Les républicains américains mesurent-ils toujours la portée de leur acte? Pour sanctionner la requête palestinienne de reconnaissance d'un Etat par l'ONU, la présidente de la Commission des relations extérieures de la Chambre des représentants, Lleana Ros-Lehtinen, une Américaine d'origine cubaine, a eu la bonne idée, en décembre dernier, de geler 192 millions de dollars d'aide alloués normalement aux programmes d'USAID. Comme le rapporte un chercheur de la Brookings Institution à Doha, ces fonds étaient destinés en priorité aux hôpitaux, à l'éducation et aux institutions gouvernementales palestiniennes à Gaza et en Cisjordanie.
Parmi les programmes éducatifs devrait être abandonnée l'émission Sharaa Simsim, la version palestinienne de Sesame Street (deux protagonistes, Ernie et Bert en photo (AFP) ci-contre), un must éducatif et de divertissement pour tout petit Américain depuis des années. Selon Ibrahim Sharqieh de la Brookings, Sharaa Simsim, créé en 1996, diffusait un message de paix, de tolérance et de diversité et la production employait 80 personnes.
L'acte de la fauconne Ros-Lehtinen sape en réalité un travail de plusieurs années de "soft power" des Etats-Unis dans les territoires palestiniens. Pour des raisons de politique politicienne. Malgré le gel de cette aide "humanitaire", l'Amérique finance encore les forces de sécurité palestiniennes afin de protéger Israël.
Dans le même temps, le Département d'Etat américain continue de financer la version israélienne de Sesame Street à hauteur de 750 000 dollars. Danny Labin, un responsable de la Télévision israélienne qui produit l'émission pour enfants, le reconnaît. C'est une situation "extrêmement malheureuse".