Du rififi au “New York Times”

En lisant le New York Times de jeudi, vous n'y verrez sans doute que du feu. Mercredi après-midi pourtant, sur le coup de 15h50, heure de la côte Est, de nombreux employés du quotidien new-yorkais ont protesté silencieusement dans les couloirs du journal de la 42e Rue à Manhattan, devant la salle de briefing dénommée "Page One".

 

Les organisateurs de ce mouvement de protestation restent cependant très "civilisés". Ils exhortent les journalistes à ne pas agir de façon menaçante. Ils leur recommandent plutôt de twitter tranquillement depuis leur téléphone portable. Motif de leur courroux: la direction du journal, sous l'impulsion de l'éditeur Arthur Sulzberger Jr, est en train de renégocier les contrats des quelque 1000 journalistes travaillant pour la version papier du journal et des 100 employés du site internet. L'idée est de ne plus avoir des contrats différents selon que l'on travaille pour l'une ou l'autre plateforme.

Face aux difficultés financières du quotidien, des mesures sont envisagées pour augmenter le temps de travail des collaborateurs de 35 à 40 heures sans augmentation salariale, mais aussi pour geler les pensions. Cette dernière mesure risque, selon la corporation (Guild) des journalistes, d'avoir de sérieuses conséquences: "Ce changement réduirait de 50 à 80% la pension de la plupart des employés."

Une lettre signée par 600 employés du New York Times a été envoyée à l'éditeur Arthur Sulzberger Jr. La corporation se dit choquée par le fait que les employés étrangers des rédactions du NYT à l'étranger n'ont eu qu'un préavis d'une semaine annonçant que leur pension allait être gelée. Voici un extrait de la missive: "Nous travaillons depuis longtemps et durement [pour le NYT] et avons abandonné une partie de notre paie pour qu'il reste solvable. Certains ont même risqué leur vie [pour le journal]."

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