Il faut 20 000 emplois dans le climat essentiels à notre survie

Je vois très peu d’offres d’emploi dans le domaine du climat. C’est le plus grave problème de notre siècle et il semble y avoir peu d’initiatives en cours  pour le gérer. C’est hallucinant!  La population travaille dans la communication commerciale, dans la vente de très nombreux produits nocifs, dans la construction,  mais personne n’est employé dans la sauvegarde de la Vie sur Terre. C’est peut-être la preuve du peu d’investissement réel dans ce domaine. Or  aujourd’hui, presque  tout le reste est subsidiaire, tout est menacé par le climat.

Je vois plusieurs domaines auquel il faut s’atteler d’extrême urgence:

Alimentation végétale: Vous avez le droit de choisir vos aliments. Cependant, de nos jours, les gens pressés attrapent souvent un burger ou un kebab tout prêt dans le snack le moins cher sur leur chemin. Il faut fournir une alternative végétale moins chère. Les lieux de restauration rapide doivent proposer un aliment vegan moins cher que la viande. Il sera généralement plus sain, et comporte moins de risques d’intoxication.

Des aliments végétaux devraient être produits à bas prix, grâce aux subventions ou même dans des entreprises créées à cet effet.

Il faut modifier l’agriculture, la foresterie et l’horticulture pour ramener du carbone dans le sol. Les plantes captent du CO2, en construisent leur corps et  en laissent les restes dans le sol qui s’enrichit ainsi en carbone. Il faut étudier les végétaux qui capturent efficacement du CO2 dans nos régions, les moyens d’ajouter du carbone au sol, des déchets végétaux, des feuilles mortes, du paillage, des vieilles souches, des copeaux de bois, éventuellement des produits de la technologie BECCS. Ces procédés devraient être développés par plusieurs groupes de recherche en agriculture, d’autres en horticulture, et en foresterie, en génie rural, en environnement. Chaque équipe de recherche étudierait une association végétale, une technique d’incorporation de carbone au sol, par exemple les plantes comme le noyer Maya, ou le compostage.

En foresterie,  plusieurs groupes de recherche étudieraient des forêts de composition différente, qui résisteraient au changement climatique et capteraient vite du carbone. J’ai écrit il y a peu sur mes inquiétudes que les forêts suisses ne succombent rapidement au changement climatique. Il faudrait tout faire pour prolonger leur existence au milieu du déferlement des catastrophes, des sécheresses et des vagues de chaleur, que nous verrons bientôt.

Plusieurs équipes devraient étudier les associations végétales optimales, les plantes captant rapidement du CO2, l’immobilisation du carbone dans le sol, des bactéries et champignons qui l’absorbent.

Matériaux de construction: plusieurs groupes de recherche pourraient mettre au point différents matériaux de construction écologique, et le recyclage des anciens. Les bâtiments devraient être adaptés pour supporter les ouragans et les vagues de chaleur.

Idéalement, après cinq ou dix ans, les meilleures solutions devraient être appliquées partout, un éco-biotope sur chaque rond-point, chaque maison en matériaux écologiques, trois solutions CO2- dans chaque exploitation agricole, par exemple à la fois des plantes absorbant rapidement le CO2, un paillage du sol, le compostage et des arbres. Certaines techniques sont déjà prêtes à mettre en place mais leur efficacité pourrait probablement  être décuplée.

Si la crise perdure, il serait peut-être bon de réaliser ces projets en créant une grande quantité d’emplois publics. Les autres pourraient être menacés.

Les changements sans précédent de la météo, de la végétation, du terrain même doivent être très précisément suivis et les risques inhérents devraient être étudiés. Quand les forêts mourront-elles? Quand y aura-t-il des ouragans? Quand fera-t-il trop chaud pour le blé et les vaches?. Il faudrait peut-être étudier des plantes qui supportent les températures extrêmes…

Le besoin des panneaux solaires ou de l’isolation des bâtiments a déjà été discuté et en partie compris. De nombreuses autres excellentes idées circulent aussi, mais Il faut y ajouter aussi cette liste, qui, si elle ne prétend pas être exhaustive, est en tout cas nécessaire.

 

La richesse provoque le réchauffement climatique

Affluence et croissance

Une nouvelle étude effectuée par un chercheur de l’ETHZ établit que la consommation des ménages aisés est la principale cause des émissions de carbone dans le monde (article). La plupart des Européens est dans cette catégorie.

Malheureusement, il  est bien établi qu’une réduction de la consommation dans les pays riches de 40 à 90% provoquerait une réduction de GDP similaire. Cela entraînerait une cascade de faillites et de chômage.  Comme la productivité augmente constamment, comme nous fabriquons toujours plus, nous devons acheter plus, au risque du chômage.  La consommation augmente d’ailleurs généralement avec la productivité. L’auteur mentionne l’influence de la publicité.

Actuellement, le revenu relatif à la société  est un des principaux déterminants du bien-être, alors que la course à la consommation de la société entière n’augmente pas le bien-être général.

Les achats et les loisirs des riches génèrent les désirs des pauvres.

La course à l’efficacité provoque aussi des achats, de voitures, d’ordinateurs.

Enfin, Les États soutiennent les entreprises vacillantes pour sauver les emplois (lien).

Malheureusement, l’impact sur l’environnement est énorme et très dangereux. De plus, L’épidémie de coronavirus a montré que nos comportements de consommation changent immédiatement face à un danger , et cela arrivera souvent à l’avenir.

Les auteurs de l’article misent sur des changements de comportements individuels et appellent la société à la réflexion et à proposer des solutions.

Solutions efficaces

Je vois trois façons d’inverser cette spirale de consommation – pollution. L’une d’elle serait de réglementer la taille des logements par personne, ce qui limiterait un peu le nombre d’objets acquis par foyer et éviterait le bétonnage de pays entiers. La construction devrait être strictement limitée.

Il faudrait créer beaucoup d’emplois publics, une moitié au moins dans des secteurs indépendants du commerce et de la publicité. Nous ne devons pas risquer l’effondrement si les ventes de voitures ou de vêtements diminuent, c’est vraiment mieux de créer des emplois publics que de soutenir  des secteurs polluants. Ils pourraient améliorer de nombreux aspects de la vie de la société.

Les emplois dans le domaine du climat sont quasiment inexistants, que ce soit dans la recherche ou dans l’adaptation au climat. Or, c’est le plus grave danger du siècle. Il faudrait une multitude de postes, dans la prévision du changement climatique, dans la recherche sur les solutions, dans la capture du carbone dans la végétation, dans le développement de solutions dans l’agriculture, la foresterie, l’horticulture, dans l’amélioration des chaînes de production et de transport, dans l’économie circulaire, dans l’adaptation aux catastrophes . Il faudrait un département de la sécurité environnementale, qui veillerait au maintien de nos conditions de vie sur Terre. Nous les avons perturbé, nous devons les restaurer. Nous devons nous rendre compte que l’air, l’eau, le sol, les forêts sont des éléments essentiels à la sécurité publique.

Les objets mis sur le marché devraient répondre à des critères de qualité très stricts, la publicité devrait disparaître et le fabricant devrait être responsable de la réparation de l’objet  vendu, il veillerait ainsi à sa qualité.

Addendum: merci pour les excellents commentaires qui portent vraiment la réflexion plus loin!

Les vagues de chaleur se multiplient sur Terre

La semaine passée nous a apporté des belles journées d’été suisses, ensoleillées mais pas trop chaudes. La température restait  en dessous de 30 degrés , comme c’était le cas il y a un quart de siècle.  Cependant la réchauffement planétaire continue.
Aujourd’hui, les Etats-Unis sont frappés  par une  forte vague de chaleur, qui touchera quasiment tout le pays. Dans certaines régions, en Californie et en Arizona, les températures prévues sont de 49 degrés Celsius. Selon les prévisions météo, cette canicule pourrait durer tout l’été, sans répit, et sa durée serait sans précédent.  Des vagues de chaleur plus longues avaient été prévues par certains climatologues.
La semaine passée, trois publications différentes ont montré qu’il y a plus de vagues de chaleur sur la Planète, et même que cette progression s’accélère. Une d’elle, émanant du centre de recherche du MetOffice britannique, montre que les changements de température sont indicatifs du réchauffement planétaire, et que les minima, les journées les plus froides, changent même plus vite que les journées chaudes (lien). Une autre montre que la Terre subit plus de températures extrêmes (lien), et que cette progression s’accélère.
James Hansen a analysé les températures en été dans l’hémisphère Nord. Elles montent, et cela de plus en plus vite. Elles ont augmenté d’environ un degré Celsius en quarante ans à la fin du 20ieme siècle , et de nouveau d’un degré en vingt ans, depuis l’an 2000. Le nombre de jours extrêmement chauds , pénibles, dangereux, très exceptionnels dans le passé, augmente aussi rapidement, en rouge foncé sur son graphique (lien).

L’augmentation des vagues de chaleur prévue par les climatologues est désormais très solidement prouvée. Elles se multiplient, s’aggravent et deviennent dangereuses.

Image Pixabay libre de droits

Immense défi pour les écologistes français

Des grandes villes écologistes

En France les écologistes ont emporté les élections dans plusieurs grandes villes. Ils arrivent au pouvoir au moment même où nous apprenons que le PIB mondial diminue de 5 % cette année. Toute la Terre fait face à une crise sans précédent. Plusieurs  économistes annonçaient déjà cette crise l’année passée, ou déclaraient que l’économie était maintenue artificiellement en vie depuis 2008. Les catastrophes climatiques ont commencé, il est minuit moins trois pour sauver l’Humanite de la spirale accélérante du changement climatique. Nous avons perdu plus de la moitié d’oiseaux et d’insectes d’Europe, les forêts vierges sont malades partout dans le monde.

L’élection des écologistes réduira probablement le nombre de futurs cancers qui menacent actuellement un Européen sur deux, et qui augmentent. Ils proposent en général de surveiller efficacement la pollution et les additifs toxiques dans l’alimentation. Ils pourraient même promouvoir des comportements sains.

Améliorer l’accès aux aliments locaux

Le confinement pourrait recommencer. Les maires écologistes pourraient s’équiper de camions, acheter la nourriture locale et la ramener en ville, ou créer des bus d’auto-récolte, pour que les aliments produits en France ne soient pas gaspillés, et pour que les Français aient à manger, comme  le conseillait René Pelisson récemment. C’est essentiel.

Emplois utiles ou revenu minimum garanti

Face a la crise mondiale sans précédent il faut créer un grand nombre d’emplois écologiques, sociaux, des emplois dans  le bien-être, des cours de musique, des cours de sport offerts par les villes à leurs habitants qui amélioreraient leur bien-être et leur santé. Il faudrait aussi s’occuper plus du bien-être des enfants, les traiter avec gentillesse, leur permettre une enfance sans stress, remplie de jeux et d’amour. Un revenu minimum garanti serait aussi une bonne solution pour éviter la panique, le désespoir, et les emplois absurdes.

Réutilisation plus écologique des biens

Une diminution du PIB de 5% signifie-t-elle que 5% d’objets en moins sont produits ou vendus cette année? En réalité, il y en a déjà  trop. Du reste, la valeur réelle de nombreuses maisons sur Terre a augmenté, car elles ne seront pas détruites par les ouragans climatiques, où le seront plus tard. Cela dit,  les maires écologistes  pourraient améliorer la recyclage, la réutilisation et la réparation de nombreux objets déjà présents dans la ville. Il faudrait interdire la publicité et favoriser la location (blog précédent selon l’UNPE) .

Production massive d’aliments végétariens

Nous devons limiter la production industrielle de viande. Il faudrait lancer la construction de grandes usines d’aliments végétariens de galettes de lentilles, de nuggets de soja, de saucisses de pois, qui les produiraient très bon marché. En général, il faudrait arrêter les constructions, sauf celles en bois (UNPE, prof. Schellnhuber), résistantes aux ouragans et aux inondations, et utiles à la population.

Je suis sûre qu’ils ont des idées magnifiques.
Les villes françaises deviendront-elles bientôt des jardins d’Eden, remplies d’arbres fruitiers et de fleurs?

Pour les émissions de carbone il aurait mieux valu partir à point -une diminution annuelle de 7.6% s’impose aujourd’hui

Une forte réduction est nécessaire

Le rapport de l’ONU sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre 2019 compare les émissions de gaz à effet de serre à ce qu’elles devraient être et souligne les meilleurs moyens de combler cet écart (Résumé en français: https://wedocs.unep.org/bitstream/handle/20.500.11822/30798/EGR19ESFR.pdf).

Les émissions de carbone augmentent continuellement. Elle se sont accrues de 1,5% par année au cours de la dernière décennie. La croissance est beaucoup plus forte, de 4,5%, dans les pays hors OCDE.

Le rapport précise que si les réductions d’émissions de carbone avaient commencé en 2010, elles auraient été d’environ 3,3% par année. Au lieu de cela, les émissions de carbone ont continuellement augmenté, et en commençant en 2020, il faudra réduire les émissions de 7,6% par année pour ne pas dépasser le seuil de 1.5 degré par année.

Si nous attendons 2025, il faudra alors réduire les émissions de carbone de 15,5% par année (UNEP). Le confinement fait cependant baisser nos émissions en 2020.


 

 

Certains gouvernements vont à reculons 

Selon l’UNEP,  les gouvernements ne prennent pas de mesures suffisantes pour garantir notre sécurité.

Le rapport donne de nombreuses informations à ce sujet (Chap 2.4). Il mentionne que l’Argentine doit modifier d’urgence ses pratiques agricoles,

que les émissions de l’Australie devraient demeurer inchangées suite aux décisions et à l’absence de progrès de leur nouveau gouvernement conservateur.

Le Brésil a connu une augmentation de la déforestation en 2018, le budget du ministère de l’Environnement pour le climat a été réduit, les règles administratives ont été assouplies, la responsabilité des territoires Indigènes a été transférée au Ministère de l’agriculture, et les comités de la société civile ont été dissous. Il est essentiel que le Brésil renforce son action pour le climat.

Les États-unis relâchent aussi les règles environnementales pour donner plus de liberté à l’industrie. Les émissions des centrales électriques seront réduites de 1% au lieu des 32% prévus sous Obama, les émissions des véhicules resteront inchangées mais celles du pays ont quand même baissé grâce à l’évolution du marché.

La Chine a connu un énorme développement des énergies renouvelables et réduit maintenant les subsides car les prix ont énormément baissé.

Les engagements pour différentes solutions sont passés en revue: énergies renouvelables, sortie du charbon, Industrie à bas carbone, transports publics, transports et aviation zéro-Carbone, bâtiments zéro-émissions, arrêt de la déforestation , prix du carbone, finance compatible avec l’accord de Paris (table 4.3 etc).

Une bonne solution

Un scénario de solution semble particulièrement efficace, LED ( basse demande d’énergie). Il permet à une grande partie de l’Humanité d’accéder à une bonne qualité de vie. Il suggère d’électrifier et d’optimiser  la fin de la chaîne énergétique, y compris les véhicules et les pompes à chaleur, de s’accorder sur un nombre raisonnable d’objets multifonctionnels, une circulation accrue des objets, donc la location ou le partage plutôt que l’achat, etc (5.3.5).

https://www.unenvironment.org/fr/resources/rapport-sur-lecart-entre-les-besoins-et-les-perspectives-en-matiere-de-reduction-des

La Suisse, des rochers nus?

La sécheresse de cet hiver et du début du printemps a fragilisé de nombreux résineux. Les épicéas et les sapins blancs sont très touchés autour du Lac Léman. Tout un étage forestier pourrait disparaître cette année.

C’est une très mauvaise nouvelle à de nombreux égards. La faune des forêts suisses pourrait en souffrir énormément, Même des espèces que nous croyions en sécurité courent un risque à brève échéance.

Les étendues d’arbres secs constituent un énorme risque d’incendie pour cet été, il doit être bien géré. Faudra-t-il évacuer des zones ou des maisons à risque? Un immense incendie comme Fort Murray nous menace-t-il?

L’avenir  des anciennes forêts est incertain  dès que les grands arbres formant la canopee disparaissent. La zone devient beaucoup plus chaude car elle est plus exposée au soleil et à cela s’ajoute le réchauffement climatique. Le microclimat local devient complètement différent. Ces espèces ne repousseront pas spontanément au même endroit.

La première photo montre un arbre qui pousse sur un rocher, la deuxième, des racines d’arbres qui forment un réseau sur le rocher, atteignent le sol en dessous, et maintiennent le rocher en place.

Dans les montagnes les premières plantes poussent dans une poignée de terre dans le creux d’un rocher. Le réseau de racines  s’accroche à la pierre, maintient le sol en place, et permet à des jeunes plants de germer dans la terre maintenue par les racines des vieux géants. Les feuilles mortes se décomposent sur place et enrichissent le sol. Qu’adviendra-t-il si des pans entiers de forêt disparaissent? La mince couche de terre maintenue en place par les racines des arbres pourrait être vite lessivée par les pluies de plus en plus intenses, ce qui provoquera des coulées de boue. Notre génération pourrait bien laisser derrière elle des rochers nus, sans aucune végétation, et des vagues de chaleur intenables.

 

En Grande-Bretagne, la végétation pourrait profiter du changement climatique

Comment le changement climatique affectera-t-il la végétation?

Une équipe de scientifiques anglais a prédit les changements de végétation qui pourraient survenir au cours du réchauffement.  Ils prévoient des soudaines modifications de la biomasse végétale en Grande Bretagne, la mort de certains végétaux ou une soudaine croissance luxuriante favorisée par le climat. D’après leurs calculs, il y aura de nombreux changements brusques, des périodes où la végétation dépérira et d’autres où elle deviendra luxuriante, plus abondante qu’aujourd’hui. Leur modèle pourrait permettre de détecter ces changements l’année précédente ou celle d’avant. Il anticipe surtout la croissance accrue des végétaux.

Les plantes dominantes des écosystèmes britanniques garderaient ce rôle, mais pourraient soudainement croître beaucoup moins ou au contraire proliférer. Le réchauffement seul pourrait poser des problèmes à la végétation, mais l’augmentation de CO2 la favorisera.

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/gcb.15144

Ce modèle calcule seulement l’effet direct du climat sur la végétation , la chaleur, la sécheresse et les pluies. Il ne prévoit pas les infestations de bostryches, l’émergence de nouvelles maladies ni les feux de forêt.  Il pourrait vraiment sous-estimer le stress imposé à la végétation.

Une montée de niveau de la mer importante pourrait diminuer la surface fertile de la Grande-Bretagne, la mer s’infiltrerait loin dans les terres. Les changements seraient alors beaucoup plus importants et plus catastrophiques que prévu.

En Grande-Bretagne, la végétation pourrait profiter du changement climatique. Cependant, selon Chris Boulton, il serait très utile d’effectuer ce type de simulations pour toute l’Europe. Les résultats pourraient être différents. Les climats méditerranéens pourraient subir une perte de la végétation.  Des nouvelles maladies  aggraveraient encore ce problème.

Finalement, je rappelle que la Grande-Bretagne, comme toute l’Europe, était naturellement couverte d’une immense forêt. La végétation y a été modifiée par l’activité humaine. Les terres ont été déboisées pour les cultures et pour l’élevage, et consomment lentement le carbone du sol produit par les anciennes forêts. La végétation pourrait naturellement être beaucoup plus importante, capter plus de carbone, former plus de sol, stabiliser le climat local et limiter la pollution.  Les forêts originelles devrait être recréés en Europe et conservées partout où c’est possible.

 

 

Article: https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/gcb.15144

Prévoyons des back-ups de la Nature parce qu’elle va planter

Les changements climatiques qui se produisent aujourd’hui sont mille fois plus rapides que ceux survenus dans le passé lointain de la Terre. Ils menacent la végétation locale, inadaptée à la chaleur et aux sécheresses. Le réchauffement est si rapide que les arbres des climats intermédiaires n’auront pas le temps de pousser et d’ombrager les suivants, la faune, décimée par l’activité humaine, n’aura pas le temps de s’adapter tant les changements seront brusques.

Les récifs coralliens, l’écosystème océanique le plus riche, meurent des vagues de chaleur marines. Les écosystèmes arctiques fondent à vue d’oeil. Des forêts perpétuellement humides, marécageuses, sèchent et partent en fumée. Les poissons marins migrent vers les pôles, les espèces de montagne montent en altitude mais comme le sommet des montagnes est plus étroit, elles y manqueront vite de place.

Les conséquences du changement climatique se produisent plus vite que prévu, et le réchauffement lui-même pourrait s’emballer.

Dans ce cas, la température montera alors assez vite de quelques degrés, les vagues de chaleur encore plus, les tempêtes et les pluies torrentielles rendront la vie à l’air libre difficile. Ce jour-là une intervention humaine à grande échelle pourrait-être mise en place pour maîtriser le climat, et rafraîchir la Planète.

Entre-temps, nos écosystèmes auront succombé aux températures sahariennes. Je ne suis pas particulièrement pour le géo-engineering quand des vagues de chaleur à 50°C se produiront, mais je ne serai peut-être plus là pour le dire.

Il est aussi possible que le réchauffement ne soit pas exponentiel, mais que nous subissions un événement isolé de six mois de sécheresse qui tuera presque toute la végétation et les animaux qui s’en nourrissent, et asséchera les zones humides et même les fleuves.

Pour pallier à ces risques, sous devrions peut-être sauvegarder en milieu contrôlé et climatisé les écosystèmes les plus variés et les plus rares de la Suisse. Récréons dans un endroit climatisé les marais, les écosystèmes aquatiques, les prairies et les forêts les plus riches. Prenons le sol, avec les dizaines de milliers de micro-organismes et les larves minuscules qu’il contient, ainsi que plantes et les animaux connus du biotope, et essayons de le faire exister en milieu climatisé.

Les écosystèmes aquatiques pourraient être sauvegardés dans un grand aquarium, les forêts tempérées dans des grands bâtiments similaires aux grandes bulles tropicales des jardins zoologiques qui pourraient être climatisés, ombragés, et arrosés en cas de besoin.  Nous pourrions voir la forêt tempérée au zoo.

Si des bouleversements trop graves se produisent, des sécheresses de quelques mois, des rivières qui sèchent, de nombreux animaux disparaîtront.  Les espèces éteintes dans la Nature pourraient alors être réimplantées dans leur milieu naturel, et éviter une extinction. totale.

Bien sûr, il vaudrait mieux éviter les changements climatiques dangereux, mais s’ils devaient arriver, nous aurions une chance de récupérer rapidement, et d’éviter la transformation de nos paysages en désert.

La mort des grands arbres condamne les forêts tempérées

Les jours de pénible chaleur, nous nous abritons de la chaleur dans la forêt. Il y fait bien plus frais et plus humide (Martine Rebetez), la lumière est douce et verte, filtrée par les couronnes des grandes arbres. Les jeunes végétaux s’élancent vers la lumière, et lorsqu’ils ont atteint une plage de soleil libre, ils s’étalent et l’occupent au maximum. Les arbres captent la lumière du soleil et utilisent son énergie. Cette mosaïque de cimes d’arbres entremêlées forme la canopée, le plafond de la forêt. Elle est remplie d’une vie que nous voyons à peine d’en bas. Elle maintient le microclimat de la forêt, assure la fraîcheur et l’ombre les jours de grande chaleur.

Malheureusement, les vagues de chaleur croissantes et les sécheresses qui les accompagnent menacent les géants de la forêt. Les plus grands y succombent les premiers. Une étude en Californie a montré que le manque d’eau est surtout fatal aux séquoias les plus hauts (lien), qui succombent à la cavitation lors des sécheresses.

Les feux de plus en plus fréquents détruisent ce plafond naturel, dispensateur de fraîcheur, sous lesquels les jeunes arbres se développent habituellement.
Leur absence change le microclimat de la forêt. S’ils ne sont plus là, les jeunes plants pousseront au soleil, à des températures beaucoup plus élevées qu’à l’ombre. Ils auront à affronter un climat doublement plus chaud, à cause du réchauffement climatique et de l’absence de la canopée.
Dès que les grands arbres disparaissent, la forêt change. Les espèces de climat tempérées proliféraient sous la canopée, dans la fraîcheur. Au soleil, les plantes des pays plus chauds se développent mieux. La forêt tempérée ne repousse pas, elle est remplacée par une autre, supportant la chaleur (étude).

 

Une étude récente dans Science (lien) montre que la canopée est cruciale pour la survie de la forêt, et que dès qu’elle disparaît, les espèces autochtones périclitent et font place aux espèces tropicales.

Ce n’est pas une bonne nouvelle, car actuellement les grands arbres sont menacés par la sécheresse et les feux. De nombreux végétaux cèdent au changement climatique (blog précédent), d’immenses incendies de forêts ravagent actuellement la Sibérie, les grandes forêts américaines subissent aussi des méga-incendies ces dernières années.

Devons-nous alors sauver coûte que coûte les forêts existantes, par exemple par une irrigation, ou pouvons-nous faire confiance à la Nature pour remplacer nos forêts par une jungle tropicale?
Tous nos écosystèmes disparaîtra-t-il ces prochaines années avec les grands pins et les hêtres?  Sera-t-il remplacé par un autre? Je me demande si un écosystème tropical peut se récréer ici spontanément. Contrairement aux changements climatiques passé, celui-ci se produit beaucoup plus vite, les anciens arbres pourraient donc disparaître avant que le nouveaux, intermédiaires n’aient poussé. D’autre part, les espaces naturels qui subsistent sont petits, limités, séparés par des villes, des champs stérilisés aux pesticides et des routes. Comment les animaux des écosystèmes tropicaux viendraient-ils ici? Allons-nous planter des eucalyptus et importer des koalas dont l’écosystème naturel disparaît dans les incendies?  C’est un des grands problèmes du moment, nous devons nous y atteler tout de suite.

Les forêts suisses meurent-elles cette année? Si elles vivent encore, sauvons-les maintenant!

 

Les forêts suisses meurent-elles cette année? Si elles vivent encore, sauvons-les maintenant!

Les arbres de nos forêts meurent

Au printemps passé, des pins ont bruni par-ci par-là dans le Chablais. En été, ces arbres ont pris une teinte rousse et leur mort est devenue apparente.

Ils ont apparemment succombé aux bostryches, mais ceux -ci attaquent en priorité les individus tombés ou affaiblis, par exemple par la sécheresse.

Cette année les pins sur les collines environnantes semblent trop bruns contre le vert frais des jeunes feuilles autour d’eux. Là, ce n’est pas un pin sur dix, mais une grande partie, la moitié de la forêt peut-être. J’ai peur qu’ils ne meurent, que la moitié de la forêt ne dépérisse cette année.

Cubly-Belvédère, Vaud, le 10 mai 2020

Et les arbres meurent partout autour de nous. En France, dans l’Est de la France, un dépérissement important des sapins pectinés a été observé l’année passée. Affaiblis par les changements climatiques, les végétaux succombent aux insectes. Dès qu’ils rougissent, ils sont condamnés. Les sapins blancs du Jura ont aussi été touchés, ainsi que des forêts de hêtres. Les arbres meurent du réchauffement climatique en Afrique, en Amérique du Sud, les séquoias en Californie, les genévriers au Moyen-Orient, les chênes en Espagne et en Grèce. De nombreuses forêts pourraient disparaître ces prochaines années (lien).

Les arbres sont essentiels à notre biosphère

Les bois modèrent le climat, attirent la pluie, purifient l’air, abritent les animaux. La mort des arbres est un signe de plus de la mort de la Nature, de la fin de notre monde. Elle survient après la disparition de la majorité d’insectes, d’oiseaux, de hérissons de notre environnement. Tout meurt autour de nous, remarquons-le.  L’ampleur des changements dépasse les prévisions. Serons-nous épargnés?

Actuellement, certains essayent de mettre un prix sur les services que la Nature rend à l’Humain. Mais quel est le prix réel de l’air, de l’eau, du climat modéré dont nous avons absolument besoin pour vivre? Combien serons-nous prêts à payer pour respirer ou pour ne pas être exposés à 60°C? Réaliserons-nous assez tôt que ces éléments absolument nécessaires à notre survie sont menacés? Nous avons besoin de la Nature de maintes autres façons, nous ne comprenons que partiellement la façon dont les différents éléments de la biosphère interagissent entre eux. Bien de fois par le passé, la disparition d’un animal ou d’un insecte a permis de constater une perturbation de l’environnement dangereuse pour l’Homme aussi.

La mort des arbres ajoutera à l’effet de serre. Ces végétaux maintiennent en place le sol de la forêt, grâce à l’arbre, tout l’écosystème forestier existe et prolifère, animaux, insectes, mycorhizes millénaires. Le sol n’est pas du sable, mais un enchevêtrement de racines, de feuilles mortes et d’insectes et de micro-organismes vivants.

SI les forêts de montagne disparaissent, bien de rochers ne tiendront plus, des coulées de boue encore plus importantes se produiront, s’ajoutant aux effets des les précipitations de plus en plus intenses.

Les modèles climatiques prévoient que le réchauffement causera la disparition totale de l’épicéa , du hêtre, et des problèmes climatiques pour le sapin et pour le chêne dans les collines et les montagnes où ces arbres subsistent encore (lien).  Actuellement, la Nature change plus vite que prévu.

Arbres menacés dans les zones montagneuses où les forêts subsistent encore. Pour l’épicéa le risque est encore plus important.

Il est probablement inutile de planter des hêtres et des chênes, mais que faut-il prévoir? Des bambous? Des eucalyptus? Des palmiers? S’ils survivent aux températures de 50°C, y arriverons-nous? Le pays sera-t-il alors balayé de tornades et d’ouragans?

Il faut un plan d’urgence pour les arbres

J’aimerais que les forêts actuelles soient sauvées, qu’elles survivent le plus longtemps possible, dix ou vingt ans, jusqu’à ce que nous ayons repris nos esprits et remis le climat sur la bonne voie. Il faudrait aussi planter le plus des arbres possible, au-dessus des trottoirs, au-dessus ou à la place des parkings, partout où un mètre carré est disponible. Nous serons bientôt heureux d’avoir de l’ombre.

Les pins sont apparemment attaqués par des insectes, des bostryches, quand ils sont affaiblis par la sécheresse. D’autres arbres succombent directement au manque d’eau.

Il faut former un organisme chargé du sauvetage des forêts, déclarer le pays en état de catastrophe naturelle, et déployer des moyens suffisants pour sauver les forêts. Des chômeurs, il y en a,  et je veux bien aller creuser bénévolement pour sauver les forêts.

Combien de forêts pourraient être sauvées avec un réseau de réservoirs et de bisses qui éviteront la sécheresse au printemps? A bien d’endroits, la fonte des neiges fournirait suffisamment d’eau.  Un arrosage artificiel modéré pourrait être considéré aussi. Pouvons-nous préparer des canaux d’arrosage pour le printemps prochain pour des forêts qui montrent des signes de sécheresse cette année mais où les arbres survivent encore?

La forêt est un écosystème ancien et très diversifié, elle abrite des milliers d’insectes et elle fonctionne ainsi, dans l’équilibre de nombreux êtres vivants. Un arrosage d’insecticide décimerait la vie de la forêt.

  Naïvement, pourrions -nous tenter un élevage à grande échelle de pics qui seraient libérés dans la forêt? Le WSL a la liste des ennemis des scolytes (lien). Pouvons-nous organiser des lâchers d’insectes protecteurs?

Nous devons nous mobiliser pour sauver les bois, créer un organisme d’action et investir des moyens suffisants. Ce sera vite rentabilisé par l’évitement de glissements de terrain, sans parler d’un climat supportable.  Signalez aussi tous les arbres jaunis qui apparaîtront de plus en plus clairement ce mois-ci.

Le mois d’avril a été exceptionnellement sec, l’hiver très doux: https://www.meteosuisse.admin.ch/home/actualite/infos.subpage.html/fr/data/news/2020/5/bulletin-climatologique-un-mois-davril-extremement-chaud-ensoleille-et-sec.html

La mort des grands arbres condamne les forêts tempérées