L’antispécisme, ce comble du spécisme…

…ou comment réconcilier les rognons à la dijonnaise et l’humanisme.

 

Spéciste !

Il est une invective que l’on entend depuis peu et que l’on lit de plus en plus souvent, griffonnée sur une publicité carnée ou glissée dans un tweet offusqué : « spéciste ».

Elle rejoint ainsi les « fasciste », « raciste », « sexiste » et autres qualificatifs peu reluisants. Si ces derniers exemples ont de bonnes raisons d’être classés parmi les attitudes détestables, j’ai plus de peine avec la critique sous-entendue dans le terme de « spéciste », car je suis moi-même profondément spéciste, en toute humanité.

Dans son acception actuelle, on associe classiquement l’antispécisme à deux aspects principaux : celui de l’égalité de considération morale entre homme et animaux et celui, plus récent et plus extrême, de l’égalité des droits (tendance abolitionniste).

L’être humain, de quoi s’agit-il?

Penchons-nous tout d’abord un peu sur l’espèce humaine.

L’être humain a toujours été opportuniste et a depuis toujours fait du petit groupe (la tribu) la clé de son succès. Ses talents d’organisation et ses capacités d’apprentissage lui ont permis de résister aux prédateurs, d’optimiser les cueillettes, de pouvoir chasser plus grand et plus fort que lui et finalement inventer l’agriculture puis toutes les autres « révolutions » techniques et sociétales qui s’en sont suivies. Son régime omnivore lui a permis de s’adapter à chaque continent, ainsi qu’aux périodes de glaciations et zones arctiques grâce à un régime parfois exclusivement carnivore. D’autres espèces (grands prédateurs, charognards) se sont spécialisées sur le régime carnivore, jouant aujourd’hui encore un rôle essentiel dans la régulation des écosystèmes et la maîtrise des épidémies (prédation des individus plus faibles notamment).

Avec les « évolutions » techniques et sociales, l’homme a de plus en plus maîtrisé la nature, jusqu’à vouloir s’en détacher. De la survie il est passé à la vie, a depuis peu poursuivi en améliorant sa santé et sa « qualité de vie », tout en reculant de plus en plus la mort. Dans notre société occidentale, à force de chercher comment vivre, nous avons perdu la notion et la réalité de la mort, par essence intimement mêlée à la vie.

Les animaux, spécistes par nature

Les animaux ont quant à eux un lien encore très direct avec la vie, la survie et la mort. Dans la nature ils y sont constamment confrontés. Les règles sont claires. Il y a les prédateurs, et il y a les proies. Ce n’est ni un droit ni un devoir, c’est une réalité, pour l’un comme pour l’autre. Pour un carnivore, manger une proie est dans l’ordre des choses. D’ailleurs certains parmi les organismes les plus robustes et les mieux adaptés à notre écosystème s’attaquent par milliers à une proie qu’elles ne lâcheront souvent que morte, la plupart d’entre elles mourant alors à leur tour : les bactéries. Pour la proie, il s’agit de rester toute sa vie sur le qui-vive, de fuir assez tôt, et le moment venu, de lutter et se débattre sans merci pour survivre.

Au sein d’une même espèce, on ne se mange pas, mais on se combat; souvent pour des raisons de territoire, parfois aussi jusqu’à la mort. Les fourmis ou certaines abeilles peuvent ainsi se mener de véritables guerres entre colonies ou espèces proches. Les animaux sont intimement conscients de leur espèce, et sont spécistes pour leur survie même.

L’humanisme

Un élément qui distingue beaucoup de civilisations humaines actuelles est leur capacité à instrumentaliser la nature, que ce soit les ressources naturelles inertes comme la pierre, les minerais, le feu, la végétation à travers l’agriculture, ou encore les animaux à travers l’élevage ou les animaux de compagnie. L’homme s’est même parfois instrumentalisé lui-même, que ce soit en termes fonctionnels (métiers et fonctions complémentaires) ou alors sous la forme de l’esclavage ou de l’exploitation. C’est à ce dernier aspect que font écho les invectives que je citais en début de texte comme « fasciste », « raciste », « sexiste » ou autres « esclavagiste », évoquant des différences de droits fondamentaux entre êtres humains sur des critères arbitraires. Il n’est aujourd’hui dans notre société occidentale pas de raison qui puisse légitimer des différences de droit fondamental entre catégories d’êtres humains. Cela fait de nous des êtres humains à part entière, et le respect de chacun en est un élément de base. La loi du plus fort ne suffit plus à rendre un pouvoir et un droit légitime dans notre société, car ce ne sont plus les caractéristiques nécessaires à la survie d’un groupe dans notre état complexe d’évolution. Notre société s’est donné les formes et les moyens de vivre la notion d’égalité de droits (même si cela reste perfectible).

Et l’antispécisme fut.

C’est à ce moment de l’évolution de la pensée et de l’éthique que la critique antispéciste apparaît. Ces droits et ce respect entre êtres humains devraient être étendus aux animaux, eux aussi doués d’intelligence et de sentiments, à différents degrés selon l’espèce. A la mouvance de la protection des animaux par pitié et empathie de Brigitte Bardot, on est passé à l’antispécisme (pseudo) philosophico-scientifique de Ayméric Carron.

Or il est une différence fondamentale entre êtres humains et animaux. L’écosystème animal est toujours et encore régi par la loi du plus fort, et seuls les animaux domestiques peuvent survivre, « protégés » qu’ils sont par l’homme qui les élève. Le jour où nous ne les élevons plus, ils retournent à l’état sauvage et sont à nouveau dans le système de loi du plus fort, de prédateur – proie, et pour la plupart voués à une disparition plus ou moins rapide. Les animaux domestiques sont dépendants de l’homme et survivent tant qu’ils sont assujettis. Un cochon d’Inde domestique ne peut vivre longtemps sans être protégé et nourri. Les animaux ne sont donc par définition pas dans le même système de droits et de devoirs définis par notre société pour la pérennité de notre civilisation (un animal aura toujours le droit d’en manger un autre).

Spéciste, mais pas irresponsable

De cette situation l’homme doit tirer trois responsabilités. Il doit premièrement maintenir des écosystèmes sains et dynamiques, permettant aux espèces de survivre et de vivre, et ainsi surtout maintenir une planète en état de supporter une telle présence humaine. Dans un second temps, il est responsable de la qualité de vie des animaux qu’il exploite, et de limiter au maximum les souffrances possibles. Finalement, et c’est là la plus difficile, il ne doit pas oublier qu’il fait lui-même partie de cet écosystème planétaire, qui est dynamique et où rien n’est acquis, qu’il est né et qu’il mourra, et que s’il est né c’est parce que l’ensemble de ses ancêtres depuis la première bactérie (ou Adam et Ève), a joué le jeu de la naissance, de la vie et de la mort.

L’antispécisme, comble du spécisme

C’est donc là le double paradoxe de la mouvance « antispéciste » d’aujourd’hui. En refusant la différence de droits entre animaux et êtres humains, l’antispécisme refuse aux animaux leur spécificité animale intrinsèque en les anthropomorphisant ; en interdisant aux hommes de tuer et de consommer une autre espèce, ils les détachent de l’écosystème naturel dans lequel ils ont vécu des millénaires. L’antispécisme devient ainsi le comble du spécisme, qui, trop déconnecté de la nature, veut également en détacher  les animaux par « amour ».

A noter que contrairement à l’antispécisme aux bases philosophiques et scientifiques parfois douteuses, qui lutte CONTRE le régime omnivore, je n’ai absolument rien contre le végétarianisme. Ne pas aimer, ou ne pas vouloir manger de viande est un choix que chacun peut faire librement, en toute humanité.

Trois pistes pour ne pas en rester là

A côté du végétarianisme individuel, il reste donc la voix « réformiste » qui cherche à améliorer les conditions de vie des animaux, qu’ils soient de rente ou de compagnie.

Pour les animaux de rente*, il y a trois pistes concrètes à suivre :

 

1. La qualité plutôt que la quantité.

Le degré d’industrialisation d’une part, et la part toujours plus faible de notre budget que nous accordons à la nourriture d’autre part, sont responsables pour la plus grande partie des mauvais traitements infligés aux animaux de rente. L’élevage d’un animal nécessite une place et un temps minimaux, ce qui implique un prix minimal, et une quantité maximale. Or le vingtième siècle a tout fait pour fournir quotidiennement une part de viande à tous à un prix minimal, donc forcément au détriment de la qualité et souvent au prix de souffrances animales.

La voie suivie aujourd’hui en termes de protection des animaux, particulièrement en Suisse (voir notamment la Loi sur la protection des animaux LPA), est une voie adéquate qui doit être renforcée.

En tant que consommateur, la clé est simple : beaucoup moins de viande, mais de meilleure qualité et issue d’une production aussi respectueuse des animaux et de la nature que possible. En Suisse, où une grande partie du pays est couvert de pâturages (souvent à cause de l’altitude et des pentes qui rendent les cultures difficiles, voire impossibles), la production de viande animale raisonnable a sa place, même en termes de biodiversité (on pensera par exemple aux pâturages boisés du jura ou aux alpages fromagers).

Lorsque j’achète de la viande je cherche la qualité et me rends chez le boucher que je connais (ce qui revient au final bien moins cher que de consommer de la viande de supermarché quotidiennement); par contre, dans mes raviolis en boîte que j’adore, un simili-Quorn végétarien me conviendrait très bien.

 

2. Il n’y a pas de vie sans mort ni souffrance.

Après les dénonciations sur les réseaux sociaux de conditions de détention et d’abattage inadmissibles en Europe, on a vu ces dernières semaines des images d’abattage « conformes » presque aussi difficiles à regarder (à Avenches notamment). Ces images chocs montrent des animaux se faire abattre les uns après les autres, souvent tenter de s’enfuir ou éviter la mort par tous les moyens à leur disposition.

Si ces images peuvent choquer, elles n’ont pourtant rien d’étonnant. Il n’est aucune mort qui soit belle ou agréable, et encore moins dans un cadre austère et où les morts s’enchaînent. Imaginez un documentaire enchaînant les mises à mort de gnous par des lions, ou reprenant en gros plan les longues dernières minutes de vie des souris tentant d’échapper aux dents et griffes des milliers de félins de nos ménages. Pire encore, nos morts à nous, les derniers instants des centaines de résidents en EMS mis bout-à-bout. Ce serait insoutenable. Car oui, nous aimons oublier que si nous vivons, nous mourrons aussi, et que cela fait partie de la vie de chacun. Ces moments de souffrance doivent être tenus au strict minimum, grâce à des conditions les plus adéquates possibles. Jamais elles ne seront belles à voir, et c’est normal. Rappelons-nous aussi qu’un chevreuil, une antilope ou un cochon d’Inde passent leur vie à être sur le qui-vive, tous les sens en alerte et prêts à fuir à tout moment ; en termes anthropomorphistes : les animaux de proie sont constamment stressés, et ces quelques minutes en abattoir des animaux domestiqués ne sont pas contraires à la situation dans la nature.

Ce qui compte donc avant tout, c’est la qualité de vie durant l’engraissement, dans une batterie de poulet ou à l’air libre, dans des boxes ou en stabulation libre, sur des grilles ou dans de la paille, à l’intérieur ou à l’extérieur, avec quel espace (on ne fera par exemple pas semblant de croire que des oies peuvent être heureuses de se faire gaver, alors qu’elles passent leur brève vie dans un état de crise de foie permanent, comme un premier de l’an quotidien).

 

3. Moins de gaspillage.

Les habitudes de consommation en termes de viande ont déjà intégré une forme perverse du « plus de qualité » : on ne mange plus que les parties « nobles », du type rumsteak ou filet mignon, et personne ne consomme plus d’abats. Alors que lorsque l’on élève et que l’on tue un animal, le minimum serait de le manger entièrement.

Afin de lutter contre cette tendance, et réhabiliter nombre de recettes anciennes perdues, la mouvance « nose to tail » (du museau à la queue) se développe fortement ces dernières années. Ainsi, si vous choisissez de cuisiner des rognons à la dijonnaise à vos enfants, vous aurez un triple effet bénéfique : premièrement vous ne serez responsable de la mort d’aucun animal, les rognons doivent la plupart du temps être jetés car personne ne les achète plus ; deuxièmement vous n’aurez jamais fait un plat si gourmand à un prix si bas (les abats coûtent extrêmement peu cher) ; vos enfants en redemanderont, c’est encore meilleur que les nuggets si c’est bien cuisiné (mon truc : faire tout d’abord revenir dans une poêle et dégorger les rognons seuls, nettoyer la casserole en réservant les rognons, puis les faire cuire ensuite dans une bonne sauce à la dijonnaise). C’est pour moi une question de respect pour l’animal (et pour le producteur) que de le consommer entièrement.

From tail to nose

En conclusion, c’est en s’assumant spéciste dans tout son humanité que l’on trouvera à la fois une éthique et un ancrage dans le monde réel et naturel, à la vie et à la mort. Consommer moins de viande, lutter pour des conditions d’élevage respectueuse, et respecter la mort d’un animal en en consommant toutes les parties. L’abat nourrit l’esprit.

Quant à lui, l’antispécisme est une façon paradoxale et symbolique pour notre société en perte de repères de se rapprocher des animaux en leur accordant des attributs humains : le comble du spécisme !

 

*Je laisserai de côté le cas délicat des animaux de compagnie, et ne considérai donc pas ici si un chat d’appartement a une existence digne même si non choisie, ou si l’impact sur la biodiversité aviaire des chats domestiques d’extérieur est tolérable ou non.

Marc Münster

Marc Münster

ApaRtide féru de politique suisse et curieux de l’avenir de mes deux filles, arpenteur inlassable de la twittosphère (@Munsterma) et de ma planche à repasser, je poursuis la chimère de l’humanisme des Lumières. Suisse allemand de culture vaudoise ou inversement, je m’entraîne de longues heures au retourné de röstis dans ma cuisine bernoise. Passionné de passé – latiniste puis géologue - je consacre ma vie professionnelle au futur et à la société (formation et accompagnement stratégique en développement durable).

47 réponses à “L’antispécisme, ce comble du spécisme…

  1. Bonjour Marc Münster,
    merci bien pour votre article, que je trouve intéressant ; malheureusement, vous vous faites une idée fausse de l’antispécisme, qui est l’opposition au spécisme. Le fait que nous soyons spéciste n’a rien d’étonnant, et ne saurait justifier quoi que ce soit : il y a un siècle, nul doute que nous aurions tous été racistes et sexistes, et comment s’en étonner dans une société qui l’était si profondément ? Cela n’empêche pas qu’il y a des raisons rationnelles de considérer que le racisme et le sexisme sont indéfendables éthiquement. Il en va de même du spécisme, comme cela a été initialement argumenté par Peter Singer dans son livre La Libération animale, paru il y a 40 ans déjà. Des décennies que son argumentaire n’a pas été défait, que les critiques n’ont pas réussi à invalider son argumentation. Au point qu’aujourd’hui, la quasi-totalité des philosophes qui s’intéressent à l’éthique, à la philosophie morale, partagent son analyse : le spécisme n’est pas plus défendable que le racisme ou le sexisme, et pour les mêmes raisons. L’appartenance biologique d’un être n’est pas un critère en soi de discrimination qui puisse être considéré comme valable, non plus que des critères d’intelligence ou de conscience de soi, ou de capacité d’abstraction, ou de moralité, etc. Ces critères-là n’entretiennent aucun lien logique avec la question de comment on doit traiter quelqu’un, avec la question de la considération qu’on doit accorder à ses intérêts. En fait, du moment où un être a des intérêts (peut souffrir et jouir de la vie, tient à sa vie), on doit prendre en compte ses intérêts au même titre que les nôtres propres.
    L’antispécisme ne se réduit pas à un mouvement d’opinion parmi d’autres, mais tient plus d’un movement de fond qui vise à changer les bases éthiques et politiques de notre civilisation, en s’appuyant sur la raison éthique. Lorsqu’on critique le spécisme, on n’affirme pas seulement une opinion, des goûts et des couleurs, on affirme surtout qu’il est indéfendable logiquement, et donc moralement. A ce niveau-là, c’est toute une vision du monde nouvelle qui se met en place, fondée sur l’argumentation logique.
    Votre argumentaire repose justement beaucoup sur l’idée de nature : il se passe ceci ou cela dans la nature, on ne devrait donc pas se poser trop de questions, ce que nous faisons nous-mêmes n’est pas très différent de ce que font les autres animaux. Mais cette idée de nature elle-même ne correspond à rien de rationnel ; on imagine une sorte d’entité finaliste qui nous donnerait des pistes sur ce qu’il est bon ou mauvais de faire, ou nous délivrerait des signes (“les animaux se mangent bien entre eux”, etc.), comme le faisaient les dieux anciens : mais justement cette entité finaliste (“la nature”) tient plus d’une envie de religiosité de notre part que d’une description du réel ; elle est en fait prescriptive, et non descriptive (comparons avec la notion de réalité : dira-t-on que quoi que ce soit puisse être “contre-réel” ? alors qu’on n’hésite effectivement pas à dire, contre toute raison, que des choses seraient “contre-nature” !), et ne rencontre plus aucun fondement dans les sciences actuelles. Nous n’avons pas besoin de l’idée de nature pour comprendre le réel, et les lois naturelles qu’on invoque sont en fait des affirmations idéologiques… De fait, si l’on retire de votre texte les invocations directes ou indirectes, explicites ou implicites, de l’idée de nature, vous ne pouvez plus, comme vous le faites, soutenir le spécisme, et au lieu d’invoquer “l’ordre des choses”, il vous faudrait prendre en compte les intérêts des êtres des autres espèces et non plus uniquement ceux des individus de notre propre espèce ; au lieu d’invoquer les stress et les souffrances des animaux “dans la nature” pour justifier la terreur et le désespoir de ceux qui meurent dans les abattoirs, vous en viendriez à regretter que les animaux vivent cela “dans la nature” (même si l’on ne peut pas grand chose pour eux) et à considérer qu’en tout cas, lorsque c’est en notre pouvoir (comme dans les abattoirs), il faut à tout prix leur éviter un tel sort – exactement comme nous le penserions aujourd’ui pour nos congénères humains. On trouve sur Internet (notamment sur le site des éditions tahin party) un petit texte qui s’intitule “Pour en finir avec l’idée de Nature… et renouer avec l’éthique et la politique”, qui fournit une bonne critique de base (il s’agit d’un texte de vulgarisation) de l’idée de nature et montre son caractère profondément réactionnaire. De façon générale, de nombreux antispécistes ont développé une critique de cette idée de nature, qui est omniprésente dans notre façon de nous représenter les autres animaux et les rapports que nous sommes censés entretenir avec eux ou qu’ils sont censés avoir entre eux. Vous en trouverez de nombreux exemples publiés dans la revue Les Cahiers antispécistes.
    Bien à vous, en vous souhaitant une bonne journée !

    1. Merci pour votre réponse bien argumentée. J’ai l’impression que beaucoup de notre malaise éthique est dû à une perte de repères par rapport à la vie et la mort; plutôt que de poursuivre dans l’évolution de distançant de l’état naturel, en étendant nos droits aux animaux, nous perdons notre raison d’être fondamentale. D’où cette réflexion sur un retour « en arrière » en assumant une partie de ce bagage de la condition naturelle. Il y a beaucoup des considérations de Singer que je comprends et que je partage; c’est la mouvance abolitionniste récente que je conteste. En vous souhaitant une belle journée.

    2. Merci Yves pour cette énorme précision. J’avoue avoir été affligée par cet article : dommage d’écrire sur le spécisme sans s’être un minimum renseigné sur ce que c’était et en étant englué dans ses propres biais cognitifs. Il révèle beaucoup de choses sur son auteur, et absolument rien d’autre. ?

    3. Merci pour cette réponse éclairée. Cela donne envie d’aller lire plus loin.
      C’est intéressant de séparer éthique et nature. Neanmoins résonne en moi l’idée que moins dénaturés, l’individu comme la civilisation, demontrerait d’une éthique et une politique plus écologique. Et que le chasseur et même peut-être l’éleveur conscient fait moins de mal que le cultivateur inconscient.
      J’imagine que l’antispecisme doit par extension s’appliquer au règne végétal. Quels questionnements sur notre place, notre subsistance et nos besoins!?
      Merci d’avoir élevé le débat.

  2. La réalité est que nous n’avons plus besoin de manger de la viande pour vivre. Si elle est encore consommée, c’est par plaisir ou habitude, plus que par conviction carniste profonde. Ayant donc conscience de la souffrance qu’engendre cette consommation, je ne vois personnellement pas d’autre issue que le véganisme. Vivons-nous uniquement pour maximiser notre plaisir ? Inconditionnellement ?

    Si en effet les animaux ne devraient pas être dans le même système de droits et devoirs que les humains, qu’est-ce qui nous autoriserait à s’ingérer dans le leur ?

    1. Mais ? Qui l’affirme ca, que nous pouvons nous passer de consommer de la viande ? Qui a part les anti-specistes ? PERSONNE !!!! Aucun scientifique, aucun biologiste, aucun nutritionniste, aucun dieteticien, aucun anthropologue….bref, aucune personne a la solde de la mouvance vegane….alors merci de ne pas vehiculer de fausse affirmation !!!!

      1. Complètement d’accord avec André ! Ceux qui ne mangent pas de viande peuvent l’affirmer. .c’est une meilleure vie sans tuer et dévorer ce que nous avons pas besoin. ..meilleure santé physique et psychologique sans hypocrisie. Avez vous réfléchis Franck à la question de pourquoi un chien carnivore ne mange pas d’humains ? Alors que comme nous il est nourri ?

      2. Bonjour la plus grande organisation de diététiciens au monde assure que le régime végétarien et végétalien sont des regimes tout à fait adaptés à l’être humain et ce à n’importe quels ages .

    2. Si le véganisme était vraiment fait pour l’homme, il ne faudrait pas avoir à faire une complémentation en vitamine B12 qui manque (entre autres choses) aux “vegan”. Être végétarien, oui, le véganisme est une forme d’absolutisme extrême….qui mène entre autres à une accélération de la déforestation pour supplémenter les manques de protéines par du soja (qui est un perturbateur endocrinien….merci du peu!). Bonne fin d’année et bon appétit!

      1. Déjà la question du B12 et une bêtise et on en trouve dans certains aliments végétaux (bettrave par exemple) et ton argument sur le soja et la déforestation est malheureusement archi mensonger… En réalité les foret sont rasée pour planter du soja et du mais (très souvent transgenique) pour nourrir le bétail qui est agglutiner dans des mégas fermes usine et cela sachant que pour produire une calorie d’origine animale il faut entre 10 et 20 calorie (entre les végétaux que manges les animaux et le pétrole utilisé dans toute la chaîne) sans parler des émissions de méthane et de co2 dégagé par cette industrie de l’élevage..
        Salutations végétales!

        1. Spéciste, antispéciste, carnivore, végétarien, végan,etc.
          A chacun son choix. Mais cela n’empêche pas de respecter un peu l’orthographe, tonnerre de Brest

      2. J’ai toujours été anémique et en manque de b12 et depuis que je ne mange plus de viande mes résultats sont excellents ! ? Je pense qu’il n’y a pas d’excuse à manger de la viande les gens en cherchentreprise pour se déculpabiliser. ..

      3. Si marcher sur la lune était fait pour l’homme, il n’aurait pas besoin de fusée pour s’y rendre. Du coup on doit interdire l’exploration spatiale !

    3. Cest parfaitement faux! La viande reste vitale pour bon nombres d’individus!

      J’ai l’obligation médicale de manger beaucoup de foie, viande rouge et oeufs!!

      Dailleurs les carences duent au manque de viande sont bien plus repandues que ce que l’on croient et attaque sournoisement le mental, le système nerveux ainsi que le cerveau!

      Vous nimaginez pas le nombre de maladie mentales ou dégénérative que peuvent entrainer chez certain individus le manque de viande! Le fer contenu dans les légumes est très mal absorber sans compter le manque de b12 et de bon cholestérol qui garantit la bonne santé de notre système nerveux.

      Par contre j’eleve moi même la majorité de ma viande sur place sans leurs infliger de transport jusqu’à l’abbatoir et en lui donnant les meilleurs conditions de vie.

      Effectivement dans la nature nos animaux mourraient rapidement et la majorité n’existent tout simplement pas dans la nature.

      Nos poules, chiens ,vaches, porcs etc ne sont que des créations de l’homme et n’existeraient pas sans le specisme.

  3. A chacun son libre choix. Personnellement, j’élève du bétail et je le mange.
    Et comme il est mentionné ici, il me parait capital de manger toutes les parties.

    L’anti-spécisme est une réaction à la brutalité à laquelle est soumise le bétail, de l’élevage à l’abattoir.
    Sous cet aspect, il y a beaucoup à améliorer et passe sans doute par une réduction de la quantité de viande consommée.

    Ici en Uruguay, en ce qui concerne l’élevage, le bétail pature toute l’année en liberté et à part une vaccination annuelle contre la fièvre aphteuse, il est libre d’antibiotiques.
    Ce qui reste en revanche à améliorer sont les conditions d’abattage, même si de grands progrès ont déjà été réalisés.

    Bien à vous

    1. Encore une petite réflexion sur l’anti-spécisme. Ce qui me frappe, c’est que l’empathie, pour ne pas dire l’anthropomorphisme avec les animaux ne s’applique pas aux plantes qui sont pourtant aussi des êtres vivants. Là aussi, la science chque jour donne de nouvelles indications.

      En Suisse, les OGM sont interdits et pourtant le bétail est nourri presque exclusivement avec des céréales OGM, importées en grand partie d’Amérique latine. Le coût écologique, humain, sans parler de l’aspect santé est colossal (déforestation amazonienne, rachat de terres, etc).

      Tout celà pour dire que l’équation, pour nourrir une population de 8 milliards d’habitants de manière éthique, n’est pas des plus simples.
      Tous mes voeux d’optimisme 🙂

  4. Monsieur Münster, je suis heureux que des professionnels de la communication comme vous se donnent la peine d’écrire sur un sujet qu’à mon avis l’opinion publique cherche en général à ignorer ou à cacher. Je ne juge pas le fond de votre article puisque je suis convaincu que chacun doit agir selon sa conscience et ceux qui ont décidé de manger de la viande savent parfaitement qu’ils sont complices de la mort des animaux qu’ils consoment. J’aimerais juste vous rappeler un chiffre: en 2007, 58 milliards d’animaux terrestres ont été abattus dans le monde pour la viande, pour 7 milliards d’humains. De quel droit l’être humain inflige la torture et la mort à la plupart de ces animaux, de quel droit l’être humain est en train d’exterminer certains d’entre eux? ne trouvez vous aberrant que l’humain soit le seul animal qui soit convaincu qu’il a le droit sur tous les autres animaux? ne trouvez-vous anormal que l’être humain soit le seul animal à persister à détruire son propre environnement? Avec mes meilleurs vœux pour 2018.

    1. En lisant mon billet vous verrez que je suis contre la torture des animaux, contre leur abattage en masse et contre la destruction de notre environnement. Meilleurs vœux à vous aussi !

    2. Actuellement on s’accorde sur les chiffres de 140 milliards d’animaux Terrestres et 1000 milliards d’animaux marins tués par année pour la consommation humaine !!
      À ce rythme, je doute que notre planète y résiste encore longtemps…
      C’est JUSTE DE LA PIRE FOLIE

    3. Combien de plantes sont tués par année… De plus en plus de recherches nous montrent que les végétaux communiquent et se défendent…
      Pourquoi ne pas défendre les plantes?
      L’homme n’est pas le seul animal qui détruit son environnement, il est le seul qui bouge facilement et qui n’est pas détruit rapidement par ses propres erreurs.

  5. M. Münster
    Il est bien évident que je partage certaines de vos réflexions.
    Ceci dit vous auriez pu reconnaître aux antispecistes les risques qu’ils ont pris et qu’ils prendront encore pour réaliser ces vidéos qui au final informent ENFIN le consommateur suisse de la triste et sordide réalité de nos élevages et de nos abattoirs ! Il y a encore peu, la plupart d’entre nous, convaincus de la dureté des lois suisses en la matière, nous complaisions à imaginer que nos animaux de rente étaient ceux que nous montrent à longueur de journée les pub télévisées de la Coop ou de la Migros !
    Sans eux vous n’auriez peut-être jamais réfléchi à cette question de la bientraitance animale.
    Or, grâce à ces militants, qui je le rappelle encourent des sanctions pour avoir dénoncé et mis en lumière ces situations, les images sont là et on ne peut désormais plus ignorer cette thématique.
    Vous avez surtout relevé la question des droits que l’on devrait accorder aux animaux. Ce n’est pas le propos majeur de l’antispeciste. Notre discours est plus axé sur la liberté et les besoins de chaque espèce.
    Je serais cependant curieuse de connaître votre opinion sur les raisons qui font que nos animaux domestiques ont clairement bien plus de droits et de privilèges que nos animaux de rente. À intelligence pourtant égale voire supérieure (cochons, chevaux).
    Un autre point est celui de l’anthropomorphisme : les récentes découvertes en éthologie dont vous ne semblez pas avoir connaissance, reconnaissent au contraire aux animaux des compétences et des sentiments jusque là ignorés, par exemple l’empathie et la solidarité, dont l’homme, qui reste sans concurrence aucune l’espece la plus cruelle et destructrice sur cette planète, ferait parfois bien de s’inspirer…
    Une petite image pour vous illustrer enfin tout ceci: quand nous plaçons nos anciens en EMS, qui leur manque le plus? Le petit-fils qui ne vient trouver sa grand-mère que 2-3 fois l’an, ou le petit chien ou chat qui lui n’a jamais fait défaut ?
    Oui, il est temps de revoir notre rapport à l’animal. Merci donc aux antispecistes d’initier enfin ce débat !

    1. merci de votre commentaire; j’ai comme vous l’idée que les animaux de rente et les animaux domestiques doivent avoir les mêmes droits. Et je ne suis de loin pas convaincus que tous nos chiens aient une existence digne de ce nom. Certains sont maltraités, d’autre tenus dans des conditions totalement contraires à leurs besoins, sous couvert de l’amour que leurs propriétaires leur portent.

      1. Mais comment voyez-vous cette égalité se mettre en place, sachant que la loi est pareille pour les deux catégories :
        – un producteur ou un propriétaire de chiens pourrait sans vous choquer élever et abattre ses Animaux pour pouvoir les manger ?
        – Ou l’OPAn devrait aussi imposer aux propriétaires de cochons de les promener chaque jour comme c’est le cas pour les chiens?

        1. Un propriétaire/éleveur de chien, ou tout autre animal de compagnie, PEUT abattre le dit animal pour manger. Le fait qu’il ai un nom rend les choses compliquées. Et oui, un nom, ça change totalement le regard que vous avez sur l’animal, car nommer est une marque d’affection, en général. Et… C’est tout.

          -Alors, le risque avec les cochons, c’est que s’ils ne sont pas nourris, ils risquent d’essayer de vous bouffer. Et croyez moi, un troupeau de.bêtes de 200 kg, plus rapides qu’eux ou pas… Mais les éleveurs savent ce qu’ils font. D’ailleurs, ce n’est pas la promenade qui rendra un cochon heureux, alors que c’est primordial pour le chien : un cochon préféra jouer et fouiller dans le sol (à fortiori dans les sous-bois), et rien n’empêche de combiner les deux.

        2. En Suisse, il est effectivement tout à fait possible d’abattre son chien ou son chien (ou son rat, son hérisson, son hamster ou son canari) pour le manger. Rien ne l’interdit.

  6. Je vous remercie M. Muenster de votre article très intéressant. À la base nous sommes des prédateurs aussi, la prédation est la loi de la nature sans justifier la souffrance infligée aux animaux de rente. Ces animaux ont besoin des émotions de peur des prédateurs et de plaisir de naissance et d’accouplement pour bien vivre.
    À l’abbattage ne leur permet pas de fuir le danger et c’est ici la question, ils sont enfermés et n’ont pas d’options pour utiliser leur intelligence et leur instinct de survie, ce qui explique leur état de détresse. Contrairement à l’etre humain, un animal n’a peur de la mort que lorsqu’il l’affronte, il n’y pense même pas. Depuis la révolution agricole la donne a changé, nous n’avons plus besoin de les comprendre puisque nous ne leur devons plus de compte à rendre, c’est à dire que les chasseurs cueilleurs devaient comprendre les prédateurs pour ne pas être mangés par eux et les proies pour comprendre comment les chasser. Le monothéisme a renforcé cette attitude. De toute façon tout être mourra mais ce qui est triste est de voir et d’attendre la mort en chaîne. Je pense aussi que si ces animaux seront libérés dans la nature ils auront la capacité (après un certain temps) de s’y adapter. Ce qui augmentera le nombre de prédateurs et menacera notre existence. Pour finir nous nous séparons de plus en plus de la nature en créant un monde de plus en plus virtuel propre à nous et à coté et cela il y une conscience qui se développe en faveur d’elle.

  7. Le courant antispécisme est incohérent de nature. Lors d’un reportage sur la TSR, on voyait une militante promener son chien en laisse. N’est-ce pas de l’asservissement ? Les animaux domestiqués ont été privés de leur volonté et liberté pour nos propres besoins affectifs que nous aimons croire partagés. Pour moi, cela révèle que l’antispécisme est un plus un courant anthropologique affectif qu’une réflexion idéologique profonde.

  8. Les carnivores devraient manger surtout de la viande, leur système digestif est ainsi fait. Dans les crottes d’un renard on y voit quelques os de souris, quelques poils et aussi des noyaux de cerises. Que donne-t-on à manger à nos chats et chiens ? Comme la viandes est trop chère, on leur donne des céréales, aromatisées à l’arôme de viande, avec parfois un peu ou plus de viandes de déchets! Et l’on peut voir ces pauvres bêtes, qui n’ont pas un système digestif adapté, faire des crottes liquides, puantes et parfois se frottent le derrière dans l’herbe pour s’essuyer !
    Pour les ruminant, les vrais herbivores, leur système est adapté, d’une part par ses différents estomacs et d’autre part par ses 40 mètres de boyaux pour une vache. Mais, business avant tout, pour tripler la production de lait, il est impossible de de tripler les rations d’herbe. Alors on y ajoute des protéines, des matières grasses et toujours plus, même de la poudre de viande et de sang etc. Les vétérinaires savaient pourtant que par leur digestion particulière, les temps d’attente dans ses estomacs sont long et les protéines de viande fermentent et produisent es toxines. D’où la vacher folle et les résultats malheureux.
    L’homme est un omnivore, avec un système digestif adapté et peut consommer de la viande, ou mieux, des produits laitiers, des œufs, du miel etc. etc.
    L’alimentation humaine végétarienne est excellente si l’on respecte certains principes de nutrition, notamment durant la croissance. Les protéines, sont formées d’une vingtaine d’acides aminés, dont certains (8) sont essentiels, c’est à dire qu’ils doivent se trouver dans la nourriture, notre système digestif ne pouvant pas les fabriquer.
    Les besoins de l’humain en protéines sont différents durant la croissance (dès la naissance jusqu’à 20 ans environ) que pour les besoins de l’adulte. En résumant on peut dire que le profil des acides aminée durant la croissance correspondent à la composition des produits laitiers et des œufs et pour l’adulte, les protéines des céréales et les haricots sont parfaites et équilibrées. Donc, la meilleure façon de se nourrir consisterait à être végétarien, mais en ne rejetant pas les produits laitiers entre autres.
    Par contre, pour les végétaliens ou végans. qui bannissent tout ce qui vient d’un animal, y compris dans leur habillement, il ne s’agit plus de nutrition, mais d’une secte dangereuse, car les parents qui ne donnent pas des protéines de qualité à leurs enfants, sont des criminels. Récemment un médecin a dénoncé les nombreux cas de carences d’enfants végans, en forte augmentation dans les cliniques.

  9. Comment peut on se dire ” contre la maltraitance animale”
    & ecrire dans son propre article ” . Ainsi, si vous choisissez de cuisiner des rognons à la dijonnaise à vos enfants, vous ne serez responsable de la mort d’aucun animal.” ?
    La franchement…
    Votre article comporte quelques elements intéressant, mais quand je lis certaines phrases, je me demande si vous vous êtes vraiment relu avant de poster. Je me demande meme si vous vous etes renseigné un minimum sur les conditions d’abattage en Suisse ?… Je vous conseil, sans condescendance, de vous renseigner aussi sur la dissonance cognitive, qui vous permettras d’approfondir.

  10. Pour moi l’antispécisme révèle simplement l’évolution de notre société. Le fondement c’est le rejet de la violence et de la souffrance. De plus en plus la violence et la souffrance sont devenues intolérables. On le voit dans tous les domaines, de l’éducation des enfants à la fin de vie, des relations sociales à la résolutions de conflits. Celui qui donne une baffe est coupable, toujours maintenant. L’antispécisme est juste une conséquence d’une évolution bien plus ample. Après certainement il y a aussi un aspect religieux, un quasi but religieux, qui vient remplir l’abandon du christianisme de notre société. On ne peut pas comprendre l’antispécisme sans tenir compte de ces deux phénomènes.

  11. Bravo et merci à toutes et à tous pour parvenir à nourrir (;-)) un débat respectueux !
    Quelques questions me viennent à l’esprit :
    – Il y a des abattages totalement irrespectueux. Ce sont même la majorité des abattages d’animaux “de rente” en Suisse, …et nous ne sommes encore que des gamins par rapport à ce qui se fait aux USA. Pourquoi ? Ne serait-ce pas principalement parce que nombre d’intermédiaires entre l’éleveur et le consommateur veulent s’en foutre plein les fouilles ? Parque que nombre de consommateurs ne peuvent pas ou ne veulent pas (préférant partir aux Maldives ou ailleurs…) dépenser pour leur alimentation plus que quelques pourcents de leur revenu ? …
    – Que ferons-nous, que ferons les paysans, de tous les pâturages et autres alpages si nous voulons renoncer totalement à la production animale ? N’est-ce pas là la meilleure ou la seul manière d’entretenir et de valoriser aussi des surfaces importantes, incultivables, afin qu’elles permettent elles aussi de nourrir des humains nombreux et de tenter de préserver une occupation un tantinet décentralisée du territoire ?
    – J’ai élevé et engraissé des animaux. J’ai gratté mes cochons derrière les oreilles (parce qu’ils raffolaient de ça !). J’ai passé des heures à rassembler cochons et autres poules qui s’égayaient dans le maïs lorsque je les lâchais un moment (non sans leur avoir demandé de rentrer avant le coucher du soleil… quels garnements, et pourtant je recommençais…). Chaque cochon avait un nom. Il en est que j’ai savouré après les avoir gratouillés. Un jour je mourrai, c’est certain, mais ce jour-là, leur place a passé de dans la porcherie à dans mon assiette et je m’en pourlèche encore les babines. Où est l’erreur ?
    – Plus j’en apprends sur d’autres types d’êtres vivants qui composent le règne végétal, plus je suis confus : les plantes souffrent, les arbres communiquent, nombre de végétaux vivent en symbiose avec d’autres organismes, … où placer la limite entre ce que j’ai le droit d’occire pour me nourrir et ce que je ne dois pas toucher sous peine de ne plus pouvoir me mirer dans mon plus beau miroir ?
    – … ?
    Merci encore et bonne et heureuse Nouvelle Année !

    1. Vous voyez souvent des cochons dans les champs ? Beaucoup d’animaux sont élevés pour la viande sans mème avoir été une fois dans l’herbe

  12. Pourquoi devons nous considérer les animaux supérieures aux végétaux?
    Plusieurs plantes contiennent ou accumulent diverses substances chimiques qui sont toxiques pour les animaux.
    Les plantes communiquent, se défendent,… si elles seraient à notre service pourquoi le feraient elles?

    1. En l’etat de nos connaissances , les plantes et certains mollusques n’ont pas de système nerveux central et par conséquent ne ressentiraient pas la douleur
      Ce qui fait la différence c’est toujours la souffrance
      Et reconnaissez le: on a moins de peine à cueillir une tomate que de trancher le cou à une poule ou d’enuquer un lapin qui se débat avec un gourdin ! N’est-ce pas ?

  13. Juste une réflexion sur l’histoire de chacun, je ferai. Et pas de philosophie.
    Je suis né dans une ferme, quelque part au nord de Lyon. Du coup j’ai grandi au milieu des poulets, des veaux, des cochons et des chiens. J’ai joué avec des poussins que j’ai parfois mangés quelques mois plus tard, et j’ai aussi pleuré quand mourraient mes chiens. Mon père rapportait lièvres et faisans de la chasse et c’était une fête. Nous mangions des animaux que nous aimions raisonnablement.
    Je fus un peu éleveur, je suis encore chasseur. Manger ce que l’on chasse est une belle expérience. Chasser, tuer , éviscérer, dépecer et cuisiner, on pèse ce que l’on fait.
    Savez-vous que devenir un vieil animal dans la nature sans maison de retraite ou d’hôpital est une fin terrible ?

  14. Bonjour Marc Muenster,

    Je viens de lire votre billet avec attention.
    Si, comme l’écrit Fanny, il révèle plus sur vous-même que sur l’antispécisme – dont vous semblez ignorer les contours exacts, comme l’a souligné Yves Bonnardel dans son exposé -, je trouve qu’il témoigne en fait de vos préoccupations du moment, à savoir le spécisme, le vôtre, que vous désassemblez autant pour vous-même que pour nous.
    Il n’en reste pas moins que vous assemblez les pièces de votre puzzle spéciste, je pense, pour former un biais de confirmation destiné vraisemblablement à vous y conforter.
    Je ne peux – ni ne veux – aller contre vos croyances, et je profite de mon commentaire pour vous souhaiter une bonne année et de nouveaux billets (que je compte suivre désormais).

    Véganement vôtre

    1. Bonjour, il est intéressant de constater combien beaucoup de critiques sur mon articles semblent beaucoup en savoir sur moi, sur ce que je sais et ne sais pas, et évoquent un biais cognigitif, sans jamais entrer en discussion avec les aspects que je cite.
      Je vous avoue que malgré moi, cela renforce plutôt mon (notre) biais cognitif, et que je dois faire un effort pour ne pas simplement vous retourner l’argument.
      Je vous souhaite une belle journée,

      1. Bonjour,

        je découvre votre article un peu tard, peut-être ne lirez vous jamais ce commentaire !

        En gros, je suis d’accord avec vous, et je trouve beaucoup des commentaires qui contestent votre argumentation assez spécieux : jamais en effet ils ne reprennent vos arguments sur le fond. C’est malheureusement la règle en général.

        Il reste néanmoins un point que vous n’abordez pas et qui est le fondement même de la philosophie prônée par M. Singer : de quel droit, lorsque nous pouvons l’éviter, infligerions nous de la souffrance à un animal doué de conscience et de sensibilité ? Déjà Darwin le notait : il n’y a entre les animaux qu’une différence de degré, non de nature (même s’il y a bien des différences fondamentales entre nous et les autres animaux, comme vous le notez dans la partie intitulée “Et l’antispécisme fut”). Ainsi, pour M. Singer, chaque être sensible devrait avoir les mêmes droits, et les dénier est la justification centrale du spécisme. CQFD, et c’est assez difficile à contredire, sauf à établir que cette considération éthique n’est pas respectable (au sens propre), ce qui est quand même très compliqué.

        Les critiques qui vous sont adressées sur le thème “inutile de se réfugier derrière un état de nature assez irrationnel dans le fond et de se référer aux anciennes nécessités de survie pour justifier de manger de la viande” sont dans le fond assez bonnes. Nous ne sommes plus des chasseurs / cueilleurs, et nous avons désormais le choix de ce que nous mangeons, donc plus aucune raison se référant à un besoin ou une nécessité, selon les végétariens ou les vegans, de manger de la viande.

        Avons-nous donc vraiment besoin de protéines animales ? Devons-nous nous soumettre à l’injonction éthique formulée par les anti-spécistes ? C’est toute la question, et il me semble qu’elle est assez mal instruite aujourd’hui, et relève donc d’un positionnement individuel. En attendant d’y voir plus clair, je fais comme vous : je mange beaucoup moins de viande, mais j’en consomme quand même, et je n’ignore pas que toute l’histoire de la vie sur terre n’est que celle d’un long cycle de prédation, auquel il est peut-être un peu prétentieux de vouloir se soustraire.

        Quand aux excès des végans, cela vaut-il vraiment la peine d’en parler ? Faut-il rappeler que M. Singer lui même est un philosophe utilitariste, qui considère qu’il faut toujours rechercher les meilleures conséquences possibles lorsqu’on a le choix de ses actes, et qu’il n’est vraiment pas clair que le véganisme mène au meilleur des mondes possibles ? Le dogmatisme est un poison lent mais très efficace.

  15. Les antispécistes prônent une égalité de traitement entre les espèces “sentientes” comme l’être humain, l’ours, la vache, le cochon, la poule ou le renard…etc etc.
    Dans ce cas, pourquoi seule l’espèce humaine (l’animal humain) devrait-elle changer son mode alimentaire omnivore ? Parce qu’elle est la seule à se poser cette question ? Parce que les antispécistes la considère supérieure à toutes les autres espèces animales ?
    Les antispécistes ne seraient-ils pas des spécistes qui s’ignorent…..les spécistes ultimes ??

  16. Bonjour .. en préambule , quel plaisir de consulter enfin un débat ou les opinions de tous sur ce sujet sensible sont exprimées avec courtoisie ! .. ensuite , merci Mr Munster pour la précision de votre exposé qui m’a beaucoup aidé en ce sens qu’il présente pour moi , contrairement à ce qui a été dit plus haut , une explication objective car basée sur des faits me semble t’il assez évidents , simple à comprendre et d’une grande logique ( beaucoup apprécié notamment l’oubli implicite de ” mort .. souffrance ” comme parties intrinsèques de la vie ainsi que la description de l’évolution ” survie .. vie .. qualité de vie ” qui renvoie à notre société ou tout est tellement abondant que l’on a le luxe de refuser ) … bravo … pour l’accusation d’un “puzzle spéciste” , vu votre réponse ferme mais mesurée , je serai très intéressé de lire dans le futur vos réflexions , d’une part sur ce vocabulaire connoté négativement ( carniste , cadavres , meurtre en parlant d’un animal destiné à la consommation légale .. etc .. ) , et d’autre part sur le fait que l’argument consistant à dire que chacun a le droit de manger ce qui lui convient est très souvent rejeté par les végans .. Je terminerai d’ailleurs en précisant que je n’ai absolument ressentiment envers la cause végan , que je suis même d’accord avec certains points comme la surconsommation et les conditions d’abattage par exemple , mais tout simplement que je ne suis pas partisan d’un diktat alimentaire au nom d’un anthropomorphisme que je ne partage pas … bonne journée à tous ..

  17. Bonjour,

    Billet très intéressant mais…

    “L’écosystème animal est toujours et encore régi par la loi du plus fort”

    A faire retourner Darwin dans sa tombe, “la loi du plus fort” est une pure invention humaine issue de certaines idéologies philosophiques et/ou politiques et ne régit en aucun cas la nature.

    Prenez un étang composé de poisson et de grenouille, un changement environnemental apparaît et l’étang perd son oxygène. Tous les poissons mourront mais les grenouilles survivront, pourtant ces dernières ne sont en aucun cas plus fortes que les poissons.

    La nature est régit par la loi du plus apte, non du plus fort.

    Une chose importante, hormis toute considération religieuse, nous faisons partie du monde animal (il n’y a pas un monde animal et un monde humain), nous sommes des singes (ceci n’est en aucun cas une insulte, bien au contraire) par contre nous sommes doté d’une conscience très évoluée qui nous confère des responsabilités.

    Autant j’ai de la peine avec les antispécistes qui essayent d’imposer par des méthodes extrêmes leur vision (même si je la respecte), j’avoue qu’il est plus constructif de discuter avec un végétarien voir un végétalien, autant j’ai de la peine avec les spécistes qui n’assument pas, si on choisit de tuer des animaux pour le plaisir de vivre (et non de survivre comme vous l’avez justement écrit) on ne cherche pas des excuses pour se déculpabiliser “d’être spéciste”.

    “Il n’est aucune mort qui soit belle ou agréable”

    Expliquez-moi alors comment peut-on tuer un animal “dans le respect” si ce n’est pas pour se déculpabiliser soi-même?

    Cordialement.

    1. Merci pour votre commentaire, et surtout votre dernière question: “comment peut-on tuer un animal “dans le respect” si ce n’est pas pour se déculpabiliser soi-même?”.
      Il n’y a pas besoin de se sentir coupable pour vouloir faire bien les choses. Vous m’avez répondu “dans le respect”, sans pour autant vous sentir coupable d’avoir un avis différent du mien. Et tuer un animal “dans le respect” est pour moi le faire en le considérant comme un animal et non pas une chose, c’est à dire le faire sans lui infliger de souffrances inutiles, en étant conscient du fait que l’on tue un être vivant, et en le consommant ensuite en son entier, sans en jeter des parties.

      1. Tuer c’est infliger une souffrance on peut donc imaginer que tuer un animal “dans le respect” c’est lui infliger le moins de souffrance possible si je vous comprend? J’en déduit, c’est mon avis, que tuer est une souffrance inutile si la finalité est pour le simple plaisir de vivre.

        Consommer un animal tué en son entier, sans gaspillage et à mes yeux pas une question de respect, mais une obligation, cela va de soi.

        Je tiens à préciser que je mange de la viande, très peu, je sais que c’est une mauvaise chose, je culpabilise et je l’assume. Je ne le défend pas, ne l’excuse pas, je remercie et félicite ceux qui ont réussit à s’en sevrer.

  18. Dans tout ce que je lis, je remarque en souriant tout le mal que certains se donnent pour chercher dans des considération philosophiques et morales absconses à condamner cette nouvelle invention qu’est le concept de spécisme. Mais que vaut cette prétendue morale antispéciste, apanage d’une classe bien particulière de citoyens occidentaux urbains, écolo-bobos, bien nourris, logés, chauffés, soignés, distraits, à tous points de vue privilégiés, au point qu’ils dorlotent leurs chihuahuas comme des enfants de nababs? Rien. En tout cas, pas plus que celle de l’ homme qui chasse les animaux pour se nourrir, se vêtir, se réchauffer, se défendre, se protéger, se soigner, obéir à sa nature, ses pulsions et ses instincts. En réalité, on est purement dans le domaine du religieux, des considérations idéologiques sur la vie, la mort, la Nature et la place de l’Homme. Ces conceptions singulières n’ont aucune valeur universelle devant s’imposer à tous. Ensuite, comme pour toute idéologie (qui ne part jamais d’une réalité mais d’une construction intellectuelle), y rentrer interdit d’en sortir, et aller jusqu’au bout aboutit à un ensemble d’apories, de fascisme et de catastrophes. En imaginant une humanité intégralement et “intégristement” végan, on arrive…à sa disparition.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *