Tirer sur Hulot, c’est tirer sur Macron.

Pour certains acteurs ou observateurs de la vie politique française, Nicolas Hulot, le ministre d’Etat de la transition écologique et solidaire, ne “serait pas à sa place”, “ne servirait à rien”, “ne défendrait que ses propres intérêts”. Des remarques également constatées parmi les partisans de l’action gouvernementale. Chez les autres, c’est plus simple, quasiment tout serait à jeter.
Tirer sur Nicolas Hulot, c’est tirer sur le président. C’est sous-entendre que ce dernier a créé le ministère de la transition écologique et solidaire par pur opportunisme, qu’il a fait semblant de faire confiance à Nicolas Hulot et qu’il n’a qu’un objectif: s’en débarrasser au plus vite.
Le chaudron de l’écologie.
J’ai la naïveté de croire que si Emmanuel Macron n’est pas tombé tout petit dans le chaudron de l’écologie (comme Nicolas Hulot d’ailleurs!), il a néanmoins pris conscience des enjeux planétaires que sont devenus le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité.
J’ai toujours et encore la naïveté de croire que l’échec de Nicolas Hulot signerait l’échec de la politique d’Emmanuel Macron. Car une transition écologique et solidaire, pour la France comme pour l’UE et la planète, ce n’est pas un slogan creux mais une nécessité vitale.
La mission de Nicolas Hulot sera toujours plus difficile. Ses adversaires, encore plus redoutables ceux qui représentent certains puissants intérêts économiques, n’attendent que sa chute et son remplacement par un autre ministre qu’il espèrent le moins dérangeant possible.
Primus inter pares.
Nicolas Hulot s’est donné un an pour réussir à faire de son ministère le socle incontournable de la stratégie gouvernementale. Il ne réussira que si, au sein du gouvernement, il devient un primus inter pares et à condition que toutes les principales décisions gouvernementales soient passées au tamis de la transition écologique et solidaire.
Philippe Le Bé

Philippe Le Bé

Désormais journaliste indépendant, Philippe Le Bé a précédemment collaboré à divers médias: l’ATS, Radio Suisse internationale, la Tribune de Genève, Bilan, la RTS (Radio), L'Hebdo, et Le Temps. Il a publié deux romans: «Du vin d’ici à l’au-delà » (L’Aire) et « 2025: La situation est certes désespérée mais ce n’est pas grave » (Edilivre).

Une réponse à “Tirer sur Hulot, c’est tirer sur Macron.

  1. Il est probable que l’intérêt politique d’être crédible aux yeux des écolos dévots ne tienne pas longtemps face aux exigences des intérêts économiques puissants auxquels Macron doit tout. C’est un premier constat, en se plaçant sous l’angle du rapport de force réel. Il ne faut pas oublier que Macron n’est rien de plus que le fondé de pouvoir desdits intérêts économiques, qui l’ont fait, et dont il est la créature. Sans eux “il n’est rien”, pour reprendre sa propre phraséologie prétentieuse.

    Deuxième point toujours sous l’angle de l’observation du réel: vous faites de Hulot le symbole de l’orientation écologiste sincère du gouvernement. C’est peut-être vrai en pratique. Mais ne gonflez vous pas l’importance de ce sympathique produit médiatique? Car Hulot incarne une idée, certes, mais il est lui-même une marionnette, créée à partir de rien par le système médiatique et ses faux semblants. Il est sincère sans doute, mais lui non plus n’est rien: une ombre, un avatar publicitaire.

    CQFD, si vraiment la légitimité du pouvoir actuel en France repose sur des feux follets comme l’entente entre ces deux marionnettes Macron et Hulot, alors il n’y a pas de légitimité du tout et vous vous faites beaucoup d’illusions en imaginant que des Guignols comme ça sont à la hauteur de ce que vous voyez comme une question existentielle pour le genre humain.

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