Pour le très probable rival républicain de Barack Obama dans la course à la Maison-Blanche, Mitt Romney, Cuba reste une
sorte d'épouvantail qu'il importe d'agiter pour s'assurer les faveurs des (néo-)conservateurs. Mardi, il n'est pas allé aussi loin que Newt Gingrich durant les primaires, lequel prônait des opérations commandos à Cuba. Mais il reste englué dans un discours digne de la Guerre froide.
Mardi, l'ex-gouverneur du Massachusetts a tiré à boulets rouges sur le président Barack Obama dont l'administration a accordé un visa à la fille du président cubain Raul Castro, Mariela (photo AFP), qui doit participer à une conférence sur l'Amérique latine à San Francisco en présence d'une soixantaine d'universitaires. Les arguments de Mitt Romney: Cuba pratique la négation systématique des droits de l'homme. Leurs représentants n'ont droit à aucune faveur. Le discours ressemble à celui qu'il tient au sujet de la Russie. Dans sa diatribe, il a bien sûr mentionné la détention dans les prisons cubaines de l'Américain Alan Gross, condamné à 15 ans de prison pour espionnage. Un personnage ambigu qui n'est sans doute pas totalement irréprochable.
Or, à en juger par un excellent spécialiste américain de Cuba, Barack Obama a sans doute emprunté le bon chemin pour sortir d'un statu quo anachronique et surtout contre-productif. L'Amérique applique un embargo contre Cuba depuis près de 60 ans et cela fait 63 ans que le régime castriste perdure. Cherchez l'erreur.
Sachant qu'il n'a aucune chance de convaincre le Congrès de lever l'embargo, le président américain a assoupli sensiblement les règles régissant les voyages, a permis l'ouverture de nombreux aéroports desservant Cuba depuis les Etats-Unis, a augmenté le montant des remesas, l'argent que la diaspora cubaine peut apporter sur l'île pour la famille. Du côté cubain, les violations des droits de l'homme sont toujours importantes, mais plusieurs signaux révèlent une ouverture. On dit que le pouvoir cubain va libéraliser les voyages d'ici peu. Ce serait une petite révolution qui ne sera pas sans conséquence sur le régime. Et cela pourrait intervenir encore sous la présidence Obama.