5G : le principe de précaution doit primer !

Des affiches annonçant l’arrivée prochaine de la fameuse “5G” ont fleuri un peu partout ces dernières semaines. Cette nouvelle technologie de téléphonie mobile est dépeinte par d’aucuns comme une véritable révolution dans le monde des télécommunications, alors qu’elle suscite opposition et méfiance chez une part croissante de la population.

Mais de quoi s’agit-il concrètement, et surtout quels sont les enjeux en lien avec l’installation des antennes permettant la diffusion de ces ondes ?

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Un acharnement incivil

Le Conseil fédéral a présenté il y a quelques jours par la voix de Guy Parmelin une énième série de mesures visant à briser l’attractivité du service civil.  Cette nouvelle attaque contre un système qui a fait ses preuves et qui permet à des milliers de jeunes chaque année d’accomplir des tâches à haute valeur ajoutée pour notre société a de quoi laisser perplexes. Les établissements qui accueillent des civilistes ont d’ailleurs réagi, et ont pris leur plume pour écrire aux Parlementaires fédéraux afin de les sensibiliser à l’utilité du service civil et au rôle important qu’il joue dans le fonctionnement de bon nombre d’institutions dans notre pays.

Mais pourquoi un tel acharnement contre le “zivi” ?

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Vous chantiez M. Nantermod ? Et bien dansez maintenant…

Vous chantiez ? j’en suis fort aise. Eh bien ! dansez maintenant. », ces derniers vers de la fameuse fable de La Fontaine me sont venus à l’esprit en lisant la chronique de Philippe Nantermod publiée le 12 février dans Le Temps.

Comme la cigale de l’histoire, M. Nantermod et ses acolytes ne se soucient guère de la catastrophe vers laquelle nous nous dirigeons si nous ne changeons pas drastiquement de système. Les ressources ne sont pas totalement épuisées, la hausse des températures est encore supportable (en tout cas sous nos latitudes) et les catastrophes naturelles et environnementales n’ont pas encore aplati la courbe du PIB, alors pourquoi s’inquiéter ? On trouvera toujours afin de se donner bonne conscience plus gros pollueur que soi, un pays qui émet plus de Co2 ou dont les efforts pour réduire ses émissions sont encore plus maigres que les nôtres. Que de bonnes raisons de ne rien faire, de nous complaire dans notre prétendue et fantasmée excellence.

Or la réalité est un peu moins rose que ce qu’affirme M. Nantermod. S’il compare le bilan carbone d’un suisse à celui d’un américain, il oublie de préciser que nous émettons par tête deux fois plus de CO2 qu’un brésilien, ou cinquante fois plus qu’un malien ! Il y a donc une marge de progression certaine dans notre pays, et ce sans toucher à notre qualité de vie. Sans oublier que notre économie si bien insérée dans la globalisation externalise dans d’autres pays une grande partie des émissions nécessaires à la fabrication de ses biens de consommation. Si l’on prend en compte également ces données, la Suisse se trouve au 14ème rang des pays les plus pollueurs. On a vu mieux comme bon élève !

Sans « revenir à la charrette et à la bougie » comme le répètent de manière aussi bête que méchante celles et ceux qui ne veulent rien voir changer, il y a beaucoup à faire en Suisse, que ce soit en modernisant nos systèmes de chauffage, en réduisant nos besoins en déplacement ou en changeant certaines de nos habitudes de consommation. Le Parlement à un rôle essentiel à jouer en la matière, tout comme l’économie ou nous toutes et tous en tant que citoyens.

Le jour où des places se libèreront au congrès du Parti Communiste chinois, j’invite M. Nantermod à postuler, afin d’infléchir sur « le bon vouloir des plus grands » comme il le dit. D’autres – et ils sont de plus en plus nombreux – ont décidé d’agir ici et maintenant, à leur échelle et selon leurs possibilités pour changer un système qui n’est plus viable à long terme. Ils ne résoudront sans doute pas à eux seuls le problème du réchauffement climatique, mais ils apportent une pierre bienvenue à un édifice qui ne se construit que trop lentement. Alors au lieu de les juger avec le mépris inconscient d’une cigale aux portes de l’automne, retroussons-nous les manches pour leur donner un coup de main, car c’est de notre avenir et de celui des générations futures dont il est question.

Mobilisation pour le climat : transformons l’essai !

Les manifestations pour le climat de ce weekend ont fait couler beaucoup d’encre, et ce à juste titre. Cela faisait bien des années qu’on n’avait pas vu un tel engouement populaire pour une cause, un tel réveil de la société civile pour réclamer des changements d’envergure. Ce n’est pas tous les jours que l’on voit plusieurs dizaines de milliers de personnes manifester dans les rues des principales villes de Suisse, et même avec tout le paternalisme et la mauvaise foi du monde il devient difficile de prétendre que les jeunes et moins jeunes qui se mobilisent pour le climat ont simplement voulu sécher les cours un… samedi !

C’est que l’enjeu est de taille : réduire l’impact des activités humaines sur le climat, et donc éviter une potentielle et fort probable catastrophe nous pendant au nez.

La question est maintenant de savoir si cette mobilisation bienvenue est l’amorce d’une prise de conscience durable et de changements sociétaux profonds, ou si comme d’autres elle se heurtera à des difficultés qui finiront par l’essouffler.

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Élargir nos routes pour fluidifier le trafic ?

Il a été question ces dernières semaines de projets de développement des autoroutes, avec notamment la volonté affichée du Conseil Fédéral d’élargir à 6 voies une partie du réseau. À prime abord l’idée semble séduisante et plutôt logique pour un but recherché de résorber quelque peu les bouchons désormais chroniques sur nos grands axes de transport routier. Mais une augmentation de la capacité est-elle synonyme d’augmentation de la fluidité sur le long terme ? Et surtout, doit-on investir des milliards de francs à l’aube de révolutions technologiques et sociétales qui risquent fort de changer durablement notre rapport à la mobilité ?

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Initiative “stop mitage” : Le mythe de la hausse des loyers

Lors de chaque campagne de votations, il est coutume que les opposant-e-s à un texte fassent bon usage de l’adage selon lequel “Les suisses votent avec leur porte-monnaie”, et sortent des arguments plus ou moins fallacieux sur les prétendus coûts de l’initiative pour la collectivité. Cela n’a pas manqué avec “Stop mitage”, avec ses détracteurs annonçant solennellement qu’en cas d’acceptation par le peuple le 10 février, nous assisterions à une hausse des loyers, le terrain à disposition pour de nouvelles constructions se raréfiant. C’est certes bien essayé, mais cette argumentation ne tient pas à une analyse empirique des faits…

S’il est pour le moins surprenant de voir ces arguments dans la bouche de celles et ceux qui ont voté aux Chambres Fédérales contre l’initiative de l’ASLOCA “Pour des logements à loyers abordables”, il semble utile de répondre factuellement à ces accusations erronées, qui nuisent à un débat serein sur les objectifs de l’initiative et sur la question fondamentale qu’elle pose : quelle Suisse souhaitons-nous léguer aux générations futures ?

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Lutter contre le réchauffement climatique en aménageant mieux notre territoire

Aménagement du territoire et lutte contre le réchauffement climatique peuvent sembler des sujets à priori distincts, quoi que liés à l’envie de léguer à celles et ceux qui viendront après nous une Planète agréable à vivre.

Pourtant, à y regarder de plus près, la manière dont nous organisons notre territoire est un élément essentiel pour réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’origine de ce réchauffement qui menace notre qualité de vie.

Il est donc temps d’empoigner le taureau par les cornes dans ce domaine également, et de sauver ce qui peut encore l’être de nos terres agricoles tout en aménageant de manière plus harmonieuse et logique les différentes activités qui structurent nos sociétés. (suite…)

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Au revoir le Comptoir

L’annonce faite ce matin de non reconduction du Comptoir Suisse pour une 100ème édition à de quoi réveiller une certaine nostalgie.

Le Comptoir a quelque chose de presque mythique pour toute une partie de la population vaudoise, voire romande, et fait partie du patrimoine immatériel cantonal, au même titre que les Abbayes, les Brandons ou encore le papet aux porreaux.

Doit-on se résigner à sa fin, et plus généralement à la disparition de ce type de grandes manifestations populaires ? Certainement pas, mais il faut que pouvoirs publics et société civile retroussent leurs manches pour réinventer un grand événement qui n’a pour l’heure pas réussi à s’adapter à l’air du temps !

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L’écologie, un truc de riches ?

Le mouvement social naissant des “gilets jaunes” français nous questionne sur les politiques environnementales ou décrites comme telles, et sur leur impact social. Présenté comme une révolte du petit peuple de province face à une augmentation jugée injuste des taxes sur le carburant, il est thématisé par certains médias comme l’ opposition d’une “France d’en bas”  nécessiteuse d’essence bon marché pour se déplacer et aller travailler à une intelligentzia parisienne déconnectée des réalités, paraphrasant Marie-Antoinette pour qui “si le peuple n’a plus de carburant, il n’a qu’à acheter une voiture électrique”.

La réalité est comme bien souvent un brin plus complexe, et pose des questions essentielles pour l’avenir de notre modèle sociétal comme de notre environnement.

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Réchauffement climatique : greenwashing en cours

Les choses ont passablement évolué en matière de discours sur le changement climatique ces dernières années. S’il y a encore dix ans on pouvait sans problèmes assister à un débat entre un jeune écologiste et un avocat libéral bon teint clamant haut et fort que le réchauffement climatique n’était qu’une baliverne, tel n’est plus le cas aujourd’hui. Le discours reconnaissant une responsabilité humaine dans la hausse des températures enregistrée depuis plusieurs décennies est désormais très fortement majoritaire, et il faut aller chercher du côté des complotistes ou de certains élus de la droite dure pour trouver encore quelqu’un nous ressortant l’histoire du Groenland qui était au Moyen-Âge une terre verte et fertile ( ce qui est par ailleurs factuellement faux, mais passons) ou d’autres prétendues preuves qui innocenteraient les hummers et les vols Genève-Barcelone à 39 francs.

Tout va bien alors me direz-vous. La prise de conscience générale va entraîner des actions rapides et concrètes pour réduire les causes de ce réchauffement, à savoir les gaz à effet de serre que nous émettons massivement dans l’atmosphère depuis le XIXème siècle et le début de la Révolution industrielle! Et bien non malheureusement…

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