Ambassadeur chinois auprès de l’ONU à New York: Genève 2 est nécessaire

Alors que l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe sur la Syrie Lakhdar
Brahimi retrouve mardi à Genève hauts responsables russe et américain
pour sortir de l'impasse relative à la conférence dite de Genève-2 censée permettre de trouver une solution politique au conflit syrien, l'ambassadeur de Chine auprès des Nations unies à New York Liu Jieyi exprimait ses vues devant la presse lundi. Le représentant chinois, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de sécurité durant le mois de novembre, s'est tout d'abord félicité des avancées faites en matière de mise sous contrôle de l'arsenal chimique syrien en vertu de la résolution 2118 du Conseil de sécurité tout en rappelant les progrès qui doivent encore être accomplis.

Liu Jieyi a aussi déclaré qu'une conférence de Genève 2 "doit être convoquée le plus rapidement possible", mais a dit sa préoccupation de voir que le processus "n'avançait pas aussi vite que souhaité". Pour l'ambassadeur chinois, il ne fait aucun doute: "La seule sortie de crise en Syrie est politique." Elle passe par Genève.

 

Les investissements publics aux Etats-Unis: au plus bas depuis l’immédiat après-guerre

000_Was991121Le secteur public aux Etats-Unis n'a jamais aussi peu investi depuis 1947. C'est le constat que dresse le Financial Times en compilant plusieurs données chiffrées. Les investissements publics bruts ont chuté à 3,6% du PIB, bien en dessous du taux moyen de 5% constaté durant la période d'après-guerre. La politique d'austérité provoquée par la mise en oeuvre du séquestre (coupes automatiques et indiscriminées dans le budget faute de compromis entre répubicains et démocrates) accentue la tendance. Or les Etats-Unis ont un besoin important d'investissements dans les infrastructures. Selon plusieurs études, 70 000 ponts (photo: un pont de Minneapolis, dans le Minnesota, s'est effondré en 2007/photo AFP) seraient en mauvais état dans le pays. La construction d'écoles souffre également de ce manque.

Ces prochaines semaines, républicains et démocrates du Congrès devraient négocier un nouveau budget 2014 après la fermeture partielle de services non essentiels de l'administration provoquée par l'incapacité du Congrès de s'entendre sur une politique budgétaire. Sous pression du Tea Party, galvanisé par l'épisode de Ted Cruz qui a tenté en vain de priver la réforme de la santé d'Obama de tout financement, le Parti républicain pourrait bien ne faire aucune concession en matière d'investissements. Or nombre d'économistes sont persuadés que l'Amérique va un jour payer le prix fort de cette politique de "non-investissement" par une croissance en berne. Sont particulièrement sensibles à l'austérité les secteurs de la recherche et du développement qui nourrissent la croissance.

Selon Jason Furman, président du Conseil des conseillers économiques du président Barack Obama, l'administration démocrate va proposer des investissements à hauteur de 625 milliards de dollars contre 475 milliards en 2012. Barack Obama lui-même n'a cessé d'insister, au cours de sa dernière campagne électorale, mais ausi au début de son second mandat sur la nécessité pour le secteur public d'investir dans les infrastructures. Sans succès.

 

Le déficit américain recule fortement

DeficitA en croire les événements récents à Washington, dont le psychodrame autour du plafond de la dette et le "government shutdown", la fermeture partielle de services "non essentiels" de l'administration, on serait amené à penser que l'Etat fédéral ne fonctionne plus. Or si la dette publique américaine s'élève à 17 000 milliards de dollars, soit près de 100% du PIB; le déficit budgétaire (Congressional Budget Office/Washington Post) vient de reculer fortement pour l'année fiscale 2013 qui s'est achevée le 30 septembre dernier. Les Etats-Unis affichent un déficit encore élevé de 680 milliards de dollars, soit 4,1% du PIB. Mais en un an, celui-ci a baissé de 37%. En 2012, le déficit était encore de 1,087 milliard (6,8% du PIB). La chute est vertigineuse. Les économistes mettent d'ailleurs en garde. Cette politique d'austérité budgétaire est de nature à freiner la croissance.

Selon le Washington Post qui cite le Trésor et l'Office of Management and Budget, c'est la première fois depuis 2008 que le déficit se situe en dessous du milliard de dollars et de 5% du PIB. Les raisons de cette embellie budgétaire: les recettes fiscales ont sensiblement augmenté en raison d'une économie plus dynamique, d'un nombre inférieur de demandes d'indemnités chômage, de la suppression d'un allègement fiscal appelé "Payroll Tax Holiday" et d'une imposition plus forte des gros revenus. L'amélioration est aussi due à un recul des dépenses. Le retrait entamé d'Afghanistan et les effets du séquestre (coupes budgétaires automatiques) actionné après l'incapacité du Congrès de s'entendre sur le relèvement du plafond de la dette sont perceptibles. En un an, les dépenses ont baissé de 84 milliards de dollars, passant de 22% du PIB à 20,8%.

Téhéran retire des affiches anti-américaines

000_Nic6258779Lundi 4 novembre correspond au 34e "anniversaire" de la prise des otages à l'ambassade américaine de Téhéran. Durant un peu plus de trois décennies, l'anti-américanisme a été l'un des mythes fondateurs de la révolution iranienne. D'innombrables drapeaux américains ont été brûlés et les affiches ou graffitis dénonçant le Grand Satan dans les rues de Téhéran et d'Iran furent légion. Ces jours-ci toutefois, le pouvoir iranien, au sein duquel souffle un nouveau vent d'espoir (contenu) avec l'avènement du président plus modéré Hassan Rohani, a ordonné d'enlever des affiches anti-américaines présentant des négociateurs américains fourbes tentant de tromper les Iraniens.

Comme le rapporte le correspondant à Téhéran du Washington Post, l'une des affiches dit, en anglais:"The U.S. Government Styles Honesty" (le gouvernement américain stylise l'honnêteté). Une autre affiche montre un négociateur américain flanqué d'un chien d'attaque (photo Behrouz Mehri/AFP). Les tenants de la ligne dure contre l'Amérique se disent choqués par l'action du gouvernement d'enlever les affiches. Manifestement, quelque chose se passe entre les deux ennemis après le téléphone entre Barack Obama et son homologue iranien Hassan Rohani, après la rencontre d'une demi-heure entre les ministres des Affaires étrangères John Kerry et Mohammad Javad Zarif et enfin après les pourparlers nucléaires de Genève où la cheffe négociatrice américaine Wendy Sherman a rencontré elle aussi Monsieur Zarif.

Pour rappel, voici quelques images que j'avais prises à Téhéran en juillet 2008 et qui donnaient une idée de l'anti-américanisme des autorités. Mais en sondant les Iraniens de la rue, j'ai pu constater que ceux-ci ne manifestaient en rien une animosité envers l'Amérique. Bien au contraire.

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NSA: un recadrage s’impose

Quand Edward Snowden, le lanceur d'alerte qui a révélé l'ampleur des activités de surveillance téléphonique et électronique de
000_180888400l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA), est apparu au grand jour, Dianne Feinstein (photo AFP) fut la première à fustiger cette forme de trahison. Présidente de la Commission du renseignement du Sénat, la démocrate de Californie est peut-être progressiste quand il s'agit de contrôler plus durement la possession d'armes à feu, mais elle reste un faucon en matière de sécurité nationale.

Lundi, pourtant, les révélations sur la NSA qui avait procédé à la surveillance téléphonique de 35 leaders mondiaux, dont des alliés de l'Amérique, furent la goutte qui a fait déborder le vase. L'espionnage du téléphone portable de la chancelière allemande Angela Merkel a suscité des réactions outrées en Allemagne et en Europe. Selon le Guardian, Dianne Feinstein n'était pas, comme Barack Obama, au courant de ces activités, alors qu'elle aurait dû être mise au courant par la NSA au travers de briefings classifiés. Elle appelle à une révision totale du fonctionnement de la NSA.

Dianne Feinstein continue de penser que la surveillance effectuée par l'Agence nationale de sécurité est "constitutionnelle", mais elle juge nécessaire d'y mettre des limites. Deux projets de loi "bipartisans" vont être présentés au Congrès ce mardi. Ils prévoient d'arrêter la collecte massive et tous azimuts de données et de renforcer la protection de la sphère privée. Ces projets sont présentés alors que le directeur de la NSA, Keith Alexander, et le patron des renseignements américains, James Clapper, témoignent au Capitole. Selon Dianne Feinstein, l'un des projets de loi vise à exiger d'avoir un vrai soupçon sur quelqu'un pour commencer une activité de surveillance. La sénatrice relève que la cour secrète FISA devra valider ce type d'enquêtes et enfin que les données devront être conservées pour une durée limitée. Celle-ci est actuellement de 5 ans.

 

 

Banksy s’en prend au New York Times

RTX14MU5A trois jours de la fin de son séjour new-yorkais, l'artiste de rue Banksy est toujours aussi populaire (photo Reuters). Sa popularité ne l'empêche pas de s'en prendre cette fois-ci au New York Times. Sur un mur de Brooklyn, il a tagué le message suivant: "Ce site contient des messages bloqués." Il entend ainsi dénoncer le refus du prestigieux quotidien de publier une tribune que l'artiste britannique avait envoyée.

Le texte de Banksy que ce dernier a publié sur son site internet est une critique virulente de la plus haute tour de New York, celle qui a été reconstruite sur le site de Ground Zero et qui a longtemps été dénommée Freedom Tower. Aujourd'hui, l'édifice s'appelle One World Trade Center (photo Reuters) et mesure 1776 pieds en hommage à l'année de l'indépendance américaine. Banksy estime que le gratte-ciel n'a ni l'esprit, ni l'audace qui ont caractérisé New York par le passé. Il ne dégage pas une confiance retrouvée de l'Amérique. L'artiste va même jusqu'à affirmer que les 10 terroristes qui ont perpétré les attaques du 11 septembre 2001 ont en quelque sorte gagné. Car aujourd'hui, la médiocrité l'emporte sur l'audace, le risque. "Le One World Trade Center déclare que l'époque glorieuse de New York est terminée", affirme le graffeur qui cultive un certain anonymat.
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Le New York Times a livré le commentaire suivant dans la presse new-yorkaise: "Nous ne pouvions pas nous entendre ni sur la tribune, ni sur l'art. C'est la raison pour laquelle nous l'avons rejeté, a déclaré la porte-parole du quotidien Eileen Murphy. Ce qu'il a posté sur son site internet ne correspondant pas exactement à ce qu'il a envoyé."

La Banksymania s’empare de New York (2)

Deux photos illustrent le débat qu'a provoqué l'artiste de rue Banksy à New York. Explication. Quand le Britannique a dessiné l'enfant au marteau à l'aide de son pochoir, un tagueur mécontent est venu vandaliser l'oeuvre au moyen de spray rouge. Le propriétaire de l'immeuble sur lequel a été réalisé le graffiti s'est empressé de faire disparaître les déprédations et de protéger l'oeuvre au moyen d'un plexiglas. Le même (ou un autre) tagueur a sévi à nouveau. Sur la seconde photo (que m'a généreusement donnée mon confrère de la Vanguardia Francesc Peiron), il a écrit "Laisse la rue décider". Ce tag-là a également été enlevé. L'épisode révèle deux choses. Certains ont vite compris la valeur marchande des oeuvres de Banksy, d'autres, graffeurs, refusent la démarche d'un artiste riche (il aurait selon Forbes 20 millions de dollars) qui ne peut faire partie d'une communauté qui dénoncent, mais qui n'amoncelle pas les dollars…

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Il n'aurait pas pu mieux préparer son coup. L'artiste de rue britannique Banksy sévit depuis trois semaines en plein New York, essaimant chaque jour une oeuvre différente toujours selon le même mode opérationnel: sous couvert d'anonymat. On ne sait pas ce qui motive vraiment le street artist à agir ainsi, mais le résultat est remarquable. Touristes et habitants de New York accourent pour voir les oeuvres de Banksy. Les uns adorent, les autres jugent le travail de l'artiste, qui serait devenu multimillionnaire selon le magazine Forbes, comme quelque chose qui trahit l'esprit du vrai graffeur ou tagueur de rue.

Banksy n'en a que faire. Traqué par la police de New York, il a renoncé à réaliser une oeuvre mardi. Mais mercredi, il sévissait à nouveau à bord d'une bétaillère qui exhibait des animaux en peluche. Si on ne le voit pas sur les photos, beaucoup estiment qu'il était à l'intérieur du véhicule en train d'actionner les peluches comme un marrionnettiste. Voici quelques clichés pris sur le vif devant Zabar's, dans l'Upper West Side de Manhattan mercredi 24 octobre en début d'après-midi.

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Le très démocrate Jon Stewart, critique acerbe du site Healthcare.gov

S'il fallait trouver un indicateur permettant d'évaluer le lancement  d'Obamacare par le biais du site internet Healthcare.gov, le "Daily Show", l'émission satirique sur Comedy Central, en serait un. Son animateur, Jon Stewart, passe pour un démocrate de gauche (very liberal). Quand il est question de santé publique, il se réjouirait de voir les Etats-Unis adopter le système de payeur unique (l'Etat) en vigueur par exemple au Canada ou en France. Réagissant aux graves couacs informatiques ayant marqué le lancement du marché en ligne prévu par l'Affordable Care Act, la réforme de la santé menée par l'administration Obama, il a toutefois été impitoyable.Il est vrai que cette débâcle informatique est d'autant plus rageante que la campagne électorale de Barack Obama fut l'une des plus brillantes jamais menées grâce à une utilisation ultra-performante des réseaux sociaux et des nouvelles technologies de l'information.

Voici un extrait de ses critiques:

 

Invitée de l'émission, la secrétaire à la Santé, Kathleen Sebelius, a choisi un animateur qui tend à soutenir la politique de l'administration Obama tout en se réservant la possibilité d'émettre des critiques acerbes quand cela s'impose. Ce n'était sans doute pas une bonne idée. Sa prestation a jeté le discrédit sur le gouvernement américain qui n'en avait pourtant pas besoin. Le site internet devant permettre de contracter une assurance-maladie a été miné par une multitude de bugs informatiques. En voici un premier extrait:

 

 

Dans ce second extrait, Jon Stewart souligne à quel point l'incompétence qui a marqué le lancement du site Healthcare.gov était très mal venue au vu de la guerre que les républicains ont décidé de déclarer à Obamacare. Il donne l'impression de s'excuser auprès de Kathleen Sebelius, mais continue de marteler sa critique:

 

 

Le "Daily Show" peut paraître anecdotique quand il s'agit de mesurer le fiasco du lancement du site internet. Mais il ne l'est pas. L'émission animée par Jon Stewart est l'une des plus regardées par les jeunes entre 18 et 29 ans. Or ce sont précisément eux qui pourraient décider du succès ou de l'échec de la mise en oeuvre de l'Obamacare.

Le Washington Post dit “Au revoir” à la famille Graham

RTR304SIC'est une page majeure qui s'est tournée lundi soir au Washington Post (photo Reuters). Quelque 650 employés de la vénérable institution de la capitale américaine se sont réunis, selon le New York Times, pour rendre hommage à la famille Graham qui a présidé aux destinées du quotidien américain durant plusieurs décennies. Voici peu, Donald Graham, représentant la troisième génération de la famille, a vendu le Washington Post pour 250 millions de dollars à Jeffrey Bezos, le fondateur d'Amazon. Le journal va quitter ses bureaux du centre-ville pour s'installer dans des bâtiments plus modernes. 
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Donald Graham n'a pas caché son émotion, appelant les employés actuels et retraités par leur nom. Il fut salué par plusieurs discours et des standing ovations. Avant lui, c'est, à partir de 1946, son père Philip Graham qui dirigea le journal avant de sombrer dans l'alcoolisme et de se suicider en 1963. C'est la mère de Donald, Katharine Graham (photo Reuters) qui prit alors les rênes du quotidien. Elle en devint la présidence du Conseil d'administration en 1973. Elle joua un rôle important en soutenant le travail d'investigation des journalistes Bob Woodward et Carl Bernstein qui révélèrent le scandale du Watergate ayant mené à la démission du président Richard Nixon. Elle était déjà à la tête du "Post" quand furent publiés, en 1971, les "Pentagon Papers" remis par un lanceur d'alerte, Daniel Ellsberg.

Lors d'une allocution prononcée lundi soir, Donald Graham l'a avoué: il n'était pas toujours facile d'être comparé à sa mère, une figure majeure du journalisme américain de l'après-guerre qui était ami des Kennedy, de Lyndon Johnson et autre Nancy Reagan.