L’ambassadeur Mavromichalis (UE) comprend-il vraiment le dossier suisse ?

Le cœur du texte qu’il a signé, publié dans Le Temps d’hier, mérite en tout cas quelques réponses. Avec un fact checking et une petite analyse point par point (en sept citations).  

 1 – (…) « L’accès au marché intérieur de l’UE est soumis au respect des règles législatives et réglementaires de l’Union. Le débat en Suisse tend à confondre accès au marché et libre-échange.

Il y a en effet une confusion, mais elle ne porte pas sur ces deux termes. Les Suisses veulent le meilleur accès possible au marché européen, dans une perspective d’échange en effet. A Bruxelles toutefois, on ne parle jamais d’accès, mais de participation, comme si la Suisse faisait partie du marché intégré. Tout accès des exportations suisses est en quelque sorte considéré comme une participation de fait, mais non encore assumée de la part des Suisses sur le plan juridique (institutionnel).

Participer pleinement au marché européen, c’est adopter l’ensemble de ses conditions cadres (directives, règlements, etc). La législation européenne liée au marché intérieur était presque exclusivement économique (au sens restreint) dans les années 1990. Les conditions cadres de l’économie se sont entre-temps élargies en intégrant des dimensions sociales et environnementales. Un Etat de l’Union qui ne les respecte pas est considéré comme exerçant une concurrence déloyale à l’égard des autres membres. C’est progressivement devenu le cas de la Suisse, dont la participation est en réalité très faible à ce stade (ce que l’Accord cadre institutionnel devait faire évoluer rapidement). Les Suisses veulent rester maîtres de leurs conditions cadres.  

La Suisse ne participe en fait qu’à un seul secteur dans le domaine économique : le transport aérien, dans lequel les nouvelles dispositions réglementaires européennes sont automatiquement adoptées. Ce n’est pas un privilège. D’autres Etats de la périphérie de l’Europe y participent également. Sur le plan non économique, il y a aussi Schengen/Dublin, mais qui n’a guère été évoqué dans les débats de ces dernières années.

2 – « Le libre-échange n’abolit que les droits de douane et les quotas, tandis que l’objectif du marché intérieur est l’abolition de toutes les barrières, tarifaires et non tarifaires, à la libre circulation des marchandises, services, personnes et capitaux. Par conséquent, le marché intérieur de l’UE est régi par des règles communes dont le respect est assuré par une juridiction internationale et indépendante.

Ce sont précisément ces règles communes auxquelles les Suisses ne veulent pas être soumis de manière automatique et systématique. S’ils veulent garder leurs niveaux salariaux et de prestations sociales, ils doivent pouvoir adapter les conditions cadres de l’économie en fonction de ses spécialités à l’exportation, et de leurs destinations dans le monde. Quitte à faire du marché européen un marché comme les autres. Si les entreprises suisses parviennent à être performantes dans le monde, elles le seront en Europe.

3 – « Pendant trop longtemps, l’UE a toléré une situation où la Suisse bénéficiait d’un très large accès à notre marché tout en adoptant de façon sélective les règles qui régissent celui-ci. Cela s’appelle avoir le beurre (l’accès au marché) et l’argent du beurre (l’autonomie réglementaire). Cela nous pose un problème fondamental, car il s’agit d’une violation du principe sacro-saint de l’égalité du traitement des Etats et des opérateurs économiques. Si chaque participant pouvait librement édicter ses propres règles, le marché intérieur perdrait tout son sens car il serait fragmenté en une multitude de sous-marchés nationaux et régionaux.

L’ambassadeur Petros Mavromichalis parle comme si la Suisse était dans l’Espace économique européen (EEE), et qu’elle voulait en sortir. Mais elle n’y est pas et ne veut pas y entrer (il sera toujours temps de le faire si un jour son économie et son système social s’effondrent). A part ce petit problème de perspective, l’auteur a raison sur le fond. Ses propos correspondent à une réalité qui n’est pas encore complètement perçue en Suisse : depuis le Brexit, Bruxelles ne croit plus en l’avenir de la voie bilatérale d’intégration censée hisser progressivement les Suisses au niveau de l’EEE. Le processus est trop long, trop compliqué, trop imprévisible. Les Européens se sont découragés. Ils n’en veulent plus. S’il peut y avoir un Etat tiers en Europe, dans la mer du Nord, pourquoi n’y en aurait-il pas un autre du côté des Alpes? D’où la fermeté nouvelle par rapport aux demandes dérogatoires continuelles des Suisses (d’abord présentées comme des demandes de clarification dans le cas de l’Accord institutionnel).

4 – « (…) Il faut rappeler que la Suisse participe à certains secteurs du marché intérieur européen de son propre gré et selon sa volonté explicite.

Oui, mais l’histoire n’est pas figée. Cette volonté remonte à une autre époque. L’intégration pour l’intégration n’est plus l’objectif du Conseil fédéral depuis 2005. La demande d’adhésion a été retirée en juillet 2016, quelques semaines après le référendum britannique sur le Brexit. L’ouverture des négociations au début de la décennie sur un accord cadre s’est avérée une erreur. Le système politique suisse et les crispations partisanes sur le dossier européen étant ce qu’ils sont, il a fallu du temps pour l’admettre à Berne. 

5 – « (…) L’UE demande depuis plus de dix ans que l’approche bilatérale soit consolidée par un cadre institutionnel, qui garantisse l’alignement des législations et permette le règlement des différends dans les secteurs du marché intérieur auxquels la Suisse participe.

Si l’on ose : l’UE a commis apparemment quelques erreurs fatales par rapport à cet objectif d’intégration juridique progressive et indolore de la Suisse. A tel point que l’on peut se demander si ces bévues ne reflètent pas précisément une sérieuse perte de motivation de sa part.

Première faute : avoir imposé au dernier moment une super-clause guillotine et une déclaration conjointe contraignante dans l’Accord cadre. Cette annexe programmait l’élargissement rapide de la subordination au droit européen à plusieurs secteurs et domaines de l’économie (non concernés par l’accord lui-même). Elle a brusquement réveillé les milieux économiques.

Deuxième faute : n’avoir pas pris tout de suite en compte les revendications hautement légitimes des syndicats en Suisse.

Troisième faute : avoir pris l’habitude depuis 2014 de menacer, d’intimider et d’exercer des mesures de rétorsion vexatoires, comme si la Suisse était la Hongrie ou la Turquie.        

6 – (…) L’égalité de traitement et la sécurité juridique sont également dans l’intérêt de la Suisse.

Merci à l’Union Européenne de se préoccuper des intérêts de la Suisse. N’étant ni dans l’UE ni dans l’EEE, l’égalité de traitement qui nous intéresse est en premier lieu celle des relations internationales. En particulier celle qui sous-tend le multilatéralisme universel prôné urbi et orbi par Bruxelles : la clause de la nation la plus favorisée. Ce que l’UE accorde au Royaume-Uni, au Canada, à l’Australie ou à seize Etats tiers (en matière d’association aux programmes cadres de recherche Horizon Europe), il n’y a pas de raison qu’elle ne l’accorde pas à la Suisse.

Pour ce qui est de la sécurité juridique, elle n’a jamais été aussi faible en Suisse depuis que la voie bilatérale a généré une dynamique dans laquelle chaque étape de l’intégration est irréversible et rend la suivante indispensable. Avec en plus des guillotines exécutoires menaçant l’ensemble du système. Il eût d’ailleurs semblé difficile de parler de sécurité juridique avec un règlement des différends se traitant devant la cour de justice de la partie adverse, comme le prévoyait l’Accord cadre.

Les Suisses ont plébiscité l’an dernier la libre circulation des personnes pour préserver en contrepartie l’Accord sur la recherche subventionnée et l’Accord sur la reconnaissance mutuelle des normes techniques (ARM). En fait de contrepartie, l’UE est en train de vider ces deux accords de leur esprit et de leur substance. Alors qu’ils n’ont aucun lien juridique avec l’Accord institutionnel avorté, et que des mises à jour de l’ARM pourraient être conclues d’un commun… accord (tous les Etats du monde mettent à jour leurs accords).

7 – « (…) A part l’adhésion et l’EEE, il ne reste que l’accord-cadre, un modèle fait sur mesure pour la Suisse. Ou bien il faut accepter l’érosion des accords bilatéraux et le retour au simple libre-échange. La poursuite du statu quo, en tous les cas, n’est pas une option pour l’UE.»

C’est l’EEE tout de suite, l’EEE progressivement et vite, sinon rien. On l’avait d’abord deviné. C’est tout à fait clair aujourd’hui. L’UE aura mis du temps à le déclarer officiellement par la voix d’un ambassadeur. Cette dérobade relativise les propos selon lesquels la Commission européenne était prête aux compromis, et qu’elle a été choquée par le lâchage du Conseil fédéral. Il fallait en réalité que l’un ou l’autre assume la rupture des négociations. C’est finalement la Suisse qui a mis fin à cette mascarade, par les soins de son paysan-président montant dire son fait à la comtesse von der Leyen. Tout un symbole. L’ambassadeur n’endosse pas le beau rôle en faisant ensuite comme si l’Accord institutionnel était encore une option.   

Les Suisses veulent apparemment prendre le temps de la réflexion. Ils sont peut-être en train de se rendre compte qu’ils n’auront jamais la paix dans cette voie bilatérale dont l’UE dicte le rythme et les conditions. Ils s’apercevront éventuellement que les pertes économiques du statu quo seront insignifiantes à l’échelle du PIB. Les possibles baisses d’emploi devraient être compensées par un tassement de l’immigration active. Les partisans de la libre circulation n’ont-ils pas toujours affirmé que le marché du travail s’autorégulait, avec l’immigration européenne et le travail frontalier comme variables d’ajustement ?    

Le retour au « simple libre-échange » sonne comme une nouvelle menace, mais ce n’est une option ni pour l’Union Européenne, ni pour la Suisse. Le libre échange invoqué par l’ambassadeur Mavromichalis n’existe plus guère dans le monde développé. L’Accord de libre-échange de 1972 entre l’UE et la Suisse fait quinze pages. L’ « Accord de commerce et de coopération » de 2020 entre l’UE et le Royaume-Uni en fait mille quatre cents. Entre l’UE et le Canada (2016), il est du même ordre et s’intitule « Accord économique et commercial global ».

Une fois passé le temps des ressentiments, pourquoi l’Union se contenterait-elle d’un libre-échange archaïque avec la Suisse ? Bruxelles négociait un « Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement » avec les Etats-Unis lorsque Donald Trump a été élu et l’a suspendu. Un autre accord de partenariat vient d’être finalisé avec le Japon. Un autre encore est en préparation avec l’Australie. Tous ont des reconnaissances mutuelles de normes techniques, l’essentiel de l’accès « privilégié » de la Suisse au marché continental. Aucun ne prévoit de subordination au droit européen. Pourquoi la Suisse, troisième partenaire économique de l’UE après les Etats-Unis et la Chine, devant le Royaume-Uni, n’aurait-elle pas droit à ces égards élémentaires ? Ne serait-ce que par égalité de traitement ?

François Schaller

Ancien de la Presse et de L’Hebdo à Lausanne. Rédacteur en chef de PME Magazine à Genève dans les années 2000 (groupe Axel Springer), et de L’Agefi dans les années 2010 (Quotidien de l’Agence économique et financière). Pratique depuis 1992 un journalisme engagé sur la politique européenne de la Suisse. Ne pas céder au continuel chantage à l'isolement des soumissionnistes en Suisse: la part "privilégiée" de l'accès au marché européen par voie dite "bilatérale" est dérisoire. C'est tout à fait démontrable avec un peu d'investigation. Des accords commerciaux et de partenariat sur pied d'égalité? Oui. Une subordination au droit européen? Non. Les textes fondamentaux: Généalogie de la libre circulation des personnes https://cutt.ly/1eR17bI Généalogie de la voie bilatérale https://cutt.ly/LeR1KgK

25 réponses à “L’ambassadeur Mavromichalis (UE) comprend-il vraiment le dossier suisse ?

  1. Quelle précieuse clarté que cette réponse ! Puissiez-vous être lu et compris urbi et orbi et même relayé par un journal ou un autre!
    Suzette Sandoz

  2. Ce qui est important maintenant, c’est saisir l’opportunité de la présidence Macron de l’UE.

    Il faut clairement lui faire comprendre qu’il ne sera jamais réélu s’il traite mal les frontaliers qui travaillent en Suisse et sur qui reposent sa base électorale dans l’Est.

    Il faut donc expliquer clairement que la France a beaucoup à perdre si la Suisse met fin à la libre circulation des travailleurs.

    A Berlin et Bruxelles, ils ont tendance à oublier que les régions frontalières de la Suisse bénéficient énormément de leur accès à la Suisse. Il faudrait le leur rappeler !

    L’UE se montre bête et méchante? Montrons leur que cette attitude n’est pas soutenue par les peuples européens. Aidons les peuples européens à montrer à Macron et Cie qu’ils ont tout à perdre à se montrer arrogants avec la petite Suisse.

    On rêverait d’avoir une promotion Suisse tenue par autre chose des ezroturbos, là et maintenant…

  3. Merci pour cette analyse très pertinente et bienvenue. Que Monsieur l’ambassadeur puisse s’en inspirer pour instruire les membres de cette commission européenne qui semble en effet avoir commis plusieurs erreurs à différents niveaux.

  4. C’est fou ça quand même comme nous sommes toujours tellement plus intelligents et plus sages que nos voisins qui, eux, évidemment ne comprennent jamais rien à rien! Les Suisses, le peuple élu 🙂 ?

  5. Excellent article de François Schaller. Un de ses meilleurs.

    Cet antipathique ambassadeur n’a rien appris ni rien oublié. Il croit pouvoir encore donner ses ordres à la Suisse. Son langage est toujours celui du maître chanteur, ça a été le langage de l’UE envers la Suisse depuis 1992. C’est fini maintenant. La Suisse et les Suisses ne l’acceptent plus.

    L’UE devrait changer son ambassadeur à Berne.

    Le langage de ce monsieur consiste à dire: si vous voulez un accès ECONOMIQUE au marché unique, vous devez pour ça payer un prix POLITIQUE qui est l’abandon de toute souveraineté, même résiduelle et vous soumettre pieds et poings liés, céder votre pouvoir législatif aux mains de l’UE, céder vos droits populaires qui ne pourront plus refuser une directive (ukaze) européenne, céder votre citoyenneté, qui sera accordée à tout ressortissant de l’Union.

    C’est ce chantage qui est inacceptable. Les normes européennes techniques, réglementaires, ne sont que des normes techniques et réglementaires, Elles ne sauraient avoir aucune conséquence en terme de souveraineté. Elles pourraient parfaitement être négociées et adaptées en permanence au sein d’une organisation non gouvernementales comme par exemple l’Union Postale Universelle , et d’innombrables organisations de ce genre qui régulent les aspects techniques et réglementaires en standardisant des normes industrielles et autres. Cela n’emplique aucune cession de souveraienté des pays partcipants à l’élaboration desdites normes.

    Mais le projet européen tel que voulu par l’agent US Jean Monnet, est autre. Il consiste à créer un grand marché économique pour ensuite s’en servir comme d’un moyen de chantage pour exiger une soumission politique de ceux qui souhaitent y avoir accès. M. Mavromichalis est dans le droit fil de cette tradition à laquelle la Suisse a finalement refusé de se soumettre. L’UE va-t-elle punir la Suisse pour cette insoumission ? Cela semble être l’idée de Mavromichalis, avec sa menace voilée de “l’érosion” des accords bilatéraux. Mais la Suisse ne deviendra pas un pays du tiers monde à cause de ça. Les accords bilatéraux existent. Ils fonctionnent et apportent des avantages aux deux parties. Même s’il s’érodent un petit peu, c’est supportable et c’est un moindre mal par rapport à la perte définitive de l’autonomie.

  6. Que de longues litanies “Calimero” de la part d’une plume souverainiste!
    Entretemps, l’industrie exportatrice qui fait la richesse de la Suisse a déjà commencé à souffrir et le cœur de l’innovation soit les Universités et les EPFs sont clairement les victimes de l’Union Européenne vexée par notre Conseil Fédéral.
    Le Conseil Fédéral voyant qu’il allait perdre intérieurement la main sur le dossier européen a décidé de tirer la prise et de fait tire une balle dans le pied de la Suisse.

    1. @LUC OTTEN

      On souffrira un peu à cause des représailles mesquines de Bruxelles, mais on en souffrira infiniment moins que si notre pays perd tous ses avantages à cause d’une reprise “dynamique” automatique des directives européennes. En cas d’accord de sujétion, la Suisse deviendra la vache lait trayable et pressurable à merci pour combler le tonneau des danaïdes des déficits causés par l’incompétence et la corruption des eurocrates.

      1. Bref, vous préférez être seul à avoir raison sans même oser utiliser votre nom. Cela ne mène pas loin.
        Ma vision du futur de la Suisse n’est pas celle d’une splendide désolation indépendante. La pauvreté avec l’indépendance des siècles passés ne me fait pas rêver.

        1. En effet nous ne voulons pas retomber dans la pauvreté, qui serait notre triste sort en cas de soumission à l’UE.

          Car tous les Suisses en est conscients, sauf les euroturbos béats comme vous: si nous nous soumettons à l’UE avec un accord institutionnel ou n’importe comment, nous serons plumés.

          il ne nous resterait plus que les yeux pour pleurer.

          1. A l’indépendance formelle, je préfère la force de l’indépendance effective et les meilleures conditions cadres pour l’économie. Pour ces buts, un accord institutionnel est de loin la meilleure option pour la Suisse.
            Question à Monsieur anonyme, toujours pas le courage d’écrire sous votre propre nom ?

          2. @ LUC OTTEN

            Vous n’avez aucun sens de la dignité de notre pays ni de son indépendance. Vous êtes de ceux qui préfèrent se vautrer dans la soumission à une puissance étrangère au nom de l’idéologie. En plus, vous êtes dans le cirage en ce qui concerne les avantages économiques d’un accord cadre. Le Suisse moyen a compris qu’avec un accord cadre on se fera plumer. Vous, vous n’êtes même pas capable de comprendre cette réalité évidente. Car vous êtes aveuglé par l’idéologie.

            Je cesse ici ce dialogue de sourds avec vous. Vous ne parlons pas le même langage. Je n’ai pas de respect pour vous, et je ne vais certainement pas me soucier de vos leçons de morale au sujet de l’anonymat sur internet. Ici c’est la règle du jeu et j’ai mes raisons de ne pas souhaiter apparaître publiquement. La morale d’un petit docteur qui n’aime pas son pays, qui veut brader son indépendance pour un plat de lentille, et qui est complice de la mascarade covidiste de Big Pharma (ce qui est cohérent avec la position antisuisse pro accord cadre), m’est parfaitement indifférente.

            Maintenant allez-y. Vous pouvez vous lâcher, je ne vous répondrai pas.

    2. 1’400’000 citoyens de l’UE en Suisse. Plus de 340’000 frontaliers. Pas plus de 150’000 suisses non double-nationaux au sein de l’UE.

      En cas de mesures de rétorsions, voire de représailles, impactant l’économie suisse, il faudra en tirer les conséquences : moins d’Européens en Suisse. L’ALCP ne leur donne pas un droit inconditionnel à résider en Suisse. Appliquons donc cet accord, tout cet accord, rien que cet accord et commençons par nous poser la question du permis C. A quoi bon un permis C pour les citoyens de l’UE ? Cela fait d’eux des cumulards : les avantages de l’ALCP et ceux du permis C.

    3. Dans une phase de négociation d’un traité, le Conseil fédéral est la seule autorité qui décide pour tout et tout seul. Il n’y a de “perte de main” que selon les mondialistes, et des mondialistes on n’en a rien à cirer, il peuvent toujours hurler de douleur !

  7. Visiblement vous ne voyez que les ‘fautes’ de l’Europe mais pas la poutre que nous avons dans les yeux qui empêche la Suisse d’avancer avec intelligence avec l’Europe. L’incompétence notoire de nos élites politiques et leur arrogance crasse de suffisants font que notre pays va souffrir des décisions prises par ces gens. Pour info Macron ne nous sauvera pas car il est particulièrement frustré que notre armée ne choisisse pas le Rafale! Et oui ça commence à se savoir dans le milieu de l’aéronautique, mais en Suisse on le cache pour en faire la surprise à l’Europe! Pour finalement se ramasser dans quelques jours une belle volée de bois vert qui va faire très mal à notre économie! Faute de vision politique de la Suisse et de ses CF qui bombent le torse sans discernement sur les conséquences de leur décision.

    1. Info d’un de mes amis pilote de l’armée de l’air Fr ! Dont les routines de vol de démonstration sur rafale ont bizarrement été complètement reprogrammées depuis deux mois! Ils ne parlent plus de la Suisse et visiblement connaissaient le choix depuis un bon moment.

      1. Et ce choix serait ?

        J’espère que ce n’est pas le F35 américain qui ne fonctionne pas.

        Personnellement je serais plutôt pour le Rafale.

        1. Effectivement nous allons avoir un gros problème avec l’Europe, car La décision finale aurait dû se faire plus rapidement en faveur du Rafale qui a toutes les qualités intrinsèques de la meilleure machine pour la configuration Suisse très proche de celle de la Croatie et de la Grèce (qui ont fait l’acquisition des Rafales).
          La Croatie mise sur des Rafales de réserve de l’armée françaises, déjà en service. Ce sont d’excellentes machines de niveau F3 R qui vont être remis à niveau en F4 après les deux premières années d’exploitation sur le terrain.
          La Suisse a reçu le 22 mars Florence Parly, la ministre de l’armée française, qui est venue pour proposer le même type de contrat que la Croatie, à savoir des avions presque neufs mais remis en version F4 à la livraison. Moins chers que des neufs à 100 millions pièce sorti usine. Mme Viola Ahmerd, sous la pression de lobbyistes de l’armée qui connaissent parfaitement les rouages des « compensations » US (ça me fait penser à l’affaire des Skorpen), ainsi que des pressions de ce pays contre la Suisse, veut faire plaisir à l’aréopage tournoyant autour de cette affaire, et va donc décider sans discernement des enjeux politico-commerciaux. Sans collégialité avec le reste du Conseil fédéral, qui lui aurait bien besoin d’atténuer les tensions avec l’Europe …. D’ailleurs Kudelski n’a pas attendu l’annonce pour approcher lui-même les usines US et proposer ses solutions de sécurité. Il y passe son temps, dans sa propriété aux USA, et avec de multiplie les « relations » grâce aux relations de Mme Ahmerd depuis quelques mois … Est ce un présage?
          Le Rafale est l’une des meilleures machines aujourd’hui sur le marché, mais les intérêts privés des uns l’emporteront sûrement sur l’intelligence diplomatique que nous devrions adopter. Les Américains pourront continuer d’espionner depuis la Suisse complaisante. L’Europe réagira contre la Suisse car cela suffit de les prendre de haut.
          C’est triste pour la Suisse de voir cela. Alors que les Suisses vont devoir se battre pour préserver des parts de marché en Europe.

  8. Bravo pour cette réponse au texte trop habile de l’Ambassadeur
    Très heureux aussi que le Temps la publie vu qu’il a cessé a cessé depuis longtemps d’être un quotidien indépendant pour devenir un journal militant tendance gauche et qu’il ne cesse de publier sous toutes les plumes possibles des articles déplorant à chaudes larme purement idéologiques l’abandon de l’accord-cadre avec l’UE en dressant un tableau imaginaire noir de noir des conséquences …27-6-21

  9. Tenant compte du nombre d’objets sur lesquels aucun négociateur suisse n’aurait jamais accepté d’entrer en matière: le texte du PROJET d’Accord-cadre a été, selon toute vraisemblance, l’œuvre de la Commission Européenne seule, et la Suisse n’a pas eu un mot à rajouter. Le chancelier autrichien semble vouloir sauver la situation, et je vois d’ici les Suisses anti-Suisse et certains PLR ravaler leurs poisons quand nous aboutirons à un bon accord pour tous !

  10. Amusant. A peu près les mêmes arguments que les fidèles lecteurs du Daily Telegraph. Un gros bus rouge sur lequel est inscrit Brexit to cost 2,000million a week mais on est souverain. Des feux de joie dans la montagne autour desquels des militants habillés à l’ancienne agitent les drapeaux de leurs vallées. Ne jamais se soumettre aux méchants bruxellois qui veulent imposer leurs lois par exemple une transparence bancaire et fiscale totale !

  11. Merci pour cet article apportant de nombreux éclaircissements. J’étais déjà contre les bilatérales à l’époque et je vois que depuis 15 ans c’est de pire en pire! Les salaires baissent, les gens perdent en pouvoir d’achat, des Français deviennent fonctionnaires sans être suisses, inimaginable dans tous les autres pays de l’UE, de nombreux Suisses et locaux restent sur le carreau et ne trouvent pas ou plus de travail. Que ce soit les seniors dès 45 ans qui sont censés travailler jusqu’à 65 ans, ou nos jeunes diplômés qui pointent au chômage!! C’est une honte! La seule chose de bien en France, ce sont les quotas imposés aux entreprises pour employer des jeunes et des seniors, le Conseil fédéral devrait l’imposer ici. Et en définitive, quel serait notre intérêt de rentrer dans cette UE moribonde qui va a sa perte d’ici trente ans? Si ce n’est de payer les dettes des 27 pays qui ne voient en nous que le fric qu’ils pourraient nous soutirer!! Dette de la France 115,7% du PIB, la nôtre 27,5% du PIB, cherchez l’erreur!!

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