La place financière suisse partenaire de la guerre ?

La Suisse interdit le financement des armes nucléaires, des armes biologiques, des armes chimiques ou encore des mines anti-personnelles. C’est une évidence mais cela ne suffit pas. La Suisse doit aujourd’hui aussi interdire le financement des producteurs de matériel de guerre. Même si son influence dans le monde est restreinte, la Suisse peut donner un signal fort aux autres pays, elle peut servir de modèle et montrer l’exemple. Et ce message s’adresse en premier lieu à la place financière : ce secteur joue souvent un rôle contradictoire par rapport aux grandes orientations politiques que nous souhaitons mener en Suisse :

  • sur la question climatique, la place financière suisse investit massivement dans les énergies fossiles alors que notre pays a l’ambition, même timide, d’en sortir (voir sur ce thème mon initiative parlementaire Les comptes de la Confédération sous le prisme du climat)
  • sur la question des guerres à travers le monde, la place financière suisse accepte de financer des producteurs de matériel de guerre, alors que notre pays se dit neutre et joue sur ses bons offices et sa diplomatie de la paix.

Cette économie de la guerre et de la mort est d’ailleurs en pleine croissance à entendre le Secrétariat d’Etat à l’économie quand il annonçait fièrement que les ventes de matériel de guerre à l’étranger avaient augmenté de 43%. Comment comprendre, aujourd’hui, cette Suisse prête à financer des conflits, de manière indirecte parfois, tout en soutenant activement le réseau diplomatique ? Si on considère par ailleurs qu’une partie des grandes décisions diplomatiques dans le monde, ayant pour but la résolution des conflits, sont prises à Genève, l’investissement de la place financière suisse dans les guerres est non seulement contradictoire mais met à mal l’image de notre canton, de notre pays, et il est fort à parier que nous pourrions payer un jour le prix de ces contradictions, si rien n’est fait rapidement.

Aujourd’hui, l’Afghanistan, le Yémen, le Soudan du Sud, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Syrie, l’Irak, le Mali, le Nigeria ou encore la Somalie sont en guerre. Des guerres qui font des morts, des ravages dans la société et dont les premières victimes sont souvent des enfants. Un récent rapport de l’ONG Save the Children précisait qu’en 2017, 18% de tous les enfants du monde – c’est-à-dire près de 420 millions d’enfants – vivaient dans des zones touchées par des conflits, soit presque 1 enfant sur 5, qui souffre de la faim, du manque d’hygiène ou d’accès aux soins de santé, autant de conséquences directes de la guerre.

Le financement de matériel de guerre n’est pas digne d’un pays neutre qui dit œuvrer pour la paix. La Suisse doit exporter son aide et des solutions pacifistes et en aucun cas exporter la guerre. Je ne veux être ni témoin, ni complice. Je refuse, sous la pression de retombées négatives qui affecteraient dans une mesure excessive l’activité de la Banque nationale suisse, mais aussi celle des fondations, des caisses de pension et des fonds de compensation, de menacer des populations entières et, par là même, de favoriser la violation des droits humains. Pour toutes ces raisons, je soutiendrai l’initiative “pour une interdiction du financement des producteurs de matériel de guerre”

Delphine Klopfenstein Broggini

Delphine Klopfenstein Broggini

Delphine Klopfenstein Broggini est Conseillère nationale et présidente des Vert·e·s genevois·e·s. Egalement membre des comités de Pro Natura et de F-information - conseil juridique aux femmes.

4 réponses à “La place financière suisse partenaire de la guerre ?

  1. Lorsque vous achetez chinois, vous participez à la dictature, l’économie est entre les mains, du parti. Le masque pour se protéger contre le corona, qui les ont fait, des prisonniers politiques?

    Il faut arrêter de croire à ses fantaisies néocolonialiste. Comme à une Suisse qui donne un signal, un occident qui a des valeurs universelles reconnues sur la planète. Les valeurs occidentales, tels la démocratie, les droits de l’Homme, (…), sont d’abord occidentale, pas universelle.

    Le monde des dictatures et des démocratures ont d’avantage d’influences maintenant, au détriment de l’influence occidentale. Et les pays émergents qui ont peut-être eu des élites influencées par l’occident, sont remplacé par des personnes qui ne veulent plus suivre cette influence.

    Votre sujet est sur la moralité et sa limite à l’appliquer. Parce qu’une place financière “morale”, ne va pas dédouaner nos achats non morale (électroniques, ordinateurs, textiles, …) qui aident les pays à maintenir la dictature et à développer l’armée et son armement.

    Notre morale, c’est pour nous, le reste de la planète s’en moque de la nôtre, ils ont leur propre code. L’antiracisme qui a son succès en occident, n’a pas de succès ailleurs. C’est ça la réalité.

    La modestie est de ne parler que de la moralité, certainement pas d’une influence quelconque d’un petit pays sur la planète. Le monde d’après, version naïf, c’est la vision type du néocolonialisme qui pense que nos valeurs sont partagés par la planète entière.

    Ainsi, une frugalité occidentale ne changera rien ou peu pour le climat face à l’explosion démographique en Afriques, la consommation des pays émergents,… On est bien dans une course technologique pour lutter pour le climat.

  2. Cette vision des choses est toujours la même utopie de gauche qu’on connaît depuis toujours. Rien de nouveau sous le soleil “vert”.

    Ces gens sont totalement anti-armée, et totalement anti business. Ils sont incorrigibles.

    Vous dites que de participer à la fabrication d’armes n’est pas digne d’un pays neutre. Mais je vous rappelle que la Suisse a une neutralité armée. Sans capacité de défense militaire notre neutralité serait impossible, car nous ne serions pas respectés dans l’arène internationale. La Suisse a donc besoin d’une production d’armes nationale sinon elle ne peut pas équiper son armée et en cas de danger il sera impossible d’acheter à l’étranger tous les armements dont on aura besoin. Cela serait d’ailleurs contraire à la neutralité puisque cela créerait une dépendance excessive envers des puissances étrangères. Alors, bien sûr on ne peut pas tout fabriquer nous mêmes, mais il est indispensable d’avoir au moins une industrie d’armement suffisante pour couvrir une partie de nos besoins. Cette industrie doit être performante, profitable et elle ne peut pas exister en fournissant seulement les besoins en armements de la Suisse. Par conséquent il est impératif qu’elle puisse exporter. Cela se fait en étant assez bien contrôlé pour s’assurer qu’on ne fournit pas des armes à des pays en guerre ou à des régimes horribles. Mais bien entendu, n’importe quelle personne qui a un minimum d’expérience des affaires sait que les affaires sont les affaires, c’est à dire que si on veut vendre un équipement, il faut le vendre. C’est ainsi que les Pilatus Porter sont en principe des avions civils mais on sait qu’il existe aussi des possibilités de les transformer pour un usage militaire. Et les marchands d’armes qui passent des commandes ne disent pas toujours tout. Ils passent parfois par des prête noms, etc. Par conséquent dans ce domaine il faut quand même avoir l’intelligence de comprendre que ce dont on parle est ce qu’on appelle un mal nécessaire et qu’on ne peut pas aller trop loin dans la morale.

    Mais pour cette gauche utopiste irréaliste la notion de mal nécessaire est impossible à concevoir par leurs petites cervelles. Donc si on devait les écouter nous serions livrés pieds et poings liés à tous les dangers sans aucune capacité de défense en cas de danger, et sans aucun approvisionnement national en munition, et armement. C’est vraiment insupportable. Il est navrant que des concitoyens élisent des gens pareils.

    Pour les conceptions économiques des écolos c’est pareil: utopie, irréalisme et n’importe quoi. Les verts sont tellement gonflés d’orgueil d’avoir eu des succès aux élections grâce à l’opération Greta, qu’ils vont faire voter des crédits énormes pour investir aux frais des contribuables dans des projets d’entreprises dont certains seront peut-être intéressants mais la plupart n’auront aucun sens économique et ne seront tout simplement pas viables.

    Les écolos s’imaginent et essaient de nous faire accroire qu’il est possible, par magie, de créer une quantité énorme d'”emplois verts” C’est quoi la différence entre un emploi vert et un emploi ? Mais surtout ils n’ont aucune idée de ce que ça signifie de créer ne serait qu’un, deux ou trois emplois quels qu’ils soient.

    C’est excessivement difficile de créer des emplois. Il faut pour cela des vrais entrepreneurs c’est à dire des gens sérieux qui ont les pieds sur terre. Or ce genre de personnes n’existent pas chez les écolos. Ce sont plutôt des beaux parleurs et des idéologques comme miss Thorens et miss Mazzone. Je reconnais qu’elles ont du talent pour faire des discours, mais comment imaginer que des personnes comme ça soient capables de créer des emplois. Laissez nous rire !

    Il y a aussi cette manie anti-pétrole. Bien sûr le pétrole pollue, il faudrait petit à petit trouver d’autres carburants et d’autres sources d’énergie. Il y aura peut-être des possibilités industrielles intéressantes avec l’hydrogène et autres nouvelles technologies. OK. Mais attention aux illusions. Imaginer que du jour au lendemain, on peut “décider” de “sortir” des énergies fossiles, c’est risible. Pour le moment, et pour longtemps encore, le pétrole sera la source d’énergie la plus pratique et la plus économique, notamment pour l’automobile.

    Alors les Verts, tout ce qu’il sont capables de faire c’est de vouloir taxer l’essence, comme si elle n’était pas déjà assez taxée et même trop taxée. Vous allez empêcher de vivre des centaines de milliers de personnes qui ont tout simplement besoin de leur bagnole pour travailler. Et avec les recettes fiscales que vous retirerez de ça, là je réitère ma prédiction: je suis certain que les verts proposeront d’investir cet argent dans des idées d’entreprises totalement forieuses qui feront rapidement fiasco. Et je pne parle pas du copinage et du favoritisme qui vont immanquablement se développer avec des “entrepreneurs” verts qui seront experts dans l’art de sucer des subventions de leurs copains verts à Berne pour financer des projets qui économiquement ne sont pas viables.

    Là dessus, et je l’ai déjà mentionné sur d’autres blogs, je prends les paris que inévitabelement on aura des scandales si les Verts obtiennent tous les crédits qu’ils demandent pour leur “transition écologique”. On va arroser de subventions une multitude de profiteurs et d’incapables. Il y aura des scandales dûs au gaspillage des deniers publics, au favoritisme, au choix de projets pour des raisons non pas économiques mais idéologiques, dans le but des créer d’hypothétiques “emplois verts” qui ne seront pas soutenables économiquement. On pourra s’estimer heureux si ces scandales sont dus uniquement à l’incompétence, mais il est à craindre qu’il y aura aussi de la corruption. Enfin, je ne voudrais pas être malveillant, alors disons que c’est seulement une crainte que j’ai. Mais j’ai des raisons de penser que c’est inévitable. Quand une telle dose d’incompétence et d’utopie rencontre la possibilité de tenir le robinet à subventions, la tentation sera trop forte et les abus seront inévitables.

    En ce moment on a créé une telle hystérie sur cette question de climat que les verts vont se croire tout eprmis. Mais nous sommes en Suisse. Tôt ou tard le peuple va comprendre que si on veut adpater notre économie pour des technologies nouvelles il vaudrait mieux ne pas le faire apr des subventions distribuées entre écologistes. Les entreprises innovantes qui ont fait le succès de la Suisse en fabriquant des locomotives électriques, des moteurs de bateaux, etc., et même les platines Thjorens, qui étaient une belle petite entreprise industrielle de la famille Tbhorens, n’ont jamais reçu un sou de subventions pour se développer. Elles ont eu du succès parce qu’elles ont été fondées et dirigées par de véritables entrepreneurs.

    On aura une chance réelle de progresser vers une transition raisonnable de notre économie quand on confiera cette tâche à des industriels et des entrepreneurs et qu’on mettra à l’écart les utopistes roses-verts qui n’ont qu’une idée en tête: pressurer les gens d’impôts et ouvrir la vanne de l’arrosoir à subventions pour entretenir leur clientèle.

  3. Suis totalement d’accord avec vous, l’avenir de la petite Suisse réside dans ce qui a fait son succès.
    Et pas, comme satellite abusif des capitaux mondiaux et du blanchiment.

    Les droits de l’homme paraissent éculés, à cause de la mondialisation et des revanches de tout poil, alors qu’ils sont la boussole humaine et sur tous les continents, même la Chine, l’Inde ou la Russie.

    La critique de bisounours vient de ceux qui n’ont rien compris aux tentatives de faire de la Suisse le vassal coffre-fort.
    La démographie galopante suisse n’est pas non plus en sa faveur, sauf pour le secteur immobilier et autres notaires encouragés par les recettes fiscales et autres entrepreneurs pratiquant le dumping salarial, en bref, la croissance no limit.

    Alors, il faudra sûrement qu’elle restreigne son train de vie, cette jolie petite suisse, ou alors qu’elle crève sous les masses d’argent qui inondent ses lobbyistes!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *