Hillary Clinton que tout le monde voit candidate pour la présidentielle 2016

000_Was7420959L'ex-secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a quitté l'arène purement politique, mais elle est toujours sur les radars des médias. Mardi dernier, elle a tenu un premier discours très remarqué depuis son départ de Foggy Bottom lors de la Vital Voices Global Leadership Conference au Kennedy Center à Washington. Au cours d'une allocution de 12 minutes, elle a déclaré qu'elle avait "une foi inébranlable dans le potentiel encore inutilisé des femmes et des filles". Elle a rappelé la nécessité de renforcer l'éducation pour les femmes et les efforts de lutte contre la violence domestique contre les femmes dans le monde.

Hillary Clinton a aussi précisé qu'elle ne prévoyait pas de se porter candidate à la présidentielle 2016, mais qu'elle n'excluait rien. Elle l'avait déjà formulé ainsi sur NPR au début février: "Je ne me pose même pas la question. J'ai envie d'arrêter (de vivre à) un rythme fou. J'ai arrêté la politique en tant que secrétaire d'Etat, et je ne me vois pas refaire de la politique."

Très populaire, l'ex-First Lady, l'ex-sénatrice et l'ex-cheffe de la diplomatie américaine avait tombé les lunettes qu'elle avait dû porter à l'issue de sa commotion cérébrale qui lui avait causé des problèmes de vue. Sur les télévisions américaines, les commentateurs politiques en sont presque persuadés: elle sera candidate dans trois ans. Des super-PAC (super-comités d'action politique) se sont déjà constitués pour soutenir une éventuelle candidature de la démocrate. Un site internet ,readyforhillary, vient par ailleurs d'être lancé. (photo Nicholas Kamm/AFP)

Ce vendredi à New York, elle sera à nouveau au cœur de l'attention en tant qu'oratrice au Sommet des femmes du monde.

L'éditeur Simon & Schuster a ajouté aux spéculations jeudi en annonçant qu'Hillary Clinton allait publier des mémoires en 2014. Elle y racontera les moments les plus dramatiques de son mandat de secrétaire d'Etat, jettera un regard critique sur la politique étrangère des Etats-Unis et le rôle de leader que l'Amérique doit continuer de jouer dans le monde. Elle parlera également de la mort d'Oussama ben Laden, de la chute de Kadhafi et des révoltes arabes.

Un extrait de son discours au Kennedy Center:

 

 

Robbie Novak, 9 ans, l’enfant président

Robbie Novak, 9 ans, est une star aux Etats-Unis. Il s'appelle lui-même la "voix d'une génération". Très jeune comédien, il a déjà réalisé plusieurs vidéos sur YouTube pour rendre "le monde moins ennuyeux" qui ont attiré plus de 10 millions de visiteurs. Il participe à de nombreuses autres émissions en ligne et interviewe des personnalités célèbres.

La Maison-Blanche n'a pas hésité longtemps avant de le recruter pour faire de la publicité autour de la course aux œufs de Pâques dans le jardin de la Maison-Blanche. Robbie Novak, qui se nomme aussi Kid President, a récemment été invité par Barack Obama dans le Bureau ovale:

 

 

La prestation de Robbie Novak du 1er avril dernier à la Maison-Blanche:

 

 

Et une autre vidéo d'un autre genre:

 

Ce que croient les Américains

Entre le 27 et le 30 mars dernier, Public Policy Polling, un institut de sondage, a voulu vérifier si les Américains sont friands de la théorie du complot. Dans un enquête d'opinon menée auprès de 1247 électeurs inscrits, il a obtenu les résultats suivants.

37% des sondés pensent que la thèse du réchauffement climatique est un leurre. 51% ne le pensent pas. Chez les républicains, ils sont 58% à nier le fait que la planète se réchauffe.

6% des personnes interrogées pensent qu'Oussama ben Laden est toujours vivant. 7% pensent que les Américains ne sont jamais allés sur la Lune. (photo Nasa/AFP).

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28% des électeurs sondés croient que Saddam Hussein était impliqué dans les attentats du 11 septembre 2001. Parmi les électeurs du républicain Mitt Romney, ils sont 36% à le croire et 41% à ne pas adhérer à cette thèse. A cet égard, George W. Bush a-t-il trompé les Américains en estimant que l'Irak possédait des armes de destruction massive pour justifier l'invasion du pays le 20 mars 2003? Ils sont 45% à le penser, mais là, le fossé entre démocrates et républicains est béant. 72% des électeurs démocrates sondés pensent que c'était une tromperie. Les électeurs républicains ne sont que 13% à le croire.

15% des sondés pensent que l'industrie pharmaceutique et médicale invente de nouvelles maladies pour faire de l'argent.

11% des personnes interrogées estiment que le gouvernement américain a délibérément laissé se produire les attentats du 11 septembre 2001.

13% des sondés pensent que Barack Obama est l'Antéchrist. Chez les électeurs de Mitt Romney, le pourcentage passe à 22%.

 

Il y a 45 ans, l’assassinat de Martin Luther King à Memphis

Ce fut le 4 avril 1968, au motel Lorraine de Memphis. Le révérend noir Martin Luther King fut assassiné par un condamné qui s'était enfui de sa prison, James Earl Ray, 40 ans, qui avait réservé une chambre dans une pension en face du Lorraine. Il fut accusé de l'assassinat du leader des droits civiques après la plus longue enquête que le FBI avait jamais menée.

1) Le Los Angeles Daily News rappelle quelques faits relatifs à cette tragédie nationale. Martin Luther King était venu à Memphis pour soutenir des employés de la voirie qui faisaient grève après la mort de deux éboueurs tués par un camion en mauvais état. Une grande marche était prévue à Memphis.

2) Le président Lyndon Johnson décréta le dimanche 7 avril 1968 journée de deuil national et appela le pays à rester uni. Mais malmené par la guerre du Vietnam, il ne participa pas aux funérailles de MLK, envoyant son vice-président Hubert Humphrey à sa place.

3) Les employés de la voirie de Memphis eurent finalement gain de cause après des négociations avec les autorités de la ville. La marche, à laquelle participèrent 42 000 personnes, eut un impact manifeste.

4) Après l'assassinat du révérend noir, de nombreuses villes des Etats-Unis furent le théâtre de violentes émeutes. Par un discours appelant à la non-violence tenu à Indianapolis, Robert Kennedy incita les Américains à contenir leur colère. Le musicien James Brown contribua lui aussi à calmer les esprits à Boston.

5) Le motel Lorraine est désormais le Musée national des droits civiques. Pour 10 dollars, il est possible de voir la chambre où séjourna MLK.

6) Le groupe de rock U2 consacra une chanson à la tragédie: "Pride (in the Name of Love)". En voici quelques paroles: "Early morning, April 4/Shot rings out in the Memphis sky/Free at last, they took your life/They could not take your pride." Le Los Angeles Daily News fait toutefois remarquer que la chanson comporte une erreur: le King a été tué en début de soirée. Dix autres chansons font honneur à Martin Luther King.

Les conséquences de l'assassinat de MLK et l'annonce de sa mort faite par Robert Kennedy, qui sera lui-même assassiné la même année:

 

La rédemption d’un proche du Ku Klux Klan

Elwin Wilson (photo Mary Ann Chastain/AP/Keystone), 76 ans, est décédé jeudi dernier dans un hôpital de Caroline du Sud. La communauté 167596055afro-américaine aurait eu des raisons de lui en vouloir. Proche du Ku Klux Klan au début des années 1960, il s'est distingué par le passé comme un Blanc raciste prêt à en découdre avec les Noirs à une période où la ségrégation raciale sévissait encore.

Selon le New York Times, en 2009 toutefois, cherchant à se faire pardonner pour ses actes, Elwin Wilson accorda une interview à The Rock Hill Herald au cours de laquelle il confessa avoir frappé plusieurs activistes des droits civiques. En 1961, à Rock Hill, il avait été l'un des jeunes Blancs qui avaient frappé deux membres du mouvement Freedom Riders qui luttaient pour mettre fin à la ségrégation raciale. L'une des deux victimes était Blanche, Albert Bigelow, la seconde était Afro-Américaine, John Lewis. Durant l'interview, Elwin Wilson a appris que John Lewis était devenue une figure historique de la lutte des droits civiques et surtout un membre du Congrès. Le déclic pour ses confessions: l'élection du premier président noir à la Maison-Blanche, Barack Obama.

Elwin Wilson s'empressa d'aller rencontrer John Lewis à Washington, qui accepta immédiatement les excuses de son ex-bourreau. Ils se mirent tous deux à pleurer. Les deux années suivantes, ils participèrent ensemble à des émissions de télévision, dont l'une avec la papesse des confessions cathodiques, Oprah Winfrey.

Le journaliste du Rock Hill Herald avait demandé à Elwin Wilson où il irait s'il mourrait tout de suite. "En enfer", avait répondu ce dernier. Après cela, il présenta ses excuses à de nombreux Afro-Américains. "Mais je n'essaie pas de devenir un Martin Luther King ou quelque chose du genre", avait-il prévenu.

Pour sa part, John Lewis a jugé "très sincères" les excuses de celui qui le frappa voici 52 ans. Mais il admet ne pas se souvenir du visage qu'avaient ses agresseurs. Ces excuses furent les premières qu'il a jamais reçues pour les violences subies et c'était une évidence pour lui de les accepter. "C'était toute la philosophie de la non-violence à la base du mouvement [des droits civiques], avoir la capacité de pardonner et d'aller vers la réconciliation."

L'une des apparitions télévisées communes d'Elwin Wilson et de John Lewis, ex-bourreau et ex-victime:

 

Caroline Kennedy ambassadrice au Japon?

000_DV1306537Depuis une semaine, la rumeur est insistante. Caroline Kennedy, la fille du président assassiné John F. Kennedy, serait la favorite pour occuper le poste d'ambassadrice des Etats-Unis au Japon et remplacer l'actuel ambassadeur John Roos. A 55 ans, celle qui apporta un soutien symboliquement fort à Barack Obama quand ce dernier se battait pour l'investiture démocrate face à Hillary Clinton et qui coprésida sa campagne de réélection à la Maison-Blanche l'an dernier marcherait ainsi sur les pas de son grand-père, Joseph Kennedy, qui fut ambassadeur des Etats-Unis à Londres entre 1938 et 1940.

Avocate, auteure de dix livres, dont le dernier vient de sortir, Caroline Kennedy (photo Stan Honda/AFP) est également présidente de la fondation chargée de gérer la Bibliothèque John F. Kennedy. Elle préside également le comité consultatif de l'Institute of Politics à la Harvard Kennedy School of Government.

Si son nom est déjà apparu dans les médias voici quelque temps, certains commentateurs à Washington se sont demandé si elle avait les compétences requises pour un poste qui risque d'être très exposé. Le Japon est en pleine reconstruction après la catastrophe de Fukushima. Mais il est surtout de plus en plus inquiet de l'attitude de la Chine et de la Corée du Nord, au point que certains voient déjà Tokyo s'affranchir de sa politique pacifiste de l'après-guerre. Le Japon est par ailleurs un maillon essentiel dans le redéploiement stratégique des Etats-Unis dans l'espace Asie-Pacifique.

Un retrait d’Afghanistan complexe et très onéreux

Une étude d'Harvard révélait la semaine dernière que le coût des guerres en Afghanistan et en Irak pourrait 000_Par6404993s'élever à 4 voire 6 milliards de dollars si l'on inclut les coûts de santé générés par les anciens combattants blessés sur le champ de bataille.

Ce n'est pas la seule mauvaise surprise des guerres de l'Amérique. L'administration de Barack Obama a décidé de retirer les troupes américaines d'Afghanistan d'ici à la fin 2014. Or, l'opération sera complexe et très onéreuse. "Le retrait [appelé "retrograde" dans le jargon militaire du Pentagone] d'Afghanistan est l'une des opérations de transports militaires les plus difficiles de l'Histoire en termes d'ampleur et de complexité", selon le brigadier-général Steven Shapiro. 25 000 véhicules (photo Romeo Gacad/AFP) ont déjà été évacués d'Afghanistan, mais il en reste tout autant à renvoyer en Amérique. En outre, plus de 100 000 conteneurs, qui seront remplis de matériels de combat, d'équipements de fitness, d'ordinateurs, etc., devront également être rapatriés.

Le coût du retrait, de 2012 à 2014, est estimé à 5 voire 6 milliards de dollars. Un montant exorbitant qui symbolise douze ans de présence en Afghanistan.

 

La moitié des victimes du 11-Septembre toujours pas identifiées

000_APW2001101217515C'est un fait plutôt suprenant. Un peu moins de douze ans après les attentats du 11 septembre 2001 (photo Timothy A. Clary/AFP), seules 1634 victimes décédées lors de l'effondrement des deux tours jumelles du World Trade Center à New York ont été formellement identifiées, alors que la tragédie avait coûté la vie à 2750 personnes.

Depuis 2006, les efforts ont été renforcés, mais les équipes d'enquête ont commencé lundi, sur un site de Staten Island, à fouiller les 60 camions de débris rassemblées dans les environs, soit quelque 451 mètres cubes.

Les autorités estiment à dix semaines la durée des travaux d'identification à l'aide de tests ADN. Ils seront menés par plusieurs agences gouvernementales. Sans garantie de succès.

Un lundi de Pâques à la Maison-Blanche…

Le 6 novembre dernier, à quelques heures des résultats de l'élection présidentielle américaine, Barack Obama n'a pas dérogé à la tradition. Comme en 2008, il s'adonna à une partie de basketball avec ses amis de Chicago, dont David Axelrod. Depuis, les affaires du monde et intérieures l'ont beaucoup occupé. Ces jours, la rhétorique enflammé de la Corée du Nord a tenu les Etats-Unis sur leurs gardes. Le président américain a eu moins de temps pour s'entraîner.

Cela fut manifeste ce lundi de Pâques. Sur 22 tirs au panier, le locataire de la Maison-Blanche n'en a marqué que deux.  Voici un aperçu de ses "performances":

 

Barack Obama a eu plus de succès en lisant une histoire, "Chicka Chicka Boom Boom", aux plus jeunes:

 

Michelle, Malia et Sasha Obama ont également contribué à la journée marquée par la course aux œufs de Pâques en lisant elles aussi un livre aux jeunes invités. Les mauvaises langues s'étonnent de voir l'administration Obama organiser de telles festivités pour Pâques alors qu'elle a supprimé les visites de la Maison-Blanche pour le public en raison du "séquestre", les coupes budgétaires automatiques décidées par le Congrès.

Les lectures de la First Lady et de ses filles:

 

Un Suisse inhumé au très exclusif cimetière d’Arlington

167396825René Veuve (photo Rémi Joyeuse/AP) naquit à Zurich en 1920. Il était l'un des huit enfants de parents franco-italiens appartenant à la classe laborieuse. Il est décédé en juin dernier à l'âge de 92 ans à Saranac Lake, dans l'Etat de New York. Vendredi 29 mars 2013, il a été inhumé dans le très excluvif cimetière militaire d'Arlington, à quelques kilomètres du centre de Washington. Il est le seul Suisse d'origine à avoir eu droit à de tels honneurs et il rejoint le cercle très fermé des 62 étrangers ensevelis dans le cimetière d'Arlington depuis sa création en 1864, en pleine guerre de Sécession.

John F. Kennedy et son épouse Jackie, Edward et Robert Kennedy y sont enterrés, comme des membres de la navette spatiale Challenger, qui explosa en plein ciel en 1986.

Né Veuve, René choisit le nom Joyeuse en tant que nom d'espion quand il commença à travailler pour l'Office of Strategic Services, le prédécesseur de la CIA. Il le fit en référence à la "Veuve joyeuse", jouant sur les mots. A ce titre, il a sauvé plus de 200 membres des forces aériennes alliées dont les appareils avaient été touchés par la DCA allemande. Il reçut l'une des plus hautes récompenses attribuées à cet échelon, la Distinguished Service Cross, et c'est le général Dwight Eisenhower, commandant suprême des forces alliées qui le décora personnellement.

Comme le rappelle le Washington Post, René Joyeuse (il garda son nom d'espion après la guerre) est bien né en Suisse, mais il a passé une grande partie de sa jeunesse en Alsace-Lorraine et a obtenu un diplôme de deux universités françaises. Il étudiait aux Etats-Unis quand il fut appelé en 1943 par les Forces françaises libres du général de Gaulle. Il fut l'un des 120 Français engagés par l'Office of Strategic Services, mais c'est sans doute lui qui fut le plus en vue. Les historiens estiment que sa contribution lors de l'opération "Sussex" fut exceptionnelle et montra sa ruse et son audace. Il engagea lui-même plusieurs agents secrets et, grâce aux informations, qu'il transmit à Londres, les Alliés furent à même de localiser les mouvements de troupes allemandes et les fabriques d'explosifs du IIIe Reich. 167498685

Après la Seconde Guerre mondiale, René Joyeuse fut actif dans le renseignement en Indochine pour la France. Choqué par la manière dont les graves blessés de guerre étaient soignés, il reprit des études de médecine à Paris. Il mena ensuite une carrière de chirurgien aux Etats-Unis.

L'honneur d'être enterré à Arlington n'est toutefois pas venu par hasard. C'était le vœu le plus cher de René Joyeuse mais, en raison de critères d'"admission" très sévères, ce privilège lui fut refusé jusqu'à vendredi. C'est grâce à l'intervention de ses enfants Rémi et Marc-Jérome, puis de personnalités aussi prestigieuses que le général David Petraeus, ex-directeur de la CIA, que les autorités du cimetière d'Arlington ont assoupli le règlement pour accepter le Zurichois d'origine.

Sur la photo prise vendredi 29 mars à Arlington, la veuve de René Joyeuse, Suzanne. (photo Jacquelyn Martin/AP)