Huiles essentielles

Les “fake news“, c’est toujours l’autre !

FORMIDABLES NEWS

Le couple Médecine allopathique et Médecine complémentaire est encore jeune. Il a des problèmes d’égo, de place et d’espace de parole. Mais ces deux médecines sont condamnées à vivre ensemble, et ceci n’a jamais été aussi vrai qu’actuellement. Pour citer un exemple  récent et constructif: au CHUV de Lausanne, le Centre de Médecine Intégrative et Complémentaire (CEMIC) est le centre de référence des médecines complémentaires concernant les soins aux patients et l’enseignement aux professionnel-le-s de la santé et de la recherche.

J’ai été très fâché de lire l’article de Marie Maurisse dans le Temps du 20 mars 2020 intitulé « Non, les huiles essentielles ne vous protégeront pas du coronavirus ». Avec un 2e titre en rouge “Fake News“!

Je l’ai trouvé partial, polémique, mal informé (fake infos), et il mets en avant la position du médecin-président Mr Eggiman. L’article tourne au ridicule certaines pratiques de médecine alternative et donc manque sa cible, qui serait de mettre en garde et d’éviter les excès. Vous l’avez observé comme moi, les médecins détiennent le savoir et parlent de leur hauteur d’expert, même lorsqu’ils ne sont pas d’accord entre eux (!). La journaliste a oublié (?) de présenter ou d’interviewer une autre voix qui lui expliquerai le sens et l’utilité d’utiliser ces propositions naturelles et essentielles. Méthodes qui participent à renforcer nos défenses corporelles, à nous impliquer activement dans la construction de notre santé.

Comme dans l’opposition sourde de deux conjoints, je crois très fort qu’au fond, ils peuvent néanmoins s’entendre. Deux approches, deux versions peuvent coexister. L’opposition est puérile et brouille le débat. « J’ai juste, donc tu as faux ». Être mature c’est pouvoir donner la parole à l’autre aussi et supporter le dialogue, voir la confrontation! C’est aussi le travail du thérapeute de couple que de promouvoir cette qualité de rencontre.

Alors,  j’invite mon frère Christopher Vasey, auteur de plus de trente ouvrages sur la naturopathie à éclairer le débat que cet article a soulevé, de manière douce comme sa médecine.


“À l’heure où la médecine allopathique constate l’inefficacité de ses antiviraux contre le Covid-19 et teste des milliers de molécules pour en trouver qui pourraient avoir cet effet, on ne peut qu’être surpris de la déclaration du président de la Société Vaudoise de médecine (Le Temps du samedi 21 mars 2020), comme quoi il n’y avait rien à trouver dans ce sens du côté des huiles essentielles.

Les études menées sur les huiles essentielles depuis 1880 ont mis en évidence l’existence de plusieurs dizaines de molécules aux vertus antivirales. Celles-ci sont employées avec succès dans le traitement de nombreuses maladies virales. Ces molécules sont-elles actives spécifiquement contre le Covid-19 ? Personne n’est en position de le dire pour le moment. Mais, y a-t-il un mal à les utiliser sous forme d’huiles essentielles, en complément aux mesures préventives édictées par les autorités ?

On comprend le souci du Dr. Philippe Eggiman d’éviter que la population puisse en venir à penser que la prise d’huiles essentielles est suffisante pour se protéger. Les mesures préventives (désinfection des mains, respect des distances, confinement) sont indispensables et la médecine naturelle y souscrit totalement. Celle-ci suggère simplement que des mesures supplémentaires peuvent être prises, grâce aux vertus antivirales de certaines huiles essentielles.

L’utilisation des huiles essentielles en médecine naturelle n’a d’ailleurs pas pour seul but de détruire les virus, mais aussi de renforcer le terrain organique. Le terrain est l’environnement liquide des cellules (les sérums intra- et extracellulaires). Selon la qualité de ces liquides, le terrain sera réfractaire aux agents infectieux ou non. C’est ce qui est résumé dans la célèbre formule Le microbe n’est rien, le terrain est tout.

La notion de terrain, et toutes les mesures que l’on peut prendre pour le renforcer, sont des choses que le corps médical en général ne prend pas en considération. C’est pourtant grâce à la qualité du terrain, assisté du système immunitaire, qu’il y a toujours une partie de la population qui survit aux épidémies, même les plus dévastatrices.

À l’heure actuelle, où l’on parle beaucoup de solidarité pour vaincre l’épidémie, il serait bon de ne pas opposer des systèmes médicaux différents, mais de prendre tout ce qui est valable, et d’où que cela vienne, pour faire front commun au Covid-19.”

Christopher Vasey, naturopathe et auteur

http://www.christophervasey.ch/

 

Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Huile_essentielle

Stephen Vasey

Stephen Vasey

Stephen Vasey est sociologue, travaille à Lausanne comme Gestalt-thérapeute en consultation individuelle et couple. Anime des séminaires sur la relation et la sexualité des couples, d’autres sur la colère saine. Auteur du livre « Laisser Faire l’Amour ». www.therapie-de-couple.ch

6 réponses à “Les “fake news“, c’est toujours l’autre !

    1. Quel rapport ?.. Il n’y en a aucun, je ne partage pas le point de vue qu’expose l’auteur de l’article, mais si un jour je rencontre un homme, une femme, ou un couple qui désire être orienté vers un psy pour espérer être compris, et travailler avec lui ou son collègue pour mieux posséder son bonheur ou guérir le malheur, je donnerai cette adresse. Bon… Votre bref propos ne va pas bouleverser le climat du blog, pas plus que mon commentaire bien plus long ci-dessous, mais puisque la psychologie vous intéresse aussi, je vous fais part de mes observations : on n’a jamais réussi à aider des personnes vivant des difficultés en les plaignants, pas plus qu’en leur communiquant la pleine satisfaction que l’on peut éprouver sans eux.

  1. Ai pensé la même chose que vous, à la lecture du papier.
    Las, je crois que l’on reste dans une science prétend remplacer un Dieu (on le voit bien avec cette pandémie).

    Chacun, en fonction de sa sensibilité, choisit ses armes, avec plus ou moins de respect, un peu comme la *vraie démocratie*!

  2. Les raisins pas secs de la colère

    Est-ce que c’est le moment de se mettre en colère ?.. Je suis peut-être dans l’inconfortable position de ceux qui la posent pour prévenir leur propre colère : « Contenez votre colère sinon je vous offre la mienne ! »

    Mes colères sont des bouteilles de bon ou mauvais vin gardées à la cave, et je n’ai pas besoin de descendre les escaliers pour aller les chercher, elles surgissent comme des fusées qui percent le plancher, prêtes à être servies (j’exagère). C’est chaque fois le bon moment. Je ne doute cependant pas que votre colère d’aujourd’hui ne vous procure la plaisante ivresse que Thomas a détectée dans le récit peu agréable que j’ai donné dans son blog mardi passé, votre colère se justifie pour restaurer l’image de la médecine douce qui est aussi le premier intérêt de votre frère.

    La médecine douce était celle que mes parents pharmaciens avaient dans leurs pots alignés sur la belle façade des rayons de bois derrière le comptoir, où les petites armoires contenaient des mortiers, des pilons, des erlenmeyers, un alambic, et la grosse pharmacopée à reliure de tissu. Derrière le rideau de velours rouge s’ouvrait la salle toute blanche, où avec deux doigts on faisait glisser les wagons remplis médicaments jusqu’au plafond. C’était la chimie étudiée du présent, et de l’autre côté du rideau la chimie intuitive du passé devant laquelle mon père en blouse blanche accueillait les clients. Il se mettait souvent en colère, cela ne durait que deux minutes. Entre ces colères il soutenait avec sensibilité et force quantité de clients qui venaient pour se remonter le moral. Les gens disaient de lui : « Cet homme est un ouragan de générosité et de bonne humeur » D’autres : « Il peut s’emporter subitement pour un rien, nous ne voulions plus jamais retourner dans cette pharmacie après avoir été pareillement secoués, mais chaque fois nous revenions, parce que c’est un homme qui a un cœur en or… » Les employées pleuraient, lançaient leur blouse parterre avant de faire claquer la porte vitrée derrière elles, mais revenaient chaque fois aussi. Mon père ne s’excusait pas, elles ne lui en voulaient déjà plus du tout, cela semblait si loin…

    Je n’oublie pas le « fake » des huiles essentielles… Un jour un fidèle client de longue date avait eu l’inconscience de dire à mon père : « Ta pharmacie c’est une très bonne affaire, parce que dans le fond c’est une épicerie ou tout coûte très cher… » Mon père avait élevé la voix comme un haut-parleur de chantier : « Il n’est pas donné au premier imbécile comme vous de faire des études de pharmacie ! Allez-vous en !.. ». En même temps il avait lancé l’ordonnance chiffonnée sur le trottoir. Le client l’avait ramassée puis : « Mais que se passe-t-il ? On se connaît depuis trente ans, tu me traites comme un chien et me vouvoies ? » Mon père : « Vous êtes un imbécile !.. » Le client est revenu deux jours après avec son ordonnance froissée : « Je ne suis pas un imbécile, toi non plus, et tu vois bien que je ne vais pas demander conseil à l’épicier… »

    Je pense que le débat sur la médecine dite traditionnelle et les médecines parallèles peut attendre, ce n’est pas le bon moment. Le titre de l’article qui vous a mis en colère va à mon avis dissuader des personnes malades de vouloir se guérir exclusivement avec des moyens naturels, la chimie verte, par peur d’une chimie « manipulée par l’homme ». Ces personnes existent, c’est maintenant qu’il faut penser à elles, c’est à cela que l’article vise. N’oubliez pas que parmi les soignants sérieux il y en a bon nombre qui n’ont que leur imagination pour bagage, et là ce sont des épiciers qui jouent au pharmacien. Si je voulais citer les exemples que j’ai connus et ceux que je rencontre encore, je remplirais des pages. Je fais l’effort de ne pas poser la question de ce que la médecine « par la chimie chimique » a de traditionnel dans son évolution, ni de ce que la médecine douce a d’innovateur en « chimie verte ». Nous nous mettrions peut-être en colère. Et Thomas me dirait que je prends plaisir à une certaine forme de violence ! Et à vous ? Que vous a-t-il dit ? Peut-être que je ne me trompe pas : « Ta colère n’est pas un défoulement, elle est légitime ! » Je respecte le secret médical, excusez-moi d’avoir écouté aux portes.

    1. Merci Dominic, j’ai voyagé dans la poésie de cette ancienne pharmacie de votre père.
      La colère, je la vis bien. je ne la stocke plus trop en bouteille, par ailleurs j’ai adoré cette image des bouteilles qui traversent le plancher!
      Je crois à des colères saines…
      Comme vous, je peux décoder la bonne intention de l’article. Mais, selon moi, sa grave maladresse est de tourner en bourrique tous ces petits gestes que les gens font, avec des ingrédients tels que les HE. Se responsabiliser et prendre soin de soi contribuent à créer une meilleure santé, donc moins de maladie.

  3. Je suis content, Stephen, que vous n’ayez pas mal réagi à la lecture des raisins pas secs, parce que je donne des images pas douces, pas agréables, écris chaque fois d’une traite, fais un copié-collé et clique aussitôt « Envoyer ». Ensuite je relis mon texte, mais le matériau ne m’appartient déjà plus, c’est de la peinture sèche sur laquelle la gomme de mon ordinateur est impuissante. La « communication blog » a certainement de particulier qu’elle est découpée par la « paire de ciseaux du silence ». Bien différent du téléphone où le ton de la voix peut déjà dire « je plaisante » ou au contraire « je ne ris pas ». C’est en relisant mon texte que je me dis souvent : « Celui qui le relit peut l’entendre autrement… » L’image des bouteilles qui traversent le plancher, je l’aurais gommée, et vous me dites que vous l’avez adorée, je suis soulagé ! Vous avez heureusement compris que je ne vous verse pas un verre de mauvais vin. Je pense que le décodage d’un message est plus facile quand on se connaît déjà un peu, la confiance réciproque ne fait pas tout mais nous guide un peu. C’est pour cette confiance que je vous dis merci, et je comprends que pour vous, se fâcher dans cette histoire d’huiles est essentiel.

    Je voudrais bien vous présenter le banc d’essai que j’avais monté, il y a longtemps de cela, pour mener une expérience de communication avec un ami psychologue, j’essayerai de ne pas faire trop long : Deux enregistreurs miniK7 démontés pour être réinstallés chacun sur une planchette, afin de pouvoir faire varier la distance entre la tête d’enregistrement et celle de lecture. Deux casques-micros bien isolés, une grande couverture blanche comportant deux trous distants de trois mètres où passer la tête, des câbles assez longs entre le psychologue et moi, et enfin deux spots pour bien éclairer le visage de chacun… Vous avez deviné, c’était une expérience de communication visuelle en direct (expression des visages), et auditive en différé (micro > tête d’enregistrement > tête de lecture coulissante > casque, à double sens entre les deux sujets ).

    La règle que j’avais posée était : « Nous parlons comme en temps normal quand discute sur une terrasse en buvant un café. Le sujet ne doit surtout pas porter sur cette expérience, il faut l’oublier… »

    Cela s’était bien mieux passé que ce que j’osais espérer. Au début nous avions des rires, ils se sont assez vite calmés quand nous avons abordé des événements simples où je savais que nous sommes en accord. Puis nous avons commencé à dialoguer sur des sujets de mésentente, en éloignant progressivement les couples de têtes sur les bandes magnétiques… Il faisait chaud parce que nous étions en juin, mais plus encore à cause des émotions, l’incertitude entre ce que le visage de l’autre disait et ses paroles. Tous nos efforts visaient à ne pas perdre l’autre, le comprendre dans ce qu’il disait de vrai… ou faux ?

    Nous étions presque épuisés quand ça a sonné à la porte… Un ami commun qui s’inquiétait de ne pas pouvoir nous joindre. Il avait assez vite compris que nous menions « une expérience » en voyant la grande couverture à hublots, mais n’avait pas même souhaité en savoir plus : « Vous-êtes-fous !.. » Alors nous lui avions répondu pour le calmer : « Non, pas encore, nous avons résisté, c’est ce que nous voulions mesurer dans une expérience de décalage du temps… » Lui : « Alors vous n’êtes pas fous, mais une fois vous le deviendrez !.. » Et nous : « Non, ce qui compte dans ce genre d’expérience, c’est de se faire confiance… »

    C’est la confiance dont je parlais à la fin de mon premier paragraphe, dans une communication que nous ne vivons pas en direct dans nos espaces-temps, le blog est aussi une sorte de machine qui peut nous jouer des tours…

    Mon long récit est terminé, je l’arrête avant que nous soyons épuisés.

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