Svizzera-Italia : una storia importante

Lundi 28, mardi 29 et mercredi 30 novembre, le Président italien Sergio Mattarella et sa fille ont été reçus avec les plus grands honneurs de la Confédération lors d’une visite d’Etat de trois jours. L’occasion de souligner les étroites relations, les nombreuses valeurs et une langue commune entre la Suisse et l’Italie. Récit de ces trois journées exceptionnelles.

Sergio Mattarella et sa fille ont passé trois jours entre le 28 et le 30 novembre dernier dans notre pays. Ils ont été accueillis officiellement au Palais fédéral par l’ensemble du Conseil fédéral puisqu’il s’agissait d’une visite d’Etat. Cela a impliqué comme le veut la tradition les hymnes nationaux des deux pays, les honneurs militaires et des discours. Cette visite avait pour but de renforcer les excellentes relations bilatérales entre Berne et Rome. Ce choix d’inviter un président italien est compréhensible de la part d’Ignazio Cassis, car ce dernier est un représentant de la minorité italophone en Suisse.

Un programme chargé sur trois jours

Sergio Mattarella avait un programme chargé. Lundi soir, il a rendu visite à la communauté italienne en Suisse. Comme l’indique le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) sur son site internet, “quelque 320’000 ressortissants italiens vivent en Suisse (sans compter les doubles nationaux), formant la plus grande communauté étrangère du pays”. Le lendemain, il a visité le Musée Paul Klee et la Collégiale de Berne. Le soir a eu lieu le traditionnel banquet d’Etat avec de nombreux invités suisses et italiens. Lors de la troisième et dernière journée de la visite d’Etat, les Présidents Cassis et Mattarella se sont rendus à Zurich. Ils ont visité l’EPFZ, une des universités techniques les plus réputées au monde et qui compte aussi beaucoup de chercheurs italiens. Une occasion pour les deux chefs d’Etat de montrer l’importance de la collaboration scientifique entre la Suisse et l’Italie, mais aussi entre la Suisse et l’UE. D’ailleurs, le dossier européen traité par le Conseil fédéral m’inquiète, car il n’y a toujours pas de solution ni d’accord pour aller de l’avant. On verra bien si en 2023 Alain Berset se décide à enfin conclure un accord pour apaiser les relations entre Berne et Bruxelles.

Une première rencontre avec son homologue italien

Ignazio Cassis a pu rencontrer dans la journée de mardi son homologue italien Sergio Mattarella. Lors de leur discussion, les deux hommes d’Etat ont évoqué de nombreux sujets bilatéraux d’intérêts communs comme la guerre en Ukraine, l’approvisionnement énergétique en Europe ou encore la politique européenne de la Suisse.  A ma connaissance ils ne s’étaient jamais rencontrés auparavant. Les deux présidents ont évidemment communiqué qu’en italien. Je regrette toutefois que le président italien n’ait pas décidé de s’arrêter quelques heures au Tessin, seul canton italophone de Suisse. Il aurait pu faire la promotion de la langue italienne et son importance dans les deux pays. La dernière visite d’Etat en Suisse d’un président italien remonte à 2014. Giorgio Napolitano avait cette année-là été reçu à Berne par l’ancien Président Didier Burkhalter. Et il s’était rendu dans le Canton du Tessin contrairement à son successeur.

Les relations helvetico-italienne en chiffres

La Suisse et l’Italie entretiennent de solides relations. Sur le plan des échanges commerciaux, “l’Italie est le troisième partenaire commercial de la Suisse”, comme l’indique le DFAE. L’an passé, notre pays a exporté pour une valeur d’environ 15,5 milliards de francs. Et les importations depuis l’Italie s’élevaient à environ 19 milliards de francs.

Tapis rouge pour Ignazio Cassis en Belgique

Jeudi 24 et vendredi 25 novembre, Ignazio Cassis et son épouse ont été reçus avec les plus grands honneurs du royaume belge lors d’une visite d’Etat de deux jours. L’occasion de souligner les étroites relations et les nombreuses valeurs communes entre la Suisse et la Belgique. Récit de ces deux journées exceptionnelles.

Ignazio Cassis et son épouse viennent de passer deux jours en Belgique. Ils ont été accueillis officiellement au Palais royal de Bruxelles par le Roi Philippe ainsi que la Reine Mathilde, respectivement roi et reine des Belges, à l’occasion d’une visite d’Etat historique. Elle avait pour but de mettre à l’honneur et de renforcer les excellentes relations bilatérales entre Berne et Bruxelles. Les Souverains et le couple présidentiel ont visité le Musée des Instruments de Musique et ont assisté à un concert. Le soir, le Roi Philippe a porté un toast aux relations entre son royaume et la Suisse lors du banquet d’Etat au Château de Laeken (lieu de résidence du souverain belge). La dernière visite officielle en Suisse du Roi Philippe remonte à 2017. Il avait cette année-là été reçu à Berne par l’ancienne Présidente Doris Leuthard.

Une deuxième rencontre avec Alexander De Croo

Ignazio Cassis a également pu rencontrer dans la journée de jeudi le Premier ministre belge Alexander De Croo. Lors de leur discussion, les deux hommes d’Etat ont évoqué de nombreux sujets bilatéraux d’intérêts communs comme la guerre en Ukraine, l’approvisionnement énergétique en Europe ou encore la politique européenne de la Suisse. Ils s’étaient déjà rencontrés au mois de mars à Sierre à l’occasion de la douloureuse commémoration de l’accident de Sierre. En 2012, 28 personnes dont 22 enfants de Lommel et Heverlee perdaient la vie dans un accident de car dans un tunnel.

Un programme chargé sur deux jours

Lors de la deuxième journée de la visite d’Etat, le Président Ignazio Cassis s’est rendu à Liège en Wallonie, région francophone du pays. Il s’est ensuite rendu en Flandre. Il a aussi fait une halte à la Health House, un centre technologique sur la santé. La visite s’est terminée vendredi soir avec un concert de jazz au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Les Souverains étaient bien sûr présents et c’était une occasion pour eux de clore la visite d’Etat et surtout de remercier le couple présidentiel suisse.

Les relations helvetico-belges en chiffres

La Suisse et la Belgique entretiennent de solides relations. Quelque 15’000 ressortissants belges vivent en Suisse et 8500 Suisses résident en Belgique. Les échanges de marchandises ont atteint 7,8 milliards de francs l’année passée, ce qui place le royaume belge au 13e rang des partenaires commerciaux de la Suisse. La prochaine fois, ce sera au tour du Conseil fédéral de recevoir les deux Souverains en Suisse pour une visite d’Etat. Peut-être en 2024.

Ignazio Cassis et Emmanuel Macron veulent tourner la page

Le Président de la Confédération Ignazio Cassis était vendredi à Paris pour y rencontrer son homologue Emmanuel Macron. Cette visite est la première depuis quatre ans, signe peut-être d’un réchauffement des relations diplomatiques entre Berne et Paris. Le dernier président suisse à avoir été reçu pour une visite officielle par un président français est Alain Berset. Durant l’entretien, les deux chefs d’Etat ont évoqué plusieurs sujets, dont les relations entre la Suisse et l’Union européenne. Pour couronner le tout, Ignazio Cassis a invité Emmanuel Macron à effectuer une visite en Suisse l’an prochain.

«Le moment était venu de revitaliser nos relations». C’est la déclaration d’Ignazio Cassis durant un point presse à l’ambassade de Suisse à Paris. Il avait rencontré quelques minutes avant le Président français Emmanuel Macron. L’entretien a duré environ une demi-heure en marge du Forum de Paris sur la paix auquel il a participé. Plusieurs sujets bilatéraux ont pu être évoqués comme les questions énergétiques, la fiscalité des frontaliers français en télétravail ou encore la participation de la Suisse à la Communauté politique européenne. Cet entretien tombe à pic, car il n’y avait plus eu d’entretien entre un président suisse et un président français depuis quatre ans. Et quatre années où deux pays voisins ne se parlent pas ou plus menace la coopération pourtant étroite entre Berne et Paris.

Une relation franco-suisse indispensable

Emmanuel Macron avait reporté il y a environ un an une rencontre au Palais de l’Elysée avec Guy Parmelin, officiellement pour des raisons d’agenda. Il est de coutume que tous les six mois, le président de la Confédération se rende dans un pays membre qui va prendre la présidence tournante du Conseil de l’UE. Pour le premier semestre de 2023, c’est la Suède qui présidera, donc Ignazio Cassis devrait très probablement se rendre à Stockholm ce mois-ci ou en décembre. Cette annulation était intervenue après deux événements importants et fort regrettables de la part du Conseil fédéral : de un le choix de la Suisse d’acheter des FA-35 américains et non des Rafale français. Et de deux d’arrêter unilatéralement les discussions sur l’accord-cadre avec l’UE. L’invitation d’Emmanuel Macron à Ignazio Cassis de participer au Forum de Paris sur la paix peut être traduit comme une volonté d’aller de l’avant et de mieux travailler ensemble sur une pléthore de sujets d’intérêts communs. Il est clair que la Suisse a besoin de la France, mais la France a aussi besoin de la Suisse. Rien qu’au niveau de la coopération économique, la Suisse était en 2018 le 2e investisseur en France avec une valeur totale de 82,3 milliards. A l’inverse, la France figurait au 4e rang des investisseurs étrangers en Suisse avec 48,7 milliards. Ce sont les chiffres du DFAE. La Suisse et la France sont plus que des voisins !

Emmanuel Macron en Suisse l’an prochain 

Ignazio Casiss Cassis a profité de l’occasion pour inviter Emmanuel Macron à se rendre en visite (officielle ou d’Etat, pas précisé) en Suisse. «Il a dit être très intéressé, mais rien n’est encore décidé», a précisé le président suisse. La dernière visite d’un président français en suisse remonte à 2015. Cette année-là, François Hollande avait effectué une visite d’Etat sur invitation de Simonetta Sommaruga. Est-ce qu’il viendra? Et si oui, est-ce que ce sera dans le cadre d’une visite officielle ou une visite d’Etat? Réponse au printemps 2023.

Cher Conseil fédéral, ressaisissez-vous ou démissionnez!

Ce mois de juillet n’a pas été de tout repos pour Ueli Maurer, Alain Berset, Ignazio Cassis et Viola Amherd. Grâce à des informations qui ont fuitées dans la presse, on a appris qu’on avait un Conseil fédéral désuni, qui avance en ordre dispersé, où tous les coups sont permis et qui traverse une mauvaise passe. Dans une année et trois mois, le peuple suisse renouvellera sa classe politique. Il est temps que le Conseil fédéral se ressaisisse ou tout simplement démissionne en bloc.

Il y a quelques semaines, Roger Nordmann, Président du Groupe socialiste au Parlement fédéral, expliquait dans “Le Matin Dimanche” qu’actuellement “le Conseil fédéral traverse une mauvaise passe”. Bien que les sept ministres soient actuellement en vacances et s’apprêtent dès aujourd’hui à sillonner la Suisse pour délivrer des discours à l’occasion de la fête nationale de notre pays, le constat est clair : le Conseil fédéral tel qu’il est composé de nos jours ne fonctionne plus ou pas correctement. Cela est très grave et peut sérieusement nuire au bon fonctionnement du pays. Bref rappel des “scandales”.

Ueli Maurer fait son shopping

Début juillet, Ueli Maurer est testé positif au Covid-19. Son porte-parole a donc indiqué que ses voyages prévus à Bali pour la réunion ministérielle du G20 et en Inde étaient bien sûr annulés. Lorsqu’on est testé positif, impossible de prendre l’avion. Mais quelques jours plus tard, quelque chose a surgi sur Facebook. Une photo d’Ueli Maurer le même jour que le sommet du G20, dans un magasin de chemises et sans masque. Étrange coïncidence ? On sait qu’Ueli Maurer n’est pas le plus grand défenseur des mesures sanitaires liées au Covid-19 et c’est son choix. Mais de là à esquiver deux voyages à l’étranger et préférer faire du shopping interpelle. Un départ volontaire du Conseiller fédéral en 2023 n’est pas à exclure.

Alain Berset et ses multiples gaffes

Peter Lauener, collaborateur et bras droit d’Alain Berset, a dû démissionner à cause de fuites dans l’affaire Crypto AG. Il y a aussi eu l’affaire du chantage avec cette mystérieuse femme qui a tenté de faire chanter le Conseiller fédéral. S’agissait-il d’une maîtresse ? Impossible de le confirmer, mais son image de mari modèle se retrouve écorné. Et dernièrement, Alain Berset a été contrôle par la sécurité aérienne française lors d’un vol privé entre le Canton de Fribourg et la France. L’affaire est quand même remontée jusqu’au Président français Emmanuel Macron. Une tâche de plus dans des relations diplomatiques Suisse–France déjà compliquées. Si Alain Berset veut espérer rester encore quelques années au Conseil fédéral, il devra d’abord régler ses affaires personnelles et ensuite se concentrer sur les dossiers qui préoccupent vraiment les Suisses. Il pourrait y avoir des candidats chez les Verts prêts à remettre en cause le deuxième siège socialiste au Conseil fédéral.

Ignazio Cassis : un président là, mais pas vraiment là

L’affaire Crypto AG ne concerne pas seulement le département d’Alain Berset, mais également celui du président cette année Ignazio Cassis. Markus Seiler, le Secrétaire général du magistrat tessinois est aussi visé dans cette affaire. On apprend également la démission de 28 collaborateurs des RH au DFAE depuis janvier. De quoi s’inquiéter. Au-delà de ça, Ignazio Cassis est président cette année. C’est-à-dire qu’il est amené à voyager un peu partout dans le monde pour rencontrer d’autres chefs d’Etat. Hormis quelques voyages en Europe, il ne s’est rendu que deux fois hors du continent européen. En février pour un voyage au Niger et en avril pour un déplacement au Japon. A l’inverse, le seul chef d’Etat hors sol européen reçu à Berne était le président kenyan en mai dernier. Il ne s’est même pas rendu aux obsèques de Khalifa ben Zayed Al Nahyane, le Président des Emirats arabes unis, lors de son décès au mois de mai. Quelle pauvre diplomatie ! On est en droit de se demander si Ignazio Cassis prête importance aux relations avec les autres Etats du monde. Si Ignazio Cassis veut rester au Conseil fédéral après 2023, il devra montrer une autre diplomatie, plus active et surtout débloquer le dossier européen.

Viola Amherd et ses avions F-35

Le dossier des avions de combat américains F-35 risque de connaître la même fin tragique que les suédois Gripen. On sait que le PS et les Verts sont fermement opposés à tout type d’achat d’avions, même s’ils oublient un peu vite que le peuple suisse a donné son accord sur l’achat d’avions de combat et pas la marque. Cependant, les critiques viennent également de la droite qui dénoncent la mauvaise manière de gérer le dossier. Si Viola Amherd veut rester au Conseil fédéral en 2023, elle devra prouver à la population le bien-fondé d’acheter américain et surtout surveiller ses arrières. Il pourrait y avoir des candidats au Centre prêts à se profiler pour gagner l’unique siège centriste au gouvernement.

Vous l’aurez compris, rien ne va plus au gouvernement fédéral. Quatre ministres sont empêtrés dans des dossiers qui pourraient leur coûter leur siège au Conseil fédéral. Et d’après un sondage apparu aujourd’hui dans la presse dominicale, 64% des Suisses interrogés estiment que les ministres fédéraux ne travaillent pas bien ensemble. «On essaie de se nuire mutuellement par des indiscrétions ciblées», précise le politologue Michael Hermann, qui souligne que cet esprit de compétition rappelle les souvenirs de luttes de pouvoir passées. Trop c’est trop. Ce gouvernement doit se ressaisir ou démissionner. Le Parlement fédéral a voté pour des candidats qui ont promis de travailler les uns avec les autres pour le bien du pays, pas pour des candidats qui travaillent les uns contre les autres !

Ignazio Cassis au pays du soleil levant

Le Président de la Confédération Ignazio Cassis a effectué ces derniers jours une visite présidentielle au Japon. Outre les sujets des relations bilatérales entre Berne et Tokyo et la coopération scientifique, la guerre en Ukraine a aussi été évoquée. Plusieurs dirigeants internationaux redécouvrent les vertus de ce pays, face à une Chine autoritaire et conquérante. Le Japon peut-il redevenir premier partenaire commercial en Asie?

Les deux premiers jours de ce voyage présidentiel ont été consacrés à des échanges politiques. Ignazio Cassis a pu parler avec le Premier ministre Fumio Kishida et son homologue des affaires étrangères Yoshimasa Hayashi. Ensemble, ils ont évoqué plusieurs thématiques comme les relations diplomatiques entre les deux pays, la guerre en Ukraine et son impact sur la sécurité en Europe et en Asie ainsi que la recherche. La science a occupé une place prépondérante, car comme notre pays est malheureusement exclu du programme européen de recherche Horizon Europe, Berne fait de son mieux pour renforcer ses liens avec d’autres pays hors UE (exemple Israël). Au cours d’une conférence à l’université de Kyoto, le Président Cassis a déclaré que : “la communauté internationale doit être capable d’exploiter les évolutions de la recherche scientifique afin de prendre les meilleures décisions possibles dans l’intérêt de l’humanité”. Un discours qui voulait souligner l’importance de la diplomatie scientifique pour avancer et affronter les défis de demain ensemble. Seul petit bémol passé inaperçu, il s’agissait d’une visite présidentielle et Ignazio Cassis n’a même pas pu rencontrer l’Empereur Naruhito. Aucune explication trouvée à ce stade, mais quand un président américain visite le Japon, il est coutume qu’il rencontre et l’Empereur et le Premier ministre.

Le Président de la Confédération Ignazio Cassis a rencontré lundi dernier à Tokyo le Premier ministre japonais Fumio Kishida.

Le retour de la Triade

Le pays du soleil levant est très courtisé en ce moment. Le Président suisse Ignazio Cassis et la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern y étaient cette semaine, La semaine prochaine, ce sera au tour du Chancelier allemand Olaf Scholz de visiter le Japon. Et en mai, le Président américain Joe Biden y effectuera lui aussi une visite. Ces dirigeants redécouvrent les vertus de ce pays. Il est démocratique, libéral sur le plan économique, doté d’une économie très développée et d’institutions solides, c’est un partenaire stratégique sur lequel on peut compter. Aussi, il est un allié apprécié de Bruxelles et de Washington. Exemple, dans le conflit ukraino-russe, le Japon n’a pas hésité à lui aussi sanctionner la Russie. Tout le contraire de la Chine! Il faut se rappeler que dans les années 80, le Japon faisait partie de la Triade, soit les trois pôles économiques (Japon, Communauté économique européenne et Etats-Unis) qui dominaient le monde.

Vu du Japon, la Chine est devenue un voisin de plus en plus menaçant. Face à la montée en puissance de celle-ci, Tokyo tient désormais une place plus centrale, dans la stratégie claire de Washington de renforcer ses positions dans la zone indo-pacifique. Le Président Biden a aussi rallumé fin septembre une alliance endormie, le Quad, avec l’Inde, le Japon et l’Australie. Il est impératif que le Japon redevienne un partenaire de premier plan en Asie, au nom de la défense de la démocratie sur cette terre.

 

Diplomatie suisse : un bon premier trimestre

Deux ans après le début officiel de la pandémie de Covid-19, les sept Conseillers fédéraux ont pu reprendre presque normalement les voyages à l’étranger. Fini les réunions virtuelles ou les entretiens téléphoniques, les rencontres physiques ainsi que les poignées de mains ont fait leur grand retour. Pour ce premier trimestre de l’année 2022, c’est avec une belle brochette de pays européens principalement que les autorités suisses ont pu échanger sur différents thèmes. Le Président Ignazio Cassis, son Vice-Président Alain Berset et le reste du Gouvernement fédéral ont eu des échanges avec de grands chefs d’Etat et de gouvernement. Retour sur ces rencontres officielles.

Je commencerai à chaque fois par les entretiens téléphoniques, puis les réceptions officielles, c’est-à-dire celles qui ont lieu à Berne ou ailleurs en Suisse lors de la visite d’un président, d’un roi ou d’un premier ministre et enfin je terminerai avec les visites à l’étranger.

Diplomatie – Janvier 2022

-Entretien téléphonique : appel avec le Président ukrainien Volodymyr Zelensky, le jour même où à Genève se tient une rencontre entre la Secrétaire d’Etat adjointe américaine Wendy Sherman et le Vice-Ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Riabkov qui parlent de l’avenir du continent européen. Un mois et quatorze jours avant l’invasion russe en Ukraine.

-Réception officielle en Suisse : Daniel Risch, Chef du Gouvernement liechtensteinois, est accueilli par Ignazio Cassis au sommet du Säntis pour les 50 ans de la Conférence internationale du lac de Constance.

-Voyages à l’étranger : les voisins de la Suisse sont mis à l’honneur. Ignazio Cassis est d’abord à Vienne pour y rencontrer son homologue Alexander Van der Bellen et respecte ainsi la tradition de la première visite à l’étranger. Une semaine plus tard, Ignazio Cassis se rend Berlin pour y rencontrer son homologue Frank-Walter Steinmeier ainsi que le nouveau Chancelier Olaf Scholz. Une sorte de prise de contact avec les nouvelles autorités fédérales en place.

Le nouveau Chancelier allemand Olaf Scholz accueille Ignazio Cassis à Berlin.

Diplomatie – Février 2022

-Entretien téléphonique : appel avec le Président ukrainien Volodymyr Zelenski deux jours après l’invasion et l’agression russe en Ukraine. La Suisse condamne fermement cette acte, tout comme l’ensemble des pays de l’Union européenne, les Etats-Unis et le Japon.

-Réception officielle en Suisse : Karl Nehammer, Chancelier fédéral autrichien, est accueilli par Ignazio Cassis à Zofingue. Le Chancelier Nehammer avait dû s’isoler pour cause de coronavirus lors de la visite à Vienne du Président Cassis.

Le Chancelier fédéral autrichien Karl Nehammer est accueilli par Ignazio Cassis à Zofingue.

-Voyages à l’étranger : Karin Keller-Sutter, Conseillère fédérale en charge de justice et police, se rend à Lille pour participer à une réunion sur la réforme de l’espace Schengen. La Conseillère fédérale Keller-Sutter a pu s’entretenir brièvement avec le Président français Emmanuel Macron. Pour une raison qui m’échappe encore, Ignazio Cassis a décidé d’effectuer une visite officielle au Niger, pays avec lequel les relations commerciales sont faibles. Sur place, il a pu s’entretenir avec son homologue Mohamed Bazoum. Enfin, Alain Berset, Conseiller fédéral en charge de l’intérieur, s’est rendu à Tirana pour parler sécurité sociale et Covid-19. Il a également pu s’entretenir avec le Vice-Premier ministre Arben Ahmetaj au sujet des excellentes relations entre la Suisse et l’Albanie.

Diplomatie – Mars 2022

-Entretiens téléphoniques : suite à l’invasion et l’agression de l’Ukraine par la Russie, Ignazio Cassis s’est entretenu avec plusieurs dirigeants de pays frontaliers de l’Ukraine. Il a pu parler aide humanitaire suisse aux réfugiés et accueil de ceux-ci en Suisse avec la Présidente moldave Maia Sandu, avec le Président roumain Klaus Iohannis, avec la Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ainsi qu’avec le Premier ministre ukrainien Denys Chmyhal.

-Réceptions officielles en Suisse : János Áder, Président hongrois, est accueilli par Ignazio Cassis aux chutes du Rhin pour faire un point sur les relations entre Berne et Budapest, parler de la situation en Ukraine et aussi de la politique européenne de la Suisse. Quelques jours plus tard, Alexander De Croo, Premier ministre belge, est accueilli par Ignazio Cassis à Sierre pour marquer un hommage à l’occasion des 10 ans de l’accident de car de Sierre, où 28 victimes, dont 22 enfants belges et néerlandais sont morts. Ils ont également fait le point sur les bonnes relations entre Berne et Bruxelles (le pays, pas les institutions européennes).

-Voyages à l’étranger : Ignazio Cassis, très touché, mais comme nous tous, par le drame humanitaire en Ukraine, s’est rendu dans deux pays frontaliers de l’Ukraine. Premièrement à Varsovie où il a rencontré le Président du Conseil Mateusz Morawiecki. Et deuxièmement à Chisinau, la capitale moldave, où il a été reçu par la Présidente moldave Maia Sandu et par la Première ministre Natalia Gavrița. Avec les autorités de ces deux pays, il a discuté de comment la Suisse pouvait apporter son aide dans le conflit ukraino-russe. Cependant, je m’interroge sur une non-réception par le Président polonais Andrzej Duda. Il est de coutume pour un président suisse d’être à chaque fois reçu par son homologue. Enfin, Ueli Maurer, Conseiller fédéral en charge des finances, s’est rendu Doha au Qatar pour parler finances et économie. Il a pu être reçu par l’Emir Tamim ben Hamad Al Thani pour un bref entretien et parler des bonnes relations entre la Suisse et le Qatar.

L’Emir Tamim ben Hamad Al Thani reçoit le Conseiller fédéral Ueli Maurer pour une visite de courtoisie. L’occasion d’aborder les bonnes relations entre la Suisse et le Qatar.

Et le reste du monde?

Le Président Ignazio Cassis a déjà presque terminé 1/4 de son année présidentielle. Oui, le temps file à toute allure. Les entretiens téléphoniques, les réceptions à Berne ou encore les voyages à l’étranger ont tous été fructueux pour notre diplomatie et cela doit continuer ainsi ces prochains mois. Cependant, je m’interroge sur l’absence de contact avec certains pays, de même qu’avec certaines régions du monde. Prenons exemple des pays voisins de la Suisse. Ignazio Cassis a pu rencontrer le Chancelier allemand Scholz, le Président fédéral et le Chancelier fédéral autrichien Alexander Van der Bellen et Karl Nehammer et le Chef du Gouvernement du Liechtenstein Daniel Risch. Mais aucun contact avec les autorités italiennes de même qu’avec le Président français Emmanuel Macron, pourtant tous deux voisins importants. Le Président italien Sergio Mattarella devrait effectuer une visite d’Etat prochainement en Suisse. Autre exemple l’Amérique du Sud. Aucun contact par téléphone ou rencontre physique avec un dirigeant sud-américain ces deux dernières années. Pourtant, il y a des pays commercialement importants comme l’Argentine, le Chili ou le Brésil. Idem pour l’Australie, l’Afrique du Sud, la Turquie, etc. M. Cassis, je vous demande d’élargir vos invitations futures et vos déplacements à d’autres régions du monde. Elles ont aussi le droit à avoir des contact avec vous.

Ignazio Cassis : un président et des défis

Ignazio Cassis est devenu officiellement Président de la Confédération le 1er janvier dernier. Le PLR tessinois de 60 ans a succédé à Guy Parmelin (UDC/VD), après une excellente année présidentielle tant au niveau national qu’international. Quels sont les défis qui attendent Ignazio Cassis en Europe et dans le monde?

Ignazio Cassis est le cinquième Tessinois à occuper le poste suprême. Le dernier représentant italophone était Flavio Cotti (1939-2020). Celui-ci a été à deux reprises président, en 1991 et en 1998. Il était membre comme moi du Parti démocrate-chrétien (devenu entre-temps Le Centre). Ignazio Cassis occupe la tête du Département fédéral des affaires étrangères depuis 2017.

Des défis diplomatiques en Europe

La semaine de la rentrée a commencé fort. Lundi, Ignazio Cassis s’est entretenu par téléphone avec le Président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ensemble, ils ont abordé la situation sécuritaire à la frontière russo-ukrainienne. Ils ont également évoqué la prochaine conférence sur les réformes en Ukraine, prévue à Lugano cet été. Jeudi, il a respecté la tradition en se rendant pour la première visite à l’étranger à Vienne. Il a rencontré le Président fédéral Alexander Van der Bellen ainsi que le Chancelier fédéral Karl Nehammer (par téléphone puisque ce dernier avait été testé positif au Covid-19 quelques jours plutôt). Ils ont évidemment abordé le sujet phare, celui des relations entre la Suisse et l’Union européenne. L’Autriche est un pays ami et allié et je sais que le gouvernement autrichien fait tout son possible pour trouver des pistes de résolution dans ce long “conflit”. Et dans quelques jours, Ignazio Cassis se rendra à Berlin et y rencontrera le Président Frank-Walter Steinmeier ainsi que le nouveau Chancelier Olaf Scholz. A ce stade, il s’agit de deux pays importants avec qui la Suisse a généralement de très bons contacts. Il faut espérer qu’Olaf Scholz se montrera compréhensif envers son voisin suisse.

Le Président de la Confédération Ignazio Cassis a été reçu jeudi passé à Vienne par son homologue autrichien Alexander Van der Bellen. Image : compte Twitter d’Alexander Van der Bellen.

Les bémols italien et français

Petit bémol, il reste encore les autorités italiennes et françaises à rencontrer. Il faut absolument que ces rencontres se fassent cette année pour trois raisons. La première est que la dernière rencontre présidentielle Suisse-France a eu lieu en 2018 (Alain Berset et Emmanuel Macron). Quant à la dernière rencontre présidentielle Suisse-Italie, elle s’est tenue en 2020 (Simonetta Sommaruga et Sergio Mattarella). Pour des pays voisins, je reste surpris du peu d’échanges présidentiels. Ils sont quasiment faibles. La deuxième est qu’en Italie le président s’apprête à laisser son poste et qu’il ne s’est jamais rendu en Suisse depuis 2015 pour une visite officielle ou d’Etat, contrairement à son prédécesseur Giorgio Napolitano qui avait effectué une visite d’Etat en 2014. En France, il y a bientôt une élection présidentielle et il pourrait y avoir un changement à l’Elysée. Emmanuel Macron ne s’est jamais rendu en Suisse depuis 2017 dans le cadre d’une visite officielle ou d’Etat, contrairement à son prédécesseur François Hollande qui avait effectué une visite d’Etat en 2015. La troisième est que la Suisse a besoin de clarifier sa position sur les relations diplomatique Suisse-UE auprès de ses voisins et partenaires européens.

La Présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga reçue en 2020 à Rome par son homologue italien Sergio Mattarella. Image : compte Twitter de la présidence italienne.

Les défis diplomatiques internationaux d’Ignazio Cassis

A quand remonte la dernière visite d’un chef d’Etat et/ou de Gouvernement de l’Australie, de l’Afrique du Sud ou du Brésil en Suisse? Difficile de répondre, n’est-ce pas? L’Asie et l’Europe sont deux marchés économiquement importants pour la Suisse, personne ne le contestera. Il y a déjà eu beaucoup de rencontres bilatérales avec des pays asiatiques et européens. Mais ces dernières années, il a plutôt été rare de voir un officiel de l’Océanie, de l’Afrique ou de l’Amérique latine venir à Berne. Cette année, je souhaiterais qu’Ignazio Cassis se concentre sur ces trois régions-là. Nous devons absolument ne pas oublier ces régions et voir où la Suisse peut encore renforcer ses échanges commerciaux. Par exemple avec la Nouvelle-Zélande, l’Ethiopie ou encore le Chili? C’est à prendre ou à laisser!

 

 

Focus sur le Vietnam et le Kazakhstan

En l’espace de trois jours, le Président de la Confédération a célébré deux jubilés. Tout d’abord avec le Vietnam et ensuite avec le Kazakhstan. Les deux pays asiatiques représentent un marché important pour l’économie suisse. On peut saluer les accords signés, mais on peut regretter que ces deux visites n’aient pas été relevées au rang de “visite d’Etat”. La couverture médiatique de ces deux visites était quasi inexistante. Focus sur ces deus nations qui ont su dynamiser leur économie.

Suisse-Vietnam : 50 ans de relations

Vendredi 26 novembre, le Président de la Confédération Guy Parmelin recevait à Berne son homologue vietnamien Nguyên Xuân Phuc. Cette visite officielle avait pour but de célébrer les 50 ans de relations diplomatiques entre la Suisse et le Vietnam. C’est en 1971 que la Suisse a reconnu le Vietnam. Les deux chefs d’Etat ont indiqué vouloir renforcer les échanges économiques dans les années à venir. Actuellement, ils se montent à environ 3,2 milliards de francs, mais il existe un potentiel de croissance pour dynamiser ces échanges. Parmi les pays membres de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est), le Vietnam figure au 3ème rang des partenaires commerciaux par ordre d’importance, juste après Singapour et la Thaïlande.

Suisse-Kazakhstan : 30 ans de relations

Lundi dernier, le Président de la Confédération Guy Parmelin recevait non pas dans la capitale, mais à Genève son homologue kazakh Kassym-Jomart Tokayev. Cette visite officielle a été l’occasion de marquer les 30 ans de relations diplomatiques entre la Suisse et le Kazakhstan. C’est en 1991 que la Suisse a reconnu le Kazakhstan, juste après la dislocation de l’URSS. Les deux chefs d’Etat ont souligné l’excellente relation entre les deux pays. Actuellement, le volume des échanges commerciaux se montent à environ 2,8 milliards de francs, mais il existe un potentiel de croissance énorme avec ce pays. Le sous-sol du pays des steppes regorge de matières premières, parmi lesquelles le pétrole, le gaz, le cuivre, le zinc, etc. Parmi les cinq républiques d’Asie centrale, le Kazakhstan figure au 1er rang des partenaires commerciaux par ordre d’importance, juste devant le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan. Leur économie respective n’est pas aussi globalisée que celle du Kazakhstan.

Une couverture médiatique pauvre

Je regrette d’une part que Berne ait décidé de ne pas élever ces deux visites au rang de « visite d’Etat ». On marque quand même 50 ans de relations ininterrompues avec le Vietnam ainsi que 30 ans de relations ininterrompues avec le Kazakhstan. Pourquoi le Conseil fédéral n’a pas organisé deux visites d’Etat distinctes pour ces pays-là? La pandémie est là, mais on aurait pu adapter le dispositif conformément aux règles sanitaires. D’autre part, la couverture médiatique a été complètement pauvre. Je n’ai pas entendu une seule émission parmi celles que j’écoute sur La Première ou que je regarde sur la RTS parler de ces visite. La dernière visite d’Etat d’un président en Suisse remonte à l’hiver 2020, c’était le président du Ghana.

Pourquoi il faut soutenir l’initiative sur les soins infirmiers

A la fin du mois, les citoyennes et citoyens suisses diront s’ils acceptent ou pas l’initiative sur les soins infirmiers. Pourquoi faut-il à mon avis soutenir cette initiative?

L’initiative populaire “pour des soins infirmiers forts” a été déposée il y a exactement quatre ans auprès de la Chancellerie fédérale à Berne. Que demande-t-elle? Elle appelle la Confédération et les Cantons à soutenir davantage les soins infirmiers. Concrètement, cela passe par la lutte contre la pénurie de soignants quand on sait qu’actuellement 6’200 postes d’infirmiers sont à pourvoir. Berne et les 26 cantons doivent se retrousser les manches et allouer un montant important dans la formation, condition indiscutable pour assurer la relève d’ici les prochaines années. L’initiative demande également à la Confédération de réglementer les conditions de travail et de garantir une rémunération au regard des compétences, mais au niveau fédéral. Cela paraît logique et j’avoue ne pas comprendre pourquoi les opposants refusent une telle mesure au niveau national.

La relève, un enjeu majeur pour les prochaines décennies

Avec le vieillissement de la population, celle-ci va faire de plus en plus appel à des soins infirmiers. Le comité d’initiative estime qu’environ 70’000 soignants seront nécessaires dans le secteur de la santé en Suisse d’ici 10 ans. Quand j’entends dire par certains proches qui travaillent dans ce secteur que “un tiers des infirmières et infirmiers de notre pays quittent le métier avant l’âge de 35 ans”, il y a de quoi se poser des questions sur la stratégie du Conseil fédéral par rapport à cette profession en perte de vitesse. Les chiffres font froid dans le dos.

La situation du Covid-19 n’a en rien arrangé la situation du personnel soignant. Au contraire, elle n’a fait qu’empirer. Ces infirmières et ces infirmiers sont à bout après presque deux ans de travail sans relâche pour lutter contre cette fichue épidémie. Malheureusement, les cas de contamination repartent à la hausse en Suisse. Au printemps 2020, nous avons applaudi le personnel soignant. Cela est loin d’être suffisant! Voilà pourquoi je voterai oui le 28 novembre prochain.

Suisse – Géorgie : 30 ans de relations

Le Président de la Confédération Guy Parmelin a accueilli il y a deux jours la Présidente de la Géorgie Salomé Zourabichvili. En trente ans d’histoire entre les deux pays, il s’agissait de la première visite officielle d’un chef d’Etat géorgien dans notre pays. Outre une mise au point bienvenue sur les échanges commerciaux, les deux présidents ont discuté du mandat de puissance protectrice qu’exercice la Suisse en représentant les intérêts de la Géorgie en Russie et vice-versa. Tour d’horizon de cette rencontre historique.

La cheffe de l’Etat géorgien Salomé Zourabichvili a eu droit au tapis rouge et aux honneurs militaires vendredi dernier à Berne. Accueillie au domaine du Lohn (lieu de réception des chefs d’Etat étrangers) par son homologue suisse, les deux présidents ont passé en revue plusieurs dossiers d’intérêts réciproques comme le changement climatique, les liens culturels ou encore les échanges commerciaux. D’après le département du Conseiller fédéral Parmelin, en 2020, le volume des échanges commerciaux entre les deux pays s’élevaient à environ 131 millions de francs. Il existe une volonté de la part des deux pays d’approfondir ces bonnes relations. Salomé Zourabichvili a aussi tenu à remercier la Suisse pour son rôle capital qu’elle joue dans la représentation des intérêts géorgiens en Russie et des intérêts russes en Géorgie. Depuis 2008, Tbilissi et Moscou sont en rupture de relations à la suite de l’indépendance autoproclamée de deux provinces géorgiennes, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Celles-ci sont reconnus par le Kremlin mais pas par la communauté internationale.

Une ex-diplomate française à la tête de la Géorgie

Salomé Zourabichvili occupe la fonction de Présidente de la Géorgie depuis décembre 2018. Cette femme de 69 ans est née en 1952 à Paris. Ses parents géorgiens sont arrivés en France en 1921 pour échapper au rouleau compresseur bolchévique. Sa famille a toujours gardé un lien fort avec la culture géorgienne. Après des études en sciences politiques à Paris, elle s’est lancée dans une carrière diplomatique de presque trente ans entre l’ONU à New York, à Washington et au Tchad. C’est sous la présidence de Jacques Chirac qu’elle a été nommée ambassadrice de France en Géorgie. A l’époque, personne n’aurait cru qu’un jour, elle prendrait les rênes de son pays d’origine.

Doris Leuthard à Tbilissi lors de son année présidentielle 2017

Il s’agissait de la première visite officielle d’un chef d’Etat géorgien en Suisse depuis l’établissement des relations diplomatiques entre Berne et Tbilissi. Côté suisse, la Présidente de la Confédération en 2017 Doris Leuthard s’était rendue en visite présidentielle en Géorgie. Les deux pays célébraient alors cette année-là le 25ème anniversaire des relations bilatérales. Le président de l’époque s’appelait Guiorgui Margvelachvili.

Lors de sa visite présidentielle en Géorgie, Doris Leuthard s’était entretenue avec le Président géorgien d’alors Guiorgui Margvelachvili.

La Suisse joue un rôle central dans la recherche de la paix entre la Géorgie et la Russie. La représentation des intérêts géorgiens à Moscou et des intérêts russes à Tbilissi est saluée par les deux nations. La Géorgie, aux côtés de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, forment ce qu’on appelle la région du Caucase du Sud. Si Guy Parmelin a pu rencontrer son homologue géorgien vendredi, il serait souhaitable de recevoir tout prochainement le Président azéri Ilham Aliyev ainsi que le Premier ministre arménien Nikol Pachinian. Ces trois nations sont des pays importants aux yeux de notre diplomatie.