Le premier coupable de la tragédie ferroviaire de Philadelphie qui a fait à l’heure actuelle 7 morts et près de 200 blessés semble être, a priori et dans l’attente des conclusions de l’enquête, le conducteur de la locomotive. Ce dernier, interrogé par la police, n’a pas souhaité s’exprimer mercredi. Il roulait, selon les enquêteurs, à 170 kilomètres/heure à un lieu limité à 80 km/h. Le déraillement serait la conséquence de cet excès de vitesse.
Les médias américains ont toutefois pointé un doigt accusateur vers un autre acteur: le Congrès. A peine quelques heures après la tragédie ferroviaire, la Chambre des représentants votait une réduction de 20% du budget d’Amtrak, la compagnie ferroviaire semi-publique américaine. Or alors que le nombre de personnes souhaitant se déplacer en train aux Etats-Unis ne cesse d’augmenter, les politiques décident de réduire le budget d’Amtrak.
Par ailleurs, un dispositif que le National Transportation Safety Board exige depuis plusieurs années aurait permis d’éviter un tel accident: un système de freinage automatique qui s’enclenche une fois que la vitesse limite a été dépassée indépendant du conducteur de la locomotive. Un tel système existe dans de nombreux trains en Europe. Mais le Congrès actuel, qui ne juge pas bon pour l’heure d’investir dans les infrastructures nationales par hantise de l’Etat fédéral et en raison de son inféodation à divers lobbies, aurait pu approuver une telle mesure depuis longtemps. Il s’y refuse.
L’attitude du Congrès contraste avec celle du président Barack Obama qui ne cesse d’appeler le Capitole à investir dans les infrastructures. Le démocrate avait déjà inclus dans le plan de relance adopté en pleine crise économique en 2009-2010 une somme de huit milliards de dollars pour lancer des projets de trains à grande vitesse devant relier les grandes agglomérations américaines. Les Etats-Unis, première économie mondiale, restent très à la traîne en matière d’infrastructures ferroviaires. Dans le nord-est, où le trafic voyageurs est très important, la vitesse moyenne des trains est de 104 km/h. En Espagne ou au Japon, elle est presque deux fois plus élevée. En Floride, le gouverneur Rick Scott avait refusé l’argent fédéral pour plancher sur un projet de train à grande vitesse. En Californie, malgré de fortes oppositions, le gouverneur Jerry Brown est le seul à avoir vraiment poussé à la création d’un tel TGV dans son Etat.