Les crises sanitaires, géopolitiques et alimentaires appellent une forte intervention publique

Au cours des 15 dernières années, la population mondiale a été frappée par une série de crises que même les oracles les plus pessimistes n’auraient pu prédire.

L’éclatement de la crise financière globale en 2008, en fait, était prévisible, compte tenu du volume impressionnant et de la croissance fulgurante des crédits octroyés par les banques depuis le début des années 1990 à l’échelle mondiale. La plupart de ces crédits bancaires, en effet, n’ont rien à voir avec la production, donc aussi avec la formation du revenu national. Cela signifie que l’augmentation de l’endettement – principalement des institutions financières (les banques, les compagnies d’assurance et les fonds d’investissement) – ne donne pas lieu à une augmentation des revenus nécessaires pour rembourser ces dettes, qui ont été contractées essentiellement pour spéculer sur les marchés financiers. Le problème ne réside donc pas dans le montant de la dette, mais dans l’objectif pour lequel cette dette est contractée. En réalité, lorsqu’une entreprise obtient une ligne de crédit bancaire, grâce à laquelle elle paie les salaires de ses employés, suffisamment de revenus sont générés dans l’ensemble de l’économie pour rembourser la dette de cette entreprise. Cependant, lorsque l’entreprise s’endette pour spéculer sur les marchés financiers, cette opération est risquée non seulement pour l’entreprise en question, mais aussi pour le système économique dans son ensemble, puisque les revenus nécessaires pour rembourser cette dette ne sont pas produits dans ce système.

Nous pouvons alors comprendre qu’il existe une «bonne» dette et une «mauvaise» dette, entendez une dette qui est nuisible et qui, dès lors, doit être évitée dans l’intérêt de l’ensemble de l’économie. Une «bonne» dette, qu’elle soit privée ou publique, est celle qui produit des revenus et donc engendre des places de travail au sein du système économique, lui permettant de se développer et contribuer ainsi au bien commun. De ce point de vue, il est facile de voir comment l’augmentation des dépenses publiques suite à la pandémie de Covid-19 a pu soutenir les activités économiques des entreprises, même si cela a engendré une dette publique supplémentaire.

Quelque chose de similaire devra se produire à la suite de l’invasion russe en Ukraine: non seulement en termes de dépenses militaires, mais surtout en termes sociaux et environnementaux, tous les États impliqués par cette guerre devront allouer des milliers de milliards de fonds publics pour relancer les systèmes économiques durement frappés par cette crise géopolitique.

Toutefois, cette relance économique devra également soutenir les pays sous-développés qui, en raison de la guerre en Ukraine, doivent payer beaucoup plus cher les matières premières agricoles (notamment le blé) nécessaires à la production de denrées alimentaires de base comme le pain.

Toutes ces crises actuelles montrent clairement la nécessité d’une intervention publique, tant en faveur de la population nationale que des peuples étrangers. Nous verrons si les autorités gouvernementales tirent des leçons de ces crises – puisqu’en l’état elles n’ont pas beaucoup appris de la crise financière mondiale.

Sergio Rossi

Sergio Rossi est professeur ordinaire à l’Université de Fribourg, où il dirige la Chaire de macroéconomie et d’économie monétaire, et Senior Research Associate à l’International Economic Policy Institute de la Laurentian University au Canada.

43 réponses à “Les crises sanitaires, géopolitiques et alimentaires appellent une forte intervention publique

    1. Bonjour Serge,

      Sauf votre respect.

      Bruno Bertez écrit: «Milton Friedman, qui était en fait un penseur de la liberté du choix, stigmatisait avec force et persuasion les systèmes de Tiers Payant, expliquant que si vous ne payez pas quelque chose ou si vous ne subissez pas les conséquences de vos actes il n’y pas de limite à l’irresponsabilité. Dans un système de tiers payant, on ne paie pas ses erreurs donc il n’y a jamais d’apprentissage». Quel grotesque sophisme!

      Raymond (16 septembre 2021 à 14h38) – cours de rattrapage au 24 mai 2022:

      Vous lui rappelerez à ce cher Bruno Bertez de mieux potasser sa matière, car si la France est (était) bien la patrie des “droits de l’Homme” (1789), son rôle fut également crucial dans l’instauration de la “pensée dominante”, à vocation néolibérale, en Europe. C’est en effet la France, en 1973, qui devait franchir une étape historique sur le chemin de la libéralisation financière internationale en modifiant les statuts de la Banque de France, le 3 janvier, notamment par l’article 25, indiquant que “le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France”. Mettant ainsi définitivement les États à la merci du système bancaire, puisque leur Trésorerie n’était de facto plus en droit d’emprunter auprès de sa banque centrale. Tournant crucial en Europe qui ne devait rien au hasard à une époque où elle était présidée par un ancien banquier, Georges Pompidou. Une époque où les décisions politiques, sous Richard Nixon aux États-unis, en 1971 (ère du monétarisme et dont le père spirituel n’est autre que Milton Friedman) allaient dérouler le tapis rouge à la financiarisation de nos économies avant d’offrir le “Saint-Graal” à la haute finance au cours des années 1980. Un temps qui permettra notamment l’emprise des dogmes monétaristes sur les institutions nationales en France, le “big bang” financier en Angleterre, et offrira à la Suisse, dotée d’un “secret bancaire pourtant louable à ses tous débuts”, les moyens pour faire turbiner une industrie financière spécialisée dans “le blanchiment de fraude fiscale” à l’échelle planétaire.

      La transfiguration de la finance dans les années 1980, de même que l’emprise des monétarismes et leurs dogmes (entre autres cette si “bienveillante efficience”) sur nos institutions ont eu des impacts sévères dans le domaine de la santé publique et des assurances sociales.

      Rappelons-nous que tout commence en 1983, en France, avec le tournant de la “rigueur” (selon la logique que les déficits des uns ont comme pendant les excédents des autres et/ou qu’en creusant une dette dorénavant laissée à la spéculation des marchés financiers, cette faute finira un jour par se rappeler à vous) pris par le gouvernement socialiste (ai-je dit un double paradoxe?). Un haut fonctionnaire, Jean de Kervasdoué, met en place un “programme de médicalisation des systèmes d’information”. L’objectif est de quantifier et de standardiser l’activité et les ressources des établissements de santé (ai-je dit en quête d’efficience?). Officiellement, il s’agit de diminuer les inégalités entre les hôpitaux. Il s’agit aussi de mieux contrôler les dépenses. Le ministère de la Santé développe progressivement un système d’information qui classe les séjours à l’hôpital en grandes catégories et permet d’en établir le coût moyen (ai-je dit que les dogmes monétaristes sont à l’ouvrage?). “Au début des années 2000, le ministère est en mesure de connaître la “production” de chaque hôpital ainsi que son coût”… 

      Ceci ne lui rappelle-t-il rien?

      …Alain Juppé est alors Premier ministre du premier mandat de Chirac. Il édicte par ordonnance, sans vote des parlementaires, l’”Objectif national des dépenses d’assurance maladie” (Ondam). Il s’agit d’un plafond de dépenses de santé à ne pas dépasser, quels que soient les besoins de la population. Chaque année, ce plafond est défini dans la loi de financement de la Sécurité sociale. “Les objectifs clairement avoués par les pouvoirs publics étaient de réduire de 100 000 lits le parc hospitalier français, soit près du tiers de sa capacité”, a expliqué l’Institut de recherche et documentation en économie de la Santé. En France, ces ordonnances aboutissent rapidement à la fermeture des plus petits établissements. Plus de 60 000 places d’hospitalisation à temps complet (définies en nombre de lits) disparaissent entre 2003 et 2016, dont près de la moitié en médecine et chirurgie. Les gouvernements se succèdent, mais ce plafond des dépenses devient de plus en plus coercitif. Pourtant la population augmente, ainsi que la part des plus âgés donc des plus fragiles, et que le recours aux urgences s’intensifie.

      2020 – Pandémie mondiale vs les spectres de la pensée dominante comme autant d’effets secondaires.

      2021 – La discipline de la “science comportementale” – après avoir été dévoyée par l’idéologie “mainstream” – fut d’abord instrumentalisée pour les intérêts de la finance (FC), puis pour les intérêts de la sphère marchande (EC) et enfin pour servir de “guidance” à la politique (ai-je dit d’intérêts au sens de la Public Choice Theory?) comme nous le constatons actuellement avec la “politique du nudge” (Merci McKinsey & Company). Un modèle de politique qui semble se démocratiser de manière fulgurante. Alors jusqu’où va-t-on pousser le sophisme dans l’acceptation de l’inacceptable?

      2022 – Le système de santé francais est maintenant en mort cérébrale.

      1. Pompidou ne voulait pas laisser une base légale à “la planche à billets”, pour cette raison il ne voulait pas que la BdF prête à l’Etat. Pompidou ne pouvait pas imaginer qu’il sera succédé en 1981 par une personne qui aime plutôt la littérature et s’en fout totalement de la finance. La France a emprunté d’abord les avoirs et l’épargne de ses propres citoyens (livret A et assurances vie), et depuis Hollande, la France est devenue nette débitrice en cash par rapport au reste du monde financier, actuellement autour d’EUR 700 milliards. (On ne parle pas ici de son patrimoine bâtie qui vaut des trilliards.) Voilà la raison pour laquelle le Président Macron invite à Versailles le patron de BlackRock et lui promet de gérer des fonds de l’Etat (la Sécu). Voilà la raison pour laquelle quand la Maison blanche impose à l’UE l’hostilité à la Russie, la France devient son agent de marketing. Macron pense éviter une crise sur la dette française par la subordination politique à d’autres Etats et organismes financiers. Pour cette raison, il est quasiment indispensable que M. Mélenchon devient PM, car il va traiter en priorité ce sujet. Il va imposer à la BCE le rachat sans bornes de la dette souveraine française afin que ce grand pays recouvre sa liberté et son indépendance, et tant pie si l’EUR dévisse de 20%.

  1. Matière à réflexion et à ACTION =>

    1) “Le dernier volet du 6ᵉ rapport du GIEC, publié le 4 avril 2022, souligne l’importance des contentieux dans la reconfiguration de la gouvernance climatique mondiale.”

    https://theconversation.com/les-contentieux-climatiques-face-a-la-justice-un-interet-grandissant-pour-le-giec-181643

    2) “Un système en bout de souffle ? ” Du passionnant Gael Giraud, économiste-théologien, en particulier depuis la minute 50

    http://www.youtube.com/watch?v=rOdSLHOxHYk

    3) “Je pense désormais que le changement, s’il advient, viendra de minorités très déterminées dans les entreprises, dans les municipalités ou dans la société civile. Je ne crois plus du tout à la capacité de la politique à changer la situation. (…) Les solutions pour faire face à la crise climatique sont à chercher hors de la sphère politique.”

    Prof. François Gemenne (expert en géopolitique du climat, membre du GIEC)

    http://www.rts.ch/info/sciences-tech/environnement/13072128-pour-francois-gemenne-les-democraties-ne-sont-pas-capables-de-lancer-une-action-significative-pour-le-climat.html)

    https://theconversation.com/le-climat-lenjeu-qui-peut-faire-basculer-la-geopolitique-mondiale-168418

    http://www.youtube.com/watch?v=KIvaz90eAMo

  2. “Voyage dans le temps et l’espace”

    Saison: C’est la faute à “Personne”!

    En effet, en 2022, les temps n’ont pas si changé que ça; donc laissons choir les grands Clercs ainsi que les Oracles. Néanmoins, il me semble impératif de rappeler que les structures décisionnelles et institutionnelles n’ont toujours pas été réformées en profondeur – au sein de nos économies modernes – afin de renforcer la démocratie plutôt que de continuer à la vider de son contenu pour faire les intérêts (de court terme) de ses élites financières. Sans surprise, le théoricien des risques, Nassim Nicolas Taleb, n’a fait que constater impuissant (modéliser) que la pandémie mondiale n’est qu’un des “effets secondaires” de la globalisation débridée (et non pas un “Cygne noir”); tandis que Dennis Meadows (Club de Rome), lui, a depuis des décennies alerté – en vain – sur les risques induis par un modèle de croissance économique déjà borné dans les années 1970. Sans parler du laboratoire économique Chilien, ni de l’expérience contre nature menée par le FMI à la suite de la grande crise en Argentine et sa fumeuse dette odieuse, non répudiée (et pour cause!). Bien évidemment, sans considérer la folie pathologique de la technocratie Bruxelloise, ni le courage faisant tant défaut à l’homo-politicus helvétique dont la carrière politique reste financée par les plus grands lobbies (GRECO). En effet, la liste s’allonge depuis cinquante ans. Bref!

    Extrait(s) choisis de ma longue “diatribe” adressée à l’époque – en août 2014 – au cœur de la crise des dettes souveraines débutée en 2009, et ensuite aggravée par l’orthodoxie budgétaire schizophrénique doublée des frappes spéculatives ciblées des fonds alternatifs américains – à l’ex “Executive Vice President International du New York Stock Exchange de 1996 à 2003”.

    (…) C’est quoi votre problème cher confrère? Le plan Junker vise d’abord à prélever sur le budget européen JUSQU’A 30 milliards? Certes, pour l’instant nous n’y sommes pas encore, de 1. Tout comme l’opération des 315 milliards d’euros (sur 5 ans maximum) pourra être poursuivie pour atteindre les 700 milliards d’euros en cas de succès… de 2. Je vous apporte un développement démontrant que l’effet de levier réel (derrière l’enfumage) est de 630 et non pas 10 comme vous tentez de le démontrer que très succintement! D’où sortirons ces 315 milliards d’euros? L’Union Européenne va apporter sa garantie à des emprunts à hauteur de 16 milliards d’euros: il s’agit donc pour le sujet qui nous occupe de 16 milliards empruntés, c’est-à-dire de dettes publiques potentielles pour financer des projets non rentables qui ne seront jamais remboursés. La Banque Européenne d’Investissement apportera, elle, 5 milliards d’euros en cash. La Banque Européenne d’Investissement, en tant que banque, ne fait qu’apporter de l’argent qu’elle a (en capitaux propres) et qu’elle n’a pas mais qu’elle emprunte et qui sont donc des dettes. Comme la Banque Européenne d’Investissement finance globalement ses actifs aux 9/10° par des dettes et pour 1 dixième par ses capitaux propres, le plan Juncker signifie logiquement que la Banque Européenne d’Investissement empruntera 4,5 milliards d’euros pour financer ce plan. La Banque Européenne d’Investissement n’apportera en fait que 500 millions de véritables capitaux en propre. Conclusion: les 315 milliards d’euros du plan Juncker sont donc financés par 500 millions d’apports en capital, soit un levier réel de 630 (…). Ensuite, parlons de votre très chère Réserve Fédérale (FED) puisque le cas Greenspan étant déjà réglé, car il reconnaîtra publiquement devant le Congrès, le 23 octobre 2008, avoir trouvé un défaut dans son système consistant à faire du marché libre le meilleur moyen d’organiser l’économie. La FED, donc, pour contrer une récession grandissante – suite au crash de 2008 – rachète les dettes d’organismes fédéraux spécialistes des prêts hypothécaires et une grande quantité d’obligations du Département du Trésor des États-Unis. Une année plus tard, fin 2009, la FED aura donc acquis pour environ 3500 milliards de dette pour contenir la crise du subprime aux États-Unis. En 2010, les bénéfices dus à ces dividendes s’élevaient à 82 milliards de dollars, soit plus du double des années précédant la crise.

    En 2012, l’on constatera que les investissements destinés à aider l’économie Américaine auront rapporté gros à la FED, puisqu’elle enregistrera des profits jamais atteints en 99 ans d’existence. Inutile donc de rappeler que les bénéfices engrangés par la FED viennent directement renflouer les caisses (réf: “fiscal cliff”) du département du Trésor des États-Unis, organisme ayant pour fonction de répondre aux besoins fiscaux et monétaires des États-Unis (donc, encore une fois, c’est la faute à quasi “Personne”). Qui a intérêt que les crises perdurent? Manipulation des métaux précieux (or et argent), manipulation du marché des dérivés, manipulation des Swaps, manipulation du Libor, manipulation du Tibor, jeu des cartels, démarchage illicite et industriel par personnes non agrées, aide industrielle au blanchiment de fraude fiscale, etc […] toujours la faute à personne ou à une poignée de lampistes. Alors, si ce n’est véritablement la faute à “Personne” (absence de condamnation mais une ribambelle d’accord) ne serait-ce pas l’architecture même du système financier et économique actuel qui est corrompue jusqu’à la moelle? Comme dans toute construction, déboulonnez les pièces maîtresses et c’est tout l’édifice qui s’effondre! Enfin, l’un des fondements de l’investissement n’est-il pas la prise de risque? Un actionnaire investit dans une société en sachant parfaitement qu’il peut perdre tout ou partie de sa mise. En échange, il attend une rémunération de son investissement (et là, les financiers ont très vite saisi – avec le “moral hazard effect” – qu’en empochant 5 de manière frauduleuse et en reversant 1 à titre d’amende (charge), le crime est devenu un “business model” rémunérateur et rentable (et fait partie de la gouvernance d’entreprise). OUI, le crime paie!!! Par contre, pour l’économie réelle, ça c’est une tout autre question, un vrai ravage (…).

    En 2020, tous les maux que l’histoire porte depuis bientôt trois lustres – que les fautes restent imputables à “Personne” – l’homo-politus finira pourtant par lui trouver un premier nom de baptême pour expliquer le présent: l’aléa Covid-19. Puis, un deuxième en 2022: le conflit géopolitique Russo-Ukrainien (guerre) – pourtant débuté en 2008. Résultats: inflation galopante, famine mondiale catastrophique, service(s) public(s) de santé (également financiarisés) à un doigt de la mort cérébrale, en France, par exemple (pas uniquement, mais tellement représentatif et la Suisse s’organise pourtant à vouloir suivre la même veine) et la liste est longue (…). Encore une fois, la grande majorité des peuples souffre (meurt) et ce n’est malheureusement que le début. Les fonds alternatifs ont ressorti leur arme des “ventes à découvert” dans cette cacophonie ambiante pour saisir “les opportunités des effets pervers” portés sur la consommation, l’énergie, la santé, les services publics, les PME/PMI (…). Des effets secondaires ne tombant pas du ciel par la force du Saint-Esprit.

    Soyons tous sérieux ou honnête en 2022, rien n’a changé fondamentalement, hormis le fait que “Personne” a gagné deux Noms de famille lors du baptême des (ir)responsabilités. Alors, autant ouvrir grand les yeux sur ces deux aléas “bien” identifiés par les médias “mainstream” détournant systématiquement leurs yeux d’une possible “stratégie du choc” décomplexée – comme au temps du pseudo “Miracle Chilien”, ou encore celui de l’hypothétique “Sauvetage Argentin” par le FMI en lieu et place à répudier une “dette odieuse” qui aura finalement fait les choux gras des plus grands “Vulture Funds” (fonds vautours) américains. Dans une logique tout aussi impitoyable, finalement, l’ultra-capitalisme n’aura pu se nourrir qu’à la grâce des tombes de ses prédécesseurs – par une quasi absence de régulation ambitieuse lui ayant déroulé le plus beau tapis (vert) vers la voie de l’Extrémisme!

    Conclusion: OUI, “toutes ces crises actuelles montrent clairement la nécessité d’une intervention publique, tant en faveur de la population nationale que des peuples étrangers. Nous verrons si les autorités gouvernementales tirent des leçons de ces crises”.

    Je préciserai ce point crucial: Sans le transfert systématique de la prime de risque – quelques années plus tard – sur les 80-90%… pour la énième fois. “Franklin Delano Roosevelt, reviens de l’au-delà!”

  3. “Une «bonne» dette, qu’elle soit privée ou publique, est celle qui produit des revenus et donc engendre des places de travail au sein du système économique, lui permettant de se développer et contribuer ainsi au bien commun. De ce point de vue, il est facile de voir comment l’augmentation des dépenses publiques suite à la pandémie de Covid-19 a pu soutenir les activités économiques des entreprises, même si cela a engendré une dette publique supplémentaire.”
    Comment pouvez dire en 2 phrases des affirmations aussi contradictoires? C’est mystérieux.
    L’augmentation des dépenses publiques durant la crise du Covid-19 n’a créé aucun poste de travail (sinon ceux de Sécuritas divers et variés), et cela n’a jamais été le but de ces crédits. Ce n’était que des crédits gigantesques pour que les entrepreneurs et indépendants renoncent à leur activité et se soumettent à des mesures complètement folles décrétées par les Etats (mesures dont la pertinence épidémiologique n’est d’ailleurs pas très étayée à ce jour).
    Ces crédits et ces mesures étatiques ont accéléré de manière prodigieuse la financiarisation de l’économie, car ils ont signifié l’arrêt forcé de l’économie réelle, qui souffrait déjà. Alors que les bourses flambaient.
    Tout cela montre que les grands Etats occidentaux sont les complices principaux de la financiarisation et absolument pas un rempart contre elle. Le dernier rempart contre la financiarisation de l’économie est la petite économie locale indépendante, que cette crise a complètement fragilisé.
    Quant à la crise liée à l’Ukraine, c’est la suite du programme – à savoir la destruction totale de l’économie indépendante et réelle, au profit de la finance, des GAFAM et de l’Etat faussement appelé “providence” (plutôt devenu un pompier pyromane).
    Avec ces 3 forces titanesques qui sont encore à la manœuvre pour la mise en place de l’économie dite “verte” ces prochaines années, on peut prévoir le pire pour l’humanité. L’humanité s’en va dans des temps très pénibles, à cause de la folie d’un très petit nombre de personnes et c’est dommage que les lanceurs d’alertes restent silencieux devant les faits. Il y a une collusion de facto entre les principaux Etats et la grande finance internationale. Les GAFAM servant de courroie de transmission entre les deux.

    1. Cette fois, je vais tenter de faire “succinct”. Très difficile pour moi, je vous le concède. Je fus un ancien lanceur d’alerte de la crise du subprime US au sein d’une banque universelle et internationale helvétique (comme tant d’autres au sein d’autres établissements et-ou entités mondiales). Le prix à payer? Cinq ans de procédure judiciaire, mise sur écoute, ma famille impliquée, plusieurs “routers internet” rendus inopérants à distance, problèmes de santé comme autant d’effets secondaires des traumatismes subis. Pressions exercées durant deux ans pour entamer la procédure avant de la laisser se faire tuer dans l’oeuf. Début? Preuves indubitables non retenues au tribunal (quid), vingt-cinq convocations de témoins afin de croiser les faux témoignages, sans succès (quid) etc, etc. Journalistes convoqués, etc. Perdu en première instance! Premier jugement considéré comme arbitraire et totalement dramatique par mes conseillers juridiques. Attaque en deuxième instance au motif arbitraire. Résultat? Perdu malgré des preuves tronquées grossièrement par l’entité financière, alors que mes conseillers juridiques ont pu les faire croiser stratégiquement avec les miennes, non caviardées. Résultat? Sans suites (quid). Etc… Mes conseillers juridiques m’ont finalement conseillés – pour le bien de ma personne et celui de l’ensemble de ma famille – de stopper tout de suite la procédure avant d’avoir ma (notre) vie totalement détruite car, selon toute vraisemblance, sans le vouloir, j’étais plongé dans une affaire qui remontait jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. Cette affaire s’est déroulée en Suisse.

      Après avoir été placé durant un certain temps sur le banc de touche de la finance/économie, j’ai réintégré ce “milieu” un court moment, ne croyant toutefois plus à une discipline devenue totalement corrompue par un dogme délétère (pour moi, hétérodoxe, Libéral modéré, et non cet extrémiste volant l’étiquette “libéral” qui omettait bien de préciser ce fruit du pêcher qui précède). Le (néo) libéralisme. La suite? Je suis parti dans l’enseignement supérieur – dans le secteur privé – ne bénéficiant pas d’une chaire. La suite? Les quasi mêmes erreurs durent toujours être enseignées, car exigées par le cursus diplômant des étudiants (professionnels du “milieu”) qui n’a retenu les erreurs du passé. Résultat? Conscient d’être privilégié tout de même (un paradoxe) – ceci a facilité mon arrêt définitif d’une activité professionnelle, après une parfaite désillusion, à l’âge de 54 ans à l’époque et 52 ans pour mon épouse. Ensuite, une expatriation au programme et le financement de nos cessations d’activités fut (et demeure toujours) assuré par notre fortune personnelle. Le paradoxe? Je fus condamné à payer, à l’époque, à cette entité financière et systémique des dizaines de milliers de francs au titre des dépenses et frais. Cela valait-il le coup? Oui et Non. Oui pour ma conscience personnelle. Et Non, car bien que les peuples ont les clés pour changer le système, ils font l’effet inverse à l’instar du paradoxal “syndrome de Stokholm”. Pour terminer: Je crois intrinsèquement à la décroissance et si je peux me l’appliquer (mais pas les personnes contraintes par des besoins aussi financiers que vitaux ou très loin d’une retraite d’un autre temps) j’ai eu aussi les moyens financiers de m’assurer ce “Luxe” (encore un “paradoxe”). Toutefois, chacun peut-être un “lanceur d’alerte” à sa manière, en s’intéressant sérieusement au monde dans lequel vit-il d’abord, en s’instruisant correctement à minima, puis en ne votant plus avec ses pieds pour des seuls couleurs politiques clivantes, mais bien pour des intérêts communs. Encore faut-il que la “grande Bête” (réf. Emerson) sorte de sa léthargie. Et que les politiques commencent par œuvrer pour l’Intérêt général. J’ose encore y croire avec une grande résilience.

      Enfin, les nombreux billets du courageux professeur et docteur en économie, Sergio Rossi, s’inscrivent – de mon point de vue – comme des messages lançant des alertes. Qu’il en soit remercié et respecté!

      https://www.humanrights.ch/fr/pfi/droits-humains/acces-justice/protection-lanceureuses-alerte-cadre-unifie-suisse

      1. Je ne comprends pas en quoi les positions de Sergio Rossi seraient en dehors de l’orientation majoritaire – qui vise à la financiarisation complète de la vie humaine.

        1. Parce que les sciences économiques (“et sociales”) sont organisées en différentes écoles de pensée. Les orthodoxes et les hétérodoxes (pour faire un résumé très succinct) se mènent une guerre des Chapelles depuis plusieurs décennies! L’une rêvant de fracturer la société au seul profit d’une minorité et l’autre qui oeuvre au bien commun et au maintien de l’Intérêt général. Malheureusement, les orthodoxes gagnent la partie depuis les années 1970. Voyez le résultat et l’histoire parle d’elle-même, suffit-il encore de s’y intéresser.

          Le professeur et dr. en économie, Sergio Rossi, est un hétérodoxe.

          1. Raymond (hétérodoxe) – Intervention du 12 janvier 2018 à 10:55 min – valant comme un énième cours de rattrapage au 24 mai 2022:

            « Harold Lasswell (1902-1978) défend ainsi que la propagande est utile aux démocraties, car elle permet aux citoyens d’adhérer à ce que les «spécialistes jugent bon pour eux ».
            En ce qui concerne à présent la question « des spécialistes », comment ne pas être projeté à nouveau vers Walter Lippmann et à son colloque organisé à Paris du 26 au 30 août 1938 ? Un cercle d’influence auquel participent 26 économistes, entre autres, Hayek, Mises, Rueff, Rüstow, Röpke, et des intellectuels « libéraux ». S’il y fut discuté de la capacité du libéralisme à faire face aux problèmes de l’époque, c’est aussi une des premières fois où les participants s’interrogèrent pour savoir s’il convenait de conserver le mot « libéralisme » ou bien d’adopter celui de néo-libéralisme. Pour l’économiste français François Bilgert, le colloque Walter Lippmann « peut être considéré comme l’acte de naissance officiel du nouveau libéralisme ». Dans la continuité à démolir le modèle keynésien dès le début des années 1930 – et suite au colloque Lippmann – ce n’est qu’à la fin de la seconde guerre mondiale que la société du Mont-Pélerin sera fondée par Hayek et Mises (1947). La première réunion, à laquelle participent trente-six personnalités « libérales » a lieu à l’Hôtel du Parc au Mont-Pèlerin près de Vevey. Ce réservoir d’idées et de promotion du néo-libéralisme fut financé par des banquiers et patrons d’industrie helvétiques (ce même genre de groupes d’influences qui n’a d’ailleurs jamais cessé sa générosité, notamment, auprès des partis politiques suisses).
            Lors de cette réunion d’avril 1947, trois importantes publications des Etats-Unis (Fortune , Newsweek et The Reader’s Digest) y ont envoyé des délégués. Le Reader’s Digest venait d’ailleurs de publier une version résumée d’une œuvre clé de Hayek, « La route de la servitude ». On y trouve notamment le rayonnant passage: « C’est la soumission de l’homme aux forces impersonnelles du marché qui, dans le passé, a rendu possible le développement d’une civilisation qui sans cela n’aurait pu se développer ; c’est par la soumission que nous participons quotidiennement à construire quelque chose de plus grand que ce que nous tous pouvons comprendre pleinement ». Dès lors, en appréhendant la logique de Walter Lippman, je ne peux m’empêcher à percevoir dans le pragmatisme helvétique – érigé comme un temple et dont l’une de ses fondations n’est autre que le quatrième pouvoir – la « fabrication d’un consentement » face à la construction que sera l’ordre nouveau, c’est à dire le néo-libéralisme. Harold Lasswell n’a-t-il jamais défendu « que la propagande est utile aux démocraties car elle permet aux citoyens d’adhérer à ce que les spécialistes jugent bon pour eux » ? Les soi-disant spécialistes de la pensée dominante n’ont-ils jamais porté en eux l’incandescence qui affecte de plus en plus nos démocraties, au point d’en avoir corrompu le capitalisme et saccagé l’intérêt général ?

          2. “l’autre qui oeuvre au bien commun et au maintien de l’Intérêt général”
            Tous les politiciens et penseurs prétendent oeuvrer pour l’intérêt général. Chacun préchant pour sa paroisse.
            Ce qui m’importe, c’est de vérifier si les solutions proposées nous entraînent vers plus d’esclavage économique ou non.
            Et les mesures économises prises dans le contexte de la pandémie participent de l’esclavage généralisé, obligatoire. Que l’Etat en sorte renforcé dans son rôle ne change rien à la finalité, que je perçois comme très négative pour l’humanité.

          3. Offre d’emploi:

            Recherche désespérément «une race d’hommes et-ou de femmes» pour un travail d’utilité publique requérant de hautes compétences. Mais qui nécessite impérativement un courage et une audace hors normes! A cet effet, ces derniers(ères) seront rémunéré(e)s au travers d’un statut d’exception, grassement rémunéré lui-même, de même qu’une retraite suffisamment confortable pour ces homo-politicus placés au dessus des nuages et financée via le prisme des deniers du peuple qu’il administre en toute «collégialité». Tous éventuels conflits d’intérêts seront désormais bannis et sanctionnés.

            Une «race» en voie d’extinction me dites-vous? Je me pose de plus en plus la question, en effet, mais je garde l’espoir pour un monde meilleur.

            Pour rappel: La disruption de nos modèles économiques ne fait que révéler ce que les théoriciens de la “Public Choice” ont postulé et théorisé, à savoir que l'”Homo economicus” (dont la notion même est usurpée à présent, puisqu’elle ne reflète plus systématiquement une représentation théorique du comportement de l’être humain qui est à la base du modèle des néoclassiques en économie. Pour eux, l’homme économique serait considéré comme rationnel et maximisateur. L’empirisme déboulonne pourtant cette certitude au travers de l’évolution de la discipline des «sciences comportementales», modélisant ainsi que l’homo-sapiens est aussi maximisateur qu’irrationnel) suit dans la sphère politique la même logique qu’il applique dans la sphère marchande: celle de la poursuite de son propre intérêt. Ce comportement se retrouve ainsi chez l’”Homo politicus” au pouvoir. De par sa fonction, sa priorité devrait être l’intérêt général et on pourrait l’imaginer comme désintéressé et au service du bien commun. En réalité, il cherche avant tout à maximiser son intérêt. Ainsi, il oriente son comportement en fonction de calculs qui lui permettent de se faire réélire: en proposant des mesures qui reflètent l’opinion de ses électeurs (et par électeurs, j’intègre bien évidemment le pouvoirs des lobbys).

            Bien qu’elles demeurent également un secret de polichinelle, les décisions politiques de grand chantier ne naissent pas dans les sphères du pouvoir mais dans les nombreux salons feutrés des cercles d’influences dont les multinationales détiennent les clés. Or, le plus inquiétant (et dangereux pour la cohésion sociale) réside au fait que par cette nouvelle concentration des pouvoirs, la ploutocratie s’est démocratisée au même titre que les plus vieilles kleptocraties.

          4. Ah Samy, ahhh Samy, vous dîtes : «tous les politiciens et penseurs prétendent oeuvrer pour l’intérêt général. Chacun prêchant pour sa paroisse ». C’est exact bien que le diable se cache dans les détails!

            En tous les cas, nous observons très bien dans plusieurs pays gangrenés par la sphère dominante à matrice néolibérale, “une Droite Radicale” (à ne pas confondre avec les partis politiques de l’extrême droite) s’interposer en poursuivant coûte que coûte les prêches de Milton Friedman. Et, je vous souligne que je fais partie – au sens économique du terme – d’une frange de Libéraux mais modérés (et si vous trouvez par votre philosophie dans “le sens modéré” une forme de “socialisme” (bien qu’appartenant aux clivages désuets), alors je vous accorderai cet abus de langage volontaire ou non puisque – par analogie – cela pourrait faire sens aux notions de bien commun et d’Intérêt général.

            Ensuite, n’oubliez pas que des PDG américains ont “tué le père” comme le titrait un quotidien, le lundi 19 août 2019. Ou plutôt Milton Friedman (1912-2006), lauréat Nobel d’économie 1976, patron de l’école économique de Chicago, qui avait fixé, dès 1970, le cap de la révolution Reaganienne à venir.

            “La responsabilité d’une entreprise, c’est d’augmenter ses profits”, avait écrit Milton Friedman dans un article célèbre publié le 13 septembre 1970…

            https://www.nytimes.com/1970/09/13/archives/a-friedman-doctrine-the-social-responsibility-of-business-is-to.html

            …en une période inflationniste où les manageurs avaient oublié d’avoir des affaires rentables et préféraient leurs vastes bureaux à la rémunération de l’actionnaire. Fin de partie, un demi-siècle plus tard, sifflée sous l’égide du patron de JP Morgan, Jamie Dimon, patron de la Business Roundtable (BRT), qui rassemble 188 PDG américains. La définition de l’objet de l’entreprise a été profondément modifiée par la BRT : “Nous nous engageons à : apporter de la valeur à nos clients (…) ; investir dans nos salariés. Cela commence avec une rémunération équitable et des prestations importantes [par exemple, de santé ou de formation] ; traiter de manière équitable et éthique nos fournisseurs (…) ; soutenir les communautés dans lesquelles nous travaillons. Nous respectons les gens de nos communautés et protégeons l’environnement en adoptant des pratiques durables ; générer de la valeur à long terme pour nos actionnaires, qui fournissent le capital qui permet aux entreprises d’investir, de croître et d’innover”, détaille le communiqué publié lundi, qui conclut: “Chacune de nos parties prenantes [stakeholders] est décisive.”

            Les hétérodoxes attendent toujours de voir le résultat des belles promesses!

          5. “Bien qu’elles demeurent également un secret de polichinelle, les décisions politiques de grand chantier ne naissent pas dans les sphères du pouvoir mais dans les nombreux salons feutrés des cercles d’influences dont les multinationales détiennent les clés.”

            A peu près exact. Mais l’Etat lui-même ne fonctionne pas autrement. Même le KGB et la CIA collaboraient très bien lors de la guerre froide. Chacun avait ses territoires. La théorie économique officielle n’empêchait pas d’user de mêmes méthodes.

            Le pouvoir fonctionne ainsi. Si demain son intérêt est d’être marxiste, il deviendra marxiste.

            Jamais les structures de pouvoir n’accepteront de perdre leur pouvoir librement. En revanche, si on renonce à les servir, on participe à dégonfler leurs abus.

          6. Vous écrivez très justement, Samy, que “Jamais les structures de pouvoir n’accepteront de perdre leur pouvoir librement. En revanche, si on renonce à les servir, on participe à dégonfler leurs abus.”

            1. En Démocratie plus qu’ailleurs – comme je vous l’ai déjà mentionné – la guerre se mène par le vote des citoyens (avant une fâcheuse guerre civile), pour autant que ces derniers ne s’attachent pas systématiquement aux clivages désuets conduisant à l’effet “moutonnier”. Le vote pour des idées en adéquation avec la réalité à moyen terme et non pour des idées reçues visant le court terme, c’est-à-dire la longueur d’un mandat politique. On en revient naturellement à cette “grande Bête” (réf. Emerson ou Darwin) suivant docilement son guide, se faisant tondre la toison sans broncher, puis ensuite se fait écharper jusqu’à la moelle avant de finir en côtelettes sur le barbecue.

            2. Ou par un modèle de décroissance qui n’est pas à la portée de toutes les bourses des honnêtes citoyens (qui plus est de notre jeunesse, par exemple) dans l’immédiat, ou ne bénéficiant pas des avantages de quelques retraités bien lotis. Ceux-ci représentent toujours une minorité (donc non représentatifs d’une vision cherchant impérativement l’Intérêt général) et ne sont pas instantanément (par l’urgence) préparés à un changement de paradigme qui, par essence, ne s’opère jamais du jour au lendemain. En attendant, les “quidams” doivent bien faire bouillir la marmite, revoir leurs priorités, avant de percevoir un jour (peut-être) une rente AVS diablement non corrélée au minimum vital. En attendant, nos sociétés se fracturent par une crise intergénérationnelle (qui devrait avant tout être “une nouvelle révolution” envers leurs “élites” ayant failli).

          7. @ Raymond
            La démocratie est incapable de démonter un tel système économique – car elle a été incapable d’en empêcher la prise de pouvoir.
            Seule la prise de conscience des gens peut leur faire changer de paradigme. Car le paradigme est dans notre tête. Et ce n’est pas en élisant tel ou tel représentant que cela changera.
            Le vrai changement, c’est de changer son logiciel mental. Puis de changer de comportement en conséquence.
            Cela peut faire boule de neige.
            Laissons de côté l’illusion d’un changement par le vote.
            Reste la décroissance. Celle-ci sera réelle, quand elle sera accompagnée d’une décroissance progressive de l’argent (et donc de la finance) – qui aboutira à la redistribution réelle du pouvoir. Tant que l’argent sera injecté en surplus dans le monde, la finance dominera le monde et les populations réduites en servitude par ce moyen, de crise en crise.
            Quand les gens auront compris cela, ils arrêteront de contracter des dettes – pour rechercher d’autres formes d’économie, paritaires, ce qui asséchera les banques. C’est le premier pas. Le deuxième pas, c’est de ne plus planifier sa vie en fonction de l’argent, qui n’est rien en soit.
            La jeunesse nous surprendra. Elle relèvera ce défi un jour.
            Donc, ni orthodoxe, ni hétérodoxe. Ce qu’il faut, c’est un changement de religion.

          8. @Samy

            S: La démocratie est incapable de démonter un tel système économique – car elle a été incapable d’en empêcher la prise de pouvoir.

            R: Pourquoi? Le consumérisme et l’illusion de richesse furent (sont) “l’Opium du peuple!”(Karl Marx)

            S: Seule la prise de conscience des gens peut leur faire changer de paradigme. Car le paradigme est dans notre tête.

            R: Difficile généralité! L’homo-sapiens n’est pas rationnel par essence (Richard Thaler). contrairement à l’avant dernière croyance.

            S: Et ce n’est pas en élisant tel ou tel représentant que cela changera.

            R: En démocratie, le vote n’est pas un “acte citoyen” par essence, car il comporte une lourde responsabilité et exige un minimum de rationalité; à tout le moins un minimum de clairvoyance et connaissance sur des sujets préoccupants de société en écartant les clivages improductifs. Beaucoup de sujets sont votés en Suisse, il faut le rappeler, sans nécessairement voter uniquement pour des homo-politicus!

            S: Le vrai changement, c’est de changer son logiciel mental. Puis de changer de comportement en conséquence.Cela peut faire boule de neige.

            R: Effectivement, sans conteste!

            S: Laissons de côté l’illusion d’un changement par le vote.

            R: Le vote est également une forme de révolution silencieuse!

            S: Reste la décroissance. Celle-ci sera réelle, quand elle sera accompagnée d’une décroissance progressive de l’argent (et donc de la finance) – qui aboutira à la redistribution réelle du pouvoir.

            R: Là vous êtes dans une forme d’utopie, car vous ne connaissez absolument rien de ce milieu et de ses arcanes très complexes!

            S: Tant que l’argent sera injecté en surplus dans le monde, la finance dominera le monde et les populations réduites en servitude par ce moyen, de crise en crise.

            R: L’Argent a pour corollaire la Dette. Le système actuel de création monétaire fonctionne ainsi. Les populations ont malheureusement fait le choix irrationnel menant à leur propre servitude!

            S: Quand les gens auront compris cela, ils arrêteront de contracter des dettes – pour rechercher d’autres formes d’économie, paritaires, ce qui asséchera les banques. C’est le premier pas.

            R: La paupérisation violente se chargera d’éduquer la “grande Bête” (le peuple, selon Emerson pour ne pas dire “idiot” selon A. Smith dans son oeuvre: “La Richesse des nations”) et les banques ont déjà acté la répression financière sous forme de “bail-in”!

            S: Le deuxième pas, c’est de ne plus planifier sa vie en fonction de l’argent

            R: Certes, pour autant d’être un privilégié!

            S: L’argent qui n’est rien en soit!

            R: C’est un médium d’échange qui fait tourner le monde depuis la nuit des temps. Le sel, fut aussi un médium d’échange comme la soie, le sucre, etc!

            S: La jeunesse nous surprendra. Elle relèvera ce défi un jour.

            R: J’espère sincèrement, mais pour l’instant des études démontrent que l’intelligence de notre jeunesse régresse. Le cerveau demeure un muscle pouvant aussi bien s’entraîner ou régraisser avec l’abrutissement prolongé à des artifices futiles (réseaux sociaux, etc)

            S: Donc, ni orthodoxe, ni hétérodoxe. Ce qu’il faut, c’est un changement de religion.

            R: Certainement, une profonde réforme et avec une plus grande pluralité des disciplines dans les “sciences économiques et sociales.

    2. En réponse à Samy où écrit-il très justement:
      “Il y a une collusion de facto entre les principaux Etats et la grande finance internationale. Les GAFAM servant de courroie de transmission entre les deux”.

      À ceci près…(avec en réponse mon intervention datée sur un autre blog d’expert)
      —-
      Raymond dit :
      août 25, 2020 à 6:55

      “Qui nommait les GAFAM pour être le patron? L’actionnariat. Et qui se trouve au bout de la chaîne de valeur de cet actionnariat? Le citoyen; même celui qui s’ignore “actionnaire” par un pouvoir délégué implicitement à son fond de pension retraite, par exemple. Dit fond de pension déjà en main d’un fond d’investissement, par exemple. Ou le citoyen prit en otage de sa propre Banque Centrale nationale, à l’instar de la BNS (Banque Nationale Suisse) pour les Suisses, qui, à fin 2018, détenait pour 9.25 milliards de dollars d’actions Google, Amazon, Facebook et Apple. Suffit-il encore à constater l’ampleur du bilan de la BNS dépassant le PIB helvétique. Or, étant aussi entendu que les capitaux neufs ne sont plus une matière première activement recherchée par ces entités de hauts vols (les GAFAM), l’actionnaire s’est ainsi vu relégué progressivement à un rôle de simple subalterne. En ce sens, la notion même de l’actionnariat est attaquée sur ses bases par ces mastodontes.

      La dictature étant à nos portes, il devient donc urgent d’exiger à nos pouvoirs publics (et du législateur) l’organisation d’un démantèlement des GAFAM ou, à tout le moins, la mise en forme (et en place) d’une régulation ambitieuse qui leur est propre”

      CQFD

      1. Le citoyen ne choisit pas son fonds de placement. Il est légalement captif. Ce fonds de placement est géré soit par les banques, soit par l’Etat, qui délèguent eux-même le travail à d’autres, pour finir entre les mains de géants tels BlackRock.
        La seule manière pour le citoyen de retrouver la main sur ce capital, c’est de le retirer – en général pour un achat immobilier (qui nécessite un autre esclavage à la banque) ou pour se lancer comme indépendant (aussi avec des crédits en général).
        Donc tout est fait pour que le citoyen soit captif (des banques ou de l’Etat) et le reste.
        Mais là où vous avez raison, c’est qu’il reste encore des petites failles dans ce système machiavélique et il faut les élargir autant que possible. La première et principale faille, c’est que l’être humain aspire quand même à l’autonomie. Et qu’une fois que les gens prennent conscience des rouages, certains souhaitent changer leur vie.

        1. Bref rappel sur les oeuvres de prévoyance – Samy – (fonds de pension LPP) pour les Suisses.

          La LPP impose que les institutions de prévoyance soient gérées de manière paritaire. Les salariés et les employeurs ont le droit de désigner le même nombre de représentants dans l’organe suprême de l’institution de prévoyance, dont les tâches sont décrites à l’article 51a al. 1 LPP: “L’organe suprême de l’institution de prévoyance en assure la direction générale, veille à l’exécution de ses tâches légales et en détermine les objectifs et principes stratégiques ainsi que les moyens permettant de les mettre en œuvre. Il définit l’organisation de l’institution de prévoyance, veille à sa stabilité financière et en surveille la gestion”

          “La grande Bête” ne préférant pas s’y intéresser, histoire de se dédouaner ensuite, ferait bien d’être plus proactive!

          https://www.bsv.admin.ch/bsv/fr/home/assurances-sociales/bv/grundlagen-und-gesetze/grundlagen/sammelstiftungen.html

          1. @ Raymond
            Après m’avoir expliqué que les décisions financières se prenaient dans les salons privées des multinationales, vous demandez à la population de participer à un jeu de dupes?
            Croyez-vous que vous aller “réformer” une escroquerie en bande organisée, dans laquelle vous n’avez même pas accès au détail?
            Expliquez-moi ce que cela changera concrètement?
            Les petites gens ont un réel pouvoir par leurs choix de vie et par le boycott – retirer leur peu d’avoir des banques, ne pas souscrire d’assurance-vie ou 3e pilier, retirer tout ce qui est possible du 2e pilier, boycotter les multinationales. Ne pas acheter les marques, acheter leur nourriture sur des marchés, etc. Cela, c’est du concret. Et cela peut vraiment faire boule de neige. Car la finance a besoin de la masse des petites gens pour exercer son pouvoir dans les cerveaux. Si elle perd son pouvoir de séduction, elle a déjà perdu son pantalon.
            Mais de faire de la figuration dans un organisme de supervision formelle, où on a le choix entre l’escroc A et l’escroc B… excusez-moi, mais cela ne changera strictement rien.

          2. Il vous faut déjà distinguer un fond de pension (LPP) d’un fond de placement. Ou des fonds alternatifs etc. Mais vous semblez toujours être empreint de certitudes sans maîtriser les arcanes. Et la LPP (organisée en gestion paritaire) demande un minimum d’implication des assurés. Les amalgames, précisément, forment la “grande Bête” à son ignorance.

          3. Qu’allez-vous dire aux familles endeuillées par le Covid-19 par exemple où, précisément dans ce seul cas de figure, si le domaine de la santé n’était autant infecté par la sphère financière – et que le nombre de personnel et matériel n’avait été sacrifié depuis plus 15 ans sur l’autel de l’économisité (frein à l’endettement sous le prétexte d’une “pseudo efficience”) – beaucoup de vie aurait été épargnée. Vous leur sortirez la théorie de la sélection Darwinienne à ces familles? Un peu d’humanisme et moins d’égoïsme, Samy, surtout que vos approches paraissent celle d’un privilégié ou d’un retraité d’un système de prévoyance d’un autre temps.

          4. Merci pour votre leçon, mais elle est inutile.
            Vous souhaitez participer à ce système dans l’espoir de le réformer.
            Très bien, allez-y.

          5. C’est dommage de retomber dans les attaques un peu déplacées. Car vous ne connaissez rien de ma modeste vie.
            Et je ne comprends pas où vous avez trouvé une justification de la sélection darwinienne dans mes messages.
            Il y a beaucoup d’exceptions dans la vie.
            A mon avis, ce qui vous déplaît dans mon discours (et vous avez le droit de le critiquer), c’est que je nie catégoriquement la possibilité de réformer le système financier.
            Effectivement, je nie qu’une mafia soit réformable – car ce type d’organisation est construite sur une philosophie du pouvoir qui me semble radicalement malsaine.
            D’autre part, malgré toute l’ignorance et la faiblesse qui peut exister dans l’humanité, les victimes de la mafia ne sont pas à mettre sur le même plan que les chefs de la pègre.
            Jamais.

          6. Je réagis avec vous (et les autres intervenants) en toute transparence tout en vous exposant par ailleurs (sans obligation) un pan de ma vie (donc un risque non négligeable pour moi, compte tenu de mes anciens statuts). Une transparence assumée puisque voulue constructive pour l’Intérêt général et le bien commun. Nous sommes nombreux dans le monde à œuvrer chacun à notre manière (le prof et dr en économie, S.R, également) ne vous en déplaise.

            Pour le reste, je vous laisse à vos allégories et votre philosophie, vous m’avez suffisamment consumé. Bon vent!!!

          7. Cher Raymond,
            Je vous ai posé une question très concrète – à savoir de l’utilité de siéger dans une commission paritaire du 2e pilier pour réformer ce système économique.
            Vous n’y avez pas répondu.
            Mon collègue de bureau y siège, comme mon père y a siégé en tant qu’employé agricole. Peut-être y siégerai-je un jour. Je note que cela ne change en rien la petite rente de veuve de ma mère.
            Voilà pour le concret et la sincérité.
            Pour le reste, “l’enfer est pavé de bonnes intentions”. Il y a beaucoup de sagesse dans cet adage quand on regarde l’histoire humaine. Une sagesse populaire.
            Et merci pour le temps que vous m’avez consacré malgré nos divergences.

          8. Comment se fait-il alors que votre père ou votre collègue, Samy, ne se sont jamais interrogés (ou réagis) sachant (ou devant savoir par la fonction occupée) que la Suisse compte plus de 1550 caisses de pension pour gérer les avoirs de tous les assurés (en Suisse) rendus “captifs” par complaisance e-o fainéantise implicite? Mais pourquoi donc vos proches n’ont-ils jamais su (quid) que la plupart de ces “œuvres de prévoyance” font de l’outsourcing sur des modèles de gestion “passives” – comportant un coût moyen de 5% sur une allocation d’actifs par ailleurs encadrée par la loi sur la prévoyance professionnelle? Voilà les questions à poser à vos proches pour commencer.

            Ensuite, on passera au chapitre (dont j’en ai déjà parlé ces dernières années ici-même ) – Comment cette chère “BNS” a mis (et met) en danger les avoirs de vieillesse des Suisses (et étrangers assurés en Suisse à la LPP) pour garantir sa politique monétaire exceptionnellement non conventionnelle! Voilà, Samy, hissez les voiles et bon vent!

    3. La finance avec tous ses errements, je la condamne suffisamment.

      Qui créé de la masse monétaire à la base? Les banques commerciales. Avec quel outil à la base? Les réserves fractionnaires. En gros et pour faire très simple: avec 1 en dépôt, elles créent *9 des crédits avec de l’argent qu’elles n’ont pas, c’est-à-dire par un jeu d’écritures (une promesse de remboursement dans le futur). Miracle ces crédits qui font les dépôts. Plus le citoyen demande un prêt (une facilité) à sa banque commerciale (hypothécaire, commerciale, etc) et plus il contribue à faire de la création monétaire sans le savoir (politique des réserves fractionnaires) et plus les banques commerciales peuvent utiliser les fonds propres (provenant des apports du client pour l’octroi de son financement) – après avoir respecté les normes «prudentielles» selon les accords de Bâle – pour réaliser d’autres de ses revenus que l’encaissement des intérêts. C’est-à-dire des placements en compte propre par exemple (spéculatifs ou non).

      Pourquoi la Suisse – connu comme un des pays les plus riches au monde et une place financière importante dans le PIB – compte-t-elle un taux d’endettement des ménages (et des entreprises) parmi les plus élevé au monde? Une illusion de richesse, mon cher Samy, dans une société de marchands. Une société de consommation! Qui a donné ce pouvoir gigantesque et quasi illimité aux banques (à la finance) dans nos démocraties modernes et qui a donné les pleins pouvoirs à la dérégulation des marchés financiers en démocratie? L’homo-politicus (l’Etat…) et avant l’homo-politicus? L’homo-sapiens, c’est-à-dire le citoyen lors des élections de ses politiques (ou lors des votes) en octroyant les pleins pouvoirs au grand Actionnariat. Le grand Capital. C’est-à-dire le capitalisme actionnarial, c-à-d, l’anti-thèse du capitalisme fordien!

      Effectivement, les GAFAM sont devenus les maîtres du monde – entre-autres (les sociétés pétrolières également) suffit-il à constater la place qu’ils occupent dans les bourses mondiales, déjà! Les pouvoirs cartellaires qu’elles occupent, ensuite! Puis, l’économie 2.0 (la pseudo “destruction-créatrice” selon Joseph Schumpeter) qui détruira plus d’emplois – à notre époque – qu’elle n’en créera de viables financièrement par le fruit du Travail et, par effet de manche, pénalisera encore plus le financement des retraites pour notre jeunesse. Un effet qui rappellera dans le futur “un faux miracle Chilien”… mais version 2.0) qui lui ouvre (déjà) une autoroute à défaut de juguler ce pouvoir titanesque sous prétexte du “progrès”.

  4. “Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI, au Forum économique mondial de Davos, le 23 mai 2022, ne croît pas à une récession mondiale”, fait-elle savoir dans un résumé de son allocution.

    Ne maîtrisant moi-même “la novlangue”, mais suffisamment la discipline des “sciences comportementales” (entre-autres) sans langue de bois, n’occupant également son poste “prestigieux”, j’espère sincèrement me tromper lorsque j’écris : “- Je ne me calque absolument pas à sa prédiction, à moins que les fondamentaux s’éclipsent peu à peu et que nos homo-politicus (sur le plan mondial) reçoivent une série d’électrochocs!” CQFD

    1. Récemment, la “BNS” s’est voulue rassurante dans son communiqué. Normal ! Sauf que la “pauvre” est prise entre le marteau et l’enclume. Parlons alors de l’indice Shiller’s PE Ratio : Au premier abord, récemment, les chutes des places boursières pourraient représenter un aspect rassurant. Une première purge ! Néanmoins, l’indice Schiller (du nom de Robert Shiller, alias Bob Shiller, économiste hétérodoxe qui réussi à déterminer précisément la nature d’une nouvelle bulle spéculative aux USA, alors qu’il faudra encore une année entière avant que le caractère de bulle apparaisse évident sur l’ensemble du marché immobilier US. Bob Shiller a réitéré ses mises en garde fin 2006 et début 2007 mais il ne fut pas cru. L’année 2008 lui aura donné raison) descendu à 32,46 – le 6 mai 2022 – signifie que le danger d’explosion de la bulle financière diminuerait (conditionnel). “Méthode Coué” oblige ! Mais même à 32,46, l’indice Schiller reste au-dessus de sa valeur qu’il avait lors du jeudi noir de 1929 et du lundi noir en 1987. Rien que ça!

      https://images.surferseo.art/ef627781-f2b4-4ca8-bf70-732b25263cd6.png

      Et, bien évidemment, les choses ne vont sans doute pas s’arranger, car face à l’inflation la Réserve fédérale américaine (FED) procède déjà à des durcissements de sa politique monétaire accommodante (la confiance diminue, la “grande Démission” est à l’oeuvre, et contrairement au courant actuel dominant, à mon sens – qui “vaut ce qu’il vaut – la récession se réaliser). Le monde reste toujours plongé dans un phénomène d’instabilité financière et le risque systémique bancaire (en Suisse et ailleurs) n’est toujours pas soigné en profondeur.

  5. L’Occident croule sous le “blé” (l’Argent, mais qui a pour corollaire la Dette, c’est-à-dire “une promesse comptable – jeu d’écritures – valant au titre d’un remboursement dans le futur).

    Le Moyen-Orient à du “fioul” (autre figure métaphorique désignant l’argent ou, dans ce cas, un moyen d’échange valant comme tel).

    L’Eurasie dispose du plus grand grenier à l’export mondial (c’est-à-dire la Russie et non l’Ukraine) valant comme un fléau pour une famine mondiale.

    Source ci-dessous: M.S. Économiste/financier hétérodoxe

    https://i0.wp.com/michelsanti.fr/wp-content/uploads/2022/05/FTL51RLXsAAyexW.png?w=502&ssl=1

  6. Combien de fois ai-je écris sur ce blog et durant des années que la “Trickle down Theory” était un leurre? Car les faits illustrent indéniablement un transfert de richesse du bas vers le haut!

    “Nouveau record pour la rémunération des grands PDG américains en 2021 (pays durement frappé par la pandémie Covid-19 et doté d’un système de santé profondément inégal). Le revenu moyen des plus grandes entreprises américaines a grimpé à 14,7 millions de dollars, sixième record d’affilée, selon une enquête du Wall Street Journal publiée dimanche 15 mai 2022. Entre salaires, primes, avantages et stocks options, la rémunération totale d’un grand PDG a ainsi bondi l’année dernière de 12% dans le sillage d’une hausse des bénéfices des sociétés, des rendements des actionnaires et de la montée des cours de bourse.” CQFD

  7. Bonjour FK,

    Merci pour votre réaction qui me permet de vous adresser respectueusement une énième “piqure de rappel” – puisque vous réagissez sur la France de Pompidou avec un raccourci décoiffant – avec ce “Voyage dans le temps et l’espace”:

    La croissance des marchés financiers est le résultat de décisions de nature politique. En effet, il ne peut en être autrement d’ailleurs. D’abord, les taux de change ont été libéralisés avec la décision de Richard Nixon (USA) de suspendre en 1971 la convertibilité du dollar en or. Plutôt que d’être fixées en fonction de la valeur du dollar américain (taux de change fixe), les taux de change des devises furent désormais déterminés par l’offre et la demande de chaque devise sur les marchés (taux de change flottant).

    À présent, c’est en effet la France qui – faisant une fois de plus office de précurseur – devait franchir en 1973 une étape historique sur le chemin de la libéralisation financière internationale en s’interdisant de recourir à la planche à billets de sa banque centrale (Banque de France). C’est à cette aune qu’il faut donc interpréter les nouveaux statuts de la Banque de France, adoptés le 3 janvier 1973 – et particulièrement leur article 25 – indiquant que “le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France” (BdF). Le diable se cache dans les “détails”. Mettant ainsi littéralement et définitivement les États à la merci du système bancaire (à cause de cette sacro-sainte croyance en l’efficience des marchés financiers) puisque leur Trésorerie n’était de facto plus en droit d’emprunter auprès de sa banque centrale domestique (BdF). Tournant crucial dans la gestion des finances publiques des nations occidentales (et même mondiales) qui emboîtèrent dès lors le pas à la France, ne devant du reste rien au hasard à une époque où cette France là était présidée par un ancien banquier, Georges Pompidou. Et peu importe après tout si la dette publique française, de 20% du PIB en 1970, devait dès lors connaître une descente aux enfers ininterrompue. Pour autant, cet épisode ne fut guère que le tout premier jalon d’une “emprise monétariste” coulée dans les institutions dès 1976 par Raymond Barre, “meilleur économiste de France”, -Premier Ministre de VGE- qui devait présider aux destinées du premier gouvernement authentiquement néolibéral d’Europe. Bien avant l’arrivée au pouvoir de Thatcher en 1979 en Grande Bretagne et de Reagan en 1981 aux Etats-Unis. C’est donc bien la France qui fut la première à mener la charge contre les dépenses publiques et pour la réduction des aides sociales. En réalité, sans Barre et sans ses fameux plans, pas de Zone Euro à la fin des années 1980, car c’est sous son haut patronage que l’Europe prit le tournant mercantile qui en fait “fièrement” (ironie) aujourd’hui sa marque de fabrique (et une Zone Monétaire et économique non Optimale selon les critères de l’économiste canadien Robert Mundell).

    Puis, dans les années 1980, s’est amorcé un mouvement de libéralisation des taux d’intérêt. Et les mouvements de la dérégulation financière puisque cette “sacro-sainte efficience” permettait – selon les dogmes monétaristes – de laisser les marchés financiers s’autoréguler eux-mêmes au travers des prix (encore une stupidité de plus récompensée par le “prix de la banque de Suède en mémoire de Alfred Nobel”, ce genre de gotha encore une fois “cartélisé” par la frange des orthodoxes). Les États sont ainsi passés d’un mode de financement de leurs déficits par la planche à billets (l’émission de monnaie) à un financement sur les marchés financiers (par l’émission d’obligations). Laissant ainsi les pleins pouvoirs à la spéculation – à la finance qui domine à présent le monde – notamment sur les emprunts souverains. Depuis, les taux d’intérêt en vigueur pour une économie sont déterminés par l’offre et la demande de titres obligataires. Comme le taux de change correspond au prix d’une devise et le taux d’intérêt est le prix qu’il en coûte pour emprunter, on peut dire que dans ce système ultra-libéralisé, le prix des actifs devient instable et est alors soumis indéniablement à la spéculation. Preuve en fut avec la spéculation des marchés financiers sur les dettes souveraines de l’UE (2009…), engluées – après les sauvetages de la sphère financière par des fonds publics – et via l’effet de levier propre à l’austérité budgétaire (en lieu et place de cette courroie de transmission couplant relance budgétaire et politique monétaire non conventionnelle). Le résultat de cette terrible erreur (pourtant tellement prévisible par les hétérodoxes) a ainsi créé par effet boule de neige des intérêts sur la dette financés par le gonflement de la dette souveraine (un cercle vicieux). Moi, j’appelle cela la version moderne du Schéma de Ponzi (ou un système de “cavalerie”).

    Pour en revenir à la “grande Bête” des années 1980, et pour contrecarrer cette certaine incertitude des homo politicus non rompus à la finance mais profitant des failles – l’ingénierie financières ayant toujours un train d’avance – les institutions financières ont alors créé de nouveaux produits financiers (non conventionnels, dérivés, synthétiques, etc) destinés à couvrir le risque lié à la variation de la valeur des actifs, ou encore pour transformer des dettes en actifs financiers (la titrisation à l’instar des MBS, CDO, CDS […] comme pour le cas du subprime US). Cette innovation financière, jumelée à la globalisation des marchés financiers, a eu pour effet d’augmenter significativement la spéculation et donc de créer encore plus d’instabilité financière (le 15 septembre 2008 marqua la torpeur du monde via cette “exubérance irrationnelle”). Cette hypertrophie de la finance a des conséquences directes sur l’économie dite réelle, car lorsque les bulles financières, qui résultent de la spéculation entourant certaines catégories d’actifs, explosent, cela peut – entre autres – paralyser le marché du crédit et donc freiner le déroulement normal de l’économie. Mais pas que et loin s’en faut!

    Comme je l’ai écrit récemment à mon Ami, un expert hétérodoxe et éminent économiste à la réputation internationale, je suis convaincu que cette fois – aussi – les USA n’échapperont pas à la récession avec un “crach landing” au passage. J’espère néanmoins me tromper dans l’intérêt des peuples.

    Bien à vous

    1. Précision afin d’éviter toute animosité stérile. “La grande Bête” vient de cette expression décrite en deux phases:

      1. “Dans “La Richesse des nations” Adam Smith décrit que “de gros efforts sont nécessaires pour arriver à rendre les gens aussi stupide et ignorant qu’il est possible de l’être pour un humain”, puisque une grande partie du système éducatif est conçu pour ça. Si vous y réfléchissez, il est conçu pour la passivité et l’obéissance. Dès l’enfance, une grande partie est conçue pour empêcher les gens d’être indépendants et créatifs”.

      2. “Ceci était aussi compris très tôt par les élites. Emerson a dit une fois quelque chose sur la façon dont on les éduque pour les empêcher de nous sauter à la gorge. Si vous ne les éduquez pas, ce qu’on appelle l’”éducation”, ils vont prendre le contrôle – “ils” étant ce qu’Alexander Hamilton appelait “la grande Bête” – c’est-à-dire le peuple. La poussée anti-démocratique de l’opinion dans ce qui est appelé les sociétés démocratiques est tout bonnement féroce. Et à juste titre, puisque plus la société devient libre, plus dangereuse devient la “grande bête” (dixit) et plus vous devez faire attention pour la mettre en cage d’une manière ou d’une autre”.

      Donc rien de bien nouveau sous le soleil alors que la discipline des “sciences comportementales” reste très révélatrice de ce phénomène qui traverse les siècles. Pourtant, comme le souligne à merveille le professeur Jacques Généreux (enseignant à Sciences Po – Paris), un des antidotes existe: “L’intelligence collective qui doit surgir de la délibération citoyenne”.

  8. Copier / Coller Business AM – 26 mai 18:26

    [Les prix de l’énergie battent des records depuis des mois, les denrées alimentaires et les engrais deviennent plus rares et leurs prix atteignent de nouveaux sommets: pour le président de la Banque mondiale, la récession mondiale semble inévitable. « Si l’on regarde le PIB mondial… il est difficile de voir comment on pourrait éviter une récession », entame le président de la Banque mondiale, David Malpass, devant la Chambre de Commerce des Etats-Unis, dont les propos sont rapportés par Reuters]

    Noooon sans blagues!!! “La novlangue” ne fait donc plus d’effet? – “la méthode Coué”? non plus – et il n’y a à présent plus assez de paillassons disponibles sur le marché pour cacher toutes les cro..tes? Eh oui, encore une fois, la réalité (ai-je dis rationalité?) n’est pas un concept…même en 2022!

    Désolé et pardon d’avance pour ce coup de gueule!!! Mais je commence sérieusement à fatiguer – pour reprendre l’expression de R. Thaler, économiste, un des pères de la discipline des sciences comportementales – de constater à quel point “les fous sont à la tête de l’asile” depuis tant d’années!

    PS: Pour rappel, je maintiens mon soutien indéfectible (et pour cause) à notre hôte pour son billet d’une extrême honnêteté et brillamment pertinent.

  9. Quand les helvètes sont eux-mêmes de véritables outils à la création de la masse monétaire, tout en s’offrant le luxe de jeter aux gémonies les mesures de soutien budgétaire dans un contexte donné!

    Le taux d’endettement des ménages suisses figure toujours parmi les plus élevés au monde.

    “Voyage dans le temps et l’espace”

    Saison: Bénéfice/Risque ou Risque/Bénéfice (c-à-d qu’avec le deuxième cas de figure, l’agent économique privilégie le Risque des “effets secondaires” au Bénéfice procuré dans un contexte bien spécifique)
    —-
    RAYMOND
    30 novembre 2020 à 19 h 10 min

    Par paresse et facilité, comprenons bien que nos gouvernements ont délibérément choisi la voie de la “zombification” de nos économies réelles au travers du levier de l’endettement. En effet, que les flambées immobilières ne nous induisent pas en erreur car, tant aux Etats-Unis qu’en Europe (bien évidemment en Suisse et pour cause), les multiples aides en faveur de l’accession à la propriété n’ont été que la manière la plus facile pour les banques et pour l’Etat de créer des capitaux afin de nous donner une illusion de confort matériel et, ce, à mesure que nos salaires pour leur part étaient en plein déclin.

    Le processus est élémentaire car l’argent créé par les banques est ainsi utilisé au jour le jour pour l’ensemble de nos transactions quotidiennes, sans même que l’on y pense ou qu’on le soupçonne. De fait, nos cycles économiques sont désormais très substantiellement affectés par le marché immobilier, car c’est à ce dernier que nos économies doivent l’essentiel de la masse monétaire en circulation (selon la logique des crédits font les dépôts et non l’inverse). Dès lors, et comme l’immobilier est le régulateur fondamental de notre croissance, toute crise immobilière exerce des effets quasiment dévastateurs sur l’ensemble de l’activité économique. L’effet multiplicateur du marché immobilier est donc magnifié, dans le bon sens mais surtout dans le mauvais, car huit des dix dernières récessions occidentales furent provoquées par des crises immobilières. En effet, en dépit de l’intégration de nos économies, malgré toutes leurs avancées technologiques et leur taille parfois gigantesque (comme celle par exemple des Etats-Unis), une tourmente immobilière dégénère quasi-immanquablement en récession généralisée, car l’immobilier est aux sources d’une création monétaire massive. Comme le système financier, et avec eux les pouvoirs publics, sont pertinemment conscients des dangers existentiels d’une chute brutale de ce marché, c’est également le système de la valorisation des biens qui se retrouve faussé. Il y a en effet trois principales méthodes pour estimer la valeur d’un bien immobilier: le cash flow, le coût de remplacement et par comparaison. Cependant, comme le cash flow – c’est-à-dire les loyers – et comme les coûts de remplacement – c’est-à-dire la reconstruction pure et simple du bien en question – ne justifient évidemment pas les prix pratiqués, c’est donc la valorisation par comparaison qui prévaut. Cependant, comme le système bancaire privé s’adosse principalement sur l’immobilier pour sa création monétaire, et comme nul mécanisme ne saurait remplacer de nos jours l’effet de richesse induit par ce marché permettant de soutenir la consommation au sein de nos économies, nous nous retrouvons donc dans des situations aberrantes comme celle qui prévaut toujours aujourd’hui aux Etats-Unis où c’est l’Etat qui contrôle de facto le marché immobilier. En d’autres temps et avec l’or, ceci s’appelait l’étalon or, dont la convertibilité avec les billets de banque était légale et clairement définie. Aujourd’hui, les dollars, les euros et les francs suisses que nous possédons sont indirectement convertibles contre de l’immobilier car l’essentiel de la monnaie créée par les banques est justifiée par l’essor du marché immobilier.

    Comme les banques et comme le “shadow banking” créent de l’argent ex-nihilo simplement adossé sur une valorisation de l’immobilier (dont on sait de surcroît qu’elle est fallacieuse), nous vivons donc – non dans un système d’étalon or – mais d’”étalon immobilier”, où la quasi-totalité de notre monnaie n’existe que par ce marché et que pour encourager son appréciation.
    —-
    CQFD

  10. “Voyage dans le temps et l’espace”

    Saison: Les suppliciés sont ignorants de leur sort!

    RAYMOND
    15 mai 2021 à 17 h 15 min

    La population helvétique – au sens de l’Intérêt général – détient un formidable outil qu’elle n’utilise convenablement pour forger ses propres intérêts, faute d’une culture économique suffisante et d’un conditionnement pavlovien qui lui est finalement contreproductif.

    Ce “quidam”, au moment de la votation en question, savait-il seulement que la création d’un pouvoir d’achat qui ne trouve pas son origine dans un travail, c’est en quelque sorte voler ceux qui ont travaillé? Avec le système monétaire actuel, les banques ont pu se construire un empire financier sans avoir jamais rien produit. Par leur création monétaire ex nihilo (à partir du néant qui ne résulte pas d’une production de richesse), elles créent un pouvoir d’achat sans sortir un centime de leur poche, mais en percevant un intérêt (le prix du temps) sur ce pouvoir d’achat qui ne leur appartient pas. Maurice Allais, détenteur du prix de la Banque de Suède en mémoire à Alfred Nobel (Nobel d’économie 1988) ne comparait-il pas la création monétaire par les banques privées à celle des faux-monnayeurs? La seule différence, disait-il, est que les banques le font légalement, mais d’un point de vue économique, le résultat est identique.

    Voyez-vous, cher (…), la plupart des gens pensent toujours que tous les francs suisses sont déjà créés par la Banque nationale suisse, or ce n’est pas la réalité car seuls les pièces et les billets émis par la BNS sont de la “monnaie pleine” accessible au public. Ils ne représentent que 10% de la monnaie en circulation puisque le système actuel de création monétaire est composé pour 90% de “monnaie électronique privée”, créée par les banques commerciales lorsqu’elles octroient des crédits. C’est-à-dire qu’avec 1 en monnaie “papier” en compte, je créé 9 en monnaie “électronique” via le secteur bancaire privé et par le truchement d’une écriture comptable. Ou dit autrement, avec 1 en capital confiance aujourd’hui (la monnaie “papier” ou le produit du travail), comme banque commerciale privée, je matérialise une nouvelle création monétaire * 9 avec le levier du crédit (respectivement grâce à une “promesse de remboursement dans le futur”, c’est-à-dire qu’aujourd’hui, j’hypothèque le travail futur d’une population). Ou pire encore puisque si je couple à ce volet monétaire la financiarisation exacerbée par les marchés financiers, alors je peux dire que je capte aujourd’hui – et aussi – toute création de richesse future.

    Et après, le “quidam” a une trouille bleue lorsque sonne l’appel “désespéré” à l’intervention publique pour lui venir en aide. Que l’on vienne me dire encore que “la grande Bête” est rationnel.

  11. “Voyage dans le temps et l’espace”

    Saison: “Les c.ns ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît” dixit Michel Audiard (1920 -1985) célèbre dialoguiste, scénariste et réalisateur français de cinéma.

    Tout récemment, en réponse à une question visant à savoir si “nous nous approchons d’une récession” (USA) Elon Musk (Tesla) a répondu : “Oui!” Cependant, le multimilliardaire a noté que “c’est en fait une bonne chose“, car pour le big boss de Tesla ‘”il pleut de l’argent sur les imbéciles depuis trop longtemps“, soulignant que “certaines faillites doivent se produire”.
    —-
    21.08.2018 – Billet publié par une (*) de mes connaissances (pour lequel j’ai co-rédigé un ouvrage)

    [Celui qui est souvent comparé à “Iron Man” – le héros de l’univers Marvel – a, ces derniers mois, ridiculisé des analystes financiers, plaisanté sur une probable faillite de ses sociétés, insulté des journalistes, traité de pédophile une personne faisant partie de l’équipe de sauveteurs des enfants coincés le mois dernier dans la caverne en Thaïlande, vilipendé les vendeurs à découvert des actions Tesla misant sur la chute de son grand patron. L’homme fait l’unanimité contre lui et est – il est vrai – erratique, semble constamment au bord de la crise nerveuse et ne s’embarrasse jamais d’excuses lorsqu’il offense quelqu’un.

    Bref, Elon Musk, fondateur de SpaceX et de Tesla est devenu lui-même et à part entière un personnage de bandes dessinées et suscite des « hashtags » aussi révélateurs que #muskmeltdown prévoyant une liquéfaction de celui qui semblait invulnérable et intouchable il y a encore quelques années. Celui qui n’est, en finalité, que l’inventeur d’une auto électrique destinée aux riches va jusqu’à déclarer aux journalistes que son existence est devenue si troublée que son choix se résume à «pas dormir ou Ambien», un somnifère…

    Pour autant, ce phénomène des dieux compliqués et des enfants gâtés n’est pas nouveau dans le microcosme de la Silicon Valley. A tout seigneur tout honneur, l’Apollon de ce panthéon technologique lui-même, Steve Jobs, ne reculait devant aucune manipulation – disons plutôt «artifice» – pour influencer et la presse et ses investisseurs, mais qui s’en souvient encore après sa mort tragique l’ayant définitivement propulsé dans la légende ? Mais il est vrai que – tout comme Mark Zuckerberg de Facebook et Larry Page de Google – ces personnages ayant fait de la destruction créatrice leur fonds de commerce se doivent de toujours repousser toutes les limites.

    Musk, aujourd’hui, en est pourtant réduit à déclarer à l’occasion d’interviews qu’il faut le comprendre, lui qui travaille 120 heures par semaine, car il cherche désormais à – sinon inspirer la pitié – tout au moins la clémence de ses détracteurs. Il faut dire que l’homme et que sa société phare Tesla – dont l’action a perdu 20% de sa valeur en bourse en quelques semaines ! – sont sous le coup d’une enquête et de perquisitions de la part du régaleur américain, la «Securities and Exchange Commission». Car Elon Musk souffre en outre d’une addiction à Twitter qui, combinée à son impulsivité et à son manque d’égards, est en passe de se retourner sérieusement contre lui, tant et si bien que c’est sa position même au sein de Tesla qui semble désormais compromise.

    Le petit monde de la finance fut en effet ébahi par son tweet sibyllin du 6 août dernier dans lequel il dévoilait son intention de privatiser Tesla, indiquant en deux mots que le financement nécessaire était sécurisé. Son conseil d’administration eut beau tenter de sauver les meubles : le mal était fait car il est effectivement impossible d’attribuer un tel tweet à l’effets de drogues prises par Musk qui aurait aussi pu céder à un coup d’impulsivité lui étant si caractéristique. Les détails et modalités ayant accompagné ce tweet dévoilèrent au contraire une stratégie bel et bien réfléchie, allant d’un prix estimé de 420 dollars par action à payer pour sortir Tesla de la bourse, à des négociations avancées avec le fonds souverain saoudiens qui en deviendrait le principal repreneur. C’est, cependant, après une mise au point limpide des saoudiens affirmant qu’aucun engagement n’avait été pris que le pot aux roses fut découvert.

    En disséminant ces rumeurs, Musk manipulait le marché et avait clairement pour intention de brûler les vendeurs à découvert des actions Tesla. D’où l’enquête de la SEC et d’où la pluie de poursuites judiciaires qu’il affrontera très prochainement. Alors, ces champions ès destruction créatrice sont-ils fous, manipulateurs, ou simplement mégalomanes ?] (*) M.S est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales.

  12. Bonjour LABOURET,
    Votre remarque est très pertinente…
    —-
    “Voyage dans le temps et l’espace”
    Saison: Ils ont goûté au sang!

    L’accélération de l’histoire vers la prise en compte des critères extra-financiers par la gestion financière est la résultante de trois phénomènes : tout d’abord le travail effectué depuis plus de vingt ans par la communauté des spécialistes du sujet; ensuite une évolution de la réglementation ayant posé les conditions permettant l’évolution ; enfin une prise de conscience de plus en plus aigüe par la société de l’importance et de l’urgence des questions environnementales, climatiques et sociales.

    À la lueur de la grande crise de 2008, le G20 avait concentré son agenda de réforme financière sur la perspective prudentielle:”faire en sorte que la finance ne fasse plus de mal à la société”. Une décennie plus tard, la dynamique autour de la finance durable reposait la question plus fondamentale du rôle sociétal de la finance (c-à-d la finance au service de l’économie et par analogie au service de l’urgence/transition climatique). Les dirigeants du monde entier ont convenu d’objectifs collectifs ambitieux comme l’Accord de Paris et, plus largement, les Objectifs de développement durable.
    Chacun reconnaissant l’urgence de rediriger les flux financiers pour atteindre ces objectifs.
    Cependant, beaucoup feignent d’ignorer le fait que la transformation du système financier au cours des trois dernières décennies – parfois appelée la financiarisation de l’économie – a largement contribué à l’accélération des dégradations environnementales, à l’augmentation des inégalités et à l’affaiblissement des standards de protection sociale. L’ambition de faire de la finance un vecteur de transition vers une économie durable implique donc une révolution copernicienne : pour que la finance devienne vraiment durable, il nous faut repenser ses évolutions récentes ainsi que ses relations à la société et à l’économie. En un mot la finance doit cesser d’être le maître pour redevenir le serviteur qu’elle a longtemps été!

    Pourtant, le mois dernier, le responsable (depuis, devenu ex-responsable) de “l’investissement responsable d’HSBC” – Stuart Kirk – a déclenché un scandale planétaire en disant tout haut ce que les pontes de la haute finance sussurrent au-dessus des nuages : “qui se soucie que Miami finisse sous l’eau et que des cinglés alertent sur la fin du monde”. Poursuivant: “le changement climatique n’a aucun impact sur la finance…”. Ainsi, le type commit le crime de lèse-majesté en décridibilisant la “stratégie climat” de “sa banque”, pourtant pionnière de la “finance climat” (tout comme sa banque fût aussi un temps pionnière dans le blanchiment d’argent ainsi que l’assistance industrielle au blanchiment de fraude fiscale). Comme si par la force divine, HSBC allait revenir dans les ordres et verser l’obole aux bonnes œuvres (lésant via cette “main bien visible” ses actionnaires cupides et avides). Ou que Blackrock – pour ne pas la citer – n’avait fait un récent rétropédalage par rapport à la “finance verte” dans sa dernière lettre aux actionnaires!

    Le 19 mai 2022, alors encore dirigeant de l’investissement responsable d’HSBC – Stuart Kirk – lors de ce discours sur le changement climatique pour “Moral Money” du Financial Times”, l’avait tout de même fait valider par ses chefs DEUX MOIS avant.
    —–
    Bien à vous

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