Le processus de normalisation entamé entre Cuba et les Etats-Unis après l’annonce faite par Barack Obama et Raul Castro le 17 décembre dernier se poursuit. Mardi à l’aéroport JFK de New York, j’ai rencontré par hasard le cardinal cubain Jaime Ortega qui attendait ses bagages. Il m’a dit qu’il allait multiplier les rendez-vous entre New York et Washington. (suite…)
Le chapitre de la torture pratiquée par l’administration de George W. Bush dans la guerre contre le terrorisme n’est toujours pas clos. Dans un article publié vendredi, James Risen du New York Times révèle que l’Association américaine de psychologie (American Psychological Association) a étroitement et secrètement collaboré avec la CIA, la Maison-Blanche et le Pentagone pour sauver le programme d’interrogatoire fortement menacé en 2004 après les révélations de graves cas de torture dans la prison américaine d’Abou Ghraib en Irak. Le programme incluait notamment des privations de sommeil et des simulations de noyade (waterboarding). (suite…)
C’est une vidéo diffusée par les médias américains qui provient des caméras de sécurité d’une prison de Louisiane. Elle révèle la brutalité de l’adjoint du shérif d’une prison qui tabasse un détenu inculpé pour un crime lié à des stupéfiants qui attendait son procès. Le gardien n’hésite pas à utiliser son chien pour s’en prendre au prisonnier.
Comptant parmi les meilleurs spécialistes de la politique étrangère américaine, le chroniqueur du Washington Post David Ignatius a interviewé mercredi, dans le cadre de la New America Foundation et du Center for International Cooperation de l’Université de New York (NYU), le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.
On a longtemps cru que Téhéran souhaitait régler la question de son programme nucléaire avant de traiter de tout autre sujet. Or au cours de l’interview, le chef de la diplomatie iranienne a déclaré que son pays était prêt à négocier avec l’Arabie saoudite et d’autres pays de la région sur les crises au Yémen et en Syrie. Il l’avait déjà laissé entendre dans une tribune publiée dans le New York Times la semaine dernière. A propos du Yémen, Mohammad Javad Zarif a avancé un plan de paix en quatre points visant à favoriser un cessez-le-feu, le dialogue entre factions et la création d’un gouvernement d’union nationale ainsi qu’à renforcer l’aide humanitaire. A propos de la Syrie, il appelle aussi à un gouvernement d’union nationale sans demander comme précondition le départ du président syrien Bachar el-Assad.
J’ai interviewé à plusieurs reprises John Limbert, ex-ambassadeur ad hoc appelé par Barack Obama pour traiter du dossier iranien en 2009. A ses yeux, il est évident qu’à terme les Etats-Unis et les Européens ne peuvent pas se contenter de ne parler que de nucléaire avec l’Iran. Les discussions doivent s’étendre à une coopération en Afghanistan et dans divers domaines où les deux pays ont des intérêts communs.
Un accord global d’ici au 30 juin ouvrirait les portes à une coopération plus large. On n’en est pas encore là.
C’est un pilier de la démocratie américaine: l’acquisition automatique de la nationalité américaine si l’on naît sur sol américain. Comme le rappelle le chroniqueur du Washington Post Dana Milbank, c’est un principe ancré dans le 14e amendement adopté après la guerre de Sécession et dont le parti républicain d’Abraham Lincoln s’était fait le héraut.
Plusieurs républicains de la Chambre des représentants n’ont manifestement pas de compte à rendre au défunt président Lincoln. Mercredi après-midi, le membre du Tea Party de l’Iowa Steve King ainsi qu’une vingtaine d’autres républicains de la Commission judiciaire ont proposé un projet de loi visant à remettre en question cette automaticité de l’acquisition de la nationalité à la naissance. Leur argument: c’est au Congrès de décider qui peut acquérir la nationalité et non à des étrangers qui viendraient aux Etats-Unis pour donner naissance à leur enfant.
La proposition, “audacieuse” car elle remettrait en question un principe constitutionnel, vise à mettre fin à ce que cette poignée de républicains appelent le “tourisme de la naissance”. Selon eux, l’Amérique doit se mettre à la page des pays industrialisés qui ont quasiment tous aboli l’octroi automatique de la nationalité. Déjà à la peine pour convaincre l’électorat hispanique qui est pour l’heure beaucoup plus proche des démocrates, les républicains de la Chambre des représentants compliquent encore la tâche du Grand Vieux Parti dans la perspective de la présidentielle 2016.
Depuis que la révolution du “fracking”, la fracturation hydraulique, a permis aux Etats-Unis de vivre une véritable révolution énergétique grâce à une production de pétrole et de gaz de schiste qui atteint des sommets. Les automobilistes américains s’en réjouissent, car le phénomène a contribué a poussé le prix du baril d’or noir vers le bas. (suite…)
Au Congrès, les républicains et une partie des démocrates continuent d’ériger l’Iran en Etat de “l’Axe du Mal”. Ils se réservent la possibilité de saboter l’accord du groupe des 5 + 1 (cinq membres permanents du Conseil de sécurité +Allemagne) avec l’Iran qui doit encore être finalisé d’ici au 30 juin. Rencontrés à l’Université de Californie d’Irvine, au sud de Los Angeles, un groupe d’étudiants iraniens m’ont donné plusieurs raisons d’être optimistes toutefois. La semaine dernière, 22 chefs d’entreprise, consultants et investisseurs américains se sont rendus en Iran et ont participé à un colloque avec des hommes d’affaires iraniens des secteurs du pétrole, de l’aviation et de l’industrie alimentaire pour explorer les opportunités économiques du pays une fois que les sanctions contre la République islamique seront levées si l’accord en question est conclu et si Téhéran l’applique à la lettre. C’est la première fois depuis 1979 que des responsables américains des milieux économiques se rendent officiellement en Iran pour rencontrer leurs homologues iraniens.
Les installations d’exploitation du gaz à Assalouyeh, le long du golfe Persique
L’autre raison que les jeunes étudiants iraniens de Californie avancent a trait à la classe moyenne. “C’est le pays du Moyen-Orient qui a la plus importante classe moyenne. Regardez le Pakistan, on est loin du compte.”
Un travail de Sisyphe. Ces dernières années, les autorités politiques américaines se sont évertuées à interdire la fumée dans les lieux publics afin de combattre le tabagisme. Conséquence: le nombre de jeunes fumeurs de cigarettes traditionnelles a fortement chuté. Mais une nouvelle tendance se fait jour et inquiète les milieux de la Santé aux Etats-Unis. Selon le Washington Post, entre 2013 et 2014, le nombre d’élèves de l’équivalent du cycle d’orientation et du collège (middle and high school) recourant à la cigarette électronique a triplé. Le directeur du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies Tom Frieden juge l’évolution “choquante”. A ses yeux, c’est d’autant plus inquiétant que tout type de nicotine peut avoir des effets nuisibles sur le développement du cerveau. (suite…)
C’est le dernier Etat américain qui lui manquait à son tableau de chasse. Le président Barack Obama se rend le 8 mai prochain à Watertown, dans le Dakota du Sud, le seul Etat qu’il n’avait pas encore visité en tant que locataire de la Maison-Blanche. Il y tiendra un discours lors de la remise des diplômes au Lake Area Technical Institute.
Photo: Nell Redmond/AP/Keystone
Il ne sera que le quatrième président américain à avoir visité tous les Etats au cours de son mandat, selon la White House Historical Association. Richard Nixon fut le premier à achever le tour des 50 Etats avant George Bush père et Bill Clinton.
Ronald Reagan a manqué quatre Etats bien qu’il ait rempli deux mandats à la Maison-Blanche. George W. Bush ne s’est jamais rendu dans le Vermont. Les rumeurs laissent entendre que même aujourd’hui, il n’a toujours pas comblé cette lacune. La raison? Quand il était encore président, à la fin de son second mandat, des habitants du Vermont, irrités par son désintérêt pour leur Etat, avaient exhorté la police de l’Etat à arrêter George W. Bush s’il devait venir visiter l’Etat. Manifestement, “W” ou le 43e président des Etats-Unis n’était pas le bienvenu dans un Etat qui a pourtant toujours voté républicain jusqu’en 1992.
photo: Shawn Thew/EPA/Keystone
Le Vermont est le seul Etat (avec le Maine) à ne pas avoir voté une seule fois pour Franklyn D. Roosevelt lors des quatre élections auxquelles le New-Yorkais s’était présenté. Le Vermont est aujourd’hui l’Etat du sénateur Bernie Sanders, l’un des congressistes les plus à gauche du Capitole. L’ex-président du Parti démocrate Howard Dean, réputé aussi très à gauche, en fut aussi le gouverneur.
Bernie Sanders photographié par Andrew Harnik/AP/Keystone
Ces jours-ci, il ne passe pas une semaine sans que les télévisions américaines diffusent des vidéos montrant de façon choquante l’action entreprise par des policiers américains pour neutraliser un suspect. Il y a bien sûr eu l’épisode récent de Walter Scott, un Afro-Américain non armé qui fut abattu de huit balles par un policier blanc alors qu’il fuyait. La scène fut filmé par un jeune originaire de la République dominicaine qui força la police à inculper son agent. (suite…)