La leçon de réalisme de Kerry à Rubio

John Kerry a 29 ans d'expérience au Sénat américain. Marco Rubio deux ans, beaucoup moins expérimenté. Devant la Commission des affaires étrangères du Sénat jeudi, l'audition du premier cité, qui devrait devenir, mardi prochain, le nouveau secrétaire d'Etat en remplacement d'Hillary Clinton, a permis au démocrate du Massachusetts de livrer une belle leçon de réalisme au jeune sénateur de Floride Marco Rubio.

Le républicain, une étoile montante au sein du Parti républicain comme on a pu le voir lors de la convention républicaine de Tampa en août dernier, a interrogé John Kerry sur la vision (qu'il ne voit pas) du président Barack Obama et sur le relatif retrait américain des affaires du monde. Il a en particulier souligné que si les Etats-Unis étaient restés deux ou trois semaines de plus en Libye après l'intervention de l'OTAN en 2011, il n'y aurait pas eu le chaos auquel on assiste et le gouvernement libyen serait plus fort.

John Kerry ne s'est pas fait prié en déclarant que le monde arabe a connu le bouleversement le plus considérable depuis l'effondrement de l'Empire ottoman et qu'il fallait du temps pour que les pays concernés se stabilisent. Au sujet de la Libye, le démocrate a répondu à Marco Rubio. En restant quelques semaines de plus sur place, les Américains auraient pu ou n'auraient peut-être pas pu changer la donne. Les choses ne sont pas si simples, a insisté le futur secrétaire d'Etat. Car le colonel Kadhafi avait mis en place tout un système fondé sur les tribus en concluant des accords avec elles. "Il y avait plusieurs couches de pouvoir", a précisé John Kerry qui a ajouté: "Nous devons prendre en compte l'Histoire, la culture et la nature des endroits avec lesquels nous avons à faire. On ne peut pas simplement prendre un concept américain ou occidental et l'appliquer tel quel en pensant qu'il va marcher."

 

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