Bouder les magasins durant une année, une bonne idée ?

Ne plus rien acheter de neuf en 2018, voilà le défi lancé par ZeroWaste France. Déjà près de 8000 personnes se sont inscrites. Est-ce une bonne idée pour réduire la montagne de déchets ? A mettre tous les commerçants dans le même panier, ce n’est pas sûr !

[Edit du 26 janvier: Je dois me rendre à l’évidence, certains lecteurs-trices se sont sentis heurtés par le ton de cet article très personnel. Dans l’ADN de l’association ZeroWaste Switzerland, dont je suis l’une des ambassadrices, il y a la volonté de déployer son action dans une ambiance positive et constructive. Je l’avais un peu oublié! Aussi, je me dois de reprendre quelque peu certains passages. Ils seront marqués en bleu, pour plus de transparence.]

Il est vrai que la volonté de réduire les déchets est associée à une certaine baisse du volume de la consommation d’un ménage, en ce sens qu’il va éviter d’acheter de l’inutile, du superflu et, au niveau alimentaire, des denrées qu’il n’aura pas l’occasion ou le temps de consommer. Du coup, ce ménage évite les déchets ET le gaspillage, ces deux sens se retrouvant dans le mot anglais “waste”. En faisant la chasse à l’emballage, les “zerowasteurs” évitent naturellement les grandes surfaces de distribution, là où le plastique est roi. “Moins, mais mieux et meilleur”, acheté dans des petites échoppes indépendantes, chez les artisans ou directement chez les producteurs : telle pourrait être la devise des adeptes du mode de vie Zéro Déchet, dont on ne voit que la pointe de l’iceberg, c’est-à-dire le sac poubelle (ou ce qu’il en reste).

Le défi lancé par l’association ZeroWaste France “Rien de neuf” va bien plus loin que de ne plus se rendre dans les supermarchés, ces temples de l’emballage et du plastique à jeter. Il serait dommage de ne s’arrêter qu’à son intitulé, car le défi propose surtout “d’essayer d’acheter le moins de produits neufs possibles pendant un an en se tournant vers des alternatives comme l’occasion, la location, le prêt, la mutualisation, etc… Seuls les produits de la vie courante tels que les vêtements, les livres, l’électroménager, les meubles ou encore le high tech sont concernés. “ En s’inscrivant, on reçoit alors régulièrement des conseils et des alternatives pour consommer autrement, car une année entière, c’est long !

Au delà de l’intitulé

Cette initiative capitalise sur un réflexe nécessaire, à acquérir: il est important de s’interroger avant chaque achat sur la nécessité d’acquérir un bien. Quitter consciemment la zone de confort de l’achat spontané, irréfléchi ou “coup de coeur”. Ne plus céder aveuglément aux tentations induites par le marketing et la publicité qui nous ciblent de manière permanente. Ne plus accepter “l’obsolescence perçue”, ce diktat qui nous conduit à changer de chemise dès qu’une nouvelle couleur est présentée comme “tendance”. Il s’agit de reprendre le contrôle de notre consommation.

Cela n’a pas grand’chose à voir avec le caractère neuf ou déjà porté des biens, il faut le reconnaître. Pourtant, l’initiative de ZeroWaste France axe sa campagne sur le caractère neuf des biens. A mon avis, proposer un boycott généralisé de tout achat neuf est une démarche trop militante; pour moi, c’est un peu extrémiste. La diététique connaît d’ailleurs bien ce mécanisme: pour pouvoir perdre du poids, les personnes en surpoids ont de meilleures chances d’y arriver si elles ont du plaisir à cuisiner, à manger, à se préparer des repas sains, à rester dans le positif. Se focaliser sur les interdits (pas de chocolat, pas de fromages, pas de charcuterie, etc…), c’est le meilleur moyen de créer des frustrations qui conduisent à terme à l’échec.

Seules les initiatives positives sont à même de gagner une adhésion durable. Au lieu de dire “non”, l’initiative devrait dire “oui” et, pourquoi pas, organiser un concours sur le mode positif. Et sur une plus petite période. Une année, c’est bien long: mon hypothèse est que seules les personnes déjà convaincues relèveront le défi. L’avenir le dira. Et j’espère me tromper.

Infographie parue dans Le Temps 24.1.2018

C’est clair: la très grande majorité des produits consommés chez nous sont issus d’industries peu soucieuses des ressources qu’elles utilisent, de l’environnement qu’elles polluent ou des personnes qu’elles exploitent à très bas prix au bout du monde. Ces industries produisent des marchandises destinées à devenir obsolètes ou à casser très rapidement (l’obsolescence programmée) afin d’entretenir la frénésie des achats et donc de leur production. La qualité a été volontairement réduite pour que les produits ne durent pas trop longtemps dans leur usage.  La “fast fashion”, une des industries les plus polluantes au monde, et l’électroménager sont particulièrement visées. Pour ce type d’industries irresponsables, ne pas acheter leurs produits est sans aucun doute une très bonne chose. Réduire la demande, donc l’offre, est nécessaire.

Mais il y a un hic.

Pénaliser les entreprises responsables ?

Elles sont rares, mais elles existent: les entreprises qui ont fait un choix inverse, c’est-à-dire de produire des biens durables, qui se réparent. Je parle de ces fabriques de marchandises de qualité, souvent localisées en Europe, et qui se sont imposées un cahier de charges exigeant au plan environnemental, des ressources durables ou social.

Ici, une fabrique de pulls en laine de moutons; là, une fonderie de casseroles qui durent toute une vie. Ici, une manufacture de sacs qui recyclent des bâches de camion; là, une entreprise qui produit des téléphones intelligents éthiques que l’on peut réparer soi-même. Ici, une artisane qui propose des lingettes faites maison; là, un savonnier qui vend des savons sans huile de palme ni additifs chimiques…

Les exemples se multiplient et c’est très encourageant. Hier, l’article paru dans Le Temps “La mode enfile le costume éco-responsable” a donné un petit inventaire de marques responsables (baskets Veja, habits Jungle Folk, Loom ou People Tree, etc.). L’initiative fair’act issue du “crowd-funding” recense en Suisse romande les acteurs de la mode éthique et responsable, les marques responsables et les labels de confiance. Au plan mondial, le site de l’association Fashion Revolution recense dans chaque pays événements et initiatives. Les 100 marques globales les plus importantes y sont classées selon un index de transparence qui tient compte de leur politique, leur pratique et leur impact au plan environnemental et social. Le mouvement organise une semaine consacrée à cette révolution de la mode, la Fashion Revolution Week, du 23 au 29 avril. L’antenne suisse de l’association invite à Zürich à la journée “Fashion Revolution Day. Au programme: workshops, projections de films, bricolage et réparation d’habits, discussions et soirée festive avec … night shopping (!).

Quelques marques sont réputées pour offrir une garantie à vie à leurs produits. On les trouve aisément sur internet (recherchez “marques garanties à vie”), par exemple sur le site anglais dédié aux articles garantis à vie www.buymeonce.com. Ces rares marques s’opposent au principe de l’obsolescence programmée, un principe qui devient d’ailleurs hors la loi, notamment en France.

Le monde de la mode bouge. Il serait dommage que les entreprises responsables souffrent d’un tel arrêt volontaire de consommation de produits neufs. Mais qu’on se rassure: cela ne devrait pas être le cas, car si le titre du défi français est stricte, son observation est plus souple. Les commentaires sur la page facebook du défi sont nombreux  qui abordent l’impossibilité de trouver une alternative à l’achat neuf. Selon les régions, l’offre en échanges, en trocs, en emprunts, etc. varient énormément. Les participant-e-s sont parfois dépités. Mais à partir du moment où la réflexion a été entreprise sur l’acte d’achat et sur le bien convoité, alors l’objectif est atteint par ceux et celles qui se sont engagé-e-s.

Quand le “second hand” absout le consumérisme inchangé

J’encourage bien sûr sans cesse le concept de “re-use”: réutiliser ce que l’on a déjà, faire réparer ses affaires pour les faire durer, emprunter, échanger… Est-il possible de l’appliquer aussi aux habits et aux chaussures ?

La garde-robe de certaines pionnières du mouvement ZeroWaste est – certes – minimaliste, avec une quinzaine de pièces seulement, mais elle est régulièrement renouvelée, tous les six mois parfois. Une quinzaine de pièces, c’est plus facile à renouveler. Certes, elle n’est pas achetée neuve mais en magasin d’occasion. Or, la condition pour composer une garde-robe complète (car tout le monde ne vit pas en mode “minimaliste”!) est de disposer de magasins de seconde main qui proposent des habits de qualité, sans doute pas de “fast fashion” qui ne seraient pas revendables. Cela suppose donc que, pour pouvoir s’habiller correctement, complètement et rapidement, M. et Mme Zero Déchet doivent pouvoir compter sur l’hyper consommation (le consumérisme normal?) de quelques congénères de leur région qui changent de garde-robe fréquemment et fournissent ces “second hand shops”en habits portables.

Dans ma région, c’est juste impossible de pouvoir s’habiller complètement en “second hand”: les habits sont très souvent déformés, délavés, de mauvaise qualité. Les jolies pièces sont très rares, insuffisantes pour pouvoir constituer une garde-robe complète. Sans parler des chaussures, qui se forment à nos pieds. Je ne dénigre pas les habits en seconde main, car les avantages au niveau environnemental sont très importants. Mais je me demande comment freiner la consommation de ceux et de celles qui vident leurs armoires plusieurs fois par année (pour fournir les magasins de seconde main) et par conséquent les remplissent à nouveau sans cesse, sans aucune réflexion préalable sur leur propre consommation… Ce sont ceux-ci et celles-là qu’il faudrait amener à participer à la réflexion du défi français!

L’impact sur l’environnement des habits d’occasion est moindre, c’est indiscutable: en les remettant dans le circuit, on potentialise les ressources qui ont été mobilisées pour leur fabrication. Mais ce souci environnemental ne résout pas tout.

Il existe de nombreuses plateformes sur internet qui met en relation vendeurs et acheteurs. Le problème est que les vendeurs sont d’abord des acheteurs, comme dans le cas des magasins physiques de seconde main. Certains se sentiront encouragé-e-s de changer souvent d’habits sans modifier leurs habitudes parce qu’ils et elles ont l’assurance de trouver des acquéreurs de leurs achats sur ces plateformes.

Qu’est-ce qui est mieux en fait ? Achetés neufs, mes jeans, mes pulls, mes t-shirts ont une durée de vie de plusieurs années. Je préfère miser sur la qualité, moins souvent, mais du coup, mes habits durent nettement plus longtemps. Quand bien même on doit acquérir quelque chose de neuf, alors il s’agit de bien choisir. Les marques éthiques et éco- et socio responsables sont une réponse, même si leurs produits sont plus chers, ce qui est logique si on paie convenablement les gens au début de la chaîne de production, qu’on prend des mesures pour minimiser l’impact sur l’environnement et qu’on choisit des matières naturelles et recyclables.

Quant à la consommation de biens courants (nourriture, produits de nettoyage, de soins, etc.), un autre défi a été lancé au niveau romand : le mois de février sans supermarché.

Un défi romand

En Suisse romande, pour la seconde année consécutive, un autre défi va démarrer en février. Il s’agit de se passer de supermarché durant un mois. L’objectif est aussi de consommer autrement. C’est surtout la consommation de nourriture qui est visée dans ce défi. Mais on sait bien qu’en supermarché, on trouve de tout: livres, habits, électronique, électroménager, et j’en passe.

“Privilégier les petits commerçants, les maraîchers, les épiceries de village, les producteurs locaux, les magasins vrac, etc. Un mois pour tester d’autres habitudes de consommation et pour voir celles que nous pouvons adopter dans notre vie quotidienne ou pas…”.

L’initiative se veut joyeuse, encourageante, positive et non moralisatrice. Elle est lancée sur les réseaux sociaux (“Février sans supermarché: le défi romand 2018”) par le site “En vert et contre tout – la chronique écologique qui sensibilise sans faire la morale!” animé par Leïla Rölli. Comme l’année passée, les personnes intéressées pourront échanger, se donner des idées et des conseils, s’encourager, parfois se consoler pour avoir cédé à un achat impulsif, etc. L’initiative se décline dans plusieurs cantons romands.

“Moins, mais mieux et meilleur”. Neuf ou d’occasion, ce n’est pas le souci principal. L’important est de prendre le temps de la réflexion avant de passer à l’acte (d’achat).

La méthode BISOU: à adopter toute l’année

Et pour rester dans le registre souriant et positif, je vous conseille la méthode B.I.S.O.U , imaginée par Marie Duboin Lefèvre et Herveline Verdeken, à se remémorer avant de sortir votre porte-monnaie pour “cette-adorable-petite-robe-noire-en-soldes-une-occasion-à-ne-pas-louper”. C’est une méthode très simple qui aide à recadrer les envies d’achat frénétiques. Il s’agit de se poser seulement cinq questions :

  • en ai-je vraiment Besoin ? S’agit-il vraiment de mon besoin à moi ou d’une tendance, d’une mode qui me fait envie ?
  • mon achat doit-il être Immédiat ? Si on repousse l’achat de quelques jours, il n’est pas sûr qu’il conserve le même attrait…
  • n’ai-je pas déjà un article Semblable chez moi ? Histoire de ne pas acheter la 5ème petite robe noire…
  • que sais-je de l’Origine de l’article ? De ses conditions de fabrication aux plans écologique, éthique, social, etc.
  • cet article me sera-t-il Utile ? Ma vie était-elle à ce point difficile avant de penser à cet achat ? La réponse à la question conduit souvent au renoncement.

L’article du Temps concluait ainsi: “La meilleure façon d’être responsable, expliquent la plupart des personnes interrogées, c’est de résister à un marketing agressif, de prendre soin des vêtements qu’on possède déjà.” Il faudrait donc aller vers une sobriété heureuse… en référence à l’ouvrage de Pierre Rabhi.

Bonne suite à chacun ! Vos réactions et commentaires sont les bienvenus, histoire de cheminer un moment ensemble sur la question …

Valérie Sandoz

Valérie Sandoz

Valérie est l'une des ambassadrices de l'association ZeroWaste Switzerland. Elle donne des conférences et anime des ateliers. Géographe et ethnologue de formation, elle interroge notre façon de consommer et partage ses découvertes. Adepte du «fait maison» depuis des années (conserves alimentaires, lacto-fermentation, cosmétiques, produits de nettoyage, etc.), Valérie anime un blog personnel (www.valesavabien.blogspot.com) consacré à la cuisine sans gluten, à la réduction des déchets et du gaspillage et à un mode de vie simple et joyeux.

20 réponses à “Bouder les magasins durant une année, une bonne idée ?

  1. Bon article avec un peu de mauvaise foi envers Zéro Waste France.
    Pas bien de cracher dans la soupe…
    PS: Je me suis engagée dans ce défi et je fais partie du groupe GBEM 😉

    1. Je vous dis “bravo” Clotilde.
      Par contre, je ne comprends pas bien l’idée de “cracher dans la soupe”. De quelle soupe parlez-vous? Je ne suis rétribuée par personne, entièrement bénévole. Je conserve donc ma liberté de penser…

  2. Bonjour,
    Je fais partie des inscrites au défi rien de neuf, j essaie d être (presque) zéro déchet et si je devais me mettre une étiquette je dirai que je suis zecolo. Vous avez tout à fait raison, s arrêter a juste “ne rien acheter de neuf en 2018” n à pas grand intérêt. Mais l association le dit elle meme : l idée est surtout de se poser la question avant d acheter, d essayer d autres alternatives. Mais je ne vois aucun côté moralisateur au défi.
    Si vous lisez les commentaires du groupe Facebook, vous verrez que beaucoup de gens pensent comme vous : l idée est de consommer responsable (donc pourquoi pas neuf mais fabriqué localement), pas forcément de ne pas consommer du tout…

  3. Je vous rejoins entièrement sur ce concept et vous mettez exactement le doigt sur ma sensation de gêne ressentie en lisant le concept zéro waste (côté négatif, moralisateur).
    Et j’aime le BISOU ! Je vais pratiquer !

    1. Peut être que en regardant plus attentivement le défi vous verrez tous les leviers positifs qu’il actionne ; la découverte des bonnes adresses de son quartier pour des biens d’occasion, des encouragements à réparer, des ides innovantes… Et aucun jugement de valeur en cas d’achat neuf. Ce n’est pas un groupe de fanatiques mais bien une incitation collective à faire un effort. Un BISOU qui ne dit pas son nom.
      Je partage la vision de l’article sur l’approche que nous devons avoir dans notre consommation. Et c’est pour cela que j’ai rejoint le défi.

  4. Bonjour,
    J ai entamé le défi “rien de neuf” et je ne me suis pas du tout reconnue dans ce que vous décrivez.
    Je ne me sens pas frustré ou privée mais plutôt enrichie par toutes les solutions alternatives existantes et que l’on partage.
    Je ne me sens pas non plus consommatrice invétérée de fast fashion d’occas. Je n’imagine pas changer ma garde robe tous les 6 mois et je pense que ce serait en contradiction totale avec le défi.
    Il y a d’ailleurs une nette dissociation faite entre desir et besoin pour chaque achat qu’il soit neuf ou d’occasion.
    Les propositions d’achat neufs ne sont d’ailleurs pas lynchées. On demande juste à chacun que l’acte d’achat soit mûrement réfléchi.
    Quant au fait d’exclure les marques éthiques de fabrication européenne: elle le sont de fait pour la plupart des gens qui n’ont financièrement pas les moyens de se tourner vers ce type d alternatives.
    Du coup, autant je me reconnais dans le défit qui me semble ouvert à tous quel que soit sont avancement dans la demarche et ses moyens financiers, autant je me trouve éloignée de la façon dont vous le décrivez.
    Je ne le trouve pas non plus en contradiction avec le défit que vous proposez. En matière de moins mais mieux, il n’y a pas de compétition : plutôt de la solidarité et de l’entraide.
    J’ai trouvé pour ma part plusieurs solutions de prêts et d’échange et c’est top. Ça m’a ouverte à la discussion et au partage d’experience. Alors defions ensembles les pièges de la surconsommation, quelle que soit la méthode et les moyens pour y parvenir. BISOU.

    1. Bonjour Cécile,
      Alors peut-être que le défi devrait s’appeler autrement ?
      Il est clair que si on veut acheter éthique, éco-responsable et socialement correct, cela a un prix. Ce prix est nettement plus élevé, il faut l’admettre. Un t-shirt à 10 francs, ce n’est pas possible. Le t-shirt à 10.- ne dure que 2 ou 3 ans. Après, il n’est plus portable. Si vous achetez par contre un t-shirt disons 5 fois plus cher, et qu’il dure cinq fois plus longtemps, vous n’y aurez rien perdu. Et vous aurez évité de polluer, votre achat n’aura pas gaspillé trop de ressources et vous n’aurez pas contribué à exploiter des quasi-esclaves au bout du monde. Évidemment, il faut économiser pas mal pour acheter des t-shirts à un tel prix. Quand on ne cède pas aux soldes et aux achats spontanés, on a le temps d’économiser pour prévoir de tels achats!
      A mes yeux, il est évident que le modèle d’hyperconsommation nous mène droit dans le mur. Il s’agit de penser un autre modèle maintenant, qui ménage nos ressources limitées, notre environnement et les gens. Les solutions de prêt et d’échange sont une réponse, tout comme les achats auprès de marques responsables (même si c’est plus cher). Les contacts que le mode de vie Zéro Déchet occasionnent sont des bonus.
      Vous ne vous êtes pas reconnue dans ma description ? Tant mieux alors, j’en suis ravie ! Bonne suite!

      1. Peut être pouvez vous admettre que vous renseigner sur le défi et sa dynamique aurait permis d’écrire un article plus mesuré.
        Dénigrer la démarche comme vous le faites sans vous être renseigné est plus que dommage …

  5. Bonjour
    A la lecture de cet article l’impression première qui ressort aussi pour moi c’est la mauvaise foi. C’est même un peu hypocrite venant de quelqu’un qui défend le Zéro déchet. De la même façon que le concept Zéro Waste peut paraitre extrême si on vise réellement le Zéro alors qu’il prône plutôt une réduction la plus importante possible de ses déchets inutiles qui n’ont aucun sens en terme de consommation, le défi rien de neuf vise à minimiser le nombre d’achats compulsifs et d’amener les gens à se poser la question sur la pertinence de leurs achats et sur les possibilités éventuelles de consommer autrement. Si vous vous étiez renseigné un peu plus longtemps (notamment par le groupe facebook de l’evenement) vous auriez vu que ce questionnement d’acheter des choses de qualité pour les faire durer fait parti intégrante du défi, les participants se conseillent même des marques “éthiques” s’il n’est pas possible de faire autrement que d’acheter du neuf.
    Sinon en terme de concept, je dois bien avouer que je ne comprends pourquoi le défi “Rien de neuf” serait négatif tandis que le défi “pas de supermarché” serait positif? Il me smble que les idées sont relativement similaires?
    Vous pouvez tout à fait trouver que le défi n’est pas tout à fait à votre convenance, que la durée ne vous convient pas, ou plein d’autre défauts mais pour autant est-ce que cet article est pertinent? L’objectif de tout le monde est le même : amener les gens à réfléchir à leur consommation et comprendre qu’il est possible de faire autrement. Vous pouvez vendre votre défi sans dénigrer autant un autre défi qui manifestement convient à un certain nombre de personne.

    1. Bonjour Juliette,
      Mauvaise foi, hypocrite… Vous y allez fort! Quel jugement, que de reproches… Bon, j’admets que l’article est un peu provocateur, je ne vous en veux pas.
      Vous avez raison sur ce point: les associations “ZeroWaste” ou “ZéroDéchet” abusent un peu avec leur appellation. Vivre sans produire aucun déchet, jamais, n’est pas possible.
      Le côté négatif apparaît dans le titre même du défi: “Rien de neuf”. Au niveau du vocabulaire, vous avez aussi tout juste en pointant “Un mois sans supermarché”, puisque le “sans” est aussi négatif.
      Le titre d’un défi doit interpeller et être compréhensible immédiatement, sans devoir éplucher une page facebook ou un site internet (ce que pourtant j’ai fait). Quand c’est trop extrême, cela éloigne pas mal de gens indécis. A quoi sert d’appeler un défi “Rien de neuf” si immédiatement derrière, on est rassuré par tout le monde que si, bien sûr, quand même, je peux acheter du neuf quand même?
      Par contre, au niveau des conséquences, elles sont quand même un brin différentes. Ne rien acheter de neuf condamne tous les commerçants, sans exception, même les plus vertueux. Ne pas se rendre dans les supermarchés ne prétérite qu’un acteur du marché, un acteur qui impose sa loi aux producteurs.
      Bonne suite à vous!

  6. Bonjour,
    Je me retrouve assez bien dans ce que vous décrivez.
    Je n’achète que quand il y a un réel besoin, souvent après des mois de réflexion, parfois d’occasion, parfois neuf, dans tous les cas de qualité et durable.
    Dernier exemple en date, ma vue baisse, j’avais besoin d’une lampe pour broder le soir. Les modèles proposés dans les magasins de loisirs créatifs sont en plastique et n’avaient pas l’air très robustes. Je me suis donc tournée vers une lampe en métal faite en France et garantie à vie, avec une ampoule adaptée. Certes, c’est 5 fois plus cher, mais elle me survivra au lieu de finir sur une décharge dans 2, 3 ou 5 ans. J’aurais pu me flinguer les yeux pendant longtemps en cherchant d’occasion, alors au bout d’un certain temps, je me suis décidée pour le neuf. Je me dis que cela contribue à faire vivre une entreprise responsable qui a un vrai savoir faire et qui produit localement.

    1. Merci Géraldine pour votre témoignage. C’est exactement ce que je voulais démontrer.
      Le mode de vie Zéro Déchet (en fait on devrait dire “qui tend vers presque Zéro Déchet”) est plein de bon sens, finalement.
      Qu’importe, finalement, l’état de nouveauté des choses que l’on doit acheter…
      Bonne suite!

  7. Bonjour,

    Allez voir les commentaires sur la page FB du défi, vous êtes assez loin de la réalité. L’effet secondaire de ce défi est que les gens réfléchissent d’avantage leurs achats et se tournent lorsqu’ils ne trouvent pas en occasion vers des produits neufs et de qualité. Pour mon propre exemple les seuls achats neufs ont été une dosette à café réutilisable à l’infini (fabriqué en Suisse) et des cure-oreilles pour remplacer les cotons tiges !
    PS : Pierre Rabhi et non pas Rhabi

    1. Chère Adeline,
      Félicitations pour votre premier mois d’engagement presque tenu. Vous avez acheté des choses neuves cependant, mais qui vont vous faire économiser bien des déchets. C’est une première démonstration que ce défi, en tout cas son intitulé, va trop loin.
      Mais vous avez raison, au delà du seul titre, le défi propose aux gens de réfléchir à leurs actes d’achat et d’explorer d’autres sources d’approvisionnement. Comme toutes les associations autour de la réduction des déchets et du gaspillage font à longueur d’année grâce à des conférences, des cafés, des ateliers, des guides, etc. Cet objectif est vraiment louable, à saluer, je le partage pleinement. Mais en s’inscrivant à ce défi, on s’engage d’abord à ne rien acheter de neuf toute une année durant. J’aurais préféré que le défi propose l’inverse d’abord: réfléchir à nos actes d’achat en tout premier. Mais c’est moins “vendeur” sur la toile. Pour attirer l’attention, ZWF a choisi de proposer une mesure extrême, indifférenciée: ne rien acheter de neuf.
      A voir les commentaires et les échanges de la page FB, je lis que de très nombreuses personnes culpabilisent d’avoir dû ou de devoir acheter neuf quand même: elles s’expliquent longuement sur les circonstances, comme si elles cherchaient l’absolution des autres membres du défi (c’est comme cela que cela m’apparaît). J’ai bien aimé une des réactions: “On n’est pas dans un tribunal non plus!”. Elle en dit beaucoup sur l’état émotionnel dans lequel on peut se mettre quand on n’arrive pas à tenir une résolution.
      Proposer un défi qui, de facto, n’est pas tenable, en tout cas pas sur une année entière (à moins d’être déjà bien avancé dans la démarche), je trouve que cela pose question sur la crédibilité du tout. Je ne suis pas adepte des extrêmes, mais des changements par petits pas. Les démarches extrêmes n’attirent que les déjà convaincus et font fuir les indécis.
      Alors quel est le but d’un défi ? Rassembler les adeptes ou ceux qui sont déjà sensibilisés ? Quel intérêt ? Par contre, ce serait bien de proposer quelque chose qui amènent d’autres personnes à cette démarche, des personnes qui y sont étrangères ou très éloignées. Avec un titre qui sonne comme une injonction “Rien de neuf en 2018”, je suis d’avis que l’on les fait fuir plutôt.
      Je salue tous les engagements pris et respecte ceux et celles qui s’y sont engagé-e-s dans ce défi, ils et elles sont nombreux-ses. C’est admirable. Je souhaite qu’ils et elles vivent cette année sans sentiment de culpabilité surtout. On fait de son mieux, et on n’oublie pas d’être heureux, telle est ma devise!
      Merci pour la faute de frappe! J’ai corrigé!

  8. Bonjour faite vous des ateliers?
    Je serais très intéressé d’apprendre à faire mes produits moi même.

    Et j’aimerais lancer à d’autre personne de mon village.

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