La Trussonomics est mort-née

La Première ministre du Royaume-Uni, Liz Truss, restera dans l’histoire comme étant la plus éphémère de ses pairs, au vu de sa démission 45 jours après avoir été élue par les 200’000 adhérents du Parti conservateur. Les marchés financiers avaient réagi violemment à ses propos, contraignant la Banque d’Angleterre à intervenir rapidement afin de rassurer les principaux acteurs sur ces marchés. La situation sur ceux-ci était toutefois tellement inquiétante que Madame Truss n’eut d’autre choix que de faire marche arrière, annonçant que ses mesures de politique fiscale n’allaient pas être mises en œuvre. Le bouc émissaire de cette cacophonie d’annonces sur le plan politique fut alors le Ministre des finances, Kwasi Kwarteng, contraint de donner sa démission 37 jours seulement après sa nomination comme Chancelier de l’Échiquier.

Or, Liz Truss n’aurait pas dû ignorer que la théorie du ruissellement («trickle down») n’est qu’une vue de l’esprit (néolibéral); jamais, ni dans aucun pays au monde, une réduction de la charge fiscale des contribuables les plus aisés (qu’il s’agisse de personnes physiques ou de personnes morales) n’a donné lieu à une augmentation des dépenses de consommation et d’investissement. A contrario, cela a induit une aggravation des déficits budgétaires, avec souvent comme conséquence la décision de réduire les dépenses publiques, affectant en particulier les personnes dont les intérêts ne sont que peu représentés au niveau politique.

Certes, le mantra de la Première ministre qui vient de remettre son mandat est celui de celle dont elle revendique la filiation idéologique, Margaret Thatcher: il faut «moins d’État et plus de marché» car «il n’y a pas d’alternative» (TINA: «there is no alternative»). En réalité, l’alternative existe bel et bien – comme l’a d’ailleurs montré l’intervention de l’État pour pallier aux conséquences délétères de la crise du Covid-19 au niveau macroéconomique, ou plus récemment celles de la guerre en Ukraine. Le peuple britannique va donc devoir trouver une alternative à la Trussonomics prochainement, n’en déplaise au nouveau Premier ministre, Rishi Sunak…

Sergio Rossi

Sergio Rossi est professeur ordinaire à l’Université de Fribourg, où il dirige la Chaire de macroéconomie et d’économie monétaire, et Senior Research Associate à l’International Economic Policy Institute de la Laurentian University au Canada.

16 réponses à “La Trussonomics est mort-née

  1. Matière à penser :

    1) A écouter, et à faire écouter très vastement, cette discussion de haut vol – entre gens éclairés et éclairants – qui nous dit aussi que : OUI, IL Y A DES ALTERNATIVES ET DES SOLUTIONS !

    http://www.youtube.com/watch?v=n7oj2m8B0iM

    2) Et pour définitivement déciller les yeux:

    21) LA FABRIQUE DE L’IGNORANCE

    http://www.youtube.com/watch?v=NEdeRB1OnEE

    http://www.liberation.fr/societe/sante/la-fabrique-de-lignorance-la-science-a-lepreuve-de-la-triche-industrielle-20210216_XOU56YMUZZFSVPOR5XDKB4IVTE/

    22) VOUS MANIPULER EST MON MÉTIER

    http://www.youtube.com/watch?v=UvkhFpb7M7Y

    23) L’ALIÉNATION (selon KM)

    http://www.youtube.com/watch?v=rEAxxsX_um0

    1. Bonsoir
      Bernays et Marx – Super intéressant, concernant Marx l’interversion extérieur fait la règle sauf qu’à présent ça s’accélère. Certainement vous connaissez J. Krishnamurti.
      ”Se liberer du connu’ . ”Freedom from the known” . En vous remerciant

  2. “Voyage dans le temps et l’espace”

    Saison (12 & 13) : Le paradoxe occidental de l’oligarchie financière embrassé par nos grands Timoniers.
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    ♟(12)
    RAYMOND
    22 janvier 2018 à 15 h 35 min

    (…) Bien que nos économies modernes – en occident – se confrontent à des phénomènes impactant directement la demande agrégée, les élites y répondent systématiquement au moyen de boîtes à outils néo-libérales ou ordo-libérales. Les partisans du « trickle down » n’ont-ils pas été désavoués par les résultats issus du groupe de travail du FMI en 2015 ou encore ceux prévalant en 2014 et produit par l’OCDE ? Toujours dans la question de « l’alibi du ruissellement », ne trouve-t-on pas aussi quelques stratagèmes hérités outre atlantique et mis en évidence par les travaux de William Lazonick – économiste de l’université du Massachusett- intitulés « Profits Without Prosperity », qu’il faille à tout prix persister sur la voie de la pensée dominante ? C’est pourtant avec ce même genre de comportement privilégiant une caste que le rôle de l’État se délite au profit de la loi du marché. De la même manière, « le hochet » d’Arthur Laffer a souvent créé une véritable dichotomie de la dime entre Capital et Travail et/ou entre personnes morales et personnes physiques, pourtant, qui peut raisonnablement aujourd’hui encore ignorer que la seule circulation du capital suffit à le faire fructifier à contrario du travail qui, lui, tend à disparaître ? La vélocité de ce phénomène amène donc l’État à revoir la copie de ses propres contraintes en reportant la prime de risque sur ses administrés – la baisse des dépenses du filet social en étant une parfaite illustration – ou en abandonnant les PME à leur sort. Dans le débat théorique dominant, non seulement la « Supply-side economics » a justifié la réduction des dépenses publiques (neutralisant par effet de manche une relance via le levier budgétaire) mais la courbe de Laffer a induit au sein de la même pensée dominante une allergie fiscale comme Say et Smith l’ont fait avant lui. Se pose alors la question : Dans leurs prérogatives, les Etats font-ils face à une crise des recettes ou des dépenses ? Nos économies modernes – et occidentales – ne sont-elles pas finalement confrontées à une« Supply-side economics » à bout touchant ?
    Si la « théorie » de Laffer est néanmoins recevable dans le cadre de l’hypothèse ceteris paribus, les études empiriques tentant de vérifier cette relation aboutissent à des résultats plus que controversés. Il est donc difficile de faire une étude empirique sérieuse car d’autres facteurs entrent en jeu, comme les besoins de l’État qui peuvent être différents ou non constants; la structure des prélèvements obligatoires et la façon de les percevoir par la population; l’histoire fiscale du pays, et le niveau habituel des prélèvements pour ce pays; la confiance dans l’avenir et le contexte économique général; le niveau de prise de risque par les investisseurs et les entrepreneurs ; le défit démographique du vieillissement des populations au regard des systèmes de pensions (…) En effet, la maxime du « trop d’impôts tue l’impôt » n’est pas une systématique à appliquer au pied de la lettre !

    D’ailleurs, les cas du Royaume-Uni (sous Thatcher en 80) et Américain (sous Reagan) sont très révélateurs. Après l’économie vaudou (Reaganomics) de Reagan les effets des baisses d’impôts ont créé des déficits fiscaux alors que sous Thatcher, quelques années après, les mesures ont entraînée une hausse des rentrées fiscales🧨 Toujours sous l’administration Reagan, certes, l’économie américaine a rebondi rapidement de 1979 à 1982, mais la majorité des économistes sont plutôt d’avis qu’il s’agit du résultat de la baisse des taux d’intérêts mis en place par la Réserve Fédéral et non pas les incitatifs fiscaux. Enfin, en 2003, l’administration Bush décida une baisse d’impôts et les recettes fiscales augmentèrent comme sous Thatcher dans les années 80 🧨🧨Enfin, si le monétarisme s’est imposé dans l’argumentaire des politiques de lutte contre l’inflation et les modèles néo-walrasiens ont fourni les hypothèses favorables à la réduction du coût du travail, que les théories néo-institutionnalistes ont expliqué les fusions acquisitions des grands groupes en termes d’efficience organisationnelle, il n’en demeure pas moins qu’en dépit des apparence cohérentes, les politiques néo-libérales en place depuis les années 1970 n’ont pas toujours atteint leurs objectifs, pire, elles se sont même avérées contradictoires les unes avec les autres lorsqu’elles furent appliquées simultanément (…)
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  3. ♟(13)

    Continuité de mon analyse de 2018:

    🧨Mais quand est-ce qu’on comprendra enfin – avec un peu d’histoire économique – que le “Big Bang” britannique demeura l’une des mesures emblématiques du programme de réformes du gouvernement Thatcher? Que cette libéralisation financière facilita l’arrivée rapide de banques américaines et ouest-européennes à Londres et transformera le développement du marché financier à cause de la baisse des coûts (et par effet de manche, facilitera des recettes fiscales aussi aléatoires qu’amorales (contreproductives) via cette une nouvelle race de prédateurs spéculant contre l’économie réelle au lieu d’être à son service). Or, si la place financière de Londres pourra assouvir ses fantasmes grâce à la “Sorcière du 10 Downing Street”, n’oublions jamais qu’une grande partie de la population britannique honnira la Dame de fer jusqu’à son décès pour sa politique intransigeante (visant à “déshabiller Jean pour habiller Pierre”). Donc, aucun miracle dans la baisse des impôts, bien au contraire.

    🧨🧨Quant à l’administration Bush de 2003, faut-il rappeler ce qu’ont traversé les USA le 11.09.2001? Faut-il aussi revenir sur le 25 juin 2002 où une nouvelle fit l’effet d’une bombe dans le secteur des télécoms? En effet, Worldcom, le second opérateur longue distance des États-Unis, avoue officiellement avoir gonflé artificiellement ses bénéfices de quelque 3,8 milliards de dollars. Le scandale provoquera une mini-tempête sur toutes les places boursières dans le monde, engageant une déprime significative sur l’ensemble du secteur des nouvelles technologies. La douche froide frappa également le cabinet d’audit Arthur Andersen, qui a validé les comptes truqués. Accablé par les dettes, le géant des télécoms se placera en faillite à peine un mois après la révélation de ces manipulations comptables. Il s’agira de la plus grande banqueroute de toute l’histoire industrielle! Faut-il aussi revenir en 1999 où l’abrogation du “Glass-Steagall Act” (banking Act 1933) mettra déjà fin à la séparation des banques commerciales et des banques d’investissement aux Etats-Unis? Laissant ainsi libre le terrain de jeu à la spéculation! Édité par Roosevelt en 1933, “le banking Act 1933” permettait de dissocier l’économie réelle et le monde financier afin de protéger au mieux l’épargne des ménages, des petites entreprises, en éloignant les risques d’effondrement des marchés. De ce fait, il permettait d’éloigner les effets de contagion dans le secteur bancaire. Le nouveau “Gramm-Leach-Bliley Act” aura ainsi permis de planter le dernier clou au cercueil du “Banking Act” avec une dérégulation sans précédent jusqu’à faire naitre la crise du subprime US en créant un tsunami mondial! Enfin, pour revenir à l’essentiel – en 2003 – sous l’administration Bush, la Réserve fédérale américaine (Fed) malgré un net raffermissement de la croissance à cette époque, et une amélioration “modeste” de l’emploi et le recul du spectre de la désinflation – alors pilotée par Alan Greenspan, lequel était vénéré par Milton Friedman, père du monétarisme et de l’idéologie néolibérale, qui le considérait comme le meilleur gouverneur de la Fed – avait une fois de plus jugé bon de laisser son taux interbancaire au jour le jour à 1 %. OUI, 1%, dès lors son niveau le plus bas en 45 ans.

    Conclusion: Non seulement la théorie du ruissellement est une vue de l’esprit néo-libéral, mais elle a toujours eu pour vocation inavouable un transfert des richesses du bas vers le haut.
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    ♟Revenons à nos moutons!

    La ligne bleue que nous voyons à présent représente le bilan de la Fed. Nous pouvons raisonnablement considérer cela comme le montant d’argent imprimé par la Fed.

    La ligne noire représente l’indice S&P 500…

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    Tout d’abord, nous voyons bien comment ils se déplacent tous les deux vers le haut ensemble (corrélé) puis interrogeons-nous ensuite – à l’ère de la financiarisation totalement débridée – sur qui détient le plus d’actions à la bourse américaine, tandis que la Fed reste aux manettes pour le transfert des richesses du bas vers le haut et non l’inverse? Eh bien, cela va sans dire: “la grande majorité des actions sont détenues par les riches”. En fait, les 10 % d’Américains les plus riches détiennent 89 % de l’ensemble du marché boursier…

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    La classe moyenne paupérisée depuis plusieurs décennies aux États-Unis commence gentiment à prendre conscience en 2022 du stratosphérique schéma de Ponzi réalisé par les dogmes néo-libéraux et soutenus au prisme de l’hégémonie du dollar américain en tant que réserve monétaire mondiale. Au point que les médias (mainstream) sont obligés à présent de s’y intéresser à l’heure où le resserrement (bien trop tard) de la politique monétaire ne fut pas suffisamment suivi d’une politique budgétaire (constructive) dédiée en faveur des classes moyennes et inférieures ainsi qu’aux PME et PMI.

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    Petit rappel qu’avec le changement de paradigme des années 1970, “L’ Argent a pour corollaire la Dette et vis versa”, un principe de base que nous n’avons plus le droit d’ignorer aujourd’hui en 2022…et pourtant. Alors, en images, où part l’accroissement de la masse monétaire en dehors du braquet de cette courroie de transmission budgétaire à l’ère des monétaristes et de la financiarisation voulue par ces derniers?

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    La suite? Vaut mieux que je la garde pour plus tard car elle n’est vraiment pas belle (mais j’espère sincèrement me tromper)🙈🙉🙊

  4. Voyage dans le temps et l’espace”

    Saison (14) : En ce jour de la Toussaint!

    Au-delà de l’aspect religieux de cette fête instituée par l’Église célébrant à ses prémices tous ceux morts en martyrs, elle s’est finalement propagée – dans le temps et l’espace – d’une commémoration de tous les saints à tous nos défunts. Pourtant, en ce jour particulier de la Toussaint, au lendemain de “la veille de tous les saints” (Halloween), il ne me semble pas dénué de sens d’aborder les “morts-vivants” (plus connus sous le terme: Zombie). Qu’on ne s’y méprenne pas, dans son ouvrage “Lutter contre les zombies”, l’éminent économiste titulaire du Prix de la banque de Suède en l’honneur d’Alfred Nobel, Paul Krugman ne signe pas l’adaptation de la série à succès “The Walking Dead”. Le prix Nobel d’économie rassemble en réalité dans son ouvrage ses chroniques publiées dans le “New York Times”, quotidien au sein duquel il occupe le poste d’éditorialiste depuis 1999. Mis bout à bout, ses écrits sur l’économie et la politique américaine (mais pas que) forment une longue diatribe contre les relayeurs de ce qu’il appelle précisément: “Les idées zombies”.

    À ce propos, il désigne par ce terme mortuaire les assertions mal fondées ou mensongères que l’on pensait enterrées, mais qui finissent par resurgir aux Etats-Unis d’abord, avant de se diffuser hors du continent américain. D’après l’auteur, “elles reviennent à la vie grâce à l’intense lobbying des milliardaires ultralibéraux et des grandes entreprises américaines, soucieux de servir leurs intérêts pécuniaires”. Une “idée zombie” pourrait s’assimiler à faire croire – en pleine cure d’austérité mortifère durant la crise des dettes souveraines, par exemple – qu’il faille réduire à tous prix le déficit budgétaire (au lieu d’utiliser la courroie de transmission de la relance budgétaire contracyclique en faveur de l’économie réelle) et qu’en parallèle, les Banques Centrales – comme prêteur en dernier ressort (relance monétaire) – doivent sortir toutes leurs panoplies d’armement pour honorer la dogmatique politique de l’offre (supply side economics). Avec pour quel résultat en 2019?Un endettement colossal qui aura indécemment enrichi – aux travers des marchés financiers, de l’immobilier, du “shadow banking”♟et des crypto-actifs – une infime caste au détriment d’un océan de serfs qui, lui, supportera durant des générations le fardeau de ce transfert des richesses du bas vers le haut. L’antithèse de la “Trickle down economics”, sans compter que ces “idées zombies” ont alimenté une instabilité financière majeure.

    Ainsi, comme tant d’autres économistes hétérodoxes prêchant dans le désert, le professeur Paul Krugman déclarera: “La réduction des impôts est la reine des idées zombies”. “Quand Donald Trump s’y est attelé en 2017, ses partisans ont prédit un choc économique. Certes, deux trimestres de croissance forte, mais pas le moindre signe de l’énorme boom des investissements ni même de forte hausse des salaires. Même fiasco pour la réforme fiscale de Georges W. Bush au début des années 2000”. Seulement “une croissance molle suivie d’un effondrement financier”. Le Nobel se prendra alors de nostalgie pour les années 1950, période durant laquelle “l’Amérique a fait payer aux riches leur juste part” sans tuer la croissance.

    ♟”Le shadow banking est apparu dans les années 1980 avec la titrisation. Il s’agit d’une technique consistant à sortir les actifs les plus risqués (crédits, etc.) du bilan d’une banque, puis à les revendre à d’autres investisseurs via un fonds de créances spécialisé. Cette manœuvre opaque est génératrice d’importantes externalités négative.”

    1. Que de souvenirs mon très cher et estimé Ami Sergio:

      https://blogs.letemps.ch/sergio-rossi/2018/04/02/les-cadeaux-fiscaux-sont-a-double-tranchant/#comments

      Rappelle-toi cet échange déjà daté (mais tellement d’actualité) où je te faisais part, en privé, de mon espoir en tes étudiants afin (…) “qu’ils mesurent le privilège qu’ils ont de bénéficier de l’enseignement d’une personnalité qui figure sur cette courte liste que je qualifie, bien respectueusement, être celle des “Derniers Mohicans en sciences économiques et sociales. Des économistes qui perçoivent encore, dans l’économie, une “science morale (…)”

      Bien à toi
      P.R

  5. Le coup de gueule du jour:

    Que les “porteurs de chasubles” de nos gouvernements viennent soutenir encore une fois le crachoir afin de bénir la “politique des buybacks” (les rachats d’actions propres par les entités cotées)!!!

    Dixit Michel Santi, macroéconomique: “En 10 ans, Apple a dépensé 549 milliards de $ pour racheter en bourse ses propres actions ! De quoi abolir 10 fois – et chaque année – la faim dans le monde. Les rachats d’actions constituent certainement la manière la moins imaginative et de loin la moins productive pour une société de dépenser son argent. Acte qui sera largement critiqué et à juste titre dès lors qu’Apple cessera de croître”

    https://i0.wp.com/michelsanti.fr/wp-content/uploads/2022/11/Fgh8a_UWQAELelt.png?resize=768%2C454&ssl=1

  6. Le PDG de BlackRock, Larry Fink, a annoncé “une nouvelle ère de la démocratie actionnariale”. Mais pourquoi donc faire des effets de langage alors que la notion de Ploutocratie existe déjà?

    Voici un extrait de mon commentaire adressé à un ancien président du Nasdaq (Georges) le 26.11.2014:

    (…) et la rémunération du capital emprunte le chemin juste à l’opposé de la rémunération du travail, ce, encore au détriment des dépenses d’investissement du capital : Capex*(…) Laurence Fink, Georges, après avoir joué l’artifice pour doper sa rémunération, souhaite-t-il à présent se racheter une conscience à moindre coût avec sa lettre aux plus grandes entreprises américaines? “Trop d’entreprises ont coupé dans leurs dépenses de Capex et accru leur dette pour doper les dividendes et les rachats d’actions”(dixit).

    Décidément, dans ce monde multipolaire, la schizophrénie ne connaît plus de limites! (…)”

    * Les Capital Expenditures (CAPEX) désignent les dépenses d’investissement et sont tournés vers la croissance à long terme de l’entreprise.

  7. “Voyage dans le temps et l’espace”

    Saison (15) : Nos gouvernements sont des statues de sel, tandis que nous autres risquons d’être satellisé par les produits dérivés

    “(…) Il y a un peu plus de 10 ans, les dérivés mondiaux s’élevaient à 1,2 quadrillion de dollars. Ensuite, la Banque des règlements internationaux (BRI) à Bâle – la banque centrale des banques centrales – a décidé de réduire de moitié les valeurs à 600 000 milliards de dollars du jour au lendemain en modifiant la base de calcul. Mais le risque de 1,2 Q $ était toujours présent à l’époque. Depuis lors, les dérivés de gré à gré (OTC) ont connu une croissance explosive, comme tous les actifs financiers. “La beauté des dérivés OTC”, du point de vue des émetteurs, est qu’ils n’ont pas besoin d’être déclarés comme les dérivés négociés en bourse. Et aujourd’hui, il n’y a pas que les dérivés de taux et de change. Non, ces instruments sont impliqués dans pratiquement toutes les transactions financières. Chaque fonds d’actions et d’obligations implique des produits dérivés. Et aujourd’hui, la plupart de ces fonds ne sont constitués que d’instruments synthétiques et ne contiennent aucune des actions ou obligations virtuelles qu’ils représentent.

    Il y a quelques semaines à peine, le Royaume-Uni et donc le système financier mondial étaient sous forte pression en raison de l’effondrement de la valeur des dérivés sur intérêts des fonds de pension après le budget britannique. Les fonds de pension sont globalement sur le point de s’effondrer en raison de la hausse des taux d’intérêt et du risque d’insolvabilité. Afin de créer des flux de trésorerie, les fonds de pension ont acquis des swaps de taux d’intérêt. Mais à mesure que les taux obligataires montaient en flèche, la valeur de ces swaps s’est effondrée, nécessitant soit une liquidation, soit une injection (appel) de marge. Et ainsi, la Banque d’Angleterre a dû soutenir les fonds de pension et le système financier britanniques à hauteur de 65 milliards de livres sterling pour éviter le défaut de paiement.

    Au cours des semaines, nous avons aussi été témoins d’une situation lamentable en Suisse. Les banques suisses, par l’intermédiaire de la Banque nationale suisse (BNS), ont reçu un soutien continu de 11 milliards de dollars par le biais de swaps de devises (une forme de prêts en dollars) de la Fed. Aucun détail n’a été révélé sur la situation suisse si ce n’est que 17 banques sont impliquées. Il pourrait également s’agir de banques internationales. Mais très certainement le Credit Suisse en difficulté est impliqué (…) MATTERHORN ASSET MANAGEMENT

  8. “Voyage dans le temps et l’espace”

    Saison (16) : Notre monde a-t-il à ce point basculé dans la folie? La réponse est dans la question!

    La transformation fondamentale du système économique qu’appellent les grands enjeux contemporains nécessite un changement drastique de nos modes de vie, prévient l’économiste hétérodoxe,Thomas Piketty, dans sa dernière chronique du Monde.

    Dixit “Disons-le d’emblée : il est impossible de lutter sérieusement contre le réchauffement climatique sans une redistribution profonde des richesses, à l’intérieur des pays comme à l’échelle internationale. Ceux qui prétendent le contraire mentent à la planète. Et ceux qui prétendent que la redistribution est certes souhaitable, sympathique, etc., mais malheureusement impossible techniquement ou politiquement, mentent tout autant. Ils feraient mieux de défendre ce en quoi ils croient (s’ils croient encore à quelque chose) plutôt que de se perdre dans des postures conservatrices (…) La bonne nouvelle (si l’on peut dire) est que les richesses sont tellement concentrées au sommet qu’il est possible d’améliorer les conditions de vie de l’immense majorité de la population tout en luttant contre le changement climatique, pour peu que l’on se donne les moyens d’une redistribution ambitieuse (…)”

    Pourtant, beaucoup à l’échelle du globe n’ont eu de cesse à tirer la sonnette d’alarme dans le temps et l’espace en dénonçant la fable de la théorie du ruissellement (Trickle down economics). Mais pas que! Or, les données empiriques sont maintenant suffisamment riches afin de prouver l’antithèse, c’est-à-dire ce phénoménal transfert des richesses du bas vers le haut opéré depuis des décennies et qui n’a rien d’une fable de Jean de la Fontaine, mais plutôt la preuve indiscutable d’une authentique sélection Darwinienne! D’ailleurs, l’éminent économiste américain et professeur à l’Université de Chicago – Richard H. Thaler – théoricien de la finance comportementale (FC) et de l’économie comportementale (EC), titulaire du Prix de la banque de Suède en mémoire d’Alfred Nobel, ne cessera jamais durant quarante années de sa vie de chercheur à se battre contre la doxa régissant les universités américaines; laquelle finira tout de même par infecter très largement une partie du globe avec des répercutions à l’échelle planétaire. Bien évidemment que le courant dominant de pensée de “l’École de Chicago” a tué le pluralisme en sciences économiques et sociales en Occident. Néanmoins, après avoir démonté certaines certitudes néolibérales – Thaler résumera une situation inquiétante avec cette phrase :

    “- Ce sont les fous qui sont désormais à la tête de l’asile!”

    ♟Thomas Piketty est directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris

  9. “Voyage dans le temps et l’espace”

    Saison (17): Comme une odeur de relents!

    Alors que l’ancien analyste de la banque d’investissement américaine Goldman Sachs (“la banque qui dirige le monde”) a fait fortune dans les crypto-actifs – ce nouveau Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a accédé au pouvoir sans se présenter au suffrage universel, ni même à un vote des adhérents du parti conservateur. Dès lors, il n’est pas inintéressant de rembobiner le film à ce dernier mois d’octobre 2022.

    En effet, lors d’une réunion tendue avec le chancelier de l’époque, Kwasi Kwarteng, au bureau du Trésor britannique à Londres, les directeurs généraux des grandes banques britanniques ont déploré le fait que Goldman Sachs et JPMorgan Chase utilisaient les dépôts des clients pour financer des opérations commerciales risquées.

    Les règles de clôture du Royaume-Uni, imposées en 2019, permettent aux banques de lever jusqu’à 25 milliards de livres sterling de dépôts de détail avant de devoir être séparées de leurs branches de banque d’investissement. Cette limite, ont déclaré les banques nationales à Kwarteng, les place clairement dans une situation de désavantage dans une lutte contre les insurgés de Wall Street qui s’emparent de l’épargne britannique. JPMorgan , qui considère le Royaume-Uni comme un terrain d’essai pour les services bancaires numériques à faible coût, a trouvé la plainte ridicule. Une personne proche de la banque américaine a souligné qu’elle disposait déjà de la plus grande banque de consommateurs d’Amérique pour collecter les dépôts. Rappelons qu’aux États-Unis, le Glass-Steagall Act de 1933, qui empêchait les banques de dépôt de négocier des titres, a été abrogé en 1999. Et, si les règles du jeu se sont quelque peu adaptées après la conflagration de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, intrinsèquement parlant, ne nous faisons aucune illusion car “les bandits manchots” dominent plus que jamais l’économie réelle et nos économies personnelles thésaurisées en bon père de famille (yc nos caisses de pension).

    Ma conclusion avec une énième question qui fâche: “- Au-delà des alibis (allongement de l’espérance de vie et vieillissement démographique) devons-nous patiemment observer du bout de la lorgnette la nudité du Roi qui, au final, nous contraindra à un âge légal de la retraite à 80 ans?”

  10. “Voyage dans le temps et l’espace”

    Saison (18): Les Zinzins

    Communément surnommés dans le monde de la finance, les “Zinzins”, les investisseurs institutionnels sont des collecteurs d’épargne non bancaires. Ils regroupent trois types d’acteurs : les fonds de pension, les compagnies d’assurances et les organisations de placement collectif. Démocratisés durant la décennie 1990, les investisseurs institutionnels ont investit les fonds collectés auprès de ses clients (particuliers, assurés, fonds de pension) dans des valeurs mobilières et immobilières. Avec le vieillissement de la population et donc l’augmentation de l’épargne (de prévoyance), le rôle des investisseurs institutionnels s’est ainsi considérablement renforcé sans que l’épargnant et-ou l’assuré captif – à l’instar de l’assuré LPP par exemple – ne puisse intervenir de quelques manières sur la bonne tenue de son patrimoine, à savoir son avoir de vieillesse accumulé, ni en terme de gestion, ni sur le plan de l’allocation d’actifs immergé par la variété des stratégies de diversification de portefeuille. Certes, certains types de placements sont clairement privilégiés par les investisseurs institutionnels, comme les obligations et plus particulièrement les obligations souveraines (d’État) qui garantissent des revenus à la fois “réguliers et peu risqués” (lesquels furent remis en question depuis la crise des dettes souveraines et l’environnement des taux négatifs); les actions émises par les sociétés les mieux cotées (lesquelles ont largement démontrés durant ces trois derniers lustres) leurs expositions aux risques (cherchant coûte que coûte à les dissimuler par une pluie d’artifices comptables) pour obtenir une rentabilité à n’importe quels prix et l’immobilier (avec ses multiples bulles). Et ceci dans un “moral hazard effect” totalement affligeant.

    D’ailleurs, pour enrayer la chute vertigineuse de la livre sterling, la Banque d’Angleterre (BOE) n’a-t-elle pas été contrainte de prendre des mesures d’urgence – le mercredi 28 septembre 2022 – pour éviter l’effondrement du système des retraites au Royaume-Uni, en lançant un programme d’achat d’obligations de 65 milliards de livres sterling? Si la chute des titres d’État s’était poursuivie, les fonds de pension auraient pu se retrouver dans une situation où ils n’auraient été plus en mesure d’honorer leurs dettes, risquant de mettre en péril le financement des retraites du pays. Une situation qui démontre cette folie des grandeurs des “Zinzins”, et l’incompétence pathologique (ou la complicité?) de nos gouvernances. À cet égard, et bien que l’environnement économique de la Suisse reste quelque peu différent, il n’en demeure pas moins que la vulnérabilité de la place financière helvétique repose sur quelques maillons faibles, notamment la banque aux deux voiles – CREDIT SUISSE – qui, cette fois ne pourra passer sous les radars comme cette entité systémique pu très bien le faire post 2008 – grâce notamment au soutien de la Finma et du CF – alors que tous les yeux étaient braqués sur le sauvetage de l’UBS par le Conseil fédéral, la Banque Nationale Suisse et enfin la Réserve fédérale américaine (Fed) qui créera un nouveau marché – rachetant au passage les actifs toxiques de la société de portage – afin d’expurger le marché domestique américain des titres toxiques.

    1. “Voyage dans le temps et l’espace”

      Saison (19): Credit Suisse Group, un coup de Jarnac dans les règles?

      La semaine dernière, l’agence de notation S&P Global Ratings a abaissé la note de crédit à long terme du Credit Suisse Group à un cran au-dessus du statut “Junk bond” (obligation pourrie) citant des “risques d’exécution importants”. Sans compter que l’un des responsables des marchés des capitaux à Francfort-sur-le-Main – Joachim von der Goltz – quitte “le radeau de la Méduse helvétique” après huit ans de service. Von der Goltz suit ainsi d’autres banquiers d’investissement dans des rôles clés au sein du Credit Suisse Group, tels que Jens Welter, co-responsable de la banque mondiale, qui n’a été nommé qu’au début de cette année 2022, et Daniel McCarthy, responsable des produits de crédit mondiaux. Voilà qui en dit déjà long sur le plan de restructuration du CS Group dans l’activité de la banque d’investissement qui intégrerait l’activité des marchés de capitaux mondiaux dans le nouveau CS First Boston, placé sous la houlette en 2023 de “l’ancien” membre du conseil d’administration au Credit Suisse Group, Michael Klein (lequel a participé à la restructuration). Il manquerait plus qu’à intégrer Blythe Sally Jess Masters (la conceptrice des “armes de destruction massive – CDS” et membre du CA du CS Group) dans la nouvelle division CS First Boston. Laquelle, rappelons-nous, est consultante pour Apollo depuis 2021, le “Vulture fund” (fond vautour) de rachat américain que le Credit Suisse Group a choisi comme acheteur préféré de l’une des activités de trading de la banque. Apollo, lui, ayant investi dans Motive, une société d’investissement basée à New York et fondée par qui? Blythe Sally Jess Masters.

      Comment pourrions-nous interpréter ce qui a toute les apparences d’un formidable conflit d’intérêts. D’ailleurs, bien que le plan de restructuration prévoit que les investisseurs tiers et les employés puissent également participer au spin-off, von der Goltz, lui, a décidé de monter sa propre entreprise en tant que consultant après avoir travaillé pour des banques d’investissement à Francfort pendant un bon quart de siècle (quid). Une confiance en l’avenir qui ébranle encore Credit Suisse Group.

      Plus c’est gros, plus ça passe!

    1. Bonjour LKIFF,

      Je tiens tout d’abord à préciser que ma réponse n’engage que moi-même et sans trop vouloir entrer dans les détails techniques, l’avantage (si l’on peut le dire de la sorte) de ce type de placement alternatif – réservé aux investisseurs qualifiés – permet de concurrencer certains fonds alternatifs étrangers (même des hedge funds) au travers d’opportunités de rendements supérieurs et par analogies des risques également, à l’instar par exemple des “Reserved Alternative Investment Funds” au Luxembourg ou le “Notified Alternative Investment Fund” à Malte; les considérations fiscales territoriales entrent également dans l’équation des “avantages”. D’autres parts, certes, le “Limited Qualified Investor Fund” peut procurer à la Suisse un lieu plus attractif et compétitif pour la place financière helvétique (vu le poids des actifs sous gestion des caisses de pension, des assurances…) sans compter qu’une redomiciliation offshore des fonds pourrait devenir une option, ce qui deviendrait intéressant pour maîtriser les coûts de fonctionnement (encore que ceci est relatif dans l’environnement de ces vingt dernières années). La Suisse verrait donc là une opportunité à renforcer le marché du capital-risque et du capital-investissement – face aux enjeux d’aujourd’hui et de demain – en ouvrant de nouveaux débouchés pour une “mise en commun plus efficace” des actifs. Ça, c’est la version du camelot, ce marchant ambulant qui vend dans la rue ou dans un lieu public sa marchandise à force de boniments.

      Par contre, si l’on se penche plus en avant du côté des risques – par exemple vers les épargnants captifs au travers des structures institutionnelles de prévoyance – comme les caisses de pension par exemple – et bien que les directives ou réglementations d’investissement pour le L-QIF sont plus libérales, il n’existe pas de directives d’investissement et de règles de diversification des risques spécifiques pour les “Limited Qualified Investor Funds” car seuls “les investisseurs qualifiés” sont autorisés à investir dans un L-QIF. C’est-à-dire que la prime de risque est intrinsèquement supportée par l’épargnant captif. D’ailleurs, le “CISA” (According to the Collective Investment Schemes Act of 23 June 2006) – loi du 23 juin 2006 sur les placements collectifs (“LPCC”) – n’impose pas de restrictions pour les investissements autorisés et, par conséquent, autorise les investissements dans des classes d’actifs traditionnelles telles que, par exemple, les valeurs mobilières, les instruments du marché monétaire et l’immobilier, ainsi que dans des classes d’actifs plus exotiques, notamment les matières premières, les crypto-actifs (“cryptomonnaies”), l’art, le vin, le luxe, les marchandises ou les voitures de collection. De plus, puisqu’aucune règle de diversification des risques ne s’applique non plus, un L-QIF (“Limited Qualified Investor Funds”) peut investir tous ses fonds dans un seul actif ou un seul type d’actifs (par exemple, des actions d’une seule société). Ainsi, même si les bases élémentaires des règles de diversification des risques ne sont pas appliquées – mais néanmoins autorisées – les techniques d’investissement doivent être communiqués aux investisseurs dans les documents du fonds. Donc, comme la plupart des autres organismes de placement collectif non conventionnels, un L-QIF peut investir dans des actifs dont la liquidité du marché est limitée ou dont la valorisation peut être difficile. Que se serait-il passé dans l’exemple de la faillite de FTX, deuxième plus importante société au monde de cryptomonnaie? Alors, bien que la LPCC (Loi sur les Placements Collectifs de Capitaux) délègue au Conseil fédéral la définition des restrictions de placement, celles-ci ne devraient pas être plus strictes que les restrictions existantes pour les fonds de placements alternatifs.

      D’ailleurs, les L-QIF ne seront pas tenus de préparer un prospectus ou un document d’informations clés pour la distribution ou l’offre, car les L-QIF ne peuvent pas être proposés aux clients de détail. Vous comprenez mieux à présent ma notion “d’épargnants captifs”? De plus, la FINMA n’a pas besoin d’examiner ou d’approuver aucun document d’entreprise ou matériel de marketing. De quoi la dédouaner en cas d’aléa majeur ou de “Moral hasard Effect”. Toutefois, histoire à s’éloigner d’éventuelles considérations ammorales, sur la première page de tout matériel de marketing et dans le cadre de chaque activité de marketing, le fonds doit être clairement appelé “L-QIF” ou “Limited Qualified Investor Fund” et il doit être clairement indiqué que le “L-QIF” n’est ni agréé, ni surveillée par la FINMA. “Un investisseur avertit n’en vaut-il pas deux”? Sauf pour les épargnants captifs!!! Bien évidemment, pour se dédouaner également, “mais pour des raisons de transparence”, le Département fédéral des finances (DFF) tiendra un registre accessible au public de tous les L-QIF et institutions responsables de leur administration. Histoire que nos homo-politicus – et leur successeur- puissent s’en laver les mains un jour ou l’autre.

      Conclusion: N’oublions jamais que l’épargne captive en Suisse demeure une manne considérable pour la finance de prédation.

      Bien à vous

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