Le salaire de l’incompétence

 

Si l’on a compris qu’il est impossible de dénouer un problème dont on ne connait pas les données, il faut alors plaindre les gouvernements, car c’est leur pain quotidien. Un maçon a appris à construire un mur et il y parviendra pourvu qu’il dispose des matériaux, du temps et de la volonté : dès lors l’immense majorité de nos murs sont droits. On peut dire la même chose du boulanger, du chirurgien, du programmeur, du pilote d’avion. Ils remplissent des métiers qu’ils ont eu le loisir d’apprendre et on ne leur demande pas l’impossible.

Dans quelque pays que ce soit, un ministre connait rarement le domaine qu’il dirige et ne sait rien de ce qui s’y passe. Parfois un médecin dirige la santé et un écrivain la culture, mais c’est exceptionnel. D’ailleurs le but du chef de l’Etat ou du Premier Ministre est de faire d’abord de la politique, c’est-à-dire viser l’aval du parlement, en rameutant les factions, et le succès du parti aux prochaines élections. Le peuple en décidera, non pas sur examen des résultats concrets mais des apparence, des éléments de langage bien choisis. En cas d’échec inévitable, strictement dû aux circonstances, le meilleur gouvernement du monde est sanctionné, même le plus injustement du monde, selon les règles imprescriptibles de l’Histoire.

Pourquoi ne met-on pas un ministre à l’endroit où il est le plus compétent ? Parce qu’alors il tiendra tête à l’administration, jalouse de son médiocre pouvoir, et aux lobbys, qui en détiennent la plus grande part. S’il est incompétent dans le domaine qu’il gouverne, il sera  plus influençable, moins sûr de lui, prêt à avaler les plus gros mensonges. Son incompétence particulière lui confère une compétence générale à s’occuper de tout. Puisqu’il détient les attributs du pouvoir, il serait tout de même exagéré de lui en confier la substance.

Application à la Suisse. Au Conseil fédéral, il y a un médecin, mais il ne s’occupe surtout pas de Santé : en tant que Tessinois il aurait cependant été très précieux en prenant des leçons de ses collègues italiens, en imposant le confinement à temps, en prévoyant très à l’avance des respirateurs, des masques et des désinfectants. Pour la Santé, on a donc affecté plutôt un économiste, afin qu’il ne s’occupe surtout pas d’Economie, qui est confiée à un vigneron, dont les connaissances formelles en théories économiques doivent tenir sur une page A4. Ce dernier est aussi chargé de la Formation et de la Recherche alors qu’il n’a jamais mis les pieds dans une université. On aurait dû confier ce dernier fardeau à la professeure de piano, mais elle s’utilise en Energie, Transport et Télécommunication, vaste et important domaine, où un ingénieur aurait trouvé sa place, mais il n’y en a point de disponible : ils ne sont pas obligés de devenir Conseillers fédéraux pour gagner leur vie. De même la spécialiste des langues que l’on aurait bien vu aux Affaires extérieures, par suite de son entregent, de sa distinction et de son ascendant, s’occupe de la Justice, afin que la juriste de la bande ne s’en concerne pas. Celle-ci est au contraire en charge de l’armée où elle n’a pas fait de service militaire compte tenu de son sexe. Au fond, le seul qui soit à peu près à sa place est l’employé de commerce, accessoirement agriculteur, qui s’occupe assez bien des finances, car il maîtrise quelques concepts élémentaires de sa fonction.

Cette énumération hilarante risque  de jeter le doute sur nos institutions. Que l’on s’en garde bien ! Ce n’est pas si grave que cela. Le Conseil fédéral  joue seulement le rôle d’un gouvernement et il  est en conséquence réduit à sept membres, pour des raisons d’économie et de méfiance. Selon le principe de concordance, ils représentent tous les partis importants et toutes les régions, proportionnellement à leur représentation parlementaire. Ce gouvernement de coalition ou d’unité nationale ne dépend pas d’une majorité parlementaire. Il repose sur une conviction profonde inscrite dans le principe de concordance : il ne peut y avoir une majorité et une opposition, tous les partis sont égaux, tous doivent exercer le pouvoir exécutif.

Les ministres sont élus individuellement par les deux chambres réunies à la majorité absolue, ce qui signifie que des votes proviennent de tous les partis quel que soit le parti de l’élu. C’est donc un fantôme de gouvernement : sans chef de l’Etat sinon formel, sans premier ministre, sans programme préalable, sans équipe ministérielle cohérente, sans majorité parlementaire. Selon les normes habituelles, c’est plutôt une délégation parlementaire, expédiant les affaires courantes.

Faute d’une cohésion inexistante par sa constitution même, le Conseil fédéral bute sur les problèmes les plus graves : il ne parvient ni à les prévenir, ni à leur donner une solution réfléchie. Cette approximation de gouvernement ne jouit forcément pas de la cohésion nécessaire pour des décisions impopulaires en situation de crise. Des dossiers récurrents sont en souffrance perpétuelle : les pensions, la santé, la formation, les relations avec l’UE, la transition climatique. Que dire alors d’une menace subite et grave ! Sinon que le Conseil fédéral n’est pas conçu pour la traiter. Il tergiversera, procrastinera, trainera les pieds, selon la coutume. C’est pourquoi en temps de guerre le parlement élit un général qui reçoit tout pouvoir.

Le génie profond de l’exécutif s’énonce ainsi : mieux vaut ne pas gouverner que mal gouverner. Et c’est bien vu ! A force d’attendre, certains problèmes deviennent solubles ou même ne se posent plus. Un excellent principe de politique dit que s’il n’est pas urgent de légiférer, il est urgent de ne pas légiférer.

Il est donc malvenu de critiquer le Conseil Fédéral dans les circonstances que nous vivons. Il remplit sa fonction de gestion des affaires courantes. Car en Suisse, on le sait, les catastrophes n’arrivent jamais. Elles frappent à juste titre nos voisins comme punitions de leurs péchés et elles épargnent le seul peuple vertueux au monde, nous.

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck est ingénieur, ancien conseiller national PDC et député au Grand Conseil vaudois, professeur honoraire de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d'origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse. Il exerce la profession d'écrivain.

30 réponses à “Le salaire de l’incompétence

    1. Il ne faut pas seulement dans ce cas pratique, adopter la politique de l’autruche! Votre mandat est clair : Agissez ou libérez le tablier! Les populations veulent des réponses, même quand il n’y en a pas!

  1. Excellent ! Quel bonheur! Quelle lucidité.
    A l’heure du café, multinationaux rassemblés autour de la table du salon, rien ne nous a plus fait rire que votre chronique.
    Merci de tout cœur

  2. “Gouverner c’est s’entourer de personnes compétentes.” Le gouvernement fait ce qu’il a à faire, et nous actuellement on nous demande d’obéir et ça difficile, surtout si on a eu du pouvoir politique ou institutionnel et qu’on est confiné vu son âge.
    Que la critique est facile à qui croit tout comprendre et maîtriser. Lisez la rubrique d’Eric Bonvin dans Le Nouvelliste ça vaut toute polémique dont on nous bassine.
    Bon we. Apéritif à 18h sur le balcon.

  3. Ne reste qu’à espérer que lors des séances collégiales du Conseil fédéral, le CF médecin en charge des relations internationales donne un conseil au CF économiste en charge de la santé, etc. Peut être qu’il y a aussi des conseils qui peuvent être donnés en dehors des séances par téléphone. A moins que l’idéologie des partis l’interdise.

  4. belle plume que la vôtre ! bravo.
    j’avoue avoir quant à moi, français, de la colère envers mon président, dit “de la République”; cet homme allie l’incompétence crasse, à la prétention parfaitement inopportune de gouverner en autocrate; ses ministres sont l’objet de plaintes en justice, alors que c’est lui l’unique responsable; alors que l’OMS donnait des consignes, lui s’occupait de 49,3 puis imposait des élections municipales !
    actuellement les médias d’ici parlent d’un proche “pic” de l’épidémie, ce qui permet au public de croire aveuglément à une accalmie prochaine, alors que les chiffres ne sont pas connus officiellement, mais cela permet à un parait-il “responsable” politique de remonter dans les sondages; eh oui ! à ce sujet un récent article de blog du Temps prétend par ignorance que les Suisses seraient moins bons qu’en France quant à l’épidémie; mais il faut savoir que les décès dans les EPAD (maisons de retraite françaises) ne sont pas comptabilisés !

    1. L’INSEE s’occupe de statistiques en France et publie régulièrement celle des décès ventilés par cause. La source provient sans doute des communes qui tiennent un registre d’état civil. Si tel est le cas, le gouvernement connait le chiffre exact des décès par COVID19. S’il ne le connait pas, cela signifie que les statistiques de décès ne sont même pas tenues, ce qui est encore plus grave.

    2. Article détaillant le sujet:
      https://www.la-croix.com/Sciences-et-ethique/Sante/Coronavirus-difficile-decompte-morts-2020-03-26-1201086232

      Mais en Suisse, on ne fait pas mieux.
      Les fonctionnaires étaient tellement débordés qu’ils ne lisaient plus les contenus des fax qu’ils recevaient mais pesaient les documents ! Et un étudiant un mis quelques heures pour les mettre en pls !
      https://www.corona-data.ch/

      Juste effrayant. Des commissions parlementaires se sont réunies pendant des années pour discuter d’investissements de dizaine de millions pour un système de communication efficace en cas de catastrophe (Mr Neirynck, vous en faisiez partie ?). Rien n’a été fait (et ils sont encore à l’air du fax). Et un étudiant fait gratuitement en quelques heures mieux que tout ce qu’ils n’ont jamais imaginé…

      Le privé nous sauvera, le public nous factura sa tentative d’avoir essayé.

      1. Je n’étais pas dans la commission en charge des communications, parce que j’étais trop compétent en ayant enseigné cette matière pendant 25 ans à l’EPFL. Le Parlement m’a donc mis dans la Commission des Affaires extérieures, où j’étais paralysé par mon ignorance bien naturelle du droit international. A ma place, pour réfléchir sur les télécommunications, on a mis un juriste qui ne présentait aucune menace pour l’administration. La recherche de l’incompétence est donc tous azimuts dans le pouvoir législatif comme exécutif. C’est tellement absurde que cela en devient presque comique.

  5. Excellent Monsieur Neyrinck !
    La pertinence et la précision de ces propos nous informent de la “démonstration” que nous fait le Conseil Fédéral incorpore depuis le début de ce désastre et même avant puisqu’ils n’ont rien anticipé !!!

    Que dire aussi de l’arbitre de football Monsieur Dafalgan à Lausanne, dont les compétences en économie ainsi qu’en médecine ne devrait plus jamais lui permettre de continuer à se présenter devant nous à l’avenir?

    Il commence à y avoir trop d’exemple d’incompétence dans nos administrations ….

  6. Caligula avait nommé son cheval consul (quelque chose comme premier ministre). D’après Suétone (“Vie de Caligula”, 55), Incitatus (le cheval favori de l’empereur) aurait également « invité » des dignitaires à partager sa table, et avait une maison avec des serviteurs pour entretenir de tels invités. En 1987, en élisant la Cicciolina, une actrice de films X, députée du parti radical à Rome, les Italiens ont montré qu’ils n’avaient rien perdu des traditions de leurs ancêtres et qu’à défaut de cheval, ils ne manquent pas de rosses pour ridiculiser leurs politiciens.

    L’écrivain dissident soviétique Alexandre Zinoviev disait de l’ancien exécutif du Kremlin que si on le remplaçait par un quarteron de femmes de chambre, ça marcherait aussi bien. Si le principe de Peter (ou de Murphy) prévaut en politique, alors, oui, il y a lieu d’être inquiet.

    Bien sûr, on peut ironiser sur le fait que le destin de la formation et la recherche soit entre les mains d’un vigneron dont la contribution à ladite recherche, quelle que soit par ailleurs sa soif de savoir, ne couvrirait pas même une feuille de vigne – et, à supposer qu’elle le fasse, à quoi lui servirait-elle, sa feuille? Sans doute pas même de cache-sexe. Mais de qui et de quoi parle-t-on – de personnes ou d’institutions? Sans celles-ci, comment la crise que nous traversons serait-elle gérable?

  7. Pourquoi un vigneron (il n’y a pas de sot métier, etc.) élu par le Peuple ne s’occuperait pas d’économie lorsque les ingénieurs, professeurs, écrivains et politiciens sont aussi publicistes ?
    Et un pareil temps d’angoisse et de deuil, critiques et satire devraient épargner ceux qui ont été démocratiquement choisis pour gouverner la Suisse.

    1. J’ai le plus grand respect pour les vignerons au point que je regrette de ne pas l’avoir été, mais je ne leur confierais évidemment pas ma santé, mes finances ou le dépannage de ma chaudière. Ce qui est vrai pour une personne devrait l’être pour un pays tout entier.
      J’ai toujours trouvé très sympathique Guy Parmelin, qui est probablement le plus adéquat des UDC romands pour le CF. Parfois je me mets à sa place et je crois qu’il est souvent angoissé devant les décisions qu’il doit prendre. Si l’on m’avait proposé une charge quelconque dans un exécutif à n’importe quel niveau, je n’aurais pas accepté n’importe laquelle tant je suis persuadé de mon incompétence en finances, en droit ou en médecine. J’ai été élu à sept reprises à tous les échelons des législatifs suisses mais cela ne me donne pas des connaissances que je n’avais pas auparavant.
      Pour répondre à votre dernière question, je suis écrivain par attrait. J’ai fait des études d’ingénieur pour gagner ma vie. Je ne vois pas pourquoi cela aurait dû m’empêcher de publier dix romans.

  8. N’est ce pas le bon moment de changer les choses, d’imposer la voix du peuple?
    Du moins celle dont les résolutions et décisions ne passeront pas à travers le prisme de l’intérêt financier uniquement?
    Ne devrons nous pas commencer à instaurer au plus vite les “Assemblés Citoyennes” au plus bas des strates décisionnaires?

  9. Cela fait partie du plus profond ADN de la Suisse démocratique issue de 1848, avec son anti-élitisme congénital, de préciséement se méfier des spécialistes. On préfère des agricultueurs, des médecins et des juristes précisément dans des fonctions distinctes de leurs spécialité. Ceci peut choquer un esprit rationaliste issu d’un plat pays, très différent de la suisse, même si ce rationaliste a été pleinement adopté par la Suisse qui l’a élu à de hautes fonctions. Mais il ne s’agit pas là en Suisse d’un dysfonctionnement du système, tout au contraire. Mr Neirynck, si vous étudiez la chose de plus près, vous verrez que cela a été voulu ainsi, à dessein, précisément dans un souci de démocratie.

    Je trouve que Parmelin, même s’il ne parle pas l’anglais, est un des meilleurs ministres de l’économie que nous ayons eu depuis longtemps. Il a d’excellents collaborateurs. Il est très intelligents malgré son air un peu rustique. Il écoute les conseils, soupèse et juge avec un grand bon sens paysan. Et à la fin il prend d’excellentes décisions. Et puis reconnaissez le, depuis 172 ans, malgré une certaine médiocrité du personnel politique le gouvernement suisse a fait relativement peu de bourdes monumentales.

    1. Voilà ce que j’ai écrit :
      “Le génie profond de l’exécutif s’énonce ainsi : mieux vaut ne pas gouverner que mal gouverner. Et c’est bien vu ! A force d’attendre, certains problèmes deviennent solubles ou même ne se posent plus. Un excellent principe de politique dit que s’il n’est pas urgent de légiférer, il est urgent de ne pas légiférer.
      Il est donc malvenu de critiquer le Conseil Fédéral dans les circonstances que nous vivons. Il remplit sa fonction de gestion des affaires courantes.”

      Cela répond à l’avance à votre commentaire.
      Je me permets de vous recommander la lecture de mon ouvrage “Le Secret des Suisses” qui développe la thèse selon laquelle nos institutions sont excellentes tout en ayant bien entendu des limitations inhérentes à leur qualités.

      1. Je lirai volontiers ce livre.

        Ce qui me paraît important à comprendre c’est que la médiocrité est vraiment un choix délibéré de la politique suisse après 1848, qui a pour but d’éviter à tout prix l’apparition de personnalités marquantes, car dans ce cas il y aurait un risque de pouvoir personnel. Or, c’est ce que l’on a voulu éviter à tout prix.

        Prenons un exemple: Mr Christophe Blocher. Je ne sais pas quel genre de relations personnelles vous avez entretenues avec lui. Peut-être même excellentes, cela ne m’étonnerait pas. Mais je suis certain que: a) il incarne une vision politique qui est à l’opposé de la vôtre et : b) vous reconnaîtrez volontiers que par l’envergure de sa personnalité il dépasse le niveau moyen du personnel politique habituel de la Confédération, de la tête et des épaules.

        Dans un pays comme la Grande Bretagne, cette forte personnalité aurait été reconnue comme une qualité nécessaire à un premier ministre. En Suisse la supériorité de Mr Blocher a eu pour consequence qu’une levée de boucliers des médiocres l’a sorti du gouvernement. On n’aime pas les têtes qui dépassent. Dans le cas Blocher, personnellement je le regrette. Mais c’est l’ADN politique de la Suisse. Je précise: de la Suisse de 1848.

        1. Je suis tout à fait d’accord avec cette analyse que j’ai développée de la même façon dans mon livre.
          Nuance : si CB est très intelligent, il a aussi un ego surdéveloppé qui lui a beaucoup nui et qui a nui à son parti. Il n’a pas compris l’ADN des institutions suisses. Son défaut de caractère l’aveugla et ruina sa capacité à gouverner. La coalition qui l’a écarté du pouvoir n’était pas composée que de médiocres mais aussi de gens qui tenaient aux institutions et qui voulaient les défendre.
          Nos relations furent détestables. Chaque fois que nous nous croisions, je le saluai poliment et il détournait le regard. Juste avant le vote décisif, pour la première fois, en sortant il vint à mon banc pour me serrer la main. Sans doute pour acquérir mon vote. Je n’oublierai jamais ce moment singulier.

  10. Alors là, vous n’êtes pas fair, cher Jacques, votre expérience politique devrait vous rendre plus humble.

    Si je puis vous suivre un peu, il n’est pas dit que le médecin soit plus apte que le bacille du Dr. Koch à vaincre l’épidémie, d’ailleurs qui sait des cours de piano… ?

    Vous êtes le chantre de “y en a point comme nous”, voyez que ce n’est pas si simple!

    Même la Suède, haute démocratie à ce que l’on en dit, va devoir s’enfermer dans des armoires Ikea, si on voit le Prince Charles et Boris positifs.
    Manquera plus que l’ami Leuba que l’on traitera au Dafalgan et la boucle sera bouclée 🙂

  11. Merci Monsieur Neirynck pour ce blog majestueux du 27 mars.

    Pourra-t-on retenir que c’est la bureaucratie, au travers de l’administration “parasitaire” et des lobbies que la Suisse est à ce jour dirigée ? Un peuple de moutons, sera-t-il à la hauteur pour commencer à grogner ?
    J’ai un doute immense que notre démocratie directe nous permette, non pas une “révolution” (qui consiste toujours à revenir au même point), mais une évolution des mentalités.

  12. « Que celui d’entre nous qui n’a jamais péché leur jette la première pierre »
    Ce qui est vrai et logique pour un maçon l’est moins pour un cadre et encore moins pour un leader.
    Il me semble qu’il y a la confusion du genre. Aucun gouvernement au monde et dans l’histoire, dirigés par un expert du domaine a été performant. La qualité attendue d’un(e) conseiller(e) fédérale n’est pas l’expertise technique des sujets de son département mais ces capacités de communication et direction. Il est vrai que Alain Berset se distingue particulièrement ces temps dans ces domaines. Méfions-nous des raccourcis rapides, le CF change, les hauts fonctionnaires restent. L’expertise technique des dossiers, c’est de leur responsabilité. Ceci est valable au niveau fédéral aussi bien que cantonal.
    Ce qui est vrai pour la gouvernance d’un état l’est également pour les entreprises. Les entreprises fleurissantes ont souvent des dirigeants munis des qualités autre que technique.
    On peut interpeler le CF sur sa vision à longue terme mais certainement pas d’être composé de paysan, Linguiste etc…. L’infrastructure du pays est figée aux années 70 (pratiquement dans tous les domaines), on continue à rafistoler l’existant. Il est urgent que nos politiciens (fédérale, cantonale même communale) utilisent l’argent public pour l’avenir de nos enfants.

  13. Le salaire de l’incompétence! De qui de quoi parle-t-on?
    Impossible de dénouer des problèmes dont on ne connait pas les données? Allons, cette incompétence est abandonnée aux réactionnaires depuis fort longtemps.
    Les créatifs, les précurseurs, les inventeurs qui ne soucient de gain ou de pertes ont toujours su nous guider vers des données inconnues avec des des solutions révolutionnaires. Le siècle des lumières et la prise de la bastille ne sont pas si anciennes.
    Vous manquerait il d’esprit révolutionnaire pour y croire Monsieur de l’EPFL?

    1. Lénine a lancé son pays dans une dictature féroce, meurtrière et inefficace. Il a eu le commentaire suivant : “Les faits son têtus!”
      La politique est l’art de rendre possible le souhaitable, mais pas de rendre possible l’impossible. La prise de la Bastille a conduit à la Terreur, c’est-à-dire à guillotiner des dizaines de milliers d’innocents, pour terminer par Robespierre et pour suivre par les guerres napoléoniennes. Tout cela au nom d’idées justes devenues folles par déni de réalité. Je suis un évolutionniste, pas un révolutionnaire.

      1. Cette réponse est trop facile. Dommage.
        Pour rappel: La prise de la Bastille a d’abord conduit à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le 26 aout 1789 qui me semble une vraie révolution d’avec la pensée en vigueur depuis des siècles.

        1. Ce ne sont pas les émeutiers qui ont rédigé cette déclaration mais les bourgeois du Tiers Etat avec quelques ecclésiastiques. Cette déclaration s’inspire de celle rédigée en 1761 par l’Etat de Virginie.

          1. Et il faut rappeler que les dits “bourgeois” étaient en majorité juifs.

            Ils détiennent le pouvoir français, comme européen ou américain et même suisse, à ce jour, à preuve du contraire et pour le grand malheur de la planète (colonies, WW, moyen-orient et bla).

            Et sans parler des GAFAM!!!!!

          2. La communauté juive de Suisse est minuscule, à peine 20 000 personnes. Elle serait bien en peine d’exercer le pouvoir. La branche juive de ma famille a pour métier l’université. Elle s’occupe plus de science que de pouvoir. Vous propagez un mythe qui a fait beaucoup de tort et qui ne repose sur rien.

          3. Un mythe?
            Quand Trump annexe, tout seul, comme un grand, la Palestine, c’est un mythe?
            Bien sûr, il a l’appui des évangélistes, mais aussi du Congrès pour les mêmes raisons…!
            Quand la Suisse supprime le financement de l’UNWRA, c’est un mythe?

        2. Le premier projet de Déclaration des Droits de l’Homme est dû au marquis de La Fayette (dont on dira que les projets ultérieurs ne sont que le commentaire), suivi par ceux de Targuet, Mounier, Mirabeau, Sieyès et Gouges-Cartou. La Fayette, qui a ouvert les Etats Généraux le 5 mai 1789, faisait partie des treize députés siégeant à l’Assemblée constituante qui étaient allés en Amérique du Nord ou admiraient la Révolution américaine, des nobles envoyés en Amérique comme officiers par le roi Louis XVI pour soutenir la guerre d’indépendance américaine. Avec La Fayette, ils comprenaient le vicomte de Noailles (qui proposa la fin des privilèges et des droits seigneuriaux, les frères Lameth, le marquis de Ségur, le comte Mathieu de Montmorency, le duc de la Rochefoucauld d’Enville (qui a traduit la Constitution américaine de 1787 en français) et le marquis de Condorcet qui publia “De l’influence de la révolution de l’Amérique sur l’Europe”.

          Cette influence américaine est surtout l’exemple de la mise en œuvre de principes révolutionnaires énoncés dans sa déclaration d’indépendance, dont Thomas Jefferson, rédacteur de la première constitution américaine, celle de Virginie, était l’un des trois principaux auteurs, avec Benjamin Franklin et John Adams.

          Condorcet admet, en introduction à la Déclaration des Droits de l’Homme, que ces auteurs se sont inspirés des philosophes européens. Thomas Jefferson, en particulier, faisait partie des élites intellectuelles des Lumières. Influencé par la lecture de Locke, de Montesquieu, de Hobbes, de Beccaria, parmi bien d’autres, il discutait avec les meilleurs esprits français de son temps (d’Alembert, Condorcet, Destutt de Tracy) dans son hôtel parisien de Langeac ou à l’hôtel de la Monnaie.

          La révolution. ce sont les aristocrates qui l’ont faite.

    2. La Bastille n’aurait jamais été prise si la plus grande partie de sa garnison ne s’était ralliée aux émeutiers. Pas plus que le Palais d’Hiver ne serait tombé aux mains des rouges si sa garde n’avait, pour sa plus grande part, fait défection en juillet 1917, à Saint-Pétersbourg. Aucune révolution n’a de chance de réussir sans le soutien du peuple et de l’armée. Les Décembristes russes de 1825, idéalistes révolutionnaires s’il en fut, en ont fait l’amère expérience. Revoyez vos manuels d’histoire.

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