Donald Trump: Le président de la division et de la peur

Si après plus de trois ans de présidence de Donald Trump certains en doutaient encore, les dernières émeutes nationales parties de Minneapolis sont une nouvelle preuve de sa polarisation. Non Trump n’est pas le président de “la loi et de l’ordre” comme il vient de s’autoproclamer. Il est le président de “la division et de la peur“.

Après une sixième nuit d’émeute aux Etats-Unis, le ton continue de monter. La tension grimpe encore d’un cran et le président poursuit sa démonstration de force désunie. Pour ceux qui en doutaient encore, il ne faudra pas compter sur l’ancien magnat de l’immobilier pour calmer le pays. Si la pression et l’intimidation peuvent fonctionner pour faire fortune dans la pierre et la télé-réalité, ce qui est vrai dans « The Apprentice » ne l’est pas à la tête d’une nation. Une fois encore Donald Trump sème la méfiance et la séparation avec sa réaction inadaptée aux violences et émeutes dans tout le pays. Mais ce n’est ni la première, ni la dernière fois qu’il ajoute de l’huile sur le feu. La preuve en cinq points.

Une campagne présidentielle détestable
Rarement, une campagne présentielle aura été d’une si grande bassesse et médiocrité aux Etats-Unis. A la fin de l’été 2016, au sortir d’une primaire démocrate déjà bien clanique, Donald Trump et Hillary Clinton s’affrontent becs et ongles. Deux personnages peu rassembleurs, des mensonges, des investigations et des débats d’une grande violence. Clinton s’y était pris les pieds, et Trump avec sa rhétorique « America First » avaient triomphé. Un discours populiste qui avait plu et un pari réussi pour remporter le vote des délégués (ou grand électeurs). Pas assez pour le vote populaire, mais qu’importe l’essentiel était acquis. La défaite populaire était déjà due aux « fraudeurs démocrates ».

Premières salves contre les musulmans et les Mexicains
Non content d’être arrivé au pouvoir dans un climat déjà tendu, Donald Trump ne va pas se poser en rassembleur. Bien au contraire. Ses premières mesurent sont d’accuser les musulmans et les Mexicains d’être néfastes au pays. En soupçonnant les uns d’être un danger pour les Etats-Unis et les autres de trafic de drogue. Suivra une interdiction par décret d’entrer sur territoire américain pour certains pays musulmans et une longue bataille personnelle pour la construction d’un mur à la frontière mexicaine. Le dernier cas ira jusqu’à paralyser le pays en provoquant une division extrême entre démocrates et républicains sur le budget 2019.

Médias Réseaux sociaux :
Depuis le début de sa campagne électorale et chaque jour maintenant, Donald Trump a pris les Américains en otage sur les réseaux sociaux. Tweet provocateur d’un côté, message fort et politique de l’autre. Sans oublier les interventions privilégies sur Fox News ou les accusations mensongères accusant à tort CNN de fake news. Le cas Jim Acosta avec le retrait par la présidence de son accréditation à ce journaliste de CNN sera l’apogée.
Pire avec les émeutes de Minneapolis, Donald Trump a réussi créer le trouble entre Twitter et Facebook. Le premier réseau classant ses tweets sur les émeutes à haut risques et les masquant, le second réagissant avec un silence perturbateur. Mark Zurkerberg sera presque soupçonné de complaisance envers le président, ses employés grondant. Quelle division.

L’Université of California d’Irvine où j’étudiais en est d’ailleurs arrivée à elle aussi devoir se justifier sur ses positions après des tensions entre manifestants pour George Floyd et des pro Trump. La publication sur les réseaux d’une « possible « »photo « » d’un de ses étudiants pro Trump avec le logo de l’école flanqué sur sa voiture a nourri les tensions. L’Université a rappelé ses valeurs humanistes et l’égalité pour tous. Tout ceci, dans ce qui est pourtant la 3ème ville la plus sûre des Etats-Unis et une des plus ouvertes.

Repli, taxes et tensions internationales
Depuis l’investiture du 45ème président des Etats-Unis, le pays s’est enfermé et replié comme rarement. Cela a commencé par le retrait de l’accord de Paris, cela a escaladé avec la Chine sur les tarifs. Puis, cela a continué avec les taxes sur l’aluminium, l’industrie européenne ou encore maintenant avec l’OMS. La fin des relations décidée unilatéralement par Trump est un nouveau signal fort d’un «America first ». Nous n’avons besoin de personne d’autre pour réussir et maintenir la santé et la puissance des USA. Quelle drôle de réponse du pays qui est parmi les plus touchés par le Covid19 provoquant une pauvreté un chômage très élevé.

Tensions raciales et religieuses
Dernier exemple, celui peut-être le plus éloquent. On se saura jamais s’il s’agit vraiment d’une parole délibérée, d’une erreur naïve ou d’un calcul politique. Mais prendre les tensions raciales et la religion en otage sont une énième preuve et certainement l’erreur la plus grave. Créer autant de divisions et désunions profondes autours de ces thèmes ne peut qu’attiser la peur et la haine. En 2017 à Charlottesville, Trump déclarait qu’il y avait “des gens biens et des gens méchants des deux côtés des manifestants” lors d’une allusion aux blancs-suprématistes. Très critiqué, il s’en était sorti avec des excuses.

Mais aujourd’hui, en 2020, au sortir d’une crise covid19 où il n’a fait que pointer du doigts les états démocrates, cette nouvelle salve sur la loi et l’ordre passe mal. Mobiliser la garde nationale est une chose. Demander l’intervention de l’armée face aux pillages et à la violence en est une autre. Mais qualifier les manifestants de « terroristes intérieurs » est certainement beaucoup trop exagéré. Calcul politique et mobilisation de sa base ou non. Ce d’autant plus, que Donald Trump a également pris l’église en otage. Avec son vice-président Mike Pence, il dispose pourtant déjà d’un fervent chrétien et ultra conservateur sur les questions sociétales et religieuses. Mais il a fallu qu’il pose avec une bible devant l’église épiscopalienne Saint-John en plein milieu des violences. L’évêque s’est d’ailleurs dit outrée de cette utilisation d’image.

Alors non, Donald Trump n’est pas le responsable des divisions et tensions raciales dans le pays comme certains voudraient le faire croire. Le professeur Mohamed Mahmoud du Graduate Institute le rappelle aussi dans Le Temps. « Trump ne fait que tirer parti avec son idéologie. » De plus, les questions d’égalité ou raciales ont été des actes fondateurs dans le développement du pays de Georges Washington. Que ce soit les batailles pour les droits civiques au milieu des années 1960-1970 ou la discrimination envers les minorités religieuses avant les guerres mondiales. Il faut aussi rappeler que Barack Obama en personne avait connu des violences et révoltes. Egalement autour de la violence policière auprès afro-américains. Mais lui au lieu de se présenter en faiseurs de loi et d’ordre, il avait été un homme rassembleur. Donald Trump a pris le pari de la division et de la peur afin de galvaniser sa base en vue d’un deuxième mandat. L’histoire et les Américains jugeront bientôt.

Ils sont partis tenter leur chance aux Etats-Unis: Qui a réussi, que sont-ils devenus ?

Voici quelques semaines maintenant, nous avions abordé dans notre précédent article le thème du rêve américain avec toutes les questions, succès et échecs qui peuvent l’accompagner. Petit voyage et plongée au cœur de la vie et de la réalité de ceux qui ont tenté l’expérience. Témoignages et confidences.

“Vous avez la chance d’être dans le pays où tout est possible et dans l’une des meilleures universités de la région pour quelques mois. Alors profitez de ce temps et soyez reconnaissants car beaucoup aimeraient être à votre place”. Je me souviens parfaitement des paroles de Kelly, la doyenne de notre université à Irvine. Originaire d’Asie mais née aux Etats-Unis, elle nous avait adressé ces mots avec sa voix empreinte d’émotion (comme souvent ici), qui sonnaient tant comme une bienvenue tant comme un rappel à la reconnaissance. Si certains d’entre nous n’étaient là effectivement que pour quelques mois, d’autres avaient toutefois bel et bien une autre intention, celle de lancer une nouvelle vie en Amérique.

La fameuse université d’UCLA à Los Angeles

Pour moi, entendre ceci était assez nouveau et exceptionnel, puisque je ne savais pas réellement dans quelle catégorie me ranger. Puis, au fil des jours et des semaines, je fais la connaissance de personnes qui ont émigré ici voici plusieurs années et aussi d’autres étudiants qui viennent d’arriver tout comme moi, mais qui ont un plan bien précis. Soyons néanmoins honnêtes dès le début, on dit souvent que tout est possible aux Etats-Unis, et c’est peut-être vrai. Toutefois, ceux qui tentent et réussissent de rester de nos jours en Amérique, ont souvent beaucoup d’argent et de forts soutiens (pas seulement financiers) derrière eux.

De jeunes gens intelligents et avec des moyens financiers
Le premier exemple est celui de cet universitaire chinois qui étudiait le programme business et administration. Sans forcément nous l’expliquer clairement, on comprend que Vincent a énormément de ressources financières et que son cursus et parcours universitaire ne s’arrêteraient pas après quelques mois. N’ayant pas été admis dans la prestigieuse UC Berkeley, il est toutefois accepté dans la nôtre, celle d’Irvine (Université of California Irvine), et a de plus déjà reçu une promesse de contrat assortie d’une demande de visa par une grande entreprise internationale chinoise. Il est certain que dans ces conditions-là, il partait avec plus d’une longueur d’avance sur tous ceux qui souhaiteraient réaliser leur rêve américain. A l’heure actuelle, Vincent travaille et habite dans la région de Los Angeles.

Un autre chanceux, est l’histoire de Sony un étudiant Taïwanais en mathématiques. Issu d’une famille fortunée de la capitale Taipei, il sait rester très humble et ne parle jamais de ses origines. Tout juste, m’explique-t-il qu’après son Bachelor en finance à Taiwan, il a ensuite géré un fonds de plusieurs millions. En venant en Californie, il cherchait un sens à sa vie et s’est donc inscrit pour un an à UCLA pour parfaire sa formation. Etant devenus amis entre temps, il m’a dernièrement écrit qu’il avait brillamment passé le test GMAT (test universitaire américain) ainsi que celui d’entrée du l’université du Massachusetts à Boston. Il est ainsi actuellement étudiant en master d’ingénierie mathématique de l’autre côté du pays.

Le Massachusetts Institute of Technology

La réussite par le talent et le travail
Soyons francs, ces jeunes gens avaient toutes les bases et des soutiens inconditionnels pour réussir. Toutefois, il est aussi possible d’y arriver par d’autres chemins, ceux que je considérerais déjà plus proches de l’archétype du rêve américain: comme celui de cette famille Iranienne que j’avais rencontrée. Les parents avaient fui leur pays au début des années 1980 peu après la révolution. Leur fille maintenant âgée d’une trentaine d’années est née sur sol américain. Ayant eu la chance de travailler avec elle, la jeune femme est confortablement intégrée et installée en Californie dans la région de Los Angeles. Diplômée de la fameuse Université du MIT (Massachusetts Institute of Technology), elle travaille pour une entreprise dans le domaine scientifique et est très fière de son père. Cependant, cela ne fut pas sans une multitude de sacrifices et des premières années dans des conditions particulièrement difficiles à l’arrivées des parents, avec notamment des premiers emplois précaires.

Parmi ceux qui ont également réussi, il y a aussi Romil, un étudiant venu d’Inde. Ce n’est d’ailleurs pas un secret de dire que beaucoup d’Américains originaires du pays du Taj Mahal habitent aux Etats-Unis. L’Inde fait en effet, figure d’un des pays ayant le plus d’immigrés en Amérique et ses ressortissants à l’instar des Chinois ou Mexicains peuvent compter sur l’aide d’un très bon réseau de double-nationaux. Concernant mon ancien comparse Romil, après des études à New Dehli et à Los Angeles, il enchaîne plusieurs stages afin de décrocher le job de ses rêves chez Uber. Dans la région de San Francisco, ce nouvel analyste financier est conscient qu’il a eu beaucoup de chance d’être soutenu par une grosse entreprise et surtout d’avoir eu son dossier accepté par l’énorme machine ou monstre administratif pour les visa d’immigration aux Etats-Unis. Il savoure et profite maintenant, mais il sait pertinemment que rien n’est jamais ancré dans la pierre, puisqu’il suffirait de perdre son emploi pour perdre son visa. Ce qui pourrait potentiellement le ramener dans son pays d’origine. Oui, comme déjà mentionné dans un ancien article, aux Etats-Unis il est très facile de passer du meilleur au pire et inversement à un rythme très rapide. Notez que ceci est aussi malheureusement valable pour les Américains qui peuvent perdre leurs maisons, leurs jobs ou toute une vie en quelques jours.

La réalité n’est pas si rose
Si nous avons jusqu’ici découverts que des jeunes gens pour qui l’aventure américaine s’est révélée être une réussite, d’autres non pas forcément eu ces honneurs. Pour 100 personnes tentant le grand saut, on estime le taux de réussite tout au plus vers les 8%. Ce qui est déjà un bon chiffre. Dans ceux pour qui le voyage n’a pas été payant, on retrouve Li de Taiwan, Bela de Corée ou encore Alvaro, Eric et Marta d’Europe.

Bela, une jeune Coréenne de 26 ans, a étudié deux ans aux Etats-Unis (UCLA et UCI) dans la région de Los Angeles (Bachelor en poche), avant de faire un stage d’une année dans une entreprise d’informatique. Après n’avoir pu obtenir un visa de travail définitif en raison d’un système de loterie supplémentaire imposé aux entreprises, la compagnie américaine lui propose de s’exiler dans sa succursale chinoise pour un an, en attendant d’avoir les papiers nécessaires. C’est à dire pour recevoir un permis de travail H1B après avoir eu chronologiquement un visa d’étudiant et de stagiaire. Malheureusement pour elle, celui-ci ne viendra jamais, l’impatience de sa société accouplé à la lourdeur administrative ayant eu raison de son dossier. Après un purgatoire d’un an en Chine, elle retourne pleine de regrets en Corée. L’histoire est identique pour Li, ingénieur dans le solaire qui devait être engagé à travers une société sœur en Asie, mais le contrat de travail ne viendra jamais.
Et l’histoire se répète pour de nombreux autres étudiants comme Alvaro et Marta respectivement en Espagne et Italie, qui ont dû rentrer dans leur pays et espèrent revenir un jour avec un visa en bonne et due forme. Aux dernières nouvelles, le rêve semble encore être à quelque part dans leur tête, mais la probabilité s’amenuise de jour en jour.
Quant à Mohamed, un ingénieur civile turque, il a lui définitivement tourné la page, après avoir cherché un projet de construction sur place pendant 3 mois sans relâche.

Le Graal suprême
Outre décrocher un stage, un travail ou un visa depuis l’étranger, il existe évidemment d’autres possibilités légales d’y arriver.
Matilda, une Brésilienne a par exemple rencontré son futur mari à Newport Beach et a pu rester vivre avec lui en Amérique. Presque aussi beau que dans les films me direz-vous.
Il y aussi ce fils d’un riche industriel d’Europe qui a reçu la green card en échange d’un gros investissement de plus de 500’000 dollars. C’est ce qu’appellent les Américains un visa pour grands investisseurs. Néanmoins, il ne suffit pas d’injecter de l’argent pour garder votre sésame. Il faut que votre création d’entreprise génère au moins 10 emplois dits « viables » et que cet investissement de près d’un million de dollars soit pérenne à long terme, c’est-à-dire en croissance pendant au moins deux ans.

Enfin, la dernière solution est celle comme l’annonce le titre de l’article de “tenter sa chance”. En effet, il existe encore aux Etats-Unis la loterie de diversité qui a lieu chaque année. Remise en question par Donald Trump mais toujours d’actualité, ce concours permet chaque année à un peu moins de 50’000 personnes de demander un visa, celle qu’on appelle communément la green card. Parmi tous les participants, vous avez officiellement moins de 0.35% de chance de gagner mais c’est déjà plus de possibilité que de devenir millionnaire. Emre* (prénom d’emprunt, connu par la rédaction), un jeune homme d’une trentaine d’années originaire de Turquie et que j’ai rencontré sur place, est lui la preuve vivante que c’est possible. Il a en effet gagné une green card à la loterie de la diversité voici 4 ans maintenant. Bien que dubitatif au début, j’ai bien dû finir par avouer que c’était bel et bien véridique et qu’il avait comme on dit décroché l’impossible. Emre m’a d’ailleurs fait visiter son restaurant oriental lors de ma dernière visite à San Diego et il travaille d’arrache-pied pour réussir comme de nombreux Américains. Il semble être pour l’instant satisfait et heureux de son chemin de vie.

Pour conclure, en attendant un prochain article en préparation sur un Suisse qui a réussi à Los Angeles, l’histoire ne dit toutefois pas (encore) si Emre ou Romil sont devenus millionnaires au pays de l’once Sam ou s’il auront seulement tenté leur chance dans ce monde d’un business sans pitié.

@Photos Credits: Ludovic Chevalier, @Pixabay

Oui, l’Amérique fait encore rêver

Malgré les crises, les tensions diplomatiques, douanières ou d’immigration et la popularité plutôt basse de Donald Trump en dehors des Etats-Unis, le pays de la Harley-Davidson et Hollywood fait bel et bien encore rêver beaucoup de monde. Notamment une partie de jeunes travailleurs et étudiants internationaux. Récit et analyse de ceux qui ont tenté leur chance sur place.

Il faut tout d’abord avouer qu’aux Etats-Unis, il y a certainement des endroits plus accueillants et qui font rêver plus que d’autres. La Californie et le comté d’Orange County en sont certainement un très bon exemple. Une population jeune et dynamique, une région en pleine croissance économique et une université de haute renommée et qualité. La ville d’Irvine, à un peu plus d’une cinquantaine de kilomètres de Los Angeles, symbolise cette région prospère et riche (voir notre article sur la ville d’Irvine). La population est principalement constituée de travailleurs de la classe supérieure et de retraités américains aisés vivant dans des villas ou loft de qualité. On ne peut d’ailleurs s’empêcher de penser aux séries américaines telles Newport Beach, Sunset Beach ou encore Alerte à Malibu qui ne sont au fond pas une représentation si imaginaire et hollywoodienne que cela de la population locale. Où quand la fiction rejoint presque la réalité.

A côté de ces habitants que l’on décrira comme privilégiés, il y a toutefois également une proportion de travailleurs moins aisés, qui vivent avec un salaire proche du minimum légal en Californie (entre 12 et 15 USD de l’heure). Ils doivent d’ailleurs souvent cumuler deux jobs pour nouer les deux bouts dans un état où les taxes, le logement et le coût de la vie sont parmi les plus élevés du pays. C’est notamment le cas de Luis la quarantaine passée, un concierge dans mon ancienne communauté d’appartement, et venu d’Amérique centrale. Il me raconta dans un anglais très moyen et “hispanique” qu’il a tout quitté voici plus de dix ans pour venir au paradis, son rêve imaginé: aux Etats-Unis et en Californie. Il n’a malheureusement pas assez de temps et d’argent pour prendre des cours professionnels d’anglais, il se limite à un apprentissage basique de la langue sur les applications de son smartphone. La vie n’est ainsi pas forcément plus facile pour lui ici et il travaille plus de 15 heures par jour puisqu’il s’occupe en plus aussi du nettoyage d’un fitness tard dans la nuit. Mais, il m’avoue qu’il croit encore au rêve américain, à son rêve. Il ne sera probablement jamais riche, mais il espère que sa fille de quinze ans très douée à l’école sera un jour médecin. Et il travaillera jour et nuit pour cela s’il le faut, maintenant que son statut est régularisé. C’est ainsi aux Etats-Unis.

Dans ceux que le pays de Georges Washington et particulièrement la Californie fait aussi rêver, il y a une grande majorité d’étudiants internationaux. Venus de tous les continents, la plupart d’entre est originaire de pays émergents avec une formation supérieure. Ainsi, on retrouve de nombreux universitaires de Chine, Taiwan, Inde, Brésil, Turquie ou Arabie Saoudite. Certains ont de très gros moyens financiers chez eux, d’autres un peu moins. Mais ce qui les rapproche, est un pouvoir d’achat suffisamment élevé pour qui leur permet de venir étudier aux Etats-Unis.

Parmi ceux-là, il y a par exemple, Romil un étudiant en finance venu d’Inde, Sony, Li et Bela trois diplômés en ingénierie de Taiwan, Bruno et Matilda* du Brésil et *Emre (prénoms d’emprunt, connu par la rédaction) de Turquie. Tous ont en commun d’avoir réussi de brillantes études dans leur pays d’origine et d’avoir éventuellement un petit bagage professionnel. Attirés par les grandes universités américaines de renom, ils tentent leur chance afin d’obtenir un visa d’étudiant et poursuivre leurs cursus aux Etats-Unis. En effet, ils rêvent des plus réputées comme UC Berkeley, Stanford ou UCLA mais le niveau d’exigence d’entrée est très haut pour un étudiant d’un autre pays. Souvent, leur billet d’entrée pour leur rêve passe donc par des universités réputées mais plus accessible avec un visa d’étudiant étranger. Et comme me disait avec tout son patriotisme naturel la responsable des admissions de mon université à Irvine en Californie (membre de University of California), “l’Amérique avec toutes ses possibilités et opportunités reste très attractive et fait encore beaucoup rêver”.

Enfin, n’oublions pas ceux qui ont succombé au “charme” artificiel ou non de la bannière étoilée venus souvent de pays qui sont ou tentent de rester une grande puissance. On citera par exemple les Européens du Vieux-Continent avec en tête les Espagnols, Italiens, Français, Anglais ou encore les Japonais et Scandinaves.  Au contraire des étudiants des pays émergents, ils viennent pour la plupart avec moins de moyens financiers mais avec une certaine expérience sur place. Leur séjour est souvent motivé par une formation de perfectionnement ou l’envie de lancer un business. Imprégnés dès leur plus jeune âge par le branding et la culture américaine, et avec une idée bien précise du pays véhiculée à travers les films de Hollywood, ils passent souvent par un stade de désenchantement. Ce fut le cas pour Gonzalo de Madrid, Lisa de Rome et Yoiri du Japon. Un sentiment de déception face à la réalité et les inégalités sur place qui fera pourtant à nouveau très vite place à l’impression que tout est vraiment possible aux Etats-Unis. Le meilleur comme le pire. La définition du rêve en d’autres termes.

Alors, comment l’Amérique peut-elle encore nous faire rêver ? Vous retrouverez dans un prochain article l’expérience et le chemin parcouru par certains étudiants et professionnels internationaux qui ont tenté de vivre leur rêve américain.

Irvine et l’University of California : Histoire d’une ville planifiée

La ville d’Irvine située dans le comté d’ Orange County (Californie du Sud ) est un cas d’étude très intéressant pour comprendre comment certaines aglomérations américaines se sonts construites et développées. Bâtie de toute pièces pour son Université, la ville compte aujourd’hui plus de 250’000 habitants.

L’une des Universités les plus connues en Californie est sans aucun doute celle de Berkeley située au Nord de l’état. Forte d’une solide réputation, elle demeure avec celle historique d’UCLA (University of California Los Angeles) un graal difficilement accessible. Que cela soit d’ailleurs pour les étudiants américains ou étrangers. Outre des frais d’inscription et de scolarité exorbitants, une sélection drastique est au rendez-vous des plus téméraires.

C’est cependant oublier que le pays et la Californie regorgent d’autres établissements prestigieux. L’University of California d’Irvine en est un parfait exemple et l’une d’entre elles. Avec plusieurs prix Nobel et la visite de Barack Obama, ” l’UCI ” s’est construit un nom dans l’un des plus grands états du pays et certains professeurs de Berkeley enseignent également dans cette académie moderne et multi-culturelle.
Afin de comprendre l’histoire du lieu, il est intéressant de noter que ce campus et la ville ont été crées et construits de toutes pièces en 1965 seulement. Sous l’impulsion du président Lyndon Johnson voulant inaugurer de nouvelles universités, c’est toute une agglomération qui en a profité pour sortir de terre, dans ce qui n’était qu’un désert de gravier et de sable. Cette successtory à l’américaine a été permise grâce notamment à l’apport de la famille Irvine et de leur compagnie (Irvine Company) qui cédèrent les terres constructibles pour la ville et le complexe universitaire.


Les travaux conduits par l’architecte William Pereira, le petit ranch et ses fermes se sont transformés en une ville de 50’000 habitants, pensée et construite pour son Université. Tout fut savamment calculé, étudié et planifié au point que les architectes de la Grèce Antique ne renieraient pas cette nouvelle ville. Avec une place précise pour les zones industrielles, résidentielles, récréatives, ainsi que des espaces verts et lacs artificiels. Tout ceci, bâtis bien sûr autour de la partie centrale qui est l’University of Irvine. En se déplaçant dans la ville, cette constante est d’ailleurs facilement remarquable.

 

Toutefois, cette “little city” à moins de 10 kilomètres de la très riche Newport Beach et du bord mer n’en était qu’à ses prémices, puisqu’en 1972 la population et ses autorités décidèrent d’agrandir considérablement la ville et de définir de nouvelles zones,constructibles, commerciales et industrielles. Ainsi, en moins de 35 ans, la population est passée de 50’000 à plus de 250’000 habitants. Ceci a notamment permit l’arrivée de grandes multinationales comme Toshiba, Arcos, Blizzard Entertainment ou Verizon, qui ont installé leurs sièges principaux à Irvine. Au total, ce sont plus de 200’000 emplois et habitations qui ont été crées autour de la ville universitaire. Et l’établissement accueille maintenant des étudiants de toute la California du Sud, sans oublier un grand nombre du monde entier. Il faut avouer, que la ville est la 3ème plus sûre du pays, avec un taux de criminalité très inférieur à la moyenne du pays et un niveau et qualité de vie des plus élevés.

 

Cependant, tout cela à un prix. Et il se calcule en “chers dollars”. Irvine est un lieu où il fait bon vivre mais où les loyers et les taxes sont très élevés et coûteux. Beaucoup de travailleurs ou d’étudiants logent d’ailleurs dans les villes voisines d’Anaheim ou de Costa Mesa, avec à la clé un trafic sur les routes et autoroutes souvent surchargé. Le réseau de transport public étant des plus médiocres, la voiture ou plutôt les belles voitures devrait-on dire étant reines dans cette région.

 

 

Ceci est l’un des revers de médaille. Tout comme le phénomène des rivières asséchées qui se remplissent de sable avec l’aide du vent au cours de l’été (le lieu était un désert de sable et de pierre voici encore 60 ans, faut-il le rappeler). Il n’est donc pas rare de voir des inondations pendant l’hiver en cas de fortes pluies, la ville et la région n’étant pas planifiées pour ce genre d’imprévus.

En conclusion, Irvine reste cependant une ville universitaire où il fait bon vivre, avec son cœur et son campus historique. Les prévisions et objectifs sont d’atteindre les 315’000 habitants d’ici 2035 et d’attirer des multinationales supplémentaires dans cette agglomération multiculturelle.Tout ceci, en préservant la qualité de vie, la sécurité avec son quota de policiers impressionnant par habitants et les espaces verts avec leurs golfs adjacents bien irrigués par la municipalité. Et tout ceci, dans l’Amérique de Donald Trump.
Mais en Californie, tout semble possible…

 

Huits jours de pluie consécutifs en Californie: Du jamais vu depuis près de cinq ans

Alors que le froid et un vent glacial soufflent sur l’est des Etats-Unis , beaucoup s’imaginent que la Californie profite d’un climat sec et ensoleillé en ce début d’année. Néanmoins, il en est tout autre, puisque de fortes pluies s’abattent sur l’un des plus grands états américains.

Presque dix jours consécutifs de pluie, accompagnés d’inondations et de vents violents. Voici près de cinq ans que la Californie et la région de Los Angeles n’avaient pas connu de telles précipitations. Cependant, la région et sa nature en ont grandement besoin, comme l’indique l’un de nos professeurs. Les derniers étés ont été particulièrement secs et arides, laissant peu de place au renouvellement de la nappe phréatique. Les habitants sont donc particulièrement contents comme l’indique mon interlocuteur. Avec une joie à peine cachée, il finit par avouer en bon américain, qu’il se réjouit aussi de pouvoir bénéficier de plus de liberté quand à la quantité d’eau utilisée pour soigner son gazon son jardin.

Ne tombons cependant pas dans les clichés de mauvais genre, puisqu’il m’indique aussi que c’est une vraie bouée de sauvetage pour les glaciers du nord de l’état appelé “Northern California”. En effet, les régions de la Sierra Neveda et de Yosemite Valley ont en grandement besoin. Les derniers hivers ayant été plus doux que par le passé et les étés plus arides que jamais. Si l’état situé sur la côté ouest et pionner dans l’écologie américaine ne veut pas que son sol devienne plus désertique qu’il ne l’est déjà par endroit, cette pluie et ces torrents d’eau sont presque de l’eau bénite.

Profitant de quelques heures de congé, nous nous rendons dans une petite station de ski de Californie du sud, nommée mont Baldy. Située à une heure de Los Angeles qui bénéficie de plus de 330 jours de soleil par année, le ressort est à l’image des Alpes tributaire des canons à neige pour garantir une saison entière aux amateurs de glisse. Avec une altitude de 1280 mètres, je me rends compte en discutant avec un des employés que l’or blanc tombé les derniers jours a déjà presque totalement fondu et en comparant les images des deux dernières décennies, on ne peut que s’incliner devant ce phénomène. N’en déplaise à Donald Trump et à son administration de climato-sceptiques.

 

En conclusion, ces précipitations en abondance ont donc fait beaucoup de bien à la Californie, mais auront aussi causé plusieurs sueurs froides aux autorités de Californie du Nord. En effet, à plus de 750 km de Los Angeles, le barrage d’Oroville, l’une des principales réserves d’eau de l’état a vu son réservoir être endommagé et plein à craquer, suite aux fortes pluies. Le gouverneur a d’ailleurs donné l’ordre d’évacuer plus de 200’000 personnes, le risque d’effondrement et d’inondations étant très important. Finalement, après plusieurs jours d’interventions, à coup de sacs de pierre et de sable lancés par hélicoptère, le barrage et les eaux ont pu être maintenues à distance de la ville et un retour à la normale est prévu entre et début mars.

Le jour où Donald prêta serment: un matin comme un autre en Californie 

Après près de trois mois de discussions, de tensions et de questionnement, le moment fatidique est “enfin” arrivé aux Etats-Unis. Nous sommes le vendredi 20 janvier et Donald Trump s’apprête à être investi en tant que 45ème président de son pays. Si tout un peuple s’agite et attend de voir ses premiers actes, il semble en être tout autre en Californie.

Ce matin en me levant, outre mes mails et messages privés, j’ai déjà plus d’une dizaine de notifications et autres push rien que pour investiture de Donald Trump sur mon téléphone portables. Il faut dire que la Californie a 9 heures de décalage avec l’Europe et trois heures avec la côte est. En faisant quelques petits calculs matinaux, je me rends compte que je serai encore en plein cours lorsque Trump prêtera officiellement serment. L’application live TV de CNN ne sera donc pas de trop pour suivre ce “spectacle” et je me demande si notre le professeur du jour fera quelques illusions à ce sujet.

Arrivés en classe, nous traitons le sujet du jour sans autre commentaire et personne parmi mes collègues internationaux ne mentionne également l’événement du jour.Notre professeur, appelé Marty va finalement faire une petite allusion au nouveau président lorsque notre cours traite du management de projet et du calcul de coûts, en faisant un petit lien avec le mur à la frontière.

Il faut également dire que Marty n’a pas le profile atypique du professeur californien. Ancien officier américain de la Navy mais de parents allemands, il a grandi à Brooklyn et a beaucoup voyagé en Asie, Europe et Amérique du Sud au cours de sa seconde carrière de Marketing et Project Manager.Cependant, dans ses propos et contrairement à beaucoup d’autres professeurs américains, aucune possibilité de lire sa préférence. 

En sortant du cours, je décide donc de suivre la suite de l’investiture derrière l’un des écrans de l’Université, où la foule ne se fait toutefois pas tellement pressante. Il est vrai que nous sommes vendredi midi et que c’est pour beaucoup le début du weekend. Les Californiens qui faut-il le rappeler ont voté à près de 70% Hillary Clinton ont certainement mieux à faire que de suivre le “Donald show”. Sur beaucoup de voitures figurent d’ailleurs encore l’autocollant de campagne de Bernie Sanders.

Après avoir suivi quelques minutes ce discours sur une ligne similaire à sa campagne, je me résous également à abandonner le direct. Je regarderai finalement les commentaires, analyses et résumés plus tard dans la journée dans différents médias.


Quelques jours plus tard, après que la “Women March” ait connu un véritable succès dans toutes les grandes villes américaines y compris en Californie, une rencontre sonne comme un rappel que le rejet de Donald Trump est assez profond dans l’état le plus peuplé des Etats-Unis.

 En effet, je tombe sur un ancien professeur, un “anti-Trump” avéré et je lui demande ce qu’il pense des premiers décrets signés par le président. Il me dit qu’il n’est ni impressionné, ni résigné par ses mesures anti-avortements, ses attaques contre l’Obamacare ou encore par la construction du mur du Mexique. Pour lui, cette nouvelle administration n’a tout simplement aucune connaissance et expérience et il espère que le congrès américain saura jouer un rôle unificateur et de gardien de la nation.
Il termine finalement par un brin d’humour, la situation ne semblant pas encore être si catastrophique pour la Californie. Il faut aussi dire, que la ville d’Irvine dans l’Orange County, résolument multi-culturelle est encore en plein développement et que les états américains disposent encore d’une certaine marge de manœuvre. Néanmoins, je serai curieux de savoir son sentiment et sa position après 100 jours de pouvoir du nouveau locataire de la maison blanche.

@Images credits : CNN

Semestre d’études en Californie: de l’aéroport aux campus

En choisissant de quitter la Suisse afin d’étudier et travailler aux Etats-Unis dans le cadre d’un programme de visa universitaire de six mois, la première étape est l’arrivée sur le sol américain. Après près de 13 heures de vols, c’est là que commence l’aventure, et l’immersion est d’ailleurs immédiate. Retour sur les premiers jours de ce séjour sous la bannière étoilée en commençant par l’aéroport de Los Angeles.

 

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« Welcome to the United States of America ». Lorsque vous entendez cette petite phrase anodine mais de très haute importance de la part de l’officier à l’immigration, cela signifie que vous pouvez enfin vous diriger vers la sortie officielle de l’aéroport, non sans oublier de récupérer vos bagages et de faire l’inventaire complet si nécessaire auprès du deuxième contrôle de sécurité.
Avant d’entendre ces paroles bénites, vous devez toutefois vous armer de patience et espérer avoir correctement préparé votre arrivée aux pays de Georges Washington.

 

En effet, pas plus tard qu’au mois de novembre dernier, un étudiant suisse s’était présenté sur la côte est sans le visa et l’autorisation de séjour et d’études de son université. Pensant qu’un simple « ESTA » (voyage de moins de trois mois) était suffisant ou mal informé par son école, il en fut pour ses frais et fut renvoyé sur le champ dans le premier avion pour l’Europe. Suisse, européen ou d’un autre continent, la règle est d’ailleurs identique pour tous.
Revenons donc au passage de l’immigration à la sortie de l’avion. La plupart des passagers sont sans aucun doute fatigués, certains sur-excités et d’autres complètement perdus, comme ce couple de Séoul arrivé sur un vol quelques minutes avant nous. Ils me demandent de l’aide dans le langage universel des mains, je leur fais signe de suivre le cordon sécuritaire. Cordon qu’une famille suisse prend une certaine liberté de couper devant moi, la file étant il faut l’admettre assez vide ce jour-là.

Les Helvètes et leurs enfants d’abord amusés se feront rapidement intercepter par le personnel de sécurité qui leur demande de revenir se placer juste devant moi à l’endroit où ils s’étaient permis de sortir du tracé et du « passage officiel ». Les enfants me regardent un peu pantois et surpris, je leur adresse un sourire et quelques mots en français avec un « bienvenue aux États-Unis ». Je leur conseille également de suivre scrupuleusement les instructions dans cette partie officielle, s’ils ne veulent pas prolonger leur chemin d’accès à leurs vacances. Ce petit épisode sonne comme une première piqûre de rappel de l’administration américaine et me fait réaliser que je suis bien arrivé sur leur sol.

 

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Pour quelques heures encore, c’est bien la photo de l’administration Obama qui vous accueille l’aéroport international de Los Angeles

Lorsque arrive mon tour auprès de l’officier à l’immigration, je suis déjà le cinquième étudiant dans ma file, autant dire que la personne devant moi est parfaitement rodée. Je présente tous les documents nécessaires (visa, autorisation d’étudier, contrat de résidence), réponds aux questions traditionnelles des raisons du choix américain, de l’université, du lieu et de la durée de séjour. Sauf que lorsque je dois déposer mes empreintes, une de mes mains remplie de sacs, de la veste d’hiver et de mes documents officiels tremble un peu de fatigue. L’officier me regarde et me demande la raison, mais je lui explique que le fait de n’avoir pas fermé les yeux depuis plus de 25 heures tout en voyageant en est la cause. Après quelques sueurs froides inutiles, sa réponse avec un  » Welcome to the United States and take a rest » se veut finalement rassurante.

 

Le trajet et la prise en charge par un shuttle pour 25 dollars au milieu des dizaines disponibles se passe de commentaires, ayant tout réservé à l’avance après une minutieuse comparaison de l’offre, le prix pouvant tripler d’une compagnie à l’autre.
Après 7 heures de sommeil bien méritées, je me lève le lendemain matin afin de prendre un bus public m’emmenant vers le campus universitaire. Oubliez la précision et le confort des horaires suisses, un bus par heure et au timing s’avérant plus ou moins juste, c’est le mieux que la Californie puisse vous offrir.Sur la côte ouest comme dans le reste du pays d’ailleurs, si vous n’avez pas de voiture, vous êtes assez rapidement limité. Uber ou Lyft peuvent par contre devenir vos meilleurs amis.

 

La prise en charge par le bus, restera pourtant comme l’un des premiers meilleurs souvenirs. N’ayant pas le change pour 2 dollars exacts, le conducteur me demande de faire le tour des passagers afin de demander de l’aide. Une mère de famille me tend immédiatement 2 dollars et me les offre avec un grand sourire, me disant « la prochaine fois c’est vous qui aiderez quelqu’un ». Je suis un peu gêné, mais je n’ai pas le choix avec mon billet de 20 dollars. Je la remercie vivement et nous discutons ensemble tout le trajet sur l’Amérique et l’Europe qu’elle venait de visiter en décembre. Une conversation nommée « small talk » d’ailleurs presque obligée aux Etats-Unis contrairement en Suisse (le fait qu’elle m’ait payé mon trajet à l’université n’entrant ici plus en ligne de compte).

 

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Me voici donc arrivé à l”University of California d’Irvine” pour mon premier cours de marketing et project management. Le campus et la ville ont été crées et construits de toutes pièces en 1965. Sous l’impulsion du président Lyndon Johnson voulant inaugurer de nouvelles universités, c’est toute une ville qui en a profité pour sortir de terre, dans ce qui n’était qu’un désert de gravier et de sable. Cette successtory à l’américaine sera d ailleurs l’objet d’un prochain article sur l’évolution de cette ville aujourd’hui peuplée de 250’000 habitants, nommée Irvine du nom de la famille qui céda les terres constructibles pour le complexe universitaire.