Torture: la collaboration de l’American Psychological Association

Le chapitre de la torture pratiquée par l’administration de George W. Bush dans la guerre contre le terrorisme n’est toujours pas clos. Dans un article publié vendredi, James Risen du New York Times révèle que l’Association américaine de psychologie (American Psychological Association) a étroitement et secrètement collaboré avec la CIA, la Maison-Blanche et le Pentagone pour sauver le programme d’interrogatoire fortement menacé en 2004 après les révélations de graves cas de torture dans la prison américaine d’Abou Ghraib en Irak. Le programme incluait notamment des privations de sommeil et des simulations de noyade (waterboarding).

Les faits sont publiés dans un rapport établi par des professionnels de la santé et des activistes des droits de l’homme. Parmi eux, Stephen Soldz, un spécialiste de psychologie clinique et professeur à la Graduate School of Psychoanalysis à Boston, Steven Reisner, également psychologue clinique et membre fondateur de la Coalition for an Ethical Psychology et Nathaniel Raymond, directeur du Signal Program on Huam Security and Technology à la Harvard Human Initiative. A leurs yeux, l’Association américaine de psychologie a joué un rôle crucial dans le sauvetage du programme de torture. Selon le journaliste James Risen, l’association a même autorisé des responsables de l’administration Bush à élaborer certaines des politiques de l’association.

L’association elle-même nie avoir facilité quoi que ce soit. Le rôle de psychologues dans le programme de torture de l’administration Bush n’en continue pas moins de faire l’objet d’enquêtes. En 2005, une commission de l’Association américaine de psychologie, la “Presidential Task Force on Psychological Ethics and National Security”, avait conclu que les psychologues pouvaient continuer à être impliqués dans le programme d’interrogatoires pour s’assurer qu’ils répondaient à des critères de sécurité et de légalité et qu’ils étaient efficaces. Mais le rapport de cette task force fut si critiqué par des professionnels de la branche que l’association dut retirer les directives autorisant ses psychologiques à collaborer.

Les révélations à propos de l’Association américaine de psychologie s’ajoutent aux faits déjà connus à propos de deux sous-traitants, James Mitchell et Bruce Jessen, présentés comme des psychologues, qui ont été engagés par la CIA pour élaborer le programme d’interrogatoire “musclé” de la CIA auquel le président Barack Obama a immédiatement mis un terme en arrivant à la Maison-Blanche.

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