Le risque systémique n’a pas disparu

Les propos d’Axel Weber, président du conseil d’administration d’UBS, publiés par la Neue Zürcher Zeitung du 25 avril 2015 montrent que les tenants et les aboutissants du risque systémique dans les marchés de la finance globalisée ne sont pas encore compris par les acteurs de ce système.

UBS a sans doute beaucoup réduit son exposition directe par rapport aux risques posés par (un défaut partiel de) la dette publique grecque. Il n’en reste pas moins que UBS, comme les autres banques de taille systémique, n’est aucunement à l’abri des effets négatifs (tout en étant imprévisibles) qu’une faillite (partielle) de l’État grec comporterait pour l’ensemble de l’économie mondiale, à commencer par celle de l’Union européenne. L’ampleur et la profondeur des interconnexions entre les banques et les autres institutions financières non-bancaires est telle, à présent, qu’aucun acteur financier (y compris les assurances) ne peut prétendre être à l’abri du tsunami qu’un défaut de paiement du secteur public hellénique pourrait provoquer de manière désordonnée et à bien des égards dramatique pour la population du Vieux Continent.

Il est dès lors impératif qu’à la culture de l’introspection constructive qui est mise en avant par Axel Weber dans ladite interview soit associée la compétence de comprendre le fonctionnement du système financier au plan macroéconomique, afin d’éviter que les risques qu’on croyait avoir accompagnés à la porte rentrent par la fenêtre, laissée grande ouverte pour changer l’air devenu toxique suite à l’éclatement de la crise sur le plan systémique.

Sergio Rossi

Sergio Rossi est professeur ordinaire à l’Université de Fribourg, où il dirige la Chaire de macroéconomie et d’économie monétaire, et Senior Research Associate à l’International Economic Policy Institute de la Laurentian University au Canada.