Les dommages infligés à la Terre par l’Humanité dépassent l’entendement

Etat de la Planète

Nous avons déjà détruit la moitié de la Planète. Nous avons déjà altéré plus de la moitié de la surface de la Terre, et des océans, de la végétation, des marécages, et des rivières.  Nous avons déjà éliminé plus de la moitié des grands poissons prédateurs, des coraux, des vertébrés, et des mammifères sauvages (voir figure ci-dessous).

Les écosystèmes affaiblis ne fonctionnent plus comme avant et n’accomplissent plus les services écosystémiques naturels. Ils n’absorbent plus aussi bien le carbone, la pollinisation par les insectes n’est plus assurée, et les sols se dégradent.

Nous élevons des quantités astronomiques de bétail. Si nous comptons en tonnes, le bétail représente 59% des tonnes d’animaux vivants sur Terre actuellement, les humains 36%, et les animaux sauvages 5% seulement. Nous avons éliminé la majorité d’animaux sauvages et les avons remplacé par le bétail que nous mangeons. Cette agriculture intensive massive est très destructrice pour la Planète, tout comme les énergies fossiles.

Proportion saccagée par l’Homme:

Les conséquences seront très graves

Un groupe de 18 scientifiques renommés a récemment publié un article, un manifeste pour attirer l’attention sur l’étendue des dégâts environnementaux. Ils font le catalogue des nombreux dommages que la Planète a déjà subi.  Selon eux, il est maintenant sûr que nous allons vers la  6ième extinction où les trois quarts d’espèces disparaîtront de la Planète.

Le changement climatique rend maintenant chaque journée différente de celles du passé (Beaucoup sont plus chaudes, d’autres très pluvieuses, etc. dr) Il se produit plus rapidement que prévu.

La population mondiale a doublé depuis 1970, dans certaines régions telles que l’Afrique Sub-saharienne, l’Afghanistan, le Yemen,  il y a encore en moyenne plus de 4 enfants par femme. L’Humanité avoisinera les 10 milliards de personnes en 2050. La moitié des habitants de la Planète font maintenant partie de la classe moyenne.

La surpopulation provoque des problèmes d’alimentation massifs. Un ou deux milliards d’humains sont sous-alimentés ou mal nourris au point de ne pas pouvoir fonctionner normalement.

Selon les auteurs, nous atteignons les limites de la capacité de la Terre, et l’Humanité verra s’accroître les problèmes de pollution, d’insécurité alimentaire, de conflits armés.  Une augmentation de la consommation dans le Futur proche semble inévitable. Comme je l’ai souvent écrit, changement climatique, lui, apporte des inondations, (inondations2) des tempêtes destructrices, (cyclones) et des vagues de chaleur.

Les auteurs de la publication considèrent que notre augmentation de qualité de vie est malheureusement porteuse de problèmes pour les générations futures.

Changements à apporter

Même le Forum Economique Mondial reconnait maintenant que la perte de biodiversité est un des pires problèmes pour l’économie globale, comme en témoigne la pandémie.

Aujourd’hui, le dilemme ne consiste pas à privilégier l’environnement  ou l’économie, il est entre la modération et le désastre planétaire, dont tous souffriraient. 

La gravité de la situation exige des changements fondamentaux au niveau du capitalisme mondial, de l’éducation, et de l’égalité, tels que:

  • l’abolition de la croissance économique perpétuelle
  • montrer le vrai coût des produits en forçant ceux qui détruisent l’environnement à payer la restauration
  • éliminer rapidement les énergies fossiles
  • réguler les marchés et éviter leur influence sur la gouvernance
  • éduquer et donner plus de pouvoir de décision aux femmes dans le monde, y compris le pouvoir de décision sur le planning familial.

Version grand public dans The Conversation: https://theconversation.com/worried-about-earths-future-well-the-outlook-is-worse-than-even-scientists-can-grasp-153091

Article scientifique dans Frontiers in Conservation Science; ce journal sis à Lausanne publie des articles scientifiques en accès libre ce qui permet à tout le monde de consulter et de partager leur contenu, une belle initiative qui favorise l’information du public:

Article de Corey J. A. Bradshaw1,2*, Paul R. Ehrlich3*, Andrew Beattie4, Gerardo Ceballos5, Eileen Crist6, Joan Diamond7, Rodolfo Dirzo3, Anne H. Ehrlich3, John Harte8,9, Mary Ellen Harte9, Graham Pyke4, Peter H. Raven10, William J. Ripple11, Frédérik Saltré1,2, Christine Turnbull4, Mathis Wackernagel12 and Daniel T. Blumstein13,14*

https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fcosc.2020.615419/full

Image de la Terre par Colin Behrens de Pixabay

Addendum le 17 janvier: Une expérience a montré que les embryons de requin se développent moins bien dans de l’eau chaude (article)

 

Le réchauffement a-t-il dépassé le point de non-retour?

Que se passerait-il si les émissions de carbone s’arrêtaient?

Une nouvelle publication suggère que le réchauffement climatique a dépassé le point de non-retour. Si l’Humanité disparaissait demain, il continuerait et atteindrait  2,3°C en 2070. Après cette période, les températures baisseraient mais augmenteraient de nouveau  quelques dizaines d’années plus tard et atteindraient environ 4°C en 2500.

Le modèle ESCIMO de Jorgen Randers et Ulrich Goluke aboutit à la conclusion que nous avons atteint la température où le permafrost fond lentement, où sa fonte continuera et provoquera un léger dégagement de méthane qui alimentera le réchauffement au cours des prochaines centaines d’années.

Il modèle le réchauffement à court et moyen terme, sans entrer dans les grands cycles du climat terrestre.

Le modèle est simple, clairement décrit dans un article que je peux lire et critiquer. Cela me plaît beaucoup. Les modèles climatiques complexes sont publiés comme ‘modèle x qui utilise modèle y’ et finalement je ne vois pas quels phénomènes naturels ils incluent et lesquels ils omettent, je crains qu’ils n’oublient l’importance du carbone du Vivant, c’est à dire des plantes, des animaux, et des bactéries sur la Terre.

Je critiquerais le modèle ESCIMO car il considère uniquement que le réchauffement peut accroître l’absorption du CO2 par la Biosphère.  Celle-ci peut cependant aussi être réduite par les sécheresses, comme celles que nous avons observé dans le Nord de la France récemment, et provoquer une importante émission de carbone du sol. D’après moi, ce point pourrait être amélioré.

Le modèle est accessible sur le site http://www.2052.info/ESCIMO/. Il peut être installé sur un ordinateur personnel et utilisé pour visualiser immédiatement l’effet des différentes mesures politiques.  Le site contient toutes les données qui ont servi de base à l’excellent livre 2052 de Joergen Randers, divers articles et présentations.

Rôle de l’océan et du permafrost

Le professeur Michael Mann a fortement critiqué ce modèle (CleanTechnica, USA Today), plus simple et différent des modèles classiques du climat terrestre.  Il calcule quant à lui que si nous arrêtions les émissions de carbone aujourd’hui, le réchauffement s’arrêterait, à cause de la dynamique des océans, qu’il estime mieux décrite dans d’autres modèles.

Cependant, les conclusions du modèle ESCIMO sont basées sur la fonte du permafrost, que le professeur Michael Mann a sérieusement mis en doute récemment parce qu’elles ne sont pas publiées de manière rigoureuse. Le permafrost terrestre et sous-marin semble pourtant dégeler rapidement et à grande échelle. Les spécialistes du permafrost sous-marin, Natalia Shakova (blog blog), les expéditions récentes qui étudient le permafrost sous-marin International Shelf Study Expeditions 2020), observent qu’il dégèle plus vite et profondément que prévu par les modèles.  Ces conclusions ne sont pas encore acceptées par la communauté de climatologues et ne sont pas inclues dans les principaux modèles. Les prévisions d’ESCIMO pourraient mieux prendre en compte la situation actuelle, et moins les reconstructions géologiques des climats passés. Cela montre que l’évolution du permafrost doit être très attentivement surveillée.

Les émissions de carbone continuent

Les calculs de Michael Mann et de Joergen Randers aboutissent à des conclusions différentes sur un point très théorique, à savoir comment évoluerait le climat si les émissions humaines cessaient demain, si toutes les chauffages et les usines au charbon s’arrêtaient.

L’Humanité est toujours là, avec sa civilisation industrielle basée sur la croissance économique infinie.  Les émissions de carbone continuent, le réchauffement augmente, et si nous continuons nos émissions de carbone incontrôlées, nous dépasserons le point de non-retour, et nous provoquerons un réchauffement plus fort et plus rapide.

Michael Mann  est connu pour avoir attiré l’attention sur la gravité du changement climatique. Il a par exemple signé un appel qui demande de diminuer le carbone atmosphérique.  En complément d’une réduction d’émissions de carbone à zéro, il conseille d’extraire d’immenses quantités de carbone de l’atmosphère, pour éviter des siècles de catastrophes.  Malgré les différences des modèles, ces scientifiques s’accordent sur l’urgence à agir pour le climat.

Réchauffement à pas de géant

Ces dernières années, de nombreuses catastrophes se sont produites sur la Planète. Les températures ont fortement augmenté et sont restées élevées au cours des 5 ou 6 dernières années.

La croissance de la température globale était d’abord mesurée en comparaison avec le début du 19ième, ce qui donnait une mesure totale du réchauffement anthropique advenu depuis le début de l’ère industrielle.

Aujourd’hui, je vois sur le site de la NASA que les valeurs de réchauffement sont obtenues par comparaison avec la période 1951-1980. Soit. Le changement qui s’est produit au cours des cent premières années de l’ère industrielle n’apparaît pas clairement et nous sommes à 0.99°C de réchauffement pour l’année 2019, par rapport 1951-1980, depuis à peu près 50 ans.

Quel que soit l’étalon, il est clair que les températures globales ont fortement augmenté depuis quelques années, en 2014, 2015, et 2016, et restent élevées.

L’année 2016 a été une année El Nino, où des eaux chaudes affleurent à la surface de l’océan. Ces événements sont toujours accompagnés de températures particulièrement élevées, et de vagues de chaleur. 2017 était une année la Nina, où les eaux froides parviennent à la surface  du Pacifique, mais la température n’a pas beaucoup baissé en 2017. Elle est restée plutôt élevée  en 2018, en 2019, et en 2020.

James Hansen, l’ancien responsable  de l’Institut de recherche Goddard de la NASA avait alerté les Etats-Unis sur le changement climatique.  Il a d’abord estimé qu’une accélération du réchauffement était en cours en comparant les températures de 2017 aux événements la Nina précédents. Selon lui,  ces années sont particulièrement stables, et leurs valeurs de températures sont reproductibles. Il a observé que les températures ont augmenté plus en 2017 qu’entre les deux épisodes la Nina précédents.

Récemment, James Hansen a établi la moyenne des températures des cinq années précédentes (courbe rouge sur le premier graphique lien) et a calculé qu’elle est très élevée. Selon ses calculs, le réchauffement climatique a clairement accéléré ces dernières années. La température des océans et la quantité d’énergie excessive accumulée par la Planète ont aussi augmenté rapidement pendant cette période (de 0,6 W/m2 à 0,87 W/m2 en une décennie).

Il a vérifié si ce changement était corrélé avec un rayonnement plus fort du soleil, où avec une augmentation du CO2 atmosphérique. Il ne voit pas de changement important de ces deux facteurs, qui ne semblent donc pas être la cause de l’accélération des températures. J’ajouterai que les émissions de carbone de la végétation, des feux de forêts et de sécheresses, apparaitraient dans les mesures de CO2 atmosphérique. Il y doit y avoir autre chose, un autre changement du système Terre, qui provoque une élévation plus rapide des températures.

La glace marine qui entoure l’Antarctique et couvrait auparavant la mer Arctique reflète énormément de lumière du soleil en été pour l’Arctique, et lors de l’été Austral pour l’Antarctique. Au cours des quelques dernières années, elle s’était bien plus réduite autour de l’Antarctique. La surface sombre de l’océan était exposée au lieu de la glace, et absorbait bien plus de chaleur.  Ce changement aurait pu expliquer un réchauffement plus rapide au cours de ces dernières années, j’ai d’ailleurs essayé d’argumenter à ce sujet auprès de James Hansen. C’est un facteur important et il devrait être inclus dans les calculs, il le sera sûrement dans les calculs définitifs du GIEC. Ici, James Hansen a travaillé avec une moyenne de températures de cinq ans, alors que le GIEC évaluera, plus tard, l’évolution sur une période  de dix ans.

Cependant, James  Hansen rapporte que la glace entourant l’Antarctique, qui s’était réduite au cours des années précédentes, a récemment retrouvé sa surface d’avant.  Et l’année 2020 est aussi très chaude, septembre 2020 est le mois de septembre le plus chaud de l’Histoire.  James conclut donc que l’accélération du réchauffement doit être imputée à un autre facteur, et il incrimine les aérosols atmosphériques.

On pourrait encore supposer que l’accélération était due à la réduction de la glace Antarctique au cours des années passées, et que cette année, en 2020,  elle serait due à la diminution des aérosols atmosphériques. L’intérêt de ce débat vise à déterminer si le réchauffement progressera aussi vite par la suite, ou même accélérera encore, ou si au contraire il retrouvera le rythme prévu par le GIEC.  La glace entourant l’Antarctique s’est réduite de façon temporaire, à cause de courants marins changeants, et a déjà retrouvé sa surface passée.

D’autre part James écrit que les aérosols atmosphériques ne sont pas mesurés, et que cette omission est intentionnelle. En tout cas, ils devraient absolument être surveillés.

Ces dernières années, le changement s’est accéléré, et la Planète se transforme visiblement. Le réchauffement est déjà très grave, et le Futur est plein d’incertitudes. S’il progressait aussi rapidement par la suite, des événements graves, dangereux pour notre vie, pourraient se précipiter.

 

Image par Darwin Laganzon de Pixabay

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laissez nous parler du climat! Nous devons assurer notre avenir!

J’ai découvert avec grande surprise un email d’Amnesty International concernant les droits de l’Homme en Suisse. Apparemment, parler du climat dans ce pays pourrait être qualifié de terrorisme.

Amnesty International répertorie les atteintes aux droits de l’Homme partout dans le monde, tente de défendre les prisonniers d’opinion, les victimes de torture et d’assassinat politique. Cette organisation est extrêmement fiable. Je signe parfois des lettres pour la défense de personnes enlevées, torturées, intimidées à des nombreuses reprises pour leurs opinions politiques ou pour avoir dénoncé des faits se produisant dans leur pays. De nombreux militants écologistes alertant sur la pollution sont menacés, certains assassinés. En Russie, des candidats politiques de l’opposition ont été assassinés, ainsi que les journalistes qui ont rapporté ces meurtres. En Chine, toute opposition politique est généralement étouffée par la prison (site d’Amnesty International).

J’ai donc eu un choc à découvrir un courrier d’Amnesty International qui alerte sur les droits de l’Homme des activistes du climat en Suisse. Aujourd’hui, moi, ici, je pourrais être menacée ? Parler du danger que représente le climat pour la vie humaine pourrait être qualifié de terrorisme en Suisse? Le droit d’expression disparaîtrait-il dans ce pays? Je crois au contraire qu’il  est trèst utile de parler du climat, que l’activisme a une place réelle dans la société.

Le changement climatique est extrêmement grave, il constitue le plus grand danger pour l’Humanité selon l’ONU. De milliers d’événements liés au changement climatique se produisent chaque année. Qui en rend compte? Je tente de les suivre à titre bénévole. L’ Organisation Météorologique Mondiale dispose probablement d’un scientifique, d’une formation et d’une capacité de travail similaire à la mienne,  pour la tenir à jour des catastrophes de l’année liées au climat, alors que des milliers d’événements arrivent chaque année.

Les journaux rapportent des faits liés au climat s’ils en ont connaissance. Cependant, ils dépendent fortement de leurs propriétaires, des contrats de publicité et des envies des lecteurs. Nous devrions récompenser une information de qualité, et nous abonner aux journaux informatifs.

Les chercheurs universitaires sont extrêmement spécialisés, et aussi très occupés. Leur travail inclut l’enseignement, les examens, la supervision des recherches menées par des doctorants, d’autres tâches bureaucratiques. Face au danger du climat, ils ont tenté d’alerter les autorités pendant des décennies. Ils se sont rendus compte que personne ne les écoutait, soit parce que leur discours était trop compliqué, trop orienté sur les détails, soit parce qu’il faut des professionnels de la communication pour faire passer un message et pour faire changer les habitudes. J’accuserai aussi une certaine incrédulité, avec laquelle je me réveillais certains matins, ne me croyant pas moi-même. Elle est désormais révolue car le climat dans lequel je vis aujourd’hui diffère vraiment de celui de ma jeunesse. Aujourd’hui, les gouvernements disposent de synthèses du travail détaillé de milliers de scientifiques.

 

Nous n’avons pas tout prévu. Les maladies actuelles des forêts n’ont pas été suffisamment anticipées, peut-être parce que les prévisions ont été basées sur un réchauffement plus modéré, sans vagues de chaleur au printemps.  Les conséquences du climat se produisent plus vite que prévu, certains événements seuil se déclenchent plus vite. Nous sommes à l’aube d’événements très graves.  Il faudrait une sérieuse surveillance du changement de la météo partout dans le monde, et des changements observés dans la Nature, l’agriculture, et la santé humaine.

Il a assez peu de chercheurs en climatologie, météorologie ou mitigation du changement climatique en Suisse.  A plusieurs reprises, des institutions officielles que je tentais d’interroger m’ont répondu qu’ils ne travaillent pas sur les sujets qui me paraissaient essentiels. Certains champs de connaissance restent ignorés car il n’y a personne à l’Université capable d’attirer l’attention sur l’importance de cette discipline.  Les professeurs sont d’ailleurs très spécialisés et ne sont ni formés ni engagés pour communiquer l’urgence du changement climatique. Pour cela, il faudrait peut-être un organe officiel de surveillance du climat d’au moins dix scientifiques qui surveilleraient le climat actuel et les risques annoncés. la moitié surveillerait la météo du présent, l’autre moitié se documenterait sur les diverses prévisions des climatologues.  Ils pourraient ainsi recouper les événements et les modèles.

Personnellement, ayant une formation de chercheuse en sciences et une expérience de recherche universitaire, je vois la nécessité d’au moins dix groupes de recherche différents qui étudieraient des aspects négligés du climat et des solutions naturelles aux réchauffement, d’enrichissement du sol en carbone (en plus de l’organe de surveillance).

Dans de nombreux pays, les recherches dont les conclusions déplaisent au gouvernement ne sont simplement pas financées, elles ne sont donc pas commencées.  A tout poste, il vaut mieux dire ce qui est approuvé par le supérieur, et cela occupe l’essentiel du temps de travail.

Une des conséquences est que les armées sont peu informées sur les risques climatiques,  l’armée chinoise par exemple semble les ignorer. Aux Etats-Unis, où, les responsables des agences spécialisées sont actuellement remplacés par des ‘climate deniers’, des professionnels de la désinformation climatique, l’ignorance pourrait se répandre rapidement (Desmog), et mener à des projets irréalisables.

D’immenses sommes ont été investies dans le déni climatique par les entreprises pétrolières. La compréhension du climat par le public est biaisée par cette propagande. Les personnes conscientes des risques doivent parler du climat pour permettre au public de réaliser à quel point notre avenir est menacé.  De nombreux scientifiques honnêtes et conscients s’engagent d’ailleurs pour le climat et pour faire comprendre l’urgence et la gravité du problème.

Les organisations écologiques fonctionnent parfois à l’échelle internationale, elles incluent des analystes et des professionnels de la communication qui leur permettent de comprendre l’importance et les implications du problème et de le transmettre au public.  Elles sont parfois mieux informées de l’ensemble du problème que le professeur qui étudie en détail le permafrost de haute montagne ou celui qui suit le lynx du Jura. Le travail très spécialisé des chercheurs gagne à être replacé dans le contexte général.

Dans une ambiance d’honnêteté et d’ouverture, notre société peut identifier les problèmes et mettre en place les solutions.  Les conséquences du changement climatique de produisent plus vite que prévu (Michael Mann).  Les alarmistes pourraient bien avoir raison sur le climat et leur contribution à la sécurité des populations pourrait se révéler essentielle.

 Image de couverture par Pawel Grzegorz de Pixabay

Le CO2 atmosphérique a atteint un nouveau record de 414 ppm en juillet 2020

Effet de serre record et chaleur en juillet 2020

Le CO2 atmosphérique atteint des niveaux records, En juillet, sa concentration est montée à 414 ppm (Organisation Météorologique Mondiale rapporté par Reuters).  Cette quantité élevée de gaz carbonique dans l’atmosphère rend immédiatement la Planète plus chaude. Dès que la quantité de CO2 s’accroît, la Terre absorbe plus d’énergie solaire, et sa température augmente.  L’effet ressenti à différents endroits varie selon les conditions météorologiques, les océans absorbent une partie de la chaleur, mais, logiquement, le mois de juillet 2020 a été chaud. C’était le 2ième mois de juillet le plus chaud de l’Histoire après juillet 2019  (James E. Hansen, monthly temperature update).

Cet effet de serre record a provoqué entre autres la fonte record des glaciers alpins cette année, les vagues de chaleur totalement incroyables en Sibérie, la fonte importante des glaces Arctiques, et de grandes inondations en Afrique (Reuters, AA).

Ces événements diffèrent de plus en plus de la météo connue, et certains, notamment la vague de chaleur en Sibérie,  ne se seraient pas produits sans réchauffement climatique (Sonia Seneviratne, World Weather Attribution).

Le Sud-Ouest des Etats-Unis a subi une vague de chaleur interrompue pendant au moins 50 jours. Elle a débouché sur une immense sécheresse, de nombreux éclairs d’orages violents ont allumé d’immenses feux de forêts, qui ont obscurci le ciel de San Francisco et l’ont plongé dans une nuit enflammée, comme c’est déjà arrivé à Sydney il y a quelques mois. Des résidents de certaines villes étaient évacuées par hélicoptère, l’Oregon craignait hier une mortalité massive due aux incendies de forêt. Le Prof. Michael E. Mann ainsi qu’Al Gore imputent ces feux aux réchauffement climatique.   D’immenses incendies déclenchés par de nombreux éclairs sévissent aussi en Sibérie et Arctique.

Les récoltes sont mauvaises ou totalement détruites à plusieurs endroits de la Planète. Des dizaines de petites tornades sont apparues sur les grands lac Canadiens, 42 en un jour.  A d’autres endroits des rangées de tornades apparaissent sur la mer.  Ces trompes d’eau peuvent devenir très destructrices en touchant terre.  Ces phénomènes pourraient s’intensifier.

Si l’effet de serre augmente encore, il peut  immédiatement apporter des catastrophes plus graves, des vents destructeurs, des nuées de tornades, des vagues de chaleur mortelles. Des catastrophes nouvelles, sans précédent, pourraient se produire l’été prochain. Comme le déclarait le président du GIEC l’année passée (lien), nous ne sommes plus en sécurité. Un grave cataclysme peut nous frapper l’année prochaine ou dans deux ans. Nous devons immédiatement diminuer les émissions de carbone.

Nous devons réduire les émissions de carbone de 7,6% par année

Il faut des emplois pour le climat

La restauration des forêts capte du carbone

D’après les nuages, le réchauffement pourrait être plus rapide

Les modèles climatiques prédisent que la température montera à mesure que l’atmosphère s’enrichira en CO2.  Ceux du dernier rapport du  GIEC, qui servent de base scientifique aux projets de la COP21, estiment qu’un doublement du CO2 atmosphérique ferait monter la température de la Planète d’environ 3 degrés. Certains résultats récents du CMIP6  prévoient cependant que le climat pourrait être plus sensible au CO2, et que le thermomètre pourrait monter plus vite.

La température dépend entre autres des nuages, les nuages de basse altitude refroidissent la Planète, les plus élevés la réchauffent.

Les nuages théoriques des modèles climatiques ont été confrontés à la météo réelle. Les modèles alarmistes, qui prévoient qu’un doublement de CO2 augmenterait la température de plus de 5°C représentent les nuages de façon plus réaliste et plus juste. Ils semblent plus corrects.

Les observations satellite ont montré qu’au dessus de l’océan Austral, il y a beaucoup de nuages contenant de l’eau liquide très froide. Ils n’ont pas été prévus. Les nouveaux modèles incluent donc la formation d’eau glacée (supercooled liquid water) dans les nuages.  Ils anticipent mieux la formation des nuages.

 

J’ai remarqué que les orages supercellulaires de ces dernières années, très forts, provoqués parfois par l’arrivée de l’air très chaud, provenaient de nuages épais, s’étendant très haut dans le ciel. La formation de ces nuages pourrait-elle indiquer des turbulences accrues de l’atmosphère qui, avec l’humidité accrue, formeraient des nuages élevés ?

J’ai aussi remarqué que le dernier rapport du GIEC, qui estime que le réchauffement évolue selon les prévisions, n’inclut pas l’année record 2016. Il fut supposé qu’elle était exceptionnelle, mais les températures n’ont pas baissé comme espéré par la suite. Ces modèles plus sensibles à l’augmentation du CO2 pourraient mieux refléter le changement actuel.

Dans ce cas, même les réductions d’émissions de carbone demandées à la COP21 seraient insuffisantes pour limiter le réchauffement à 1,5°C. Il faudrait adopter des mesures complémentaires à celles demandées par la COP21. Ces chiffres pourraient être inclus dans le prochain rapport du GIEC.

Bon article explicatif dans Nature: https://www.nature.com/articles/d41586-020-01484-5

https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1029/2019MS001986

https://doi.org/10.1175/JCLI-D-15-0564.1

Lien sur ”observations satellite’ corrigé le 15 juin

Addendum le 24 juillet 2020: une nouvelle étude contredit celle-ci et prédit un réchauffement un peu plus faible: https://www.sciencemag.org/news/2020/07/after-40-years-researchers-finally-see-earths-climate-destiny-more-clearly?fbclid=IwAR1IT4jLhoNpvZuN_KS7rpkvvBlueIobDktSX0seFlBi0uVD8cqkf5YbM-Y

En Grande-Bretagne, la végétation pourrait profiter du changement climatique

Comment le changement climatique affectera-t-il la végétation?

Une équipe de scientifiques anglais a prédit les changements de végétation qui pourraient survenir au cours du réchauffement.  Ils prévoient des soudaines modifications de la biomasse végétale en Grande Bretagne, la mort de certains végétaux ou une soudaine croissance luxuriante favorisée par le climat. D’après leurs calculs, il y aura de nombreux changements brusques, des périodes où la végétation dépérira et d’autres où elle deviendra luxuriante, plus abondante qu’aujourd’hui. Leur modèle pourrait permettre de détecter ces changements l’année précédente ou celle d’avant. Il anticipe surtout la croissance accrue des végétaux.

Les plantes dominantes des écosystèmes britanniques garderaient ce rôle, mais pourraient soudainement croître beaucoup moins ou au contraire proliférer. Le réchauffement seul pourrait poser des problèmes à la végétation, mais l’augmentation de CO2 la favorisera.

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/gcb.15144

Ce modèle calcule seulement l’effet direct du climat sur la végétation , la chaleur, la sécheresse et les pluies. Il ne prévoit pas les infestations de bostryches, l’émergence de nouvelles maladies ni les feux de forêt.  Il pourrait vraiment sous-estimer le stress imposé à la végétation.

Une montée de niveau de la mer importante pourrait diminuer la surface fertile de la Grande-Bretagne, la mer s’infiltrerait loin dans les terres. Les changements seraient alors beaucoup plus importants et plus catastrophiques que prévu.

En Grande-Bretagne, la végétation pourrait profiter du changement climatique. Cependant, selon Chris Boulton, il serait très utile d’effectuer ce type de simulations pour toute l’Europe. Les résultats pourraient être différents. Les climats méditerranéens pourraient subir une perte de la végétation.  Des nouvelles maladies  aggraveraient encore ce problème.

Finalement, je rappelle que la Grande-Bretagne, comme toute l’Europe, était naturellement couverte d’une immense forêt. La végétation y a été modifiée par l’activité humaine. Les terres ont été déboisées pour les cultures et pour l’élevage, et consomment lentement le carbone du sol produit par les anciennes forêts. La végétation pourrait naturellement être beaucoup plus importante, capter plus de carbone, former plus de sol, stabiliser le climat local et limiter la pollution.  Les forêts originelles devrait être recréés en Europe et conservées partout où c’est possible.

 

 

Article: https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/gcb.15144

Prévoyons des back-ups de la Nature parce qu’elle va planter

Les changements climatiques qui se produisent aujourd’hui sont mille fois plus rapides que ceux survenus dans le passé lointain de la Terre. Ils menacent la végétation locale, inadaptée à la chaleur et aux sécheresses. Le réchauffement est si rapide que les arbres des climats intermédiaires n’auront pas le temps de pousser et d’ombrager les suivants, la faune, décimée par l’activité humaine, n’aura pas le temps de s’adapter tant les changements seront brusques.

Les récifs coralliens, l’écosystème océanique le plus riche, meurent des vagues de chaleur marines. Les écosystèmes arctiques fondent à vue d’oeil. Des forêts perpétuellement humides, marécageuses, sèchent et partent en fumée. Les poissons marins migrent vers les pôles, les espèces de montagne montent en altitude mais comme le sommet des montagnes est plus étroit, elles y manqueront vite de place.

Les conséquences du changement climatique se produisent plus vite que prévu, et le réchauffement lui-même pourrait s’emballer.

Dans ce cas, la température montera alors assez vite de quelques degrés, les vagues de chaleur encore plus, les tempêtes et les pluies torrentielles rendront la vie à l’air libre difficile. Ce jour-là une intervention humaine à grande échelle pourrait-être mise en place pour maîtriser le climat, et rafraîchir la Planète.

Entre-temps, nos écosystèmes auront succombé aux températures sahariennes. Je ne suis pas particulièrement pour le géo-engineering quand des vagues de chaleur à 50°C se produiront, mais je ne serai peut-être plus là pour le dire.

Il est aussi possible que le réchauffement ne soit pas exponentiel, mais que nous subissions un événement isolé de six mois de sécheresse qui tuera presque toute la végétation et les animaux qui s’en nourrissent, et asséchera les zones humides et même les fleuves.

Pour pallier à ces risques, sous devrions peut-être sauvegarder en milieu contrôlé et climatisé les écosystèmes les plus variés et les plus rares de la Suisse. Récréons dans un endroit climatisé les marais, les écosystèmes aquatiques, les prairies et les forêts les plus riches. Prenons le sol, avec les dizaines de milliers de micro-organismes et les larves minuscules qu’il contient, ainsi que plantes et les animaux connus du biotope, et essayons de le faire exister en milieu climatisé.

Les écosystèmes aquatiques pourraient être sauvegardés dans un grand aquarium, les forêts tempérées dans des grands bâtiments similaires aux grandes bulles tropicales des jardins zoologiques qui pourraient être climatisés, ombragés, et arrosés en cas de besoin.  Nous pourrions voir la forêt tempérée au zoo.

Si des bouleversements trop graves se produisent, des sécheresses de quelques mois, des rivières qui sèchent, de nombreux animaux disparaîtront.  Les espèces éteintes dans la Nature pourraient alors être réimplantées dans leur milieu naturel, et éviter une extinction. totale.

Bien sûr, il vaudrait mieux éviter les changements climatiques dangereux, mais s’ils devaient arriver, nous aurions une chance de récupérer rapidement, et d’éviter la transformation de nos paysages en désert.

La mer inondera les côtes

Actuellement, les glaciers de zones tempérées fondent rapidement,  les glaces du Groenland et et l’Antarctique diminuent aussi. Il y a un risque que des zones entières d’Antarctique fondent et accroissent le niveau des mers, de plusieurs mètres même (blog de la semaine passée).  Les conséquences seraient très importantes. La mer inonderait les deltas fertiles comme celui du Nil qui assure l’essentiel de la production alimentaire de l’Egypte, le delta du Mékong, un des plus grands producteurs du riz du monde. Des infiltrations d’eau salée apparaissent déjà dans ces zones et les paysans rajoutent de la Terre par-dessus leurs champs brûlés par le sel. Les infiltrations dans les champs et les forêts les stérilisent.

Le sel s’insinue déjà dans l’aquifère de Biscaine qui alimente la Floride en eau potable. Une montée importante du niveau de la mer inonderait totalement cette zone et la rendrait inhabitable.

Partout sur la Planète, des villages côtiers sont déjà inondés et s’effritent dans la mer. Les côtes subissent des glissements de terrain.  Les ouragans de plus en plus forts inondent les villes vulnérables, les vagues ont déjà doublé de taille et les inondations côtières se multiplient.  Le Bangladesh devient parfois une étendue d’eau à perte de vue, après des pluies abondantes  les terres disparaissent sous les eaux.

Si la montée du niveau de la mer s’accélère, ces effets seront beaucoup plus importants, les flots saperont des grandes falaises, les vagues déferleront sur des grandes zones et inonderont les terres cultivables.  Des inondations épisodiques auraient déjà des graves conséquences sur l’agriculture mais la mer recouvrirait les champs définitivement.

Une montée du niveau de la mer de plusieurs mètres inonderait les terres basses comme par exemple la Floride, la Camargue, une partie de la Belgique, des Pays Bas, du Danemark. de l’Angleterre, la plaine du Pô en Italie, et bien sûr Venise, qui subit déjà de nombreuses inondations.  Les tempêtes en bord de mer deviendraient de plus en plus dangereuses, la première s’aventurera de dix mètres à l’intérieur des côtes, quelques années plus tard à vingt mètres, puis à cinquante mètres, etc. La montée du niveau de la mer créerait d’innombrables réfugiés.

Elle aurait aussi des conséquences sur le cours des fleuves, provoquerait des débordements de ceux-ci et des remontées d’eau salée en amont. Le transport maritime serait probablement très perturbé ou impossible,  les ports actuels seraient inondés et la ligne des côtes changerait continuellement.  Il est peut-être possible de construire des ports adaptés à un niveau des mers de quelques mètres plus  élevé, ou à des mers mouvantes, montantes.

Quand faudra-t-il quitter les côtes? Les investissements dans ces zones devraient déjà être abandonnés, et les évacuations doivent être prévues. Puis des tempêtes de plus en plus dangereuses déferleront sur les côtes. La montée du niveau de la mer pourrait progresser différemment du réchauffement climatique, l’Antarctique-Ouest est déjà définitivement compromise selon certains scientifiques, et même si nous arrêtons le réchauffement, la montée du niveau de la mer continuera, mais plus lentement.

Photo Anna Miescicka
Photo Anna Miescicka (prise probablement de la fenêtre de sa maison !)

Lien sur un outil de visualisation de montée du niveau de la mer: floodmap

 

 

 

Le changement climatique pourrait dépasser les prévisions de l’Agence Européenne de l’environnement

Les cartes prévoient une augmentation d’un mètre du niveau de la mer

L’agence européenne de l’Environnement a publié des cartes des effets du réchauffement climatique.  Ces  cartes montrent les effets estimés du changement climatique, la montée du niveau de la mer,  les pluies intenses, les sécheresses et les incendies (ici présentées par France Info).

Les cartes montrent les effets d’une élévation du niveau de la mer de 0,2 m à 1 mètre qui toucherait les côtes de l’Ouest et du Nord de la France, des Pays-Bas, de l’Ouest de l’Allemagne, et du Danemark, ainsi que Venise. Elles sont basées sur les prévisions du GIEC, très probablement sur le 5ième rapport du GIEC AR5 publié en 2013-2014.

Il faut cependant remarquer que le niveau de la mer est déjà monté d’environ 0,2 m. Les rapports du GIEC précédents citaient une valeur un peu plus un peu plus élevée, puis comme pour les températures, la valeur de référence, le point de départ à partir duquel les changements sont calculés, a été changé. Mais surtout, le niveau de la mer monte continuellement, et à l’ouverture de la COP25 en décembre 2019, le président du GIEC, Hoesung Lee mentionnait l’accélération de cette tendance.

Le niveau des mers pourrait s’élever de plusieurs mètres

La surface des océans et des mers pourrait s’élever bien plus, de quelques mètres. Le Groenland et l’Antarctique sont exposés à des vagues de chaleur inattendues qui précipitent la fonte des glaces. La semaine passée, l’Antarctique a atteint un record inquiétant de 18,6°C, aussitôt dépassé par une journée à 20°C. Cela accélère la fonte des glaces. Un grand iceberg s’est alors détaché du glacier Antarctique de Pine Island. Cet événement a pu être précipité par la chaleur (vidéo ESA):

Une grande partie de l’Antarctique et du Groenland sont situés des centaines des mètres sous le niveau de la mer. Les montagnes de glace reposent sur la roche. Actuellement, les océans se réchauffent et l’eau les décolle de leur socle, créant des langues de glace flottantes et des lacs sous la glace. Le réchauffement des océans favorise cet effet, et les glaciers accélèrent leur course vers l’océan et deviennent instables. J’en parle plus dans mon livre L’Antarctique-Ouest dans le vide.
La calotte glaciaire de l’Antarctique occidentale s’est déjà effondrée il y a 120’000 ans et a provoqué une élévation du niveau des mers de trois mètres.

Les scientifiques qui étudient cette région, p. ex Richard Alley ou Eric Rignot, considèrent qu’elle est définitivement déstabilisée et qu’elle s’effondrera dans le futur, ce qui pourrait provoquer une montée du niveau de la mer importante, de plusieurs mètres. Elle affecterait alors des zones côtières bien plus vastes, des régions entières d’Angleterre, du Danemark, la plaine du Pô, le delta du Mékong et du Nil.
Actuellement, les scientifiques étudient les signes précurseurs de ces changements, qui se produiront à vitesse croissante dans quelques décennies. Les ouragans et les vagues des océans augmentent aussi et pourraient provoquer des inondations momentanées des côtes.

Antarctique: les flèches rouges montrent le décollement des glaciers de leur base
Copyright @ESA; Antarctique: les flèches rouges montrent le décollement des glaciers de leur base

Les vagues de chaleur  pourraient être très dangereuses

Un autre danger semble peu visible dans les cartes de l’agence Européenne de l’environnement. Elles montrent une augmentation des vagues de chaleur. Celles-ci augmenteront en nombre et en intensité. Une étude prévoit des vagues de chaleur jusqu’à 50°C à 4°C de réchauffement en Bourgogne et en Suisse. Il faudrait visualiser le risque de canicules dangereuses et la nécessité d’aménagements pour sauver les vies humaines. Cela dit,  je ne sais pas si les modèles avaient prévu la petite vague de chaleur que nous avons vécu ce weekend. La réalité pourrait les dépasser. Si cela arrive en été, si les températures montent à vingt degrés de trop, même plus haut, un grave danger nous guette, notre végétation pourrait soudainement être décimée et la population serait menacée. Nous aurons alors probablement un jour pour nous mettre à l’abri.

Blogs sur la montée du niveau de la mer:

rapport du giec sur les oceans ca va mal mais ca peut encore etre pire

Les glaces fondent plus vite que prévu et le réchauffement pourrait devancer les prévisions du GIEC