L’attitude indécente des assureurs

Il faut absolument regarder l’émission Temps Présent du jeudi 2 septembre 2021 intitulé “Cancer et assurances, le combat de trop”( Temps présent – Cancer et assurances, le combat de trop – RTS.ch) dans laquelle les assureurs font preuve d’une indécence inadmissible.

Tout d’abord, on ne peut être que choqué par le niveau des personnes qui ont été déléguées que ce soit par Santésuisse et Assura, sans parler de Visana qui s’est borné à envoyer un courrier. D’une part, on voit, en la personne de M. Claude Pasche, un patient admirable luttant avec courage contre la maladie et se mettant à nu aussi bien au niveau de son état de santé que de ce qu’il ressent ou la mère d’un jeune homme décédé du cancer acceptant de revivre des moments indescriptibles de douleur. D’autre part, on voit des médecins ultra compétents, comme les Docteurs Hasna Bouchaab, Dominik Berthold ou Manuel Diezi, sans parler de la Professeure Solange Peters, Présidente de la Société Européenne d’Oncologie Médicale et Cheffe du Service d’Oncologie Médicale au CHUV qui, de par ses compétences, son humanité et son engagement contribuent grandement à la renommée de cet hôpital occupant le neuvième rang mondial. Enfin, on voit deux porte-paroles, M. Christophe Kaempf pour Santésuisse et Mme Karin Devalte pour Assura, briefés pour faire passer un message mais totalement incompétents sur le plan médical. Comment Santésuisse ou Assura osent-ils agir de la sorte? Comment leurs dirigeants peuvent-ils se montrer aussi lâches non seulement en ne se présentant pas personnellement, mais en envoyant même pas des personnes compétentes connaissant le dossier?

Cette attitude est d’autant plus révoltante que l’argument soi-disant massue des assureurs est l’avis des médecins-conseils. Pourquoi ces médecins-conseils ne sont-ils pas venus défendre leurs positions? Que l’on ne me parle surtout pas d’un quelconque secret professionnel ou médical, car je suis certain qu’aussi bien Claude Pasche que les autres patients concernés les en auraient délié. La vérité est sans doute qu’il est assez difficile pour eux de justifier comment ils peuvent remettre en cause des propositions de traitement d’oncologues ultra compétents, alors que, comme le dit la Professeure Solange Peters, ils n’ont parfois qu’une formation de rhumatologue. L’impression générale qui se dégage de cette émission est que lorsque l’on se dérobe, on a tort.

Il est temps que les partis de droite cessent de soutenir de manière béate et inconditionnelle les milieux de l’assurance privée. S’ils continuent, non seulement leur image se détériorera dans le public, un peu à l’image de ce qu’il s’est passé avec la fin du secret bancaire que les milieux bancaires n’ont pas su ou voulu négocier afin de gagner quelques années de bénéfices supplémentaires, mais, en plus, ils perdront à moyen ou à long terme le combat de la caisse unique qui s’avère pourtant de plus en plus comme une évidence et une nécessité. Il est temps que la droite entre en matière sur la caisse unique en faisant valoir sa position dans le cadre du projet plutôt que de se faire un jour imposer un concept qu’elle n’aura pas pu influencer.

Philippe Kenel

Docteur en droit, avocat en Suisse et en Belgique, Philippe Kenel est spécialisé dans la planification fiscale, successorale et patrimoniale. Social démocrate de droite, il prône l’idée d’une Suisse ouverte sachant défendre ses intérêts et place l’être humain au centre de toute réflexion. Philippe Kenel est président de la Chambre de Commerce Suisse pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg à Bruxelles et de la Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA) en Suisse.

3 réponses à “L’attitude indécente des assureurs

  1. Il est dit par les représentants des assureurs que les médecins conseils sont bien formés ! Il y en a c’est vrai, mais c’est semble t il de loin pas la majorité. Souvent ils ne connaissent plus bien certains domaines médicaux, connaissent et pratiquent parfois mieux l’homéopathie que l’allopathie. Contrairement aux brillants médecins apparus au cours de l’émission, on ne connaît jamais le nom du médecin conseil, ni leur formation, ni leur spécialité et ne signent pas leur avis/courrier car c’est la secrétaire du service médical de l’assurance qui appose elle même la signature « le médecin conseil ».
    Et c’est paraît il une spécialité FMH avec formation continue obligatoire et justifiable ! L’émission Temps Présents a une fois de plus mis le doigt là où il le fallait.

    1. Ne pas pouvoir connaitre l’identité d’une personne qui a joué un rôle décisif, en l’occurence le médecin conseil, est sans nul doute contraire au droit

  2. La foule A:
    On paie trop cher nos primes d’assurances

    La foule B:
    Il faut laisser les médecins soigner, qu’importe les coûts.

    Contrôle fédéral des finances:
    https://www.efk.admin.ch/fr/publications/formation-et-social/sante/4169-mecanismes-incitant-ou-limitant-le-nombre-d-interventions-chirurgicales-office-federal-de-la-sante-publique.html

    Un rapport pointe des surfacturations du matériel médical, des incitations financières néfastes chez les médecins et une absence de contrôles.

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