Les idiots utiles du régime méritocratique

Au coeur du développement personnel et du (self-help) repose l’idée selon laquelle nous sommes autant responsables de nos succès que de nos échecs. Cette tyrannie du mérite n’est rien d’autre qu’une forme douce de servitude volontaire, créatrice d’anxiété et de ressentiment.

Dans un essai qui fera sans doute date, le philosophe Michael J. Sandel pulvérise l’un des mythes fondateurs américains : la méritocratie. Cette idée selon laquelle, notre place dans la société, dans une organisation, ou nos succès et nos revenus sont le produit de nos talents, de nos efforts et de notre engagement. Non seulement le régime méritocratique ne tient-il pas ses promesses, nous rappelle-t-il, mais il est gangréné par deux maux : il occulte le rôle du hasard et des circonstances dans le succès ou les échecs et il promeut une éthique délétère. C’est ce dernier point sur lequel Sandel s’attarde.

The dark side of the meritocratic ideal is embedded in its most alluring promise, the promise of mastery and self-making. This promise comes with a burden that is difficult to bear. The meritocratic ideal places great weight on the notion of personal responsibility. Holding people responsible for what they do is a good thing, up to a point. It respects their capacity to think and act for themselves, as moral agent and as citizens. But it is one thing to hold people responsible for acting morally, it is something else to assume that we are, each of us, wholly responsible for our lot in life.” (Sandel 2020 : 34)

Au coeur du régime méritocratique, un adage : “aussi loin que vos talents vous mènerons” (“as far as your talents will take you“). A priori, rien de bien nuisible dans cette idée que le talent et l’effort déterminent votre statut social, professionnel, vos revenus etc. Sauf que la réalité est loin de correspondre à cette aspiration. Le hasard ou la tricherie (voir l’affaire des inscriptions dans les plus grandes universités américaines) affectent autant votre situation que vos efforts ou vos talents. Il n’empêche que le régime méritocratique est profondément ancré dans nos inconscients collectifs et ce règne quasi sans partage nous mène à une tyrannie du mérite mortifère.

If meritocracy is an aspiration, those who fall short can always blame the system; but if meritocracy is a fact, those who fall short are invited to blame themselves” (Sandel 2020 : 80)

Comment ne pas voir dans le développement personnel, le coaching et le self-help la continuation, l’approfondissement de cette tyrannie du mérite? L’impératif de la réussite, l’exigence de la responsabilité, l’inlassable antienne à l’amélioration sont autant de servitudes que nous nous infligeons au nom d’une méritocratie toujours fuyante. Responsables de nos succès, nous le sommes autant de nos échecs, donc. Cette “éthique de la maîtrise” puise et ravive une morale chrétienne sous la forme d’un “providentialisme sans dieu” (Sandel 2020 : 42) qui aboutit à une funeste “rhétorique de l’ascension (rhetoric of rising)” (Sandel 2020 : 22 ss.) : pour progresser, pour prospérer (“thrive”), pour continuer à être un “overachiever”, pour réussir, pour se dépasser, il faut se développer, cultiver ses talents, trouver son “purpose”, bref inlassablement cultiver l’effort et viser haut.

Derrière cette idée que l’on peut “devenir ce que l’on est vraiment” ou que chacun de nous peut devenir un leader, réside le présupposé selon lequel, c’est en y mettant du sien que l’on y parviendra, et que cela suffit. Ce volontarisme entretient l’illusion que tout est possible et blâme les “losers”, ceux qui n’y parviennent pas, d’être responsables de leur échec, de n’avoir pas suffisamment essayé, d’abandonner ou de ne s’être pas suffisamment pris en main. On objectera que dans la plupart des approches du développement personnel, au contraire, on valorise l’échec, on le dédramatise. Certes, mais c’est pour mieux réaffirmer l’impératif de l’effort et de la persévérance dans le but final de réussir. Cette “éthique de la maîtrise” se double d’une éthique de la conquête : conquête de son identité et conquête de sa place qu’il faut mériter. La première est illusoire, quand la seconde est mortifère. Pour les vainqueurs de cette ascension la situation est paradoxale : ils jouissent des fruits du régime méritocratique, mais sont placés dans l’angoisse de l’échec qui peut toujours survenir. S’engage alors pour eux le recours anxiolytique aux coachs et autres formes d’approches de développement personnel et de self-help de crainte de tomber. Pour les “losers”, c’est le regard condescendant des autres qui les accablent et les minent.

The regime of merit exerts its tyranny in two directions at once. Among those who land on top, it induces anxiety, a debilitating perfectionism, and a meritocratic hubris that struggle to conceal a fragile self-esteem. Among those it leaves behind, it imposes a demoralizing, even humiliating sense of failure.” (Sandel 2020 : 183)

Pas étonnant de constater qu’alors même que cette éthique de la conquête s’épanouit, un appel à la bienveillance se répand comme une traînée de poudre. L’apparente coincidence qui fait se côtoyer dans les mêmes approches du développement personnel, méritocratie et “éthique de la bienveillance” apparaît pour ce qu’elle est : une emplâtre morale, puisant sa source dans un refoulé. La tyrannie du mérite place un énorme poids sur les épaules des “losers” et parfois un sentiment inavoué de culpabilité chez les méritants. Plutôt que de le reconnaître, les méritocrates développent alors un placebo moral, un artefact qui leur permet de mieux gérer au quotidien leur dissonance cognitive : la réalité est cruelle et dure ? elle sourit à ceux qui font ce qu’il faut pour y survivre ? rendons la un peu moins pénible en faisant appel en nous à un peu de bienveillance à l’égard de ceux qui ne prospèrent pas !

The more we view ourselves as self-made and self-sufficient, the less likely we are to care for the fate of those less fortunate than ourselves. If my success is my doing, their failure must be their fault. This logic makes meritocracy corrosive commonality. Too strenuous a notion of personal responsibility for our fate makes hard to imagine ourselves in other people’s shoes.” (Sandel 2020 : 59)

Dans ce contexte, la bienveillance est un conservatisme moral : on se donne bonne conscience pour ne surtout rien changer. Les méritocrates bienveillants sont les idiots utiles du conservatisme et de la tyrannie du mérite : en pensant faire amende honorable, ils contribuent à perpétuer un régime délétère. Ils se construisent un double (pour parler comme Clément Rosset) de la réalité où la bienveillance règnerait alors même que les règles du jeu restent inchangées. “Déformons donc le réel odieux pour nous conformer à un irréel radieux” ( De Funes 2019 : 42) est devenu leur mantra.

Construction d’une illusion plaisante et quête d’une maîtrise de soi alimentée par une anxiété permanente et une estime de soi défaillante chez les “winners”, construction d’un sentiment de ressentiment auprès des “losers” du régime méritocratique qui constatent que celui-ci non seulement ne leur profite pas, mais qu’en plus, il contribue à les culpabiliser de n’avoir pas de talents ou de n’avoir pas essayé avec un peu plus de détermination.

L’industrie de développement personnelle n’est pas condamnée à être l’idiote utile du régime méritocratique et la complice de la tyrannie du mérite. Si ses (bonnes) intentions ne sont pas questionnables, ses prolégomènes sont questionables. Il lui faut abandonner cette rhétorique de l’ascension qui la traverse et réorienter l'”éthique de la maîtrise” qui l’anime. C’est en s’extrayant de cette servitude volontaire que la notion de responsabilité pourra reprendre une signification plus raisonnable et plus réaliste.

 

Références :

Sandel, M. (2020). The Tyranny of Merit. What’s Become of the Common Good ?. New York : Allen Lane

De Funes, J. (2019). Développement (im)personnel. Le succès d’une imposture. Paris : Editions de l’Observatoire

Christophe Genoud

Christophe Genoud

Après avoir été chercheur, Christophe Genoud est aujourd’hui, manager public, administrateur, consultant en management et organisation et formateur. Avec ce blog, il propose de mener une réflexion sur l’art de conduire des équipes, de décider et d’innover.

9 réponses à “Les idiots utiles du régime méritocratique

  1. Ces développements mettent malheureusement dans la même marmite l’idée de réussite sociale et celle de réussite personnelle, soit le fait de réussir dans la vie ou de réussir sa vie, choses fondamentalement différentes. La première notion est propulsée par un moteur externe à l’être et rejoint le modèle tyrannique du bonheur imposé par l’image de réussite ou de perfection sociale. La seconde passe par la quête constante de la connaissance et de l’amélioration de soi en même temps que la compassion envers les autres et n’a rien de tyrannique, c’est la voie même que la plupart des religions et philosophies de vie préconisent pour atteindre le bonheur personnel. Ce mélange très critique condamnant toute forme de surpassement de soi en le qualifiant de méritocratie tyrannique débouche sur un nivellement de l’être humain par le bas et le rejet de toute forme de responsabilité personnelle, l’échec étant alors imputable au hasard, à la conjoncture, à la société, aux autres. Dommage. Je pense pour ma part que si on n’est, certes, pas responsables de sa réussite sociale, on porte toujours la responsabilité de son bonheur personnel. Tout est finalement question de référentiel.

    1. D’accord avec vous pour la distinction entre réussite personnelle et sociale et sur leurs déterminants. En revanche, je ne vous suis pas sur le fait que mon propos condamnerait tout surpassement de soi. Dénoncer la tyrannie est affaire de degré plus que de nature. On peut être favorable à la bienveillance (qui ne le serait pas), et la dénoncer lorsqu’elle devient aveugle, incantatoire ou idiote, c’est-à-dire lorsqu’elle devient une tyrannie, un impératif catégorique. Dénoncer la tyrannie de mérite ne signifie pas renoncer à la notion de mérite, ou de responsabilité qui lui est liée, mais critiquer ces excès. Quant à l’idée que renoncer à l’idée de mérite ou délégitimer l’oukase du surpassement de soi, serait plaider à un nivellement par le bas, voilà une conception binaire que je ne partage pas. Héritier d’Aristote, je doute que Sandel puisse soutenir l’idée du vie médiocre comme une vie bonne. Pour ma part, plutôt spinoziste et montaignien, cette conception m’est tout aussi étrangère.

  2. Votre article est très intéressant.

    Comme tout le monde je suis un peu influencé par le rêve américain du succès, qui n’est pas très éloigné du ”rêve suisse” et c’est vrai que la Suisse est un bon exemple de pays ou la réussite est possible pour tous, si on travaille dur, qu’on a des bonnes idées et un peu de chance aussi, quand même. Il y a tant d’exemples de success stories helvétiques, tant de vrais entrepreneurs qui ont réussi.

    Néanmoins vous avez raison. Le mérite n’explique pas tout. La naissance et l’héritage jouent un grand rôle dans une société largement dominée par l’argent. Et moi-même je suis d’accord avec ça, même si je ne suis pas un héritier.

    Il me semble aussi que la réussite, par exemple la réussite dans une carrière, ne récompensent pas souvent la vraie brillance, ni la vraie supériorité. Souvent elle récompense au contraire la médiocrité. Une personnalité terne, et moyenne, a beaucoup plus de chances de devenir conseiller(ère) fédéral(e) qu’un homme ou une femme exceptionnellement brillant(e), qui n’aura que très peu de chances d’accéder à ce genre de postes.

    Si l’on regarde la réussite comme le fait d’aller très loin, de monter très haut, voire de devenir très riche, alors je dirais que la qualité qui explique le plus les grandes carrières et les grandes fortunes, c’est la volonté de puissance. C’est un moteur qui fait que quelqu’un sera capable de traverser l’adversité beaucoup plus longtemps, de surmonter des échecs beaucoup plus graves que toute autre personne, et à la fin une telle volonté de vaincre finit en général par payer. Ce n’est pas le mérite, ni même le talent.

    J’aimerais vous poser une question. Si vous ne voulez pas de la méritocratie comme mythe collectif pour légitimer les différences entre les gens, que proposeriez vous à la place ? Car toute société a besoin d’un tel mythe et d’une telle idéologie pour légitimer ceux qui sont en haut.

    J’attends volontiers vos suggestions.

    1. Je partage largement votre propos, notamment quand au rôle de la volonté de puissance, même si celle-ci peu amener à l’hubris, comme je le relevais dans une précédente chronique. En fait, je ne propose pas de renoncer à la méritocratie, qui reste une idée et un principe inspirant en tant qu’idéal. Ce que je souhaite mettre en avant, en m’appuyant sur l’ouvrage de Sandel, ce sont les apories de ce type de principe de justice lorsqu’il est le seul et qu’il est poussé à son comble, particulièrement dans le discours et la pratique du développement personnel. Par exemple, dans l’idée que chacun peut devenir un leader inspirant ou transformationnel, ce qui est évidemment illusoire. Sandel propose notamment de revaloriser la conception du travail et la place des personnes dans les organisations et aux yeux de la société en termes de contribution au bien commun. La crise sanitaire a à ce titre été une bonne illustration puisqu’elle a permis de remettre la lumière sur des activités et professions peu valorisées, ou du moins que ne sont pas considérées comme inspirante aux yeux du régime méritocratique ordinaire : infirmières, personnel dans l’alimentation. Donc pour être concret, et pour suivre Sandel qui ce fait aristotélicien, il s’agit de se poser la question de ce qui fait une vie bonne et particulièrement une vie commune bonne. Se faisant, on cessera de tenir des discours ahurissants sur l’accomplissement des “overachievers” et sur cette inlassable quête de la performance, source de ressentiment chez les losers. Ce sont d’ailleurs ces losers qui se révoltent aujourd’hui parce qu’ils voient que ce régime méritocratique dévoyé n’est pas pour eux. Ce sont eux qui font des Trumps et autres populistes. C’est d’ailleurs largement le propos de Sandel dans son ouvrage. On pourrait, y ajouter le dernier livre de Christophe Guilluy (2020). Le temps des gens ordinaires. Paris : Flammarion.

  3. Effectivement, Sandel a raison. C’est idiot de dire que tout le monde peut devenir un “leader”. Il y a des gens qui sont faits pour commander et d’autres pour obéir. Et cela n’a rien de déshonnorant d’obéir. Ce qui est beaucoup plus préjudiciable c’est quand une personne faite pour obéir se trouve à un poste de commandement. Il y aurait beaucoup d’exemples à citer, mais abstenons nous …

    Je ne sais pas pourquoi vous vous en prenez à Trump. Même si on ne partage pas ses idées, c’est quand même un exemple de quelqu’un qui a un réel charisme.

    Personnellement, je vois en Trump une certaine inspiration, qui montre qu’une personnalité hors du commun peut avoir prise sur les évènements, contrairement aux marionnettes de l’establishment comme ”sleepy Joe” Biden. Les mots qui me viennent à l’esprit au sujet de Trump sont ”outsider”, ”maverick”, ”tribun du peuple”. Ce sont plutôt des caractéristiques positives à mes yeux, malgré la vulgarité du personnage.

    Enfin bref, vous restez en faveur de la méritocratie, en évitant la dérive du développement personnel. Je suggérerais de complèter la notion de mérite, qui n’est presque jamais la vraie explication de l’ascension de quelqu’un, par les notions de hiérachie légitime, de charisme, de tradition et même d’héritage et d’éducation.

    Par exemple il est bien clair que Mme Martullo-Blocher n’aurait jamais accédé aux fonctions qu’elle occupe si elle avait du s’user à gravir les échelons dans une carrière de cadre, même coachée par un très bon chasseur de têtes. Et pourtant elle est parfaitement légitime pour diriger sa grande entreprise familiale, qui lui est revenue par héritage. En effet elle a été formée pour cela dès son enfance, étant tombée dans la marmite toute petite. Et puis elle a hérité aussi du sens des affaires de son papa, et maintenant elle a fait ses preuves. Ca compte aussi tout ça, alors que beaucoup de ces grands managers mercenaires, recrutés pour diriger de grandes entreprises publiques ou privées, sont souvent des courtisans des flatteurs, ou des arrivistes qui ne pensent pas à l’intérêt à long terme de leurs entreprises car ils veulent avant tout s’enrichir au maximum sous forme de bonus, stock options ou autres, pendant les quelques années qu’ils sont au sommet.

    C’est vrai aussi qu’il y a des contre exemples. Il n’y a pas de critère parfait.

    1. Il me semble essentiellement pour deux raisons.

      Le première repose sur une aporie au coeur même du discours souvent tenu sur les leaders. Celui-ci insiste pour que l’on “devienne le leader qui est en nous”. S’il est en nous, il s’agit alors de cultiver ou de faire émerger ce leader, c’est donc une question d’identité. Mais si c’est une question d’identité, cela veut dire que certain-es sont “titulaires” de cette identité, alors que d’autres pas. Donc, cette identité n’est pas partagée et donc toutes et tous n’ayant pas au plus profond d’eux cette identité “enfouie” de leader, il devient illusoire d’imaginer cultiver cette élément d’une identité absente. C’est tout le problème d’une grande partie de la littérature sur le leadership, il oscille entre essentialisme et existentialisme, sans grande rigueur et surtout en développant une rhétorique floue, mais positive, donc souvent cela passe et qui entretient, malgré sa position essentialiste, l’idée que chacun peut devenir un leader.

      La seconde est empirique. Combien de personnes dans votre entourage professionnel, voire même privé pouvez-vous considérer qu’elles répondent aux critères du leader, qu’il soit transformationnel ou autre ? On peut bien sûr devenir un meilleur leader que ce que l’on est, mais tout comme il y a des personnes qui ne seront pas de bons ou très bon musiciens (j’en fais partie), il y a des gens qui malgré toutes les formations et les coachings ne seront pas des leaders.

      C’est pourquoi, j’ai toujours préféré parler de leadership, que de leaders. Le leadership est une compétence que l’on peut développer, et qui par conséquent ne définit pas une identité.

  4. “Le leadership est une compétence que l’on peut développer, et qui par conséquent ne définit pas une identité.”

    Si vous possédez la compétence du discours, puis-je dire que vous “êtes” philosophe? Pas dans une acception essentialiste mais plutôt comme dire de quelqu’un qu’il est grand parce qu’il mesure 1m95 ou qu’il est musicien même si pas professionnel: cela ne résume pas la personne mais décrit un aspect de ses capacités, comme un raccourci parce qu’il faut bien décrire les gens pour parler d’eux.

    Sur le leadership, nous sommes d’accord: il s’agit d’une compétence développable. Et vous seriez étonné de voir les changements possibles chez les personnes qui le prennent au sérieux et le développent avec humilité.

  5. Ode à la légèreté et la liberté, je me suis régalée à la lecture de ce post et je vous en remercie.

    Non moins amusée avec bienveillance de l’écho que cela résonne chez les lecteurs, je serai également unique dans mon retour de lecture avec deux vibrations :
    – Paolo Coelho et les alchimistes que nous sommes Tous
    – Fernando Pessoa il n’y a pas de normes, tous les hommes sont des exceptions à une règle qui n’existe pas “.

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