La grandeur du peuple allemand

 
 
Angela Merkel s'est "réjouie que l'Allemagne soit devenue un pays avec lequel les gens associent de l'espoir". Et la chancelière allemande de poursuivre: "C'est quelque chose de très précieux si on regarde notre histoire".
 
Bien d'autres Allemands sont au diapason de la chancelière. Plus de 70 ans après la Seconde guerre mondiale, l'Allemagne offre au monde l'image d'un peuple qui tend la main. Et non plus jamais le bras.
 
Certes, l'Allemagne en panne démographique a besoin d'un regain d'immigration. Mais il n'empêche que le geste d'Angela Merkel, en opposition totale avec certaines dérives d'extrême droite, est celui d'une grande Dame. Au service de la grandeur de tout un peuple.

 

La sobriété heureuse

 

Extrait de l’encyclique du pape François sur l’environnement (Laudato Si’).

 

« La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice. Ce n’est pas moins de vie, ce n’est pas une basse intensité de vie mais tout le contraire; car, en réalité ceux qui jouissent plus et vivent mieux chaque moment, sont ceux qui cessent de picorer ici et là en cherchant toujours ce qu’ils n’ont pas, et qui font l’expérience de ce qu’est valoriser chaque personne et chaque chose, en apprenant à entrer en contact et en sachant jouir des choses les plus simples.

Ils ont ainsi moins de besoins insatisfaits, et sont moins fatigués et moins tourmentés. On peut vivre intensément avec peu, surtout quand on est capable d’apprécier d’autres plaisirs et qu’on trouve satisfaction dans les rencontres fraternelles, dans le service, dans le déploiement de ses charismes, dans la musique et l’art, dans le contact avec la nature, dans la prière.

Le bonheur requiert de savoir limiter certains besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux multiples possibilités qu’offre la vie.

La sobriété et l’humilité n’ont pas bénéficié d’un regard positif au cours du siècle dernier. Mais quand l’exercice d’une vertu s’affaiblit d’une manière généralisée dans la vie personnelle et sociale, cela finit par provoquer des déséquilibres multiples, y compris des déséquilibres environnementaux.

C’est pourquoi il ne suffit plus seulement de parler de l’intégrité des écosystèmes. Il faut oser parler de l’intégralité de la vie humaine, de la nécessité d’encourager et de conjuguer toutes les grandes valeurs.

La disparition de l’humilité chez un être humain, enthousiasmé malheureusement par la possibilité de tout dominer sans aucune limite, ne peut que finir par porter préjudice à la société et à l’environnement.

Il n’est pas facile de développer cette saine humilité, ni une sobriété heureuse si nous nous rendons autonomes, si nous excluons Dieu de notre vie et que notre moi prend sa place, si nous croyons que c’est notre propre subjectivité qui détermine ce qui est bien ou ce qui est mauvais ».

L’offense sans risque

 

Offenser les chrétiens, c’est très pratique. C’est sans risque et ça peut rapporter gros. Pas de risque de se faire taxer d’antisémite ou d’islamophobe. Pas de risque de se prendre un procès ou une bombe sous son tapis. Dès lors, pourquoi se gêner ?

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, le dessinateur Valott présente en page deux du journal 24 heures de samedi-dimanche-lundi de Pentecôte un dessin titré : « Selon Mgr Lovey, l’homosexualité est guérissable ».  Une main ouverte tient une gélule avec la légende : « Contre la crise de foi ». Au-dessous, la main d’un prêtre tend une hostie avec la légende : « Contre l’homosexualité, tous les dimanches ».

Les paroles de Mgr Lovey.

Le contexte : dans une interview au Nouvelliste mardi passé, l’évêque de Sion Jean-Marie Lovey déclarait que la prière pouvait « guérir » de l'homosexualité qu'il qualifiait de « faiblesse de la nature », en évoquant également l'existence de « cures psychologiques. » Le surlendemain, dans les colonnes du quotidien Le Matin, il regrettait d’avoir été « si mal compris », précisant qu’il ne considérait « en aucun cas l’homosexualité comme une maladie », précisant : « Je connais toutefois des personnes pour lesquelles des tendances homosexuelles ont été passagères, sans prétendre qu'il en aille ainsi pour tout le monde. » Voilà pour les faits.

Le symbole sacré de l'hostie.

Il est clair que dans le climat actuel largement dominé par les bien-pensants de la pensée unique qui ne souffre d’aucune remise en question,  les propos de l’évêque ne pouvaient que susciter une vive polémique. L’occasion était trop belle pour taxer tous les chrétiens catholiques d’homophobes en persifflant leur symbole le plus sacré : l’hostie.

Ricanements.

Il ne fait aucun doute que la grossière caricature de Valott a déjà fait ricaner quelques esprits rustres, une chope de bière à la main, entre deux rots. Mais il n’est pas du tout certain que l’amalgame et l’offense aient fait glousser les Réformés, toujours plus enclins au dialogue avec les catholiques, ni nombre d’homosexuels réputés pour leur douceur et leur non violence.

Rien à craindre.

Mais, encore une fois, Valott et son media d’accueil n’ont aucun souci à se faire. Ils n’ont rien à craindre des catholiques blessés dans leur âme. Les bûchers, depuis belle lurette, ce ne sont plus eux qui les allument…

 

 

Syngenta et ses pesticides

L’inquiétude des quelque 900 collaborateurs du site de Syngenta à Monthey est légitime. L’arrêt des activités du secteur de formulation et de conditionnement qui entraîne la suppression de 116 emplois est pour eux une situation traumatisante. Mais cela ne doit pas nous empêcher de nous interroger sur le bienfondé des activités du groupe chimique bâlois.

Les ravages du paraquat.

Environ un quart du marché mondial de pesticides provient de Syngenta. Le groupe produit notamment le paraquat, l’un des herbicides les plus utilisés dans le monde. Très toxique, son usage est interdit dans les pays de l’Union européenne depuis juillet 2007 et aussi en Suisse. Dans les pays du Sud, en revanche, le paraquat continuer à faire des ravages, entraînant des milliers de cas d’empoisonnement par année selon la Déclaration de Berne. L’ONG nicaraguayenne Fundacion Nica Global estime par ailleurs que le paraquat serait l’une des origines d’une épidémie d’insuffisance rénale chronique touchant plus de 2500 personnes employées dans des plantations de canne à sucre.

Biodiversité en grand danger.

Concernant les pesticides en général, 5% des substances toxiques toxiques pulvérisées restent sur la plante, 10% vont dans l’air et 85% dans le sol. Comme le relève le dernier numéro de pronatura magazine, c’est surtout la pollution du sol et des eaux par les pesicides qui menace gravement la biodiversité.

Le plateau suisse pollué.

 Depuis des années, les valeurs limites des pesticides dans les cours d’eau du plateau suisse sont régulièrement dépassées. L’Eawag, institut de recherche sur l’eau à Dübendorf (ZH), constate dans une récente étude que 31 pesticides dépassent la valeur limite de l’ordonnance sur la protection des eaux dans cinq rivières analysées, dont la Mentue qui se jette dans le lac de Neuchâtel. Les concentrations sont parfois plus de dix fois supérieures à la limite!

La voie de l’agriculture biologique.

La révision en cours de l’ordonnance sur la protection des eaux permettra-t-elle de limiter drastiquement l’utilisation des pesticides ? Il est permis d’en douter. Une généralisation de l’agriculture biologique et biodynamique est plus que jamais souhaitable. Non seulement en Suisse mais ailleurs dans le monde, notamment dans les pays où les groupes agrochiniques profitent d’une législation encore plus laxiste qu’en Europe.

 

 

 

 

Faire le Malin

 

"La plus belle des ruses du diable est de vous persuader qu'il n'existe pas!", fait dire Charles Baudelaire à un prédicateur dans Le Joueur généreux. Et si le diable existait pour de mal? En ce XXIème siècle où les esprits rationnels dominants croient avoir définitivement éliminé toute réalité d’un monde invisible qui serait peuplé d’entités plus ou moins lumineuses, plus ou moins ténébreuses, la formule du poète peut prêter à sourire.

Les possédés de la haine et du fanatisme, comme ces membres de l’organisation Etat islamique, ne seraient que des détraqués mentaux, des cas psychiatriques. Au même titre que les possédés du fric et de l’insolence qui pataugent dans une finance déconnectée de toute réalité, manipulateurs-manipulés avec leurs monstrueux robots-traders qui en un simple clin d’œil réalisent jusqu’à 7000 transactions. Au même titre que ceux qui cautionnent les parachutes dorés quand des milliers d’employés s’abîment sur les décombres de leur entreprise démembrée.

Et si les acteurs de toutes ces violences, qui ne sont peut-être pas sans lien, étaient manipulés par le Malin? Ce tentateur qui, selon les écritures saintes, a essayé vainement de faire plonger le Christ dans le néant. Illusion, fantasme? Dans le doute, je relis Dialogues avec l’ange, un ouvrage écrit par Gitta Mallasz, publié il y a presque quarante ans et traduit en 18 langues. L’ange souligne: «Tu accueilles en toi le mal et tu le transformes en bien. Car le mal n’existe pas, mais seulement la force non transformée».

Les Verts ne devraient plus exister!

 

Selon le dernier baromètre électoral de la SSR, les Verts et surtout les Vert’libéraux continuent à perdre des plumes dans les intentions de vote. Si les questions environnementales étaient désormais au cœur des préoccupations de tous les partis politiques, cet effritement n’aurait rien d’inquiétant. Hélas, ce n’est vraiment pas le cas.

Dans une société vraiment évoluée, on n’entendrait ni ne lirait plus des inepties du genre: «C’est bon pour l’économie». Prenons l’exemple de l’automobile, la référence suprême pour beaucoup d’entre nous. Pour la conduire, jusqu’à preuve du contraire, il faut un pilote. Et pour la faire rouler, il faut un carburant ou de l’électricité, bref de l’énergie. Symboliquement, l’économie, c’est de l’énergie, un moyen de faire avancer un pays. Mais ce n’est certainement pas un acteur de ce pays! Sans énergie la voiture ne roule pas. Mais c’est le pilote qui est maître du jeu. Sans saine économie, un pays n’avance pas. Mais ce sont les femmes et les hommes qui doivent prendre leur destin en main. Que telle décision soit bonne ou non pour l’économie, nous n’en avons rien à cirer. La seule question qui compte est de se demander si cette décision est bonne ou non pour notre humanité. L’économie n’est pas un OBJECTIF mais un MOYEN de réaliser cet objectif.

Dans une société vraiment évoluée,  les critères de l’écologie (et de l’environnement au sens large) seraient situés en haut de l’échelle des valeurs. Aujourd’hui, c’est l’économie qui mène le bal. Et quel bal, une vraie bousculade où tout le monde se marche dessus! Hormis quelques voix négationnistes qui se font encore un devoir de minimiser les causes et les effets catastrophiques déjà perceptibles du dérèglement climatique, avec l’acidité croissante des océans, la disparition ou la mutation de nombreuses espèces animales, la raréfaction de l’eau potable, l’épuisement des sols, etc., les esprits éclairés pensent qu’il est encore temps de limiter les dégâts. Pour ce faire, toute décision politique et économique devrait être prise avec le souci premier de ne pas encore aggraver la situation, voire de l’améliorer.

Dans une société vraiment évoluée,  l’écologie ne serait plus l’affaire d’un parti que l’on se croit obligé de flanquer à gauche (pour les Verts) ou à droite (pour les Vert’libéraux), mais de l’ensemble des formations politiques. Déjà au début des années 1970 Robert Poujade, premier ministre de l’environnement en France, déplorait dans son livre Le ministère de l’impossible l’énorme difficulté de faire prendre conscience à ses pairs des enjeux de l’écologie. «Vous allez apprendre ce qu’est l’Administration. Vous n’aurez pas beaucoup de moyens. Vous aurez peu d’actions très directes sur les choses » lui avouait dès son arrivée en fonction le président Georges Pompidou. Presque un demi siècle plus tard, force est de reconnaître qu’il reste encore bien du chemin à faire.

Dans une société vraiment évoluée,  il n’y aurait donc ni Verts ni Vert’libéraux mais des femmes et des hommes politiques suffisamment éclairés et lucides pour saisir la gravité de la situation. Et qui auraient le courage de faire passer l’intérêt de l’humanité avant toute considération égocentrique et partisane.

Franc fort: les pièges de la déréglementation

 Téléchargez ici l'édition spéciale de L'Hebdo: "Le taux plancher: Krach historique" 

« Dé-ré-gle-men-ta-tion ». C’est devenu le cri de ralliement de certains milieux partisans de l’économie ultra-libérale après la flambée du franc. La libre-concurrence sans gêne serait donc le remède miracle à tous les maux engendrés par l’abandon du taux plancher.

S’il est de bon augure de s’en prendre aux cartels, notoirement responsables de l’îlot de cherté en Suisse, il est tout aussi néfaste de donner libre cours aux partisans du partenariat transatlantique sur le commerce et l’investissement entre l’UE et les Etats-Unis (TTIP). En cours de bien discrètes négociations, le TTIP vise notamment à faciliter les importations, au risque de favoriser une sous-enchère écologique et sociale. Sans standards de qualité qui s’imposent à tous les partenaires commerciaux, une telle sous-enchère est inévitable.

La Suisse directement visée

A la faveur du principe européen du cassis de Dijon, destiné à réduire les entraves techniques au commerce et que Berne a adopté aussi unilatéralement que naïvement, tout produit autorisé dans l’UE l’est aussi en Suisse. Donc le TTIP concerne autant l’UE que la Suisse, que cette dernière soit ou non impliquée dans les négociations. Qui plus est, le TTIP accorde aux investisseurs des droits exorbitants, comme celui de convoquer un Etat devant un tribunal arbitral et de le faire condamner, sans voie de recours, à payer de forts dommages-intérêts pour entrave à l’importation.

Nivellement pas le bas

Résumons. Avec le franc fort, les produits importés coûtent moins cher en Suisse. Il est donc plus que jamais tentant de les encourager. Avec de surcroît un TTIP ouvrant les barrières sans retenue, ce serait la garantie d’un nivellement par le bas, de la mort assurée (et souhaitée par certains esprits attardés) de la paysannerie suisse, de la fin de toute valeur ajoutée dans la qualité des produits que nous consommons. Le diable se cache bel et bien dans cette sournoise dé-ré-gle-men-ta-tion!

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Drogue et prostitution dopent le PIB

Voilà des années que, tel Jean-Baptiste dans le désert, des voix crient pour ne plus considérer le «sacro-saint» produit intérieur brut (PIB) comme un indicateur crédible pour mesurer la véritable richesse d'un pays. Les dernières statistiques britanniques leur donnent une fois de plus raison. Elles considèrent en effet qu'en 2013 le trafic de drogue et la prostitution ont représenté 0,5% de «la richesse produite globale» au Royaume-Uni. Une contribution évaluée à 13,2 milliards de francs. Bizarre, non?

Selon Eurostat, l'institut européen des statistiques, ces activités considérées comme des transactions commerciales librement consenties doivent être intégrées dans les statistiques nationales des Etats.

Une certaine idée de la richesse.

Nous savions déjà que plus il y avait d'accidents de la route, plus la richesse d'un pays augmentait à la faveur des activités déployées par le corps médical, les pompes funèbres, les garagistes, les assurances, etc. Nous savons maintenant qu'au Royaume-Uni et ailleurs dans le monde, si les passagers d'un véhicule accidenté sont des prostitué(e)s ou des trafiquant(e)s de drogue, l'enrichissement de la collectivité s'en trouve encore grandi. Vous avez dit richesse?

 

Sarkozy s’enlise dans les gaz de schiste

Nicolas Sarkozy va-t-il réaliser que ce n'est pas en s'opposant systématiquement à François Hollande, sur tout et n'importe quoi, qu'il réussira à décrocher la timbale en 2017 (ou avant)?

Son soutien à l'exploitation du gaz de schiste montre les limites de son offensive tous azimuts.

Nicolas Sarkozy a-t-il oublié que c'est sous son quinquennat que le Parlement a voté une proposition de loi de l'UMP interdisant le recours à la fracturation hydraulique pour exploiter ce gaz?

Le candidat non encore déclaré mais tellement pressenti  à la présidence de la République française serait bien inspiré d'écouter son amie, l'ancienne ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet qui a déclaré sur France Inter:

"S'il y avait un moyen d'extraire de manière complètement propre ce produit qui coûte très cher dans notre balance commerciale (pétrole et gaz, ndlr), ce serait bien mais la vérité est que les technologies disponibles ne sont pas propres et que le type d'exploitation qui a été mené aux Etats-Unis a conduit à une forme de dévastation écologique, paysagère aussi dont je ne veux pas en France".

Ni en Suisse, ai-je envie d'ajouter!