Bonne nouvelle annoncée vendredi par le Département américain du travail: le taux de chômage a baissé, passant de 8,5 à 8,3%, soit 243000 emplois créés. Pour le président Barack Obama, c'est une évolution opportune. Au cours de l'année écoulée, l'économie américaine a créé au total près de deux millions d'emplois, le meilleur bilan de ces cinq dernières années. Pour le président Barack Obama, c'est une bonne nouvelle, mais c'est aussi un piège. En 2010, il avait annoncé un peu tôt une reprise avant que l'économie ne ralentisse à nouveau. Son discours de campagne électorale doit désormais intégrer deux composantes a priori contradictoires. D'un côté, la Maison-Blanche doit montrer à l'électorat que les attaques des républicains sont injustifiées. De l'autre, avec un taux de chômage qui reste le plus élevé jamais enregistré en année d'élection présidentielle depuis les années 1930, il doit prouver qu'il est capable de créer au plus vite des places de travail pour les 12 millions d'Américains sans emploi.
Pour le favori à l'investiture républicaine Mitt Romney, la donne n'est pas moins compliquée. L'ex-gouverneur du Massachusetts se présente comme le spécialiste capable de redresser l'économie américaine. Il ne cesse de fustiger, dans ses discours électoraux, le mauvais bilan de Barack Obama. Avec l'amélioration des chiffres du chômage, cette stratégie est toutefois risquée. Elle pourrait laisser croire que Mitt Romney est déconnecté de la réalité. Dans le Nevada, où le chômage avoisine les 13%, le candidat républicain, qui a remporté samedi une victoire facile lors de la primaire, a reconnu que l'économie se portait un peu mieux, mais qu'elle se porterait beaucoup mieux s'il était à la Maison-Blanche à la place de Barack Obama. L'emploi sera dans tous les cas un facteur essentiel de la présidentielle. A cet égard, les Etats clés (swing states) qui peuvent basculer dans le camp républicain ou démocrate en fonction de l'humeur du moment sont plus touchés par le chômage que d'autres Etats. C'est le cas de la Floride, mais aussi du Michigan ou du Nevada.
La reprise américaine est manifeste. Mais plusieurs facteurs extérieurs pourraient l'interrompre. Un éclatement de l'euro aurait un impact important sur les Etats-Unis et serait de nature à assurer une élection de Mitt Romney. Une attaque par Israël de la République islamique d'Iran pour détruire les installations nucléaires iraniennes pourrait entraîner la fermeture du détroit d'Ormuz et embraser la région. Le prix du pétrole pourrait s'envoler et réduire à néant les espoirs d'une reprise soutenue.