Premier ambassadeur de Cuba accueilli dans le Bureau ovale

Il n’était qu’un des seize ambassadeurs à présenter ses lettres de créance au président américain Barack Obama. José Ramon Cabañas a néanmoins vécu un moment historique jeudi dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche. C’est le premier ambassadeur de Cuba aux Etats-Unis depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays le 3 janvier 1961. Comme le raconte le Miami Herald, José Ramon Cabañas était déjà le chef de la Section des intérêts cubains à Washington qui est devenue une ambassade le 20 juillet dernier.

Carly Fiorina, vainqueur du second débat républicain

Après trois heures de débat dans la Bibliothèque présidentielle Ronald Reagan à Simi Valley en Californie, le candidat républicain qui a le mieux tiré son épingle du jeu est incontestablement Carly Fiorina, ex-CEO de Hewlett-Packard, qui se présente dans ces pré-primaires, à l’image de Donald Trump et de Ben Carson, comme l’un des hérauts de l’anti-establishment. Faucon en termes de politique étrangère, elle a vendu une politique très belliqueuse. Face au milliardaire new-yorkais Donald Trump, qui est en tête de tous les sondages, elle a mieux fait que résister. Elle a marginalisé le magnat de l’immobilier. Elle n’a pas hésité à souligner que les femmes américaines ont toutes entendu la manière dont le milliardaire a parlé des femmes en les insultant.

Axant toujours son discours sur la démocrate Hillary Clinton dont elle juge le bilan inexistant, Carly Fiorina a su jouer sur plusieurs registres. Quand il fut question de la libéralisation du cannabis que le libertarien Rand Paul approuve, elle a souligné que la question de la toxicomanie la touchait directement, ayant perdu une (belle-) fille qui en fut victime. A n’en pas douter, l’ex-CEO de Hewlett-Packard va remonter dans les sondages.

Donald Trump lui-même a passé une mauvaise soirée. Moins acerbe, moins tranchant, il a révélé ses limites notamment en matière de politique étrangère. Associant l’autisme aux vaccins, il s’est fait remettre en boîte par l’autre candidat anti-establishment, Ben Carson, un neurochirurgien à la retraite. En déclarant à Carly Fiorina qu’elle était une “très belle femme”, il n’a fait que s’enfoncer davantage, montrant un visage très paternaliste. Est-ce pour lui la fin de la période faste et le début du déclin dans ces pré-primaires?

Ben Carson lui-même, qui talonne désormais Donald Trump dans les sondages à l’échelle nationale, n’a pas confirmé l’impression laissée lors du premier débat républicain. Il est apparu en retrait, évitant d’aborder des questions trop substantielles. Son ascension pourrait connaître un coup d’arrêt.

Très attendu, l’un des favoris de l’élite républicaine, Jeb Bush, est apparu un peu plus tranchant et s’en est pris à Donald Trump, notamment sur sa manière de gérer ses casinos et ses commentaires peu amènes en matière d’immigration. L’ex-gouverneur de Floride et frère de George W. Bush a montré de l’humour, un trait de caractère qui n’est généralement pas associé à sa personne. Il a révélé que dans sa jeunesse, il avait fumé du hachisch, s’excusant devant les caméras auprès de sa mère Barbara. Sa prestation de mercredi soir ne sera cependant sans doute pas suffisante pour le propulser en tête de la course à l’investiture républicaine.

Le sénateur Rand Paul, fils d’un d’ex-candidat Ron Paul, est en difficulté dans les sondages, peinant à convaincre un électorat plus vaste. Mais en décriant la guerre en Irak de 2003, en soulignant la nécessité de dialoguer avec la Chine, l’Iran ou d’autres puissances, en soulignant que chaque Etat devrait être libre de libéraliser le cannabis, il est certain de toucher une corde sensible auprès d’un électorat jeune. C’est ce que son père Ron était parvenu à faire lors de la présidentielle 2012.

Le gouverneur du New Jersey Chris Christie, grand espoir républicain voici quelque temps, a livré une bonne performance. Dans un ton populiste, il a voulu montrer qu’il serait dur en politique étrangère et qu’il n’a pas peur de défier le statu quo.

Les échanges au cours du débat ont parfois pu être animés. Mais un candidat semblait davantage se profiler pour l’élection présidentielle en tant que telle plutôt que pour les primaires républicaines. Son nom: John Kasich, gouverneur de l’Ohio, un Etat que tout président élu a remporté. Il a montré sa volonté de travailler avec les démocrates et a précisé qu’il refuserait un government shutdown (une fermeture partielle du gouvernement) que certains républicains souhaitent provoquer en supprimant les subventions pour l’organisation Planned Parenthood, engluée dans une affaire de vidéos relatives à des tissus foetaux dans des cas d’avortement.

Onze candidats se sont affrontés au cours du débat principal et quatre autres quelques heures plus tôt dans un débat secondaire. Le président Barack Obama a été la cible fréquente des attaques républicaines. Il aurait provoqué le déclin de l’Amérique et de sa puissance. Ronald Reagan a au contraire été mentionné par la quasi-totalité des candidats qui se reconnaissent dans le 40e président pour des raisons parfois très différentes. Là où la plupart, à l’exception de John Kasich, semblent très éloigné du Gipper, c’est dans la capacité de faire des compromis avec les démocrates. Ce n’est pas très vendeur à un électorat conservateur.

 

 

Camus n’en reviendrait pas: les Etats-Unis toujours affectés par la peste bubonique

Si Albert Camus était encore vivant et qu’il vivait aux Etats-Unis, il aurait pu trouver des éléments pour réécrire et actualiser son roman La Peste. La maladie sévit en effet toujours en Amérique, où elle fut introduite par l’intermédiaire de rats qui étaient à bord de bateaux à vapeur qui débarquaient dans les ports américains en provenance d’Europe ou d’Asie. Elle n’a bien sûr pas l’ampleur de la Peste noire du XIVe siècle qui ravagea l’Europe. Elle n’est pas aussi virulente que la dernière épidémie qui se déclara en milieu urbain à Los Angeles en 1924.

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Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) estime qu’il y a eu 14 cas de peste bubonique dans le pays en 2015 à l’échelle nationale. Mais le Département de la santé du Michigan a annoncé à la mi-septembre qu’un cas est apparu dans cet Etat du Midwest auprès d’un habitant résidant près du Lac supérieur. Apparemment la personne affectée serait revenue du Colorado. Or c’est surtout dans les Etats du sud-ouest américain, Nouveau-Mexique, Arizona et Colorado. Au Colorado, un adolescent et un adulte sont toutefois décédés de la maladie. Or celle-ci peut tout à fait être soignée avec des antibiotiques.

Les Etats-Unis connaissent en moyenne 7 cas de peste par an. En 2015, ce chiffre a toutefois doublé. Dans 80% des cas, il s’agit de peste bubonique et non pneumonique. 50% des cas touchent des individus entre 15 et 45 ans, selon les CDC. La peste se transmet par une piqûre de la puce d’un rat ou d’un rongeur infecté. Les parcs nationaux de Yellowstone ou de Yosemite ont connu ces dernières années des cas de peste auprès de touristes et randonneurs. La puce est porteuse du bacille yersinia pestis. Certains experts anti-terroristes se sont même demandés s’il y avait un risque un jour de voir des armes biologiques constituées du bacille de la peste. Il semblerait que ce soit un processus très difficile.

A l’échelle mondiale, la peste bubonique sévit toujours. L’Organisation mondiale de la santé estime le nombre de cas entre 1000 et 2000 par an. Mais faute de données très précises, le chiffre pourrait être plus élevé.

 

Joe Biden rencontre un ex-CEO d’UBS Americas. Un signe?

J’écrivais voici quelques jours que le vice-président Joe Biden n’allait probablement pas se porter candidat après sa prestation au Late Show animé par Stephen Colbert. Lors de son entretien avec l’animateur, il montrait à quel point le drame familial (son fils Beau est récemment décédé d’un cancer) l’a marqué. Il semblait sincère en précisant qu’à ce stade, il est incapable de dire s’il peut ou non envisager de se porter candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle 2016.

Journaliste à Bloomberg, John Heilemann retrace les 28 heures que Joe Biden a passées à New York. Le vice-président a côtoyé la ministre de la Justice Loretta Lynch pour résoudre plusieurs cas de viols irrésolus. Il a flanqué le gouverneur Andrew Cuomo lors de sa conférence de presse annonçant sa volonté d’augmenter le salaire minimum à 15 dollars. Il est apparu dans le Late Show et enfin sur le porte-avions Intrepid pour donner un discours à l’occasion de la commémoration des attentats du 11 septembre 2001. Le journaliste mentionne un fait qui pourrait toutefois changer la donne.

Durant son séjour new-yorkais, Joe Biden a rencontré en secret, dans un hôtel de Midtown à Manhattan, pendant 90 minutes, l’un des plus puissants bailleurs de fonds du Parti démocrate, Robert Wolf qui fut CEO d’UBS Americas. Sponsor important de la campagne de Barack Obama, il est devenu un ami proche du président avec lequel il joue au golf. Ce fut le cas le mois dernier à Martha’s Vineyard. Contacté par le journaliste de Bloomberg, Robert Wolf a déclaré que Joe Biden n’avait fait aucune mention de sa candidature ou non. Les deux hommes auraient parlé de la Banque d’import/export que certains républicains entendent fermer.

Le président Barack Obama jouant au golf avec son ami Robert Wolf à Martha's Vineyard. (AP Photo/Steven Senne)
Le président Barack Obama jouant au golf avec son ami Robert Wolf à Martha’s Vineyard. (AP Photo/Steven Senne)

Cette rencontre Wolf -Biden pourrait indiquer un intérêt du dernier à trouver des soutiens. Les deux hommes n’ont jamais vraiment eu de vraies conversations. Pour Biden, le soutien de Robert Wolf pourrait avoir deux avantages. Il pourrait lui ouvrir davantage les portes de Wall Street, nécessaire pour mener une campagne au long cours. Il pourrait aussi signifier que Barack Obama, proche de Robert Wolf, soutient en fin de compte la candidature de son vice-président. Pour Hillary Clinton, ce serait une très mauvaise nouvelle, ce d’autant que la candidate est en train de sombrer dans les sondages, même au sein de l’électorat féminin démocrate.

Pour nombre d’Américains, Obama est un musulman

La polémique avait déjà éclaté durant la campagne électorale de 2008. Barack Hussein Obama est un musulman, déclaraient ses détracteurs. Plus récemment, quand le président démocrate a remporté une victoire importante face aux républicains du Congrès en obtenant le soutien suffisant des démocrates pour faire passer l’accord sur le nucléaire iranien, certains commentateurs conservateurs n’ont pas hésité à réitérer ce leitmotiv: Barack Obama est un musulman.

Or c’est un fait connu depuis presque toujours: Barack Obama est un protestant. A Chicago, il a longtemps assisté aux services religieux du pasteur controversé Jeremy Wright. Ce n’est apparemment pas suffisant. Selon un sondage réalisé par CNN/ORC, 29% des Américains continuent de penser qu’il est musulman. Chez les républicains, ils sont même 43% à le penser. Sans surprise, 54% de ceux qui soutiennent la candidature du tonitruant Donald Trump sont du même avis.

Les universitaires sont beaucoup plus nombreux (63%) à voir en Barack Obama un protestant que ceux qui n’ont pas suivi une formation universitaire (28%). Au fil des ans, le pourcentage de ceux qui pensent que Barack Obama suit l’islam a même augmenté en dépit de l’évidence. Chez les adultes, précise le Washington Post, les chiffres vont de fait dans tous les sens. 39% pensent qu’il est protestant ou un autre type de chrétien, 11% pensent qu’il n’est pas religieux et 14% disent ne pas savoir. Parmi les sondés, 4% pensent qu’il est catholique, 2% croient qu’il est mormon, 1% est d’avis qu’il est juif et 1% qu’il est quelque chose d’autre. Les faits continuent d’avoir la vie dure.

Schwarzenegger remplace Trump pour animer l’émission “Celebrity Apprentice”

Photo by Casey Curry/Invision/AP
Photo by Casey Curry/Invision/AP

Candidat républicain à la Maison-Blanche, Donald Trump a décidé voici quelque temps de ne plus animer l’émission de NBC “Celebrity Apprentice” (l’apprenti) au vu de son nouvel engagement politique. Les téléspectateurs américains ont pu voir Trump déclaré, selon une phrase devenue célèbre “Vous êtes viré”, pendant quatorze ans.

Pour le remplacer, la chaîne NBC a trouvé une autre célébrité, Arnold Schwarzenegger. Acteur, cet Américain d’origine autrichienne a aussi été gouverneur de Californie pendant huit ans. Une rampe de lancement pour une candidature à la présidence des Etats-Unis à l’image de Donald Trump? Impossible. L’acteur n’est pas né Américain et a vu le jour en Autriche.

Richard Glossip, un innocent sur le point d’être exécuté en Oklahoma?

C’est un nouveau cas emblématique des problèmes fondamentaux liés à la peine de mort aux Etats-Unis. Richard Glossip, 52 ans, doit être exécuté ce mercredi par injection létale dans l’Oklahoma. Il est accusé d’avoir arrangé le meurtre du propriétaire d’un motel qu’il gérait en 1997.

FILE- This file photo provided by the Oklahoma Department of Corrections shows death row inmate Richard Glossip. Oklahoma Gov. Mary Fallin says she has no plans to delay next month's execution of a man condemned for his role in a 1997 killing, despite concerns raised by death penalty opponents that he is innocent. (AP Photo/Oklahoma Department of Corrections, File)
AP Photo/Oklahoma Department of Corrections

Les preuves de sa culpabilité sont toutefois minimes pour ne pas dire bancales. Il y a vingt ans, Justin Sneed, un jeune de 19 ans avait été engagé par Richard Glossip pour effectuer des travaux d’entretien au motel. Dans son témoignage, Justin Sneed a admis avoir tué le propriétaire du motel et a été condamné à la prison à perpétuité sans remise de peine possible. Mais il a aussi déclaré qu’il avait commis son acte à la demande de Richard Glossip, lequel lui verserait une partie des recettes du motel. Les procureurs de l’époque ont laissé entendre que Richard Glossip avait peur d’être congédié en raison d’une mauvaise gestion et du détournement d’une partie des recettes de l’établissement.

Or Justin Sneed, le seul témoin sur lequel repose la condamnation à mort de Richard Glossip, a déjà changé plusieurs fois sa version des faits et admis avoir commis le meurtre. Mais en plaidant coupable, il a évité la peine de mort et négocié une condamnation à perpétuité en impliquant le gérant du motel. La Défense a fait remarquer que le témoin Sneed était un accro aux méthamphétamines qu’il achetait notamment après avoir commis des vols dans des voitures et des chambres du motel. De plus, en 2014, la fille de Justin Sneed a, selon le New York Times, apparemment envoyé un courriel à l’instance des remises de peine demandant la clémence pour Richard Glossip. Selon elle, ce dernier est un “innocent” et son père Justin Sneed lui aurait affirmé que le condamné à mort ne lui avait pas commandité le meurtre. A ce stade, la fille du meurtrier n’a pas été retrouvée et son e-mail n’a pas pu être authentifié.

Aujourd’hui, un groupe de personnes s’active pour empêcher que Richard Glossip soit exécuté ce mercredi. Parmi elles, la soeur Helen Prejean, une activiste contre la peine de mort et l’actrice Susan Sarandon qui avait incarné au grand écran la soeur Helen dans le film poignant “Dead Man Walking” avec l’acteur Sean Penn. Mais cette bataille de dernière minute est une course contre la montre. Pour l’heure, la gouverneure républicaine Mary Fallin refuse tout renvoi de l’exécution, estimant que Richard Glossip est responsable de la mort d’un père de sept enfants.

Le cas est emblématique car Richard Glossip a été très mal défendu au début de l’affaire et les voies juridiques pour agir en sa faveur sont quasiment épuisées. Ceux qui essaient aujourd’hui de le sauver butent contre de vrais obstacles. Depuis 1973, près de 160 condamnés à mort ont été innocentés à la dernière minute, notamment grâce à une mobilisation d’avocats activistes et grâce aux tests ADN permettant d’identifier les vrais auteurs d’un crime. La vie de Richard Glossip ne tient qu’à un fil. Répondant au Guardian, le nouvel avocat du condamné à mort, Donald Knight, est catégorique: “Richard est condamné à mort parce qu’il est pauvre. Il n’y a pas beaucoup de monde qui peut se permettre de payer des avocats défendant sa cause. Tout le monde devrait être choqué par un tel constat.”

Obama ne séjournera pas au Waldorf Astoria, trop chinois

Pour les présidents américains venant à New York pour l’Assemblée générale, cela a toujours été, en septembre, une halte obligée: le mythique hôtel Waldorf Astoria, au coeur de Manhattan. Des étages entiers y étaient réservés pour des réunions afin de préparer au mieux de le rendez-vous annuel onusien. Cette année toutefois, Barack Obama va faire une entorse à cette longue tradition. Il va séjourner dans un autre hôtel, le Lotte New York Palace. Motif supposé mais probable: le Waldorf Astoria est trop chinois!

S’il fallait une preuve des tensions dans les relations sino-américaines, en voilà une. Selon des proches de l’administration Obama cités par le New York Times, la Maison-Blanche craindrait que l’hôtel de Park Avenue ne fournisse pas toutes les garanties en termes de confidentialité. Elle craindrait en gros d’être espionnée.

Paranoïa ou soupçon fondé? Si l’hôtel Waldorf Astoria a longtemps appartenu à la famille Astor. Il fut ensuite vendu à la chaîne hôtelière Hilton. Puis, lors d’une vente qui a choqué le tout-New York, il fut acquis pour 1,95 milliard de dollars par Anbang, une compagnie d’assurance. Or celle-ci est très proche des pontes du pouvoir chinois. Le président d’Anbang est le mari de la petite-fille de Deng Xiaoping, leader chinois de 1978 à 1992, explique le quotidien new-yorkais. Le conseil des directeurs d’Anbang comprend Chen Xiaolu, un ancien officier de l’Armée de libération du peuple et fils de Marshal Chen Yi, un révolutionnaire et commandant dans l’armée qui officia en qualité de ministre des Affaires étrangères.

La décision de la Maison-Blanche est sans doute liée aux cyberattaques massives dont l’administration Obama a été récemment victime. Des entités ou individus proches du pouvoir de Pékin en seraient les responsables. Le 25 septembre prochain, Barack Obama compte soulever ce sérieux contentieux avec son homologue chinois Xi Jinping qui sera en visite d’Etat à Washington.

Pour l’heure, la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’ONU, Samantha Power, est toujours installée au 42e étage du Waldorf Astoria. Mais le bail arrive à échéance cette année. Sera-t-il reconduit? Dans l’établissement mythique de Manhattan, des personnalités chinoises importantes y ont aussi séjourné. C’est le cas de tous les leaders chinois venus à New York depuis 1974 quand Dend Xiaoping se rendit aux Etats-Unis pour la première fois.

 

Joe Biden ne se portera sans doute pas candidat

A Pittsburgh le week-end dernier, la foule l’exhortait à se porter candidat à la Maison-Blanche. Le vice-président Joe Biden devrait cependant y renoncer. Lors du Late Show animé par Stephen Colbert, le démocrate a laissé entendre que s’il n’était pas prêt à s’engager à 100% dans la course à la Maison-Blanche, il était inutile de se porter candidat.

L’homme reste pourtant très populaire et certains sondages le place même devant Hillary Clinton, longtemps considérée comme la candidate démocrate inévitable. Aujourd’hui, les doutes sur l’ex-secrétaire d’Etat ne cessent de s’intensifier en raison de la controverse persistante de sa messagerie privée utilisée quand elle était cheffe de la diplomatie américaine de 2009 à 2013. Aujourd’hui, le camp démocrate commence à paniquer de peur de voir la candidature Clinton exploser en plein vol. Les sondages, même s’il faut leur accorder une importance très relative à ce stade de la course à la présidence (élection en novembre 2016), lui sont défavorables alors qu’elle fut longtemps l’archi-favorite. Même le républicain ultra-conservateur et neuro-chirurgien à la retraite Ben Carson la battrait en cas de confrontation directe (51% contre 46%). Le socialiste Bernie Sanders, disputant également les primaires démocrates, est même devant l’ex-sénatrice au New Hampshire et en Iowa.

James Blake, ex-tennisman: “Black Lives Matter”!

Il a beau avoir été l’un des fleurons du tennis américain et avoir occupé le poste de 4e joueur mondial. James Blake, 35 ans, qui s’est retiré de la compétition voici deux ans, était sur le point de se rendre de son hôtel de Manhattan à l’US Open, à Flushing Meadows dans le Queens. Mais il a été appréhendé et plaqué au sol de façon violente par un, puis cinq officiers de police de la NYPD. Il fut ensuite menotté pendant une quinzaine de minutes. Les policiers pensaient un instant que James Blake, qui n’avait pas été identifié en tant que star du tennis, faisait partie d’un réseau actif dans les vols de téléphones portables.

L’incident tombe plutôt mal. Depuis quelque temps, les incidents impliquant des officiers de police blancs et des Afro-Américains se sont multipliés. Plusieurs confrontations se sont achevées par des tragédies. De père afro-américain et de mère britannique, James Blake a eu droit jeudi aux excuses de Bill Bratton, le chef de la NYPD. Mais l’ex-joueur de tennis ne cache pas son irritation. S’il n’avait pas été une personnalité connue, se demande-t-il, cette bavure policière aurait-elle été mise en lumière?

Faut-il y voir une motivation raciale dans l’interpellation musclée de la police? La victime elle-même, diplômé d’Harvard, n’a pas de réponse définitive. Mais James Blake ne l’exclut pas non plus. Certains lui conseillent d’adhérer au mouvement Black Lives Matter né de plusieurs drames impliquant des Afro-Américains avec des officiers de police blancs.