Pour John Lewis, l’ex-compagnon de marche de Martin Luther King, le coiffeur est une figure importante

John Lewis, l’élu du Congrès qui fut battu sur le pont Edmund Pettus à Selma, Alabama lors de la première marche Selma-Montgomery qui fut interrompue par les forces de l’ordre, aime se rendre chez le coiffeur. Il souligne le rôle que cette figure joue dans la vie de tous les jours. Il rappelle qu’avec Martin Luther King, il se rendait souvent chez les coiffeurs d’Atlanta ou de Selma.

 

Star du journalisme d’investigation, Seymour Hersh sous les feux de la critique

Seymour Hersh est une légende vivante du journalisme d’investigation. On ne compte plus les révélations qu’il a faites après des mois d’enquête. Quand il était à Associated Press, le Chicagolais avait découvert que les Etats-Unis étaient en train de constituer un vaste stock d’armes chimiques et biologiques en pleine guerre du Vietnam. Comme le rappelle le Washington Post, il avait décrit les horreurs commises par l’armée américaine dans le village vietnamien de My Lai. Il avait mis en lumière les efforts de déstabilisation menés par l’administration de Richard Nixon en 1973 pour renverser le président chilien Salvador Allende ou encore le programme nucléaire secret israélien. En 2004, le journaliste publia dans le New Yorker la terrible histoire de la torture dans la prison américaine d’Abou Ghraib en Irak.

Ses faits et gestes sont des actes considérés comme presque héroïques dans la profession. Aujourd’hui toutefois, Seymour Hersh vient de publier dans la London Review of Books un article démontant la version officielle du raid d’Abbottabad au Pakistan pour capturer, puis tuer Oussama ben Laden, à l’époque chef d’Al-Qaida. Selon lui, Ben Laden ne vivait pas dans le secret dans sa maison d’Abbottabad. Il était prisonnier des renseignements pakistanais qui le détenait pour en retirer de l’argent avec l’appui de l’Arabie saoudite. Les renseignements américains ont-ils permis de mettre la main sur le chef d’Al-Qaida, se demande le Washington Post. Non, répond Seymour Hersh. Ils ont obtenu les renseignements des Pakistanais qui ont pu toucher une partie des 25 millions de récompense prévue pour ceux qui fourniraient des renseignements décisifs. Seymour Hersh conteste même le fait que Ben Laden a été jeté à la mer après des funérailles sur un navire américain. Il a, poursuit-il, été largué d’un hélicoptère au moment où celui-ci quittait le Pakistan.

Dans un langage à la limite de la vulgarité, Seymour Hersh est sûr de son coup. Mais cette fois, ses confrères doutent de la qualité de son travail. Peu vraisemblable et pas vraiment sourcé. Un travail qui confine à la théorie du complot. Le journaliste vedette y voit de la jalousie. Il se montre inutilement critique envers Andrea Mitchell, la journaliste de NBC en ne mentionnant pas son nom, mais en la décrivant comme la compagne d’un ex-président de la Réserve fédérale (Alan Greenspan). Les instances officielles, la Maison-Blanche, le Pentagone ou encore l’Agence nationale de sécurité dénoncent des affabulations.

Si ce n’était pas Seymour Hersh, 78 ans, explique le Washington Post, personne ne prêterait attention à l’article du journaliste. Un essai similaire avait été écrit par la blogeuse R.J Hillhouse qui accuse d’ailleurs Hersh de plagiat. Mais comme le souligne le journaliste vedette du WP, Bob Woodward, il ne faut “jamais sous-estimer Seymour Hersh”. Ce dernier a d’ailleurs récemment obtenu le soutien d’une journaliste du New York Times, Carlotta Gall qui a passé de nombreuses années au Pakistan et en Afghanistan. De sources haut placées dans les Renseignements pakistanais, explique-t-elle, les Pakistanais cachaient et protégeaient Ben Laden. De plus, un officier de l’armée pakistanaise a, selon ses sources, dit à la CIA où la figure tutélaire d’Al-Qaida se trouvait.

Pour se défendre, Seymour Hersh mentionne le scandale de la NSA révélé par le lanceur d’alerte Edward Snowden. Personne, dit-il, n’aurait imaginé un tel degré de surveillance perpétrée par l’Etat. Un article sur la Syrie de Seymour Hersh a néanmoins été refusé par le New Yorker et le Washington Post qui le trouvaient insuffisamment solide.

Ayant servi en Irak, il est mort dans une prison du Texas

James Brown, un sergent qui a servi à deux reprises en Irak pour l’armée américaine, est mort dans une prison d’El Paso au Texas où il avait été incarcéré pour avoir conduit sous l’effet de l’alcool. Souffrant de stress post-traumatique hérité des combats en Irak, il avait des problèmes de respiration. Refusant de parler à des gardes, il a été “pris en charge” par une escouade de gardes qui ne l’ont pas ménagé et mis un masque sur la tête. Il a répété plus de vingt fois qu’il ne pouvait pas respirer. Il est finalement mort en prison sans que les gardes aient essayé d’appeler d’urgence une ambulance.

Une Afro-Américaine sur le billet de 20 dollars?

En termes de billets de banque, les Etats-Unis restent dans le camp des pays machistes. Ils ne montrent aucune figure féminine. Des Etats comme le Royaume-Uni, la Suède, la Nouvelle-Zélande ou mieux encore l’Australie, laquelle a réussi à établir une parité de genre sur ses billets, mettent en exergue plusieurs personnalités féminines. Aux Etats-Unis, des femmes de l’organisation “The Women on 20s” veulent changer cette situation. Dans une pétition signée par plus de 600 000 personnes, elles exhortent le président Barack Obama et le secrétaire au Trésor Jack Lew à choisir une femme pour figurer sur le billet de 20 dollars, une place qui est pour l’heure occupée par l’ex-président Andrew Jackson. Elles ont procédé à des “primaires” durant cinq semaines pour déterminer celle qui devrait avoir cet honneur. Elle ont jeté leur dévolu sur Harriet Tubman pour représenter les femmes sur l’un des billets verts américains.

Harriet Tubman, qui devrait faire l’objet d’un film prochainement, est une Afro-Américaine considéré comme une héroïne outre-Atlantique pour avoir organisé la fuite d’esclaves avec l’aide d’abolitionnistes blancs à travers un réseau baptisé “Underground Railroad”. Les Américains la voient comme l’une des personnalités les plus influentes dans le mouvement visant à abolir l’esclavage aux Etats-Unis. A l’heure où la question raciale a refait surface avec les dérapages policiers, ce changement de figure sur le billet de 20 dollars semble d’autant plus indiqué qu’Andrew Jackson lui-même traîne une réputation sulfureuse pour avoir été rendu responsable, selon la présidente de “The Women on 20s”, de la mort de quelque 4000 Amérindiens. Il a par ailleurs été un esclavagiste notoire.

Harriet Tubman (1822-1913) n’était pas la seule femme envisagée pour remplacer Andrew Jackson. Etaient également en “compétition” Eleanor Roosevelt, Rosa Parks, Alice Paul, Betty Friedan, Barbara Jordan, Margaret Sanger, Frances Perkins ou encore Elizabeth Candy Stanton. Mais elle a eu les faveurs de la cote. Si elle a permis à 300 esclaves de trouver la liberté, Harriet Tubman a aussi joué un rôle important dans le mouvement en faveur du droit de vote des femmes qui fut reconnu à l’échelle nationale en 1920. “The Women on the 20s” souhaitent voir apparaître son visage sur le billet e 20 dollars en 2020 à l’occasion du centième anniversaire du droit de vote des femmes aux Etats-Unis.

 

Photo: Patrick Semansky/AP/Keystone

Tragédie ferroviaire de Philadelphie: la responsabilité du Congrès

Le premier coupable de la tragédie ferroviaire de Philadelphie qui a fait à l’heure actuelle 7 morts et près de 200 blessés semble être, a priori et dans l’attente des conclusions de l’enquête, le conducteur de la locomotive. Ce dernier, interrogé par la police, n’a pas souhaité s’exprimer mercredi. Il roulait, selon les enquêteurs, à 170 kilomètres/heure à un lieu limité à 80 km/h. Le déraillement serait la conséquence de cet excès de vitesse. (suite…)

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Cuba: face aux efforts américains, la France réagit

Le processus de normalisation entamé entre Cuba et les Etats-Unis après l’annonce faite par Barack Obama et Raul Castro le 17 décembre dernier se poursuit. Mardi à l’aéroport JFK de New York, j’ai rencontré par hasard le cardinal cubain Jaime Ortega qui attendait ses bagages. Il m’a dit qu’il allait multiplier les rendez-vous entre New York et Washington. (suite…)

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Torture: la collaboration de l’American Psychological Association

Le chapitre de la torture pratiquée par l’administration de George W. Bush dans la guerre contre le terrorisme n’est toujours pas clos. Dans un article publié vendredi, James Risen du New York Times révèle que l’Association américaine de psychologie (American Psychological Association) a étroitement et secrètement collaboré avec la CIA, la Maison-Blanche et le Pentagone pour sauver le programme d’interrogatoire fortement menacé en 2004 après les révélations de graves cas de torture dans la prison américaine d’Abou Ghraib en Irak. Le programme incluait notamment des privations de sommeil et des simulations de noyade (waterboarding). (suite…)

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La vidéo choquante impliquant un shérif adjoint dans une prison de Louisiane

C’est une vidéo diffusée par les médias américains qui provient des caméras de sécurité d’une prison de Louisiane. Elle révèle la brutalité de l’adjoint du shérif d’une prison qui tabasse un détenu inculpé pour un crime lié à des stupéfiants qui attendait son procès. Le gardien n’hésite pas à utiliser son chien pour s’en prendre au prisonnier.

 

L’interview de Mohammad Javad Zarif par le chroniqueur David Ignatius

Comptant parmi les meilleurs spécialistes de la politique étrangère américaine, le chroniqueur du Washington Post David Ignatius a interviewé mercredi, dans le cadre de la New America Foundation et du Center for International Cooperation de l’Université de New York (NYU), le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

On a longtemps cru que Téhéran souhaitait régler la question de son programme nucléaire avant de traiter de tout autre sujet. Or au cours de l’interview, le chef de la diplomatie iranienne a déclaré que son pays était prêt à négocier avec l’Arabie saoudite et d’autres pays de la région sur les crises au Yémen et en Syrie. Il l’avait déjà laissé entendre dans une tribune publiée dans le New York Times la semaine dernière. A propos du Yémen, Mohammad Javad Zarif a avancé un plan de paix en quatre points visant à favoriser un cessez-le-feu, le dialogue entre factions et la création d’un gouvernement d’union nationale ainsi qu’à renforcer l’aide humanitaire. A propos de la Syrie, il appelle aussi à un gouvernement d’union nationale sans demander comme précondition le départ du président syrien Bachar el-Assad.

J’ai interviewé à plusieurs reprises John Limbert, ex-ambassadeur ad hoc appelé par Barack Obama pour traiter du dossier iranien en 2009. A ses yeux, il est évident qu’à terme les Etats-Unis et les Européens ne peuvent pas se contenter de ne parler que de nucléaire avec l’Iran. Les discussions doivent s’étendre à une coopération en Afghanistan et dans divers domaines où les deux pays ont des intérêts communs.

Un accord global d’ici au 30 juin ouvrirait les portes à une coopération plus large. On n’en est pas encore là.

La nationalité à la naissance, un principe remis en question

C’est un pilier de la démocratie américaine: l’acquisition automatique de la nationalité américaine si l’on naît sur sol américain. Comme le rappelle le chroniqueur du Washington Post Dana Milbank, c’est un principe ancré dans le 14e amendement adopté après la guerre de Sécession et dont le parti républicain d’Abraham Lincoln s’était fait le héraut.

Plusieurs républicains de la Chambre des représentants n’ont manifestement pas de compte à rendre au défunt président Lincoln. Mercredi après-midi, le membre du Tea Party de l’Iowa Steve King ainsi qu’une vingtaine d’autres républicains de la Commission judiciaire ont proposé un projet de loi visant à remettre en question cette automaticité de l’acquisition de la nationalité à la naissance. Leur argument: c’est au Congrès de décider qui peut acquérir la nationalité et non à des étrangers qui viendraient aux Etats-Unis pour donner naissance à leur enfant.

La proposition, “audacieuse” car elle remettrait en question un principe constitutionnel, vise à mettre fin à ce que cette poignée de républicains appelent le “tourisme de la naissance”. Selon eux, l’Amérique doit se mettre à la page des pays industrialisés qui ont quasiment tous aboli l’octroi automatique de la nationalité. Déjà à la peine pour convaincre l’électorat hispanique qui est pour l’heure beaucoup plus proche des démocrates, les républicains de la Chambre des représentants compliquent encore la tâche du Grand Vieux Parti dans la perspective de la présidentielle 2016.