobre et début novembre et que tous les autres sports sont en cours de saison. La NHL (hockey), la NBA (Basketball), la MLS (football ou soccer) et la NFL (football américain) offrent du beau spectacle dans les stades, à la télévision et pourraient vous tenter à effectuer un petit essai sportif. Vous l’aurez compris, le froid n’arrête pas les sportifs américains. Toutefois, il est vrai qu’il est plus facile et motivant de s’entraîner en Californie que dans la grisaille du Jura ou de Pittsburgh.

Des vacances sous soleil ou sous les lumières de l’Avent ?
Si vous êtes d’avis que le mois de novembre ne peut être festif et rempli de belles surprises, il vous reste encore l’option de voyager aux Etats-Unis. Certes, il vous faudra économiser un petit peu avant et ne pas tout dépenser pour Thanksgiving ou lors des soldes du Black Friday, mais si recherchez à tout prix le chaud et le soleil, la Californie et la Floride sauront vous accueillir à bras ouverts. Les températures sont encore dignes de la fin de l’été ou début de l’automne en Suisse et les prix et le nombre de touristes ont quelque peu diminués.
Pour ceux qui sont prêts à braver le froid, les villes situées sur la côte de l’Atlantique (dont la capitale et la ville de la statue de la liberté) offrent de magnifiques décorations et couleurs de Noël. Vous pourrez notamment participer à l’inauguration du sapin de Noël (Tree lighting day) le quatrième mercredi de novembre. Là aussi, les prix sont quelque peu plus abordables qu’en pleine saison touristique et que pendant les fêtes de fin d’année. Vous l’aurez deviné, ce petit voyage à travers les traditions et événements festifs du mois de novembre aux Etats- Unis était une manière de vous faire découvrir ou se rappeler l’influence qu’a pris ces dernières décennies le pays sur notre culture et commerce.
Néanmoins, si vous n’êtes pas encore convaincu des richesses du mois de novembre, un petit rappel historique ne vous fera aucun mal. Ainsi, jusque vers le 16ème siècle (avec l’utilisation du calendrier de la Rome antique), le mois de novembre était le dernier mois de l’année avec 61 jours. Ce n’est qu’en 1582 avec le passage au calendrier grégorien qui vit la création du mois de décembre que le mois de novembre fut raccourci à 30 jours. Alors, pas si long le mois de novembre ?

Irvine et l’University of California : Histoire d’une ville planifiée

La ville d’Irvine située dans le comté d’ Orange County (Californie du Sud ) est un cas d’étude très intéressant pour comprendre comment certaines aglomérations américaines se sonts construites et développées. Bâtie de toute pièces pour son Université, la ville compte aujourd’hui plus de 250’000 habitants.

L’une des Universités les plus connues en Californie est sans aucun doute celle de Berkeley située au Nord de l’état. Forte d’une solide réputation, elle demeure avec celle historique d’UCLA (University of California Los Angeles) un graal difficilement accessible. Que cela soit d’ailleurs pour les étudiants américains ou étrangers. Outre des frais d’inscription et de scolarité exorbitants, une sélection drastique est au rendez-vous des plus téméraires.

C’est cependant oublier que le pays et la Californie regorgent d’autres établissements prestigieux. L’University of California d’Irvine en est un parfait exemple et l’une d’entre elles. Avec plusieurs prix Nobel et la visite de Barack Obama, ” l’UCI ” s’est construit un nom dans l’un des plus grands états du pays et certains professeurs de Berkeley enseignent également dans cette académie moderne et multi-culturelle.
Afin de comprendre l’histoire du lieu, il est intéressant de noter que ce campus et la ville ont été crées et construits de toutes pièces en 1965 seulement. Sous l’impulsion du président Lyndon Johnson voulant inaugurer de nouvelles universités, c’est toute une agglomération qui en a profité pour sortir de terre, dans ce qui n’était qu’un désert de gravier et de sable. Cette successtory à l’américaine a été permise grâce notamment à l’apport de la famille Irvine et de leur compagnie (Irvine Company) qui cédèrent les terres constructibles pour la ville et le complexe universitaire.


Les travaux conduits par l’architecte William Pereira, le petit ranch et ses fermes se sont transformés en une ville de 50’000 habitants, pensée et construite pour son Université. Tout fut savamment calculé, étudié et planifié au point que les architectes de la Grèce Antique ne renieraient pas cette nouvelle ville. Avec une place précise pour les zones industrielles, résidentielles, récréatives, ainsi que des espaces verts et lacs artificiels. Tout ceci, bâtis bien sûr autour de la partie centrale qui est l’University of Irvine. En se déplaçant dans la ville, cette constante est d’ailleurs facilement remarquable.

 

Toutefois, cette “little city” à moins de 10 kilomètres de la très riche Newport Beach et du bord mer n’en était qu’à ses prémices, puisqu’en 1972 la population et ses autorités décidèrent d’agrandir considérablement la ville et de définir de nouvelles zones,constructibles, commerciales et industrielles. Ainsi, en moins de 35 ans, la population est passée de 50’000 à plus de 250’000 habitants. Ceci a notamment permit l’arrivée de grandes multinationales comme Toshiba, Arcos, Blizzard Entertainment ou Verizon, qui ont installé leurs sièges principaux à Irvine. Au total, ce sont plus de 200’000 emplois et habitations qui ont été crées autour de la ville universitaire. Et l’établissement accueille maintenant des étudiants de toute la California du Sud, sans oublier un grand nombre du monde entier. Il faut avouer, que la ville est la 3ème plus sûre du pays, avec un taux de criminalité très inférieur à la moyenne du pays et un niveau et qualité de vie des plus élevés.

 

Cependant, tout cela à un prix. Et il se calcule en “chers dollars”. Irvine est un lieu où il fait bon vivre mais où les loyers et les taxes sont très élevés et coûteux. Beaucoup de travailleurs ou d’étudiants logent d’ailleurs dans les villes voisines d’Anaheim ou de Costa Mesa, avec à la clé un trafic sur les routes et autoroutes souvent surchargé. Le réseau de transport public étant des plus médiocres, la voiture ou plutôt les belles voitures devrait-on dire étant reines dans cette région.

 

 

Ceci est l’un des revers de médaille. Tout comme le phénomène des rivières asséchées qui se remplissent de sable avec l’aide du vent au cours de l’été (le lieu était un désert de sable et de pierre voici encore 60 ans, faut-il le rappeler). Il n’est donc pas rare de voir des inondations pendant l’hiver en cas de fortes pluies, la ville et la région n’étant pas planifiées pour ce genre d’imprévus.

En conclusion, Irvine reste cependant une ville universitaire où il fait bon vivre, avec son cœur et son campus historique. Les prévisions et objectifs sont d’atteindre les 315’000 habitants d’ici 2035 et d’attirer des multinationales supplémentaires dans cette agglomération multiculturelle.Tout ceci, en préservant la qualité de vie, la sécurité avec son quota de policiers impressionnant par habitants et les espaces verts avec leurs golfs adjacents bien irrigués par la municipalité. Et tout ceci, dans l’Amérique de Donald Trump.
Mais en Californie, tout semble possible…

 

Huits jours de pluie consécutifs en Californie: Du jamais vu depuis près de cinq ans

Alors que le froid et un vent glacial soufflent sur l’est des Etats-Unis , beaucoup s’imaginent que la Californie profite d’un climat sec et ensoleillé en ce début d’année. Néanmoins, il en est tout autre, puisque de fortes pluies s’abattent sur l’un des plus grands états américains.

Presque dix jours consécutifs de pluie, accompagnés d’inondations et de vents violents. Voici près de cinq ans que la Californie et la région de Los Angeles n’avaient pas connu de telles précipitations. Cependant, la région et sa nature en ont grandement besoin, comme l’indique l’un de nos professeurs. Les derniers étés ont été particulièrement secs et arides, laissant peu de place au renouvellement de la nappe phréatique. Les habitants sont donc particulièrement contents comme l’indique mon interlocuteur. Avec une joie à peine cachée, il finit par avouer en bon américain, qu’il se réjouit aussi de pouvoir bénéficier de plus de liberté quand à la quantité d’eau utilisée pour soigner son gazon son jardin.

Ne tombons cependant pas dans les clichés de mauvais genre, puisqu’il m’indique aussi que c’est une vraie bouée de sauvetage pour les glaciers du nord de l’état appelé “Northern California”. En effet, les régions de la Sierra Neveda et de Yosemite Valley ont en grandement besoin. Les derniers hivers ayant été plus doux que par le passé et les étés plus arides que jamais. Si l’état situé sur la côté ouest et pionner dans l’écologie américaine ne veut pas que son sol devienne plus désertique qu’il ne l’est déjà par endroit, cette pluie et ces torrents d’eau sont presque de l’eau bénite.

Profitant de quelques heures de congé, nous nous rendons dans une petite station de ski de Californie du sud, nommée mont Baldy. Située à une heure de Los Angeles qui bénéficie de plus de 330 jours de soleil par année, le ressort est à l’image des Alpes tributaire des canons à neige pour garantir une saison entière aux amateurs de glisse. Avec une altitude de 1280 mètres, je me rends compte en discutant avec un des employés que l’or blanc tombé les derniers jours a déjà presque totalement fondu et en comparant les images des deux dernières décennies, on ne peut que s’incliner devant ce phénomène. N’en déplaise à Donald Trump et à son administration de climato-sceptiques.

 

En conclusion, ces précipitations en abondance ont donc fait beaucoup de bien à la Californie, mais auront aussi causé plusieurs sueurs froides aux autorités de Californie du Nord. En effet, à plus de 750 km de Los Angeles, le barrage d’Oroville, l’une des principales réserves d’eau de l’état a vu son réservoir être endommagé et plein à craquer, suite aux fortes pluies. Le gouverneur a d’ailleurs donné l’ordre d’évacuer plus de 200’000 personnes, le risque d’effondrement et d’inondations étant très important. Finalement, après plusieurs jours d’interventions, à coup de sacs de pierre et de sable lancés par hélicoptère, le barrage et les eaux ont pu être maintenues à distance de la ville et un retour à la normale est prévu entre et début mars.

Semestre d’études en Californie: de l’aéroport aux campus

En choisissant de quitter la Suisse afin d’étudier et travailler aux Etats-Unis dans le cadre d’un programme de visa universitaire de six mois, la première étape est l’arrivée sur le sol américain. Après près de 13 heures de vols, c’est là que commence l’aventure, et l’immersion est d’ailleurs immédiate. Retour sur les premiers jours de ce séjour sous la bannière étoilée en commençant par l’aéroport de Los Angeles.

 

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« Welcome to the United States of America ». Lorsque vous entendez cette petite phrase anodine mais de très haute importance de la part de l’officier à l’immigration, cela signifie que vous pouvez enfin vous diriger vers la sortie officielle de l’aéroport, non sans oublier de récupérer vos bagages et de faire l’inventaire complet si nécessaire auprès du deuxième contrôle de sécurité.
Avant d’entendre ces paroles bénites, vous devez toutefois vous armer de patience et espérer avoir correctement préparé votre arrivée aux pays de Georges Washington.

 

En effet, pas plus tard qu’au mois de novembre dernier, un étudiant suisse s’était présenté sur la côte est sans le visa et l’autorisation de séjour et d’études de son université. Pensant qu’un simple « ESTA » (voyage de moins de trois mois) était suffisant ou mal informé par son école, il en fut pour ses frais et fut renvoyé sur le champ dans le premier avion pour l’Europe. Suisse, européen ou d’un autre continent, la règle est d’ailleurs identique pour tous.
Revenons donc au passage de l’immigration à la sortie de l’avion. La plupart des passagers sont sans aucun doute fatigués, certains sur-excités et d’autres complètement perdus, comme ce couple de Séoul arrivé sur un vol quelques minutes avant nous. Ils me demandent de l’aide dans le langage universel des mains, je leur fais signe de suivre le cordon sécuritaire. Cordon qu’une famille suisse prend une certaine liberté de couper devant moi, la file étant il faut l’admettre assez vide ce jour-là.

Les Helvètes et leurs enfants d’abord amusés se feront rapidement intercepter par le personnel de sécurité qui leur demande de revenir se placer juste devant moi à l’endroit où ils s’étaient permis de sortir du tracé et du « passage officiel ». Les enfants me regardent un peu pantois et surpris, je leur adresse un sourire et quelques mots en français avec un « bienvenue aux États-Unis ». Je leur conseille également de suivre scrupuleusement les instructions dans cette partie officielle, s’ils ne veulent pas prolonger leur chemin d’accès à leurs vacances. Ce petit épisode sonne comme une première piqûre de rappel de l’administration américaine et me fait réaliser que je suis bien arrivé sur leur sol.

 

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Pour quelques heures encore, c’est bien la photo de l’administration Obama qui vous accueille l’aéroport international de Los Angeles

Lorsque arrive mon tour auprès de l’officier à l’immigration, je suis déjà le cinquième étudiant dans ma file, autant dire que la personne devant moi est parfaitement rodée. Je présente tous les documents nécessaires (visa, autorisation d’étudier, contrat de résidence), réponds aux questions traditionnelles des raisons du choix américain, de l’université, du lieu et de la durée de séjour. Sauf que lorsque je dois déposer mes empreintes, une de mes mains remplie de sacs, de la veste d’hiver et de mes documents officiels tremble un peu de fatigue. L’officier me regarde et me demande la raison, mais je lui explique que le fait de n’avoir pas fermé les yeux depuis plus de 25 heures tout en voyageant en est la cause. Après quelques sueurs froides inutiles, sa réponse avec un  » Welcome to the United States and take a rest » se veut finalement rassurante.

 

Le trajet et la prise en charge par un shuttle pour 25 dollars au milieu des dizaines disponibles se passe de commentaires, ayant tout réservé à l’avance après une minutieuse comparaison de l’offre, le prix pouvant tripler d’une compagnie à l’autre.
Après 7 heures de sommeil bien méritées, je me lève le lendemain matin afin de prendre un bus public m’emmenant vers le campus universitaire. Oubliez la précision et le confort des horaires suisses, un bus par heure et au timing s’avérant plus ou moins juste, c’est le mieux que la Californie puisse vous offrir.Sur la côte ouest comme dans le reste du pays d’ailleurs, si vous n’avez pas de voiture, vous êtes assez rapidement limité. Uber ou Lyft peuvent par contre devenir vos meilleurs amis.

 

La prise en charge par le bus, restera pourtant comme l’un des premiers meilleurs souvenirs. N’ayant pas le change pour 2 dollars exacts, le conducteur me demande de faire le tour des passagers afin de demander de l’aide. Une mère de famille me tend immédiatement 2 dollars et me les offre avec un grand sourire, me disant « la prochaine fois c’est vous qui aiderez quelqu’un ». Je suis un peu gêné, mais je n’ai pas le choix avec mon billet de 20 dollars. Je la remercie vivement et nous discutons ensemble tout le trajet sur l’Amérique et l’Europe qu’elle venait de visiter en décembre. Une conversation nommée « small talk » d’ailleurs presque obligée aux Etats-Unis contrairement en Suisse (le fait qu’elle m’ait payé mon trajet à l’université n’entrant ici plus en ligne de compte).

 

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Me voici donc arrivé à l”University of California d’Irvine” pour mon premier cours de marketing et project management. Le campus et la ville ont été crées et construits de toutes pièces en 1965. Sous l’impulsion du président Lyndon Johnson voulant inaugurer de nouvelles universités, c’est toute une ville qui en a profité pour sortir de terre, dans ce qui n’était qu’un désert de gravier et de sable. Cette successtory à l’américaine sera d ailleurs l’objet d’un prochain article sur l’évolution de cette ville aujourd’hui peuplée de 250’000 habitants, nommée Irvine du nom de la famille qui céda les terres constructibles pour le complexe universitaire.