Avortement : un acquis à défendre sans concessions !

Il est tristement fascinant de constater comment certains acquis sociaux sont périodiquement remis en question par des milieux conservateurs, qui ne supportent pas de voir la société évoluer et des groupes sociaux obtenir des droits.

Parmi ces acquis, celui le plus violemment et régulièrement contesté est probablement le droit à l’avortement, comme en témoigne par exemple la récente loi adoptée par le Parlement de l’Alabama, la plus restrictive en la matière de tous les Etats Unis.

En Suisse aussi, nous ne sommes malheureusement pas à l’abri d’attaques et de volontés plus ou moins larvées de régression…

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Merci M. Weber

Peu de figures auront si fortement incarné l’écologisme que le regretté Franz Weber. Son tempérament bouillonnant et son énergie à toute épreuve ont façonné au fil des décennies la légende d’un infatigable avocat de la Nature, qu’il aura défendue jusqu’au bout.

Franz Weber était un précurseur, qui avait réussi à mettre la protection des paysages, des animaux et de leur environnement à l’agenda politique à une époque, les années 70, où tout cela était trop souvent perçu comme d’inutiles obstacles au progrès et au développement de l’économie. Ne se laissant pas abattre par les attaques pleuvant de toutes parts, il a su aller de l’avant avec une détermination impressionnante, remettant à maintes reprises l’ouvrage sur le métier et surmontant avec brio les inévitables écueils et échecs que toute personne s’engageant pour ces causes trouve sur son chemin.

D’aucuns lui ont reproché ce “jusqu’au-boutisme”, un style parfois agressif et peu enclin à la négociation et au compromis, vertus capitales dans un pays qui en a fait les moteurs de son système politique. Mais peut-on vraiment lui en vouloir ? Aurait-il obtenu les mêmes victoires s’il avait fait preuve de retenue et avait par exemple poliment demandé aux promoteurs immobiliers de bien vouloir arrêter de bétonner les vallées alpines, ou aux chasseurs  canadiens de ne plus massacrer à coups de bâtons les bébés phoques ? Qu’il me soit permis d’en douter…

La destruction de l’environnement et des paysages répond à des intérêts économiques importants, et est menée le plus souvent par des personnes sans grands scrupules, mais avec des moyens colossaux et des connexions politiques importantes. Face à ces rouleaux compresseurs, ce n’est malheureusement bien souvent qu’avec toute l’énergie de la colère qu’on peut être entendus et écoutés. Là où la politique a ses temps longs et ses discussions parfois interminables pour trouver le plus petit dénominateur pouvant convenir à toutes les parties, Franz Weber avait pris le parti de la vitesse et du rapport de forces, dans lequel on gagne ou on perd tout, sans demi-mesures.

Sans oublier que l’homme s’est montré précurseur, presque visionnaire, et il y a fort à parier que les gérants de stations de ski en Valais et ailleurs le remercieront à titre posthume dans quelques années pour avoir sauvé ce qui pouvait encore l’être des paysages alpins, de la même manière que celles et ceux qui l’avaient combattu en Lavaux doivent aujourd’hui lui tirer leur chapeau. Sans Franz Weber ce petit coin de paradis vaudois ne serait en effet certainement qu’une vaste étendue de villas avec vue plongeante sur le Lac, loin de l’UNESCO et de son patrimoine.

En attendant de voir une plaque commémorative comme celle ci-contre déposée à Verbier ou à Crans-Montana, je souhaite à mon tour tirer mon chapeau à Franz Weber.

La prise de conscience quant à l’importance de protéger notre environnement, qui fait peu à peu son chemin dans nos sociétés occidentales, est en bonne partie imputable à l’action de pionniers comme lui. S’il n’avait pas ouvert la voie, même s’il a parfois fallu jouer des coudes ou des pieds, les maigres avancées en matière de protection de l’environnement ne seraient que de lointains mirages, et notre qualité de vie serait sans doute un peu moins bonne qu’elle ne l’est aujourd’hui.

La tâche est encore immense, et la protection de l’environnement et des animaux sont un travail titanesque et ingrat, souvent impopulaire car nous plaçant devant nos contradictions et bousculant nos certitudes. Il n’en reste pas moins nécessaire, et la voie tracée doit être aujourd’hui poursuivie.

Alors un grand Merci M. Weber, notre pays et notre planète vous doivent énormément !

 

 

5G : le principe de précaution doit primer !

Des affiches annonçant l’arrivée prochaine de la fameuse “5G” ont fleuri un peu partout ces dernières semaines. Cette nouvelle technologie de téléphonie mobile est dépeinte par d’aucuns comme une véritable révolution dans le monde des télécommunications, alors qu’elle suscite opposition et méfiance chez une part croissante de la population.

Mais de quoi s’agit-il concrètement, et surtout quels sont les enjeux en lien avec l’installation des antennes permettant la diffusion de ces ondes ?

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Un acharnement incivil

Le Conseil fédéral a présenté il y a quelques jours par la voix de Guy Parmelin une énième série de mesures visant à briser l’attractivité du service civil.  Cette nouvelle attaque contre un système qui a fait ses preuves et qui permet à des milliers de jeunes chaque année d’accomplir des tâches à haute valeur ajoutée pour notre société a de quoi laisser perplexes. Les établissements qui accueillent des civilistes ont d’ailleurs réagi, et ont pris leur plume pour écrire aux Parlementaires fédéraux afin de les sensibiliser à l’utilité du service civil et au rôle important qu’il joue dans le fonctionnement de bon nombre d’institutions dans notre pays.

Mais pourquoi un tel acharnement contre le “zivi” ?

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Vous chantiez M. Nantermod ? Et bien dansez maintenant…

Vous chantiez ? j’en suis fort aise. Eh bien ! dansez maintenant. », ces derniers vers de la fameuse fable de La Fontaine me sont venus à l’esprit en lisant la chronique de Philippe Nantermod publiée le 12 février dans Le Temps.

Comme la cigale de l’histoire, M. Nantermod et ses acolytes ne se soucient guère de la catastrophe vers laquelle nous nous dirigeons si nous ne changeons pas drastiquement de système. Les ressources ne sont pas totalement épuisées, la hausse des températures est encore supportable (en tout cas sous nos latitudes) et les catastrophes naturelles et environnementales n’ont pas encore aplati la courbe du PIB, alors pourquoi s’inquiéter ? On trouvera toujours afin de se donner bonne conscience plus gros pollueur que soi, un pays qui émet plus de Co2 ou dont les efforts pour réduire ses émissions sont encore plus maigres que les nôtres. Que de bonnes raisons de ne rien faire, de nous complaire dans notre prétendue et fantasmée excellence.

Or la réalité est un peu moins rose que ce qu’affirme M. Nantermod. S’il compare le bilan carbone d’un suisse à celui d’un américain, il oublie de préciser que nous émettons par tête deux fois plus de CO2 qu’un brésilien, ou cinquante fois plus qu’un malien ! Il y a donc une marge de progression certaine dans notre pays, et ce sans toucher à notre qualité de vie. Sans oublier que notre économie si bien insérée dans la globalisation externalise dans d’autres pays une grande partie des émissions nécessaires à la fabrication de ses biens de consommation. Si l’on prend en compte également ces données, la Suisse se trouve au 14ème rang des pays les plus pollueurs. On a vu mieux comme bon élève !

Sans « revenir à la charrette et à la bougie » comme le répètent de manière aussi bête que méchante celles et ceux qui ne veulent rien voir changer, il y a beaucoup à faire en Suisse, que ce soit en modernisant nos systèmes de chauffage, en réduisant nos besoins en déplacement ou en changeant certaines de nos habitudes de consommation. Le Parlement à un rôle essentiel à jouer en la matière, tout comme l’économie ou nous toutes et tous en tant que citoyens.

Le jour où des places se libèreront au congrès du Parti Communiste chinois, j’invite M. Nantermod à postuler, afin d’infléchir sur « le bon vouloir des plus grands » comme il le dit. D’autres – et ils sont de plus en plus nombreux – ont décidé d’agir ici et maintenant, à leur échelle et selon leurs possibilités pour changer un système qui n’est plus viable à long terme. Ils ne résoudront sans doute pas à eux seuls le problème du réchauffement climatique, mais ils apportent une pierre bienvenue à un édifice qui ne se construit que trop lentement. Alors au lieu de les juger avec le mépris inconscient d’une cigale aux portes de l’automne, retroussons-nous les manches pour leur donner un coup de main, car c’est de notre avenir et de celui des générations futures dont il est question.

Mobilisation pour le climat : transformons l’essai !

Les manifestations pour le climat de ce weekend ont fait couler beaucoup d’encre, et ce à juste titre. Cela faisait bien des années qu’on n’avait pas vu un tel engouement populaire pour une cause, un tel réveil de la société civile pour réclamer des changements d’envergure. Ce n’est pas tous les jours que l’on voit plusieurs dizaines de milliers de personnes manifester dans les rues des principales villes de Suisse, et même avec tout le paternalisme et la mauvaise foi du monde il devient difficile de prétendre que les jeunes et moins jeunes qui se mobilisent pour le climat ont simplement voulu sécher les cours un… samedi !

C’est que l’enjeu est de taille : réduire l’impact des activités humaines sur le climat, et donc éviter une potentielle et fort probable catastrophe nous pendant au nez.

La question est maintenant de savoir si cette mobilisation bienvenue est l’amorce d’une prise de conscience durable et de changements sociétaux profonds, ou si comme d’autres elle se heurtera à des difficultés qui finiront par l’essouffler.

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Élargir nos routes pour fluidifier le trafic ?

Il a été question ces dernières semaines de projets de développement des autoroutes, avec notamment la volonté affichée du Conseil Fédéral d’élargir à 6 voies une partie du réseau. À prime abord l’idée semble séduisante et plutôt logique pour un but recherché de résorber quelque peu les bouchons désormais chroniques sur nos grands axes de transport routier. Mais une augmentation de la capacité est-elle synonyme d’augmentation de la fluidité sur le long terme ? Et surtout, doit-on investir des milliards de francs à l’aube de révolutions technologiques et sociétales qui risquent fort de changer durablement notre rapport à la mobilité ?

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Initiative “stop mitage” : Le mythe de la hausse des loyers

Lors de chaque campagne de votations, il est coutume que les opposant-e-s à un texte fassent bon usage de l’adage selon lequel “Les suisses votent avec leur porte-monnaie”, et sortent des arguments plus ou moins fallacieux sur les prétendus coûts de l’initiative pour la collectivité. Cela n’a pas manqué avec “Stop mitage”, avec ses détracteurs annonçant solennellement qu’en cas d’acceptation par le peuple le 10 février, nous assisterions à une hausse des loyers, le terrain à disposition pour de nouvelles constructions se raréfiant. C’est certes bien essayé, mais cette argumentation ne tient pas à une analyse empirique des faits…

S’il est pour le moins surprenant de voir ces arguments dans la bouche de celles et ceux qui ont voté aux Chambres Fédérales contre l’initiative de l’ASLOCA “Pour des logements à loyers abordables”, il semble utile de répondre factuellement à ces accusations erronées, qui nuisent à un débat serein sur les objectifs de l’initiative et sur la question fondamentale qu’elle pose : quelle Suisse souhaitons-nous léguer aux générations futures ?

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Lutter contre le réchauffement climatique en aménageant mieux notre territoire

Aménagement du territoire et lutte contre le réchauffement climatique peuvent sembler des sujets à priori distincts, quoi que liés à l’envie de léguer à celles et ceux qui viendront après nous une Planète agréable à vivre.

Pourtant, à y regarder de plus près, la manière dont nous organisons notre territoire est un élément essentiel pour réduire les émissions de gaz à effet de serre à l’origine de ce réchauffement qui menace notre qualité de vie.

Il est donc temps d’empoigner le taureau par les cornes dans ce domaine également, et de sauver ce qui peut encore l’être de nos terres agricoles tout en aménageant de manière plus harmonieuse et logique les différentes activités qui structurent nos sociétés. (suite…)

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