Le siège de l’Europe

Au moment où l’Europe toute entière – et pas seulement l’UE – est affaiblie par le Brexit, sa situation n’est pas brillante. Trois grandes puissances l’encerclent et la menacent. Les Etats-Unis abandonnent leur rôle de protecteur militaire et s’engagent dans une politique isolationniste, résumée dans le slogan Trumpien : « America first ». La Chine devient un compétiteur économique majeur, au point qu’un millier d’entreprises suisses y ont des établissements. Enfin la Russie reprend son rôle de menace perpétuelle à l’Est : personne n’ose remettre en cause son annexion de la Crimée, en attendant qu’elle émette des prétentions sur les pays baltes. Au Sud c’est encore pire : l’Afrique n’est bien entendu pas une puissance, car elle-même est impuissante à se gouverner, elle se délite dans un cycle de famines, de génocides, de guerres civiles, de corruptions ; à terme deux milliards d’Africains n’auront d’autre espoir que d’émigrer en Europe, qui aura bien de la peine à les contenir et à proclamer en même temps des valeurs impossibles à honorer.

Car l’Europe est divisée et ne parvient pas à jouer jeu égal avec les trois grandes puissances. L’UE n’est qu’une confédération très lâche sur le plan économique, dont le poids politique ou militaire est sous-évalué. Or, elle n’a été créée que pour éviter un nouveau suicide du contient après les massacres et les destructions de 1914 et 1939. C’est Robert Schuman, qui proposa à l’Allemagne de réunir, au sein d’un marché commun et sous le contrôle d’une autorité supérieure, les industries du charbon et de l’acier. En 1951, ces deux pays fondèrent avec la Belgique, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), pour que « toute guerre entre la France et l’Allemagne devienne non seulement impensable, mais matériellement impossible ».

Si la décomposition de l’UE se généralisait, le continent européen se retrouverait dans la situation de 1939 avec la circonstance aggravante d’être menacé par trois grandes puissances extérieures et un chaos méridional. De l’intérieur même, la menace surgit contre la démocratie. Non seulement des pays de l’Est sombrent dans un nationalisme étroit, mais la gangrène du populisme démagogique ronge des pays comme l’Italie et la France. Cette dernière ne parvient pas à réformer son système biscornu de pensions, face à une insurrection populaire larvée et toujours prête à exploser. Sans les CRS les institutions disparaitraient dans une de ces révolutions dont Paris a le secret. Faute de consultation dans les urnes, elle se déroule dans les rues à coups de pavés.

Et la Suisse ? Tout cela n’est pas son problème. Ce pays est insoluble dans l’UE par la volonté massive de sa population, qui ne veut pas risquer une souveraineté lentement élaborée au fil de sept siècles. Une tendance de l’opinion publique consiste même à éprouver une Schadenfreude devant cette décomposition de l’UE, qui prouverait a posteriori combien la Suisse a eu raison en 1992 de ne pas commencer à s’y engager. Et donc le trou au milieu de la carte demeurera. Si l’UE échoue, ce n’est pas la faute de la Suisse : elle a les mains propres, puisqu’elle n’a pas de mains.

Cependant le territoire helvétique ne se situe pas dans une île du Pacifique comme la Nouvelle-Zélande. Si le continent européen retombe dans un cycle de conflits, dans un embargo sur le pétrole, dans une invasion incontrôlable de malheureux réfugiés, la Suisse ne sera pas miraculeusement épargnée. Il est impossible de blinder 1852 km de frontières par des murs, des barbelés ou des contingents militaires. Notre destin géographique est incontournable. Nous sommes matériellement, physiquement, organiquement solidaires de nos voisins même si nous postulons le contraire.

Il n’y a d’autre issue que de conformer l’UE au modèle suisse qui permet de faire vivre ensemble quatre langues et 26 cultures locales. Notre pays n’est certes pas soluble dans l’UE, mais l’inverse est possible. Bien entendu, il n’existe pas une solution surréaliste où nos voisins adhèrerait à la Confédération helvétique qui n’en voudrait du reste pas. Mais les pays de l’UE auraient intérêt à évoluer vers un régime de souveraineté du peuple en organisant des consultations sur les sujets importants : ils auraient intérêt à prendre des leçons de consensus plutôt que de se chamailler ; ils auraient intérêt à établir des gouvernements de concordance où tous les partis importants sont représentés ; ils auraient intérêt à progresser dans la voie fédérale en élisant au niveau continental un exécutif unique responsable de la diplomatie et de la défense, tout en respectant scrupuleusement la subsidiarité ; ils auraient même intérêt à s’organiser sur le modèle cantonal où les régions, comme l’Ecosse, la Catalogne, la Flandre, prennent le pas sur les Etats-Nations devenus encombrants et inutiles.

Lorsque l’Alsace-Lorraine sera devenue indépendante, elle pourra assumer pleinement ce rôle de Vermittler entre les domaines germanique et français, que le Luxembourg peine à remplir. Si la Suisse pouvait fournir des diplomates parfaitement bilingues à l’UE, bien des malentendus seraient épargnés. A un certain moment d’une négociation, il faut parler et comprendre la même langue dans tout ce qu’elle a de sous-entendus.

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck

Jacques Neirynck est ingénieur, ancien conseiller national PDC et député au Grand Conseil vaudois, professeur honoraire de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), d'origine belge, de nationalité française et naturalisé suisse. Il exerce la profession d'écrivain.

19 réponses à “Le siège de l’Europe

  1. Effectivement l’Etat-Nation est une option mortifère habituellement soutenue par des populistes, habiles manipulateurs menteurs et prétentieux, d’esprit plutôt étroit. Une population et son économie n’ont strictement rien à y gagner, bien au contraire. La démocratie en est heureusement l’antidote et une économie libérale qui respecte le partage des richesses aussi. Les 4 entités que vous mentionnez ne sont pas forcément une menace. La problématique “climat”, planétaire et mondiale par définition, aura peut être raison de certains de ces psychopathes qui ont la prétention de gouverner.

  2. Merci pour cet exposé lucide. En effet la voie fédéraliste semble être la seule encore ouverte, sinon raisonnable (pour autant que la raison ait encore quelque chose à voir dans les rapports de force entre nations) à l’Union Européenne. Denis de Rougemont n’avait-il pas préconisé depuis longtemps l’Europe des régions, en s’inspirant du modèle suisse? A son initiative, deux institutions majeures, le CERN et le Centre européen de la culture, tous deux basés à Genève, n’ont-ils pas vu le jour et ainsi montré que sa vision était tout sauf utopique? Mais qui s’en soucie encore?

    Oui, l’Amérique de Trump se replie sur elle-même. Mais son économie marche et le chômage n’y a jamais été aussi bas. Si elle replie aussi son parapluie militaire, sous lequel une Europe frileuse et indécise a cru pouvoir s’abriter jusqu’ici, est-ce une si mauvaise chose? On ne peut à la fois vouloir la protection armée de l’allié américain et caillasser les vitrines des Mac Donald’s. Pourquoi les Européens ne prendraient-ils pas leur propre défense en mains? La Suisse, qui le fait bien, ne pourrait-elle pas, ici encore, servir d’exemple?

    Oui, la Russie s’est rétablie comme grande puissance sur la scène internationale, pourtant l’annexion de la Crimée et les séparatistes du Donbass la font de nouveau percevoir comme une menace. Mais la Crimée, qui n’a été cédée à l’Ukraine que depuis 1954 par un décret soviétique, est une affaire russe. Quant à l’Ukraine, comme le président Poutine l’a dit, s’il avait voulu l’occuper il l’aurait déjà fait en moins de deux semaines. Oublie-t-on aussi qu’il est le premier à avoir tendu la main aux Occidentaux pendant sa présidence? Comment ces derniers lui ont-ils répondu, sinon par le mépris et la démonstration de leur crasse ignorance des réalités russes? Qu’avait à faire l’Union Européenne en Ukraine, berceau de la nation russe?

    La Russie est perçue comme une menace? Et comment les Russes doivent-ils percevoir une Otan qui continue à déployer ses troupes et ses missiles à leurs frontières, alors que cette organisation n’a plus de raison d’être depuis la chute du mur de Berlin – au point que le Dalaï Lama proposait d’en déplacer le siège de Bruxelles à Moscou?

    Quant à la Chine et à l’Afrique sub-saharienne, ne sont-elles pas trop occupées à résoudre leurs propres contradictions pour représenter une réelle menace?

    D’ailleurs, il est fort probable que le réchauffement climatique, qui aura réduit entre-temps l’humanité à son stade simiesque originel, voie une congrégation de babouins siéger au Conseil fédéral et débattre dans les rangs du futur parlement.

  3. Quand je vois en Suisse de nombreux commentaires se réjouir de l’affaiblissement de l’UE suite au Brexit, je trouve cela absolument désolant. Au lieu d’une union continentale forte pouvant encore jouer un rôle sur la scène internationale et défendre ses intérêt face aux grandes puissances que vous évoquez (qui ne nous veulent pas forcément du bien, y compris et surtout l’ancien “allié” américain), on se retrouve avec deux entités – l’union européenne continentale et l’union britannique insulaire – toutes deux maintenant trop faibles pour se faire respecter à l’international. Or nous sommes tous Européens et avons une culture et des intérêts largement communs à défendre. Je ne comprends pas comment on peut opposer un “patriotisme” national au sentiment d’appartenance à une longue histoire et culture continentale commune. On peut/doit se sentir ET Européen, ET Suisse, ET Vaudois (ou Genevois, Valaisan, Bernois, Zurichois, Tessinois, etc.) Le patriotisme ne s’arrête pas au seules frontières nationales; pour prendre un exemple, est-ce que les Vaudois qui ont choisi de rejoindre la Confédération à peine leur indépendance acquise (Confédération dont la capitale était par ailleurs celle de l’ancienne “puissance occupante”!) ont trahi leur patrie?! Les Suisse se sont réunis , malgré leurs différences de cultures, langues et religions,parce qu’ils avaient compris que l’union fait la force et avec le belle devise: “un pour tous, tous pour un”. Cela n’est-il pas aussi valable à l’échelle de notre continent?!

  4. Peut-être que le Brexit pourrait être un électrochoc salutaire pour l’Europe qui doit prendre ses responsabilités seule sans l’appui des Américains dans le jeu stratégique mondial. Elle était presque seule au début du XX ème siècle, mais 2 guerres mondiales déclenchées par elle-même ont suffi à la mettre KO. Le redressement économique fut à la hauteur des enjeux puis soldé par la crise de 2008 dans un monde globalisé. L’idée de l’UE de mettre les grandes sociétés privées au coeur de sa politique s’est retournée contre elle !
    Il ne faut pas céder à la panique et voir dans la richesse culturelle immense la source des succès futurs .
    Les projets autour de la transition énergétique pourraient dynamiser ce nouveau départ pour autant que chaque pays ne joue sa partition en solo , ce qui semble être le cas malheureusement .
    La Russie , qui a vu rouge dans la tactique occidentale en Ukraine , a voulu signifier au monde les limites de son influence , sans plus . Elle n’a pas les moyens financiers ni humains de se lancer dans une campagne désastreuse pour tout le monde .
    La Chine ( comme l’Inde et autres pays asiatiques) aura à moderniser ses infrastructures pour répondre aux problèmes de santé engendrés par la pollution insoutenable ainsi que la surpopulation …
    Les multinationales dévorant l’Afrique doivent être controlées plus étroitement pour éviter sa déliquescence complète en étant obligé de compenser ses faiblesses chroniques par des aides infructueuses sans fin .
    Les USA restent dominants pour l’instant, galvanisés par les scores de la bourse, mais mauvais en ce qui concerne la qualité de la vie ( espérance de vie en baisse ) .
    Rien n’est donc joué pour le futur qui dépend parfois de petits détails …

  5. Si l’Union Europeenne vole en éclats (cela va continuer après le Brexit dont les ondes de choc vont ébranler tout l’édifice), c’est entièrement de la faute des eurocrates. Tant pis pour eux.

    Nous pouvons observer, en tant que Suisses, à quel point ces gens sont à la fois suffisants et insuffisants.

    Nous voyons que l’Union Européenne tente de mettre au pas la Suisse, par toutes sortes de menaces et de chantages mesquins, comme le refus de l’équivalence boursière, en vue de la forcer à mettre la tête dans un noeud coulant qui s’appelle “accord cadre sur les questions institutionnelles”.

    Ensuite ils serreront le noeud voulant de plus en plus et toutes nos libertés historiques seront perdues.

    Ce qui caractérise la méthode de Bruxelles, c’est le pédantisme stupide, et la volonté de Gleichschaltuung, pour reprendre un mot que ceux qui, comme vous, se rappellent les années 30 et 40, comprendront.

    La Gleichschaltung c’est à la fois la synchronisation et la mise au pas. Exemple: On s’attache, dans les directives européennes, à des dogmes comme la libre circulation des personnes. Mais on ne voit pas que ce dogme, imposé de manière obtuse, aboutit à créer des tensions sociales insupportables dans les pays membres. Alors on s’obstine et le résultat est de faire naître des révoltes d’ici sles et des désirs de Brexit, Frexit etc. L’Union Européenne périra à cause de cette obstination. Pourtant, il aurait été si facile d’accepter que les pays membres ont le droit de tempérer la libre circulation, par une certaine régulation autonome de l’immigration avec des plafonds et des quotas.

    C’est ce que le peuple Suisse exige et on ne veut pas respecter sa volonté.

    La mise au pas ne peut pas réussir. Les peuples se révolteront. De même la volonté d’imposer l’Euro, volonté essentiellement idéologique doublée du désir d’avoir une seule monnaie pour complaire à la finance, se heurte aux réalités des économies beaucoup trop différentes entre l’Allemagne et l’italie, même l’Allemagne et la France. C’est toujours le même pédantisme suicidaire. Car pour maintenir l’Euro on est obligé d’imposer des politiques de déflation interne, c’est à dire d’austérité. Donc les gens s’appauvrissent. Le résultat est une révolte contre ce joug européen qui appauvrit les gens.

    Et ça va plus loin. Il y a même eu un jour une directive sur la courbure des cornichons. Des mesures de standardisation de ce genre peuvent être prises par simple coordination techniques entre associations économiques, puis adoptées dans les différents pays, de maniere souple, sans aucun abandon de souveraineté. Mais non, l’Union Européenne entend que les souverainetés soient dissoutes et “partagées” dans un magma informe géré par des burocrates idéologues vivant dans leur tour d’ivoire.

    La Cour de Justice Européenne, dont les arrêts osent aller jusqu’à trancher des choix éminemment politiques ou sociétaux, qui demanderaient au moins un référendum, impose des évolutions légales choquantes qui heurtent la perception du droit de nombreux pays. Et là encore: pédantisme dictatorial et obtus, les Etats membres doivent se soumettre. C’est insupportable.

    Le résultat sera que l’exaspération va se répandre, enhardie par l’exemple britannique, et ce château de cartes va finir par s’eçrouler sous les coups de boutoir souverainistes ou “populistes”. Ce sera regrettable mais cela aurait pu être évité si les responsable européens avaient eu pour deux sous de jugeotte et de sens politique. Donc l’échec, désormais inévitable, sera entièrement de leur faute.

    Il est évident qu’une construction liant presque trente pays si divers ne peut réussir que si elle est à plusieurs vitesses, sachant s’adapter pragmatiquement aux réalités. Une Europe unie ne peut l’être qu’en respectant les spécificités nationales. Si on veut mettre au pas les peuples par la Gleichschaltung, et en plus avec cet esprit à la fois idéologique, arrogant, obtus, mesquin et pédant que nous pouvons observer dans la manière dont on en use avec la Suisse, alors l’échec est certain.

    Pour ma part j’aurais bien voulu une coopération harmonieuse entre la Suisse et l’Union Europeenne, mais à condition que cette dernière respecte notre souveraineté. Quand j’ai vu l’attitude de l’Union Europeenne qui s’est assise sur le résultat du référendum français du 29 mai 2005, et du référendum consultatif néerlandais du même jour. Quand j’ai vu qu’on faisait revoter l’Irlande, sous la contrainte, pour lui arracher un consentement au scélérat traité de Lisbonne, j’ai cessé d’être un eurosceptique modéré. J’ai compris que cette organisation monstrueuse était une nuisance irréformable et un danger mortel pour la démocratie et nos institutions suisses, et que par conséquent elle devait à tout prix être détruite de fond en comble si nous voulions conserver nos libertés.

    L’Union Européenne a du plomb dans l’aile… Qu’elle crève!

    Et ensuite on pourra songer à faire autre chose, à plusieurs vitesses, dans un esprit politique respectant les peuples et les nations souveraines, pour que chaque pays puisse déployer son génie propre et ses capacités créatrices sans être étouffé dans un carcan idéologique postmoderne ridicule et handicapant, qui les tue. Quelque chose qui soit dans l’esprit de notre civilisation, et qui maintienne les libertés historiques de la Suisse, sans diktats, sans Gleichschaltung, sans level playing field pédantesques, sans libre circulation libre exploitation des personnes.

    En attendant le mot d’ordre doit être:

    Bruxelles delenda est, Berlaymont etiam.

    1. Même si je ne partage pas toutes vos opinions, voilà un beau grand coup de gueule comme je les aime !

      Ça fait du bien d’aérer de temps à autres …

      1. Pourquoi ne partagez-vous pas mes opinions? J’ai raison pourtant. C’est évident. Mes constats sont factuels. Donc, si vous avez apprécié mon “coup de gueule” réfléchissez à ce que je dis et constatez que je dis vrai. Puis changez d’opinion pour adhérer aux miennes. Un petit effort…

        1. « constatez que je dis vrai »

          Je constate que vous avez une opinion (que je partage en partie).
          Mais c’est juste votre vision des choses.

          Il serait dommage que vous adoptiez les même travers que ceux que vous reprochez aux eurocrates.
          Ne dit-on pas que l’intelligence c’est le doute ?

          1. L’intelligence c’est le doute, mais un fait c’est un fait. Il est de fait que l’UE est un échec. Et ceci est dû à l’esprit impolitique de cette construction foireuse.

          2. Si le but de l’UE dès le départ est de créer les conditions d’un partenariat économique qui rende toute guerre impensable sur le continent, c’est une réussite de même que l’élévation considérable du niveau de vie et la suppression du Rideau de Fer. L’échec est dans la lenteur de la fusion politique des états-Nations constitutifs, dans l’absence d’une diplomatie et d’une armée commune.

    2. “Qu’elle crève” (l’UE), oh que cela est élégamment exprimé, … courageusement caché derrière un pseudo! Instructif de constater d’ailleurs que c’est assez systématiquement les gens de la mouvance “nationaliste” qui n’ose pas écrire sous leur propre nom; pas très fiers de leurs opinions?! Je ne me souviens pas d’avoir jamais lu sous la plume d’un pro-Européen “Qu’il crève” (le Royaume-“Uni”) pour avoir laissé tomber ses partenaires de 47 ans de l’UE, après avoir déjà fait de même avec ceux de l’AELE au début des années 70 (une spécialité britannique décidément). Même si le R.U. pourrait bien en fait se disloquer avant l’UE (en perdant l’Ecosse et l’Irlande, voire la Pays de Galles)!
      De tels propos ne sont d’ailleurs pas seulement insultants pour les membres de l’UE, mais aussi pour la presque moitié (48,1%) des Britanniques, et deux des nations sur quatre du Royaume, qui ont voté contre le Brexit.

  6. L’accord cadre est un noeud coulant, pas un noeud voulant.

    La libre circulation des personnes faut naître des révoltes sociales.

    Erratum.

    1. “Eclairant” article et les réponses (plutôt des acolytes,à l’instar de “sur VOS monts”,pas les miens,bien sûr)
      L’UE a moins de 70 ans,et un parcours duquel on ne peut pas être très fier..ni tout le contraire car,merci à elle,ma géneration,celle des Baby Boom,a profité du meilleur période de paix et prospérité que l’histoire récente aie connue
      Pour ne pas m’étendre,il ne faut que lire le dernier livre sur l’histoire de la Suisse de Thomas Maissen pour se rendre compte que VOTRE PAYS MODELE,parasite à bien d’égards de l’Europe qui l’entoure (accords de Dublin,sécret banquier qui a permis et permet encore “sucer” la richesse de l’UE,etc,etc)n’a (presque) rien à vanter en rapport à sa création (plus de sept siécles et finalement,en sa forme actuelle,sur la contrainte des puissances…Européens et aprés une certaine Sonderbund)
      Donc,peut être d’ici à sept siécles on pourrait faire un comparaisson entre les deux rassemblements (de pays et cantons
      Un peu d’introspection et de modestie,SVP

      Rafael

  7. Le coronavirus va sans doute déclencher une crise financière mondiale, ce qui achèvera sans doute de mettre l’Europe à genoux.

    Il aurait fallu composer avec la Russie avant (qui est sans doute plus européenne que la Sicile, mais la russophobie inoculée par les US…), penser à une Europe des régions avant, mais là c’est un peu tard, le Brexit en est une preuve éclatante.
    L’Europe va se réveiller un matin avec une gueule de bois et un demi cerveau américain et l’autre moitié chinoise.

    La Suisse, elle, doit conclure un maximum de TLC (aussi avec la Russie) et ne plus se laisser manipuler par une Europe, qui a autant besoin d’elle que l’inverse. La seule manière de tirer son épingle du jeu de ce magma bipolaire.

    On voit aussi que la lutte pour la durabilité sera repoussée aux calendes grecques, làs!

  8. @Jacques Neirynck

    Désolé, on ne peut pas dire que l’UE soit une réussite. Sinon le Brexit n’aurait pas eu lieu.

    Je veux bien reconnaître que les Communautés Européennes ont été une réussite. Mais depuis l’Acte Unique, suivi des traités de Maastricht, Amsterdam, Nice et enfin Lisbonne, l’entreprise s’est engagée dans une impasse qui conduit à l’échec: celle de la fuite en avant antidémocratique.

    Personnellement je le regrette, car je vois bien les avantages des Communatés Européennes. Mais le choc que représente le départ de l’un des pays les plus importants: le Royaume Uni, est dévastateur. Il ébranle l’édifice entier dans ses fondements.

    La question qui se pose aujourd’hui n’est pas: comment éviter que l’édifice de Maastricht – Lisbonne soit détricoté? Il le sera fatalement. La question est: sera-t-il encore possible de sauver l’acquis, positif, des Communautés européennes?

    Vous êtes un idéaliste. Vous croyez à ce projet pour des raisons philosophiques qui sont à mon avis le désir de faire advenir l’idéal de la révolution de 1848, qui avait aussi avorté à l’époque. Alors je pense que même de votre point de vue, il est préférable de ne pas faire faire preuve de complaisance. Ni de porter des appréciations lénifiantes. Dire que l’Union Européenne est une réussite est lénifiant.

    Le projet d’Union Européenne n’a pas réussi. On ne peut pas affirmer le contraire. Et c’est dû aux fautes politiques terribles commises par les responsables à Bruxelles. J’ai tenté d’analyser en quoi consistent ces fautes politiques.

    Personnellement je me réjouis de l’échec du projet, avec une certaine schadenfreude qui peut choquer certains. C’est parce que je n’ai pas supporté la dérive dictatoriale de ce pseudo empire illégitime qui a tenté de mettre au pas mon pays: la Suisse.

    Les Britanniques ont voulu le Brexit pour la même raison.

    1. “Les Britanniques ont voulu le Brexit pour la même raison”. Surtout parce que: 1/Farage, BoJo &Co leur ont allègrement menti avant le vote de 2016 (tellement grossièrement qu’ils ont dû le reconnaître une fois le résultat acquis), 2/ Les Anglais (essentiellement) ont oublié pourquoi ils avaient déjà laissé tomber leurs partenaires de l’AELE au début des années 70 pour rejoindre ce qui est devenu l’UE. Et ces raisons n’ont pas fondamentalement changé, ils vont vite s’en apercevoir, Les Ecossais en particulier demandent déjà avec insistance un vote d’autodétermination pour pouvoir le cas échéant reprendre le plus vite possible leur place dans l’Union européenne en tant que nation indépendante. Par ailleurs, les sondages montrent que les jeunes, dont beaucoup n’ont pas pu donner leur opinion en 2016 n’ayant pas encore droit de vote, sont nettement plus “remains” que certains de leurs aînés.
      Et puis, il faudrait cesser de parler “des Britanniques” comme si toute le population de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord s’était massivement exprimée en faveur du Brexit. 48.1% des citoyens de Sa Gracieuse Majesté se sont prononcés contre le divorce d’avec l’UE, ainsi que deux des nations (Ecosse et Irlande du Nord) sur les quatre composant le Royaume-“Uni”. C’est assez loin d’un raz-de-marée qui exprimerait un rejet “viscéral” de l’UE Outre-Manche!

      1. C’est possible que les Écossais et les Irlandais du Nord vont essayer de quitter le RU parce qu’ils sont opposés au Brexit. Personnellement je m’en fous. Je ne suis pas un rosbif. Cela ne me concerne pas. Ce que je constate c’est la fuite en avant anti-démocratique des institutions européenne qui piétinent brutalement les libertés des nations qui désirent préserver leur auto-détermination. C’est celà la cause duBrexit. Les Anglais ont secoué un joug qui les opprimait.

        Je constate le viol du suffrage universel pour passer outre aux référendums du 29 mai 2005, le viol de l’Irlande pour lui extorquer un consentement au traité de Lisbonne. Et cela nous rappelle l’attitude traîtreuse de nos pro européens, qui pactisent avec Bruxelles pour ignorer les votes du peuple Suisse ( non mise en oeuvre de l’art. 121a Cst féd. due au viol de la Constitution, sur ordre de Bruxelles, par un parlement fédéral soumis au parti de l’étranger).

        Comment voulez-vous qu’une entité, l’UE, qui repose sur le viol du consentement des peuples, puisse réussir’?

        Nigel Farage a dit très justement que ses parents avaient voté pour un marché commun en 1972, pas pour un super état supranational. L’UE n’a cessé de violer ce consentement restreint, pour imposer aux Anglais une “union toujours plus étroite” dont ils ne voulaient pas. Le résultat c’est le Brexit.

        Vous avez raison de souligner que c’est l’Angleterre stricto sensu (à part Londres qui n’est plus une ville anglaise, mais bien pakistanaise) qui a massivement voté “leave”. Le peuple anglais, très typé, fier de ses traditions, est donc selon moi prêt à sacrifier le RU pour pouvoir vivre libre en tant qu’anglais. Je respecte cela et même je le trouve admirable. Respect aux Anglais! Hip Hi Hip Hurrah!

        Que l’Écosse, qui est une vraie nation, se saisisse de cette circonstance historique pour redevenir indépendante en joignant une UE condamnée de toute façon à disparaître tôt ou tard (alors l’indépendance de la nation écossaise sera parfaite), là aussi j’applaudis en tant que défenseurs des nations historiques et de leur droit à l’auto-détermination.

        1. Je suis très heureux, courageux anonyme (!), de votre approbation du souhait d’autodétermination des Ecossais. C’est là que l’on va voir qui de l’Union européenne et de l’Union britannique est la plus démocratique et respecte le mieux le droit des peuples à décider de leur destin. Mais j’ai quelques doutes que les Anglais acceptent de perdre les ressources de la Mer du Nord (pétrole et gaz en particulier), les bases de sous-marins sur les côtes écossaises, … et la Reine son château de Balmoral ( 🙂 ), entre autre. J’espère que vous fustigerez alors ce non respect d’une volonté populaire déjà deux fois clairement manifestée (large rejet du Brexit en 2016 et de l’ordre de 80% de députés indépendantistes élus en décembre 2019)!

  9. Votre article est trop fataliste je trouve. Vous donnez l’impression que le continent européen ne peut que subir et qu’il serait sans défense. Je pense que le Continent est auto-suffisant et qu’il n’est pas encerclable de l’extérieur mais de l’intérieur par la dictature de la Commission Européenne, qui se prend pour quelque chose alors qu’elle est en réalité une administration comme il en existe partout ailleurs.

    Quand le Président Bush fils a mis la pression sur l’UE pour intégrer la Turquie, le Président Chirac a dit à son homologue : accepteriez-vous qu’on vous dise comment il faut faire ou ne pas faire avec le Mexique ? et la pression est tombée nette. La Crimée est russe, elle a été offerte par un Président de l’URSS et maintenant de retour à son port d’attache. L’UE a édicté des sanctions contre le Russie et le Président Putin a riposté en privant l’agriculture européenne de l’exportation de 5,7% de sa production vers la Russie, une pure idiotie, Le président Obama voulait peut-être ouvrir un marché à l’Amérique du Sud, sur le dos de l’Europe, en exportant vers la Russie. L’OTAN voulait s’étendre jusqu’à la frontière russe ! pourquoi la Russie n’a pas droit à une influence autre d’elle?

    Une guerre militaire de grande envergeure n’a plus de raison d’être, le territoire Russe est très grand et sa population est en déclin. L’économie russe ne doit sa survie qu’au gaz qu’elle nous vend.
    Le drame actuel de l’Europe est ce géant économique qui est l’Allemagne, qui est en même temps, un nain politique et militaire, mais qui doit servir quand même de principale locomotive avec le France.
    Jean-Paul II nous disait « N’ayez pas peur », n’ayons pas peur !

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