Une farce nationale: les amis du Hamas

Le Congrès n'a jamais été aussi impopulaire depuis qu'il a montré son incapacité à régler les problèmes du pays, en trouvant par exemple un accord pour éviter un plan automatique d'austérité brutale. Or une histoire abracadabrantesque vient apporter un discrédit supplémentaire.

Le 6 février dernier, un journaliste du New York Daily News, Dan Friedman, a voulu tester un collaborateur d'un républicain du Congrès pour tenter d'en savoir plus sur la rumeur selon laquelle Chuck Hagel, le candidat nommé par Barack Obama pour diriger le Pentagone, aurait été payé pour des discours tenus devant des organisations controversées. Il prend son téléphone. Sachant que le républicain Chuck Hagel a été sévèrement critiqué pour ses déclarations relatives au "lobby juif", Dan Friedman a recouru à l'hyperbole et demande à son interlocuteur: "Est-ce que Hagel a tenu un discours devant, euh, la "Junior League of Hezbollah" en France? Et qu'en est-il des "Amis du Hamas?"

La plaisanterie de Dan Friedman est véhiculée par ce collaborateur du Congrès comme une information digne de ce nom. Le site internet ultraconservateur Breitbart s'empare de la nouvelle, titrant: "Donateur secret de Hagel: un porte-parole de la Maison-Blanche esquive la question sur les "Amis du Hamas" pour un article sur le scandale potentiel de Chuck Hagel."

 

La National Review, conservatrice elle aussi, en fait de même. La blogosphère conservatrice s'enflamme. Puis c'est à l'ex-candidat à la présidentielle et animateur de Fox News, Mike Huckabee, de déclarer, en Israël: "Si c'est vrai que Chuck Hagel a reçu des fonds des "Amis du Hamas", cela le disqualifierait."

La fausse rumeur est reprise telle quelle par certains sénateurs du Congrès qui auditionnent Chuck Hagel, dont le jeune sénateur du Tea Party du Texas, Ted Cruz. Ils bloquent la nomination de l'ex-sénateur du Nebraska, car celui-ci n'aurait pas tout révélé sur les contributions qu'il aurait reçues de l'étranger. Notamment celles des "Amis du Hamas". Aujourd'hui, alors que les enjeux sécuritaires de l'Amérique restent très sensibles, le processus grippé de nomination de Chuck Hagel prive le Pentagone d'un patron. Leon Panetta, qui a déjà l'esprit dans sa ferme de Californie, assure tant bien que mal l'intérim.

Voici les commentaires de Sam Seder, sur la radio Majority FM, à propos de cette farce nationale:

 

 

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