Les conséquences du port du masque sur les interactions sociales

Avec notre visage, nous exprimons nos émotions, comme par exemple le mépris, le dégoût, la peur, la tristesse ou encore le bonheur. Ces émotions transparaissent dans notre communication non verbale en souriant, en signalant notre mécontentement ou encore via des signes d’hésitations. Mais comment nos interlocuteurs peuvent nous comprendre si 50% des signaux sont cachés par le masque ? Comment le port du masque affecte nos interactions sociales ?

 

Se tromper sur les impressions

Pour former des impressions sur autrui, nous portons attention à l’apparence et aux comportements verbaux et non verbaux ; le visage joue notamment un rôle primordial. Nous sommes capables de juger correctement l’intelligence, le leadership ou la personnalité des autres simplement en observant leur visage. Comme le démontre la recherche utilisant la technologie du eye-tracking, les impressions se forment en examinant le visage dans sa totalité, ce qui inclut la partie inférieure du visage qui est cachée lors du port d’un masque. Il faut donc s’attendre à ce que nous nous trompions plus facilement sur nos premières impressions sans nous en rendre compte car nous pensons que l’impression formée sur autrui vient principalement des yeux, un effet connu sous le nom d’illusion oculaire. Par exemple, si nous échangeons le sourire d’un smiley avec une bouche triste, les gens disent qu’ils « voient » le changement d’humeur dans les yeux.

Remède : Pour éviter de se tromper sur les impressions formées des personnes portant un masque, les derniers peuvent compenser le manque d’expressivité visible avec une voix plus animée, des gestes plus expressifs et en plissant les yeux pour indiquer qu’ils sourient.

 

Plus d’agression ?

Il existe un phénomène qui s’appelle la déshumanisation ! Il décrit le fait que si une partie de notre identité est cachée, par exemple en portant un masque (au carnaval ou lors d’une manifestation) ou en portant un uniforme, nous nous sentons moins responsables de nos actes et par conséquent, nous transgressons plus facilement les normes en nous comportant, par exemple, de manière plus agressive. Ce phénomène explique (mais ne pardonne pas) les abus de pouvoir des policiers en uniforme ou la brutalité des manifestants cagoulés. La déshumanisation concerne donc les actes de la personne qui porte un masque mais elle concerne également comment une personne qui cache son identité est traitée par les autres. Le port d’un masque a pour effet de réduire l’individualité de la personne, la faisant ainsi paraître moins humaine, et donc amenant les gens à se comporter de manière plus agressive envers elle. Donc si le port du masque nous déshumanise, il faut s’attendre à ce que les gens se comportent de manière plus agressive les uns envers les autres.

Remède : En personnalisant son masque, la personne qui porte le masque regagne une identité individuelle, ce qui va atténuer la déshumanisation et donc réduire les risques d’être traité de manière agressive.

Marianne Schmid Mast

Marianne Schmid Mast

Marianne Schmid Mast est professeure de comportement organisationnel à la HEC de l’Université de Lausanne. Ses recherches s’intéressent aux façons dont les individus interagissent au travail. Elle utilise la technologie de la réalité virtuelle immersive pour investiguer le comportement interpersonnel. Elle est ex-membre du conseil du Fond National Suisse de la Recherche Scientifique.

2 réponses à “Les conséquences du port du masque sur les interactions sociales

  1. Excellent article.

    Cette crise avec tous ces mesures de protéger l’humain ont à la fin l’impact inverse.

    Que dit-on à l’humain quand un danger approche:
    serré les rangs !!! (A deux mètres)

    Que fait l’humain pour trouver l’assurance et le réconfort:
    La chaleur d’autres humains !!! (A deux mètres)

    Tous ce que l’humain fait dans une situation de danger et mise à mal. Est-ce que l’humain peut survivre à la longue avec deux mètres?

    1. Il a été prouvé scientifiquement que l’absence de contacts humain était mortifère, mortifère sûrement à long ou moyen terme, comme la cigarette ,ou l’alcool, bien plus que tous les virus couronnés ou non mais beaucoup plus insidieux que spectaculaire. Les vieux mourront plus de l’absence de relations avec le corps de l’autre car ils sont traités comme des orphelins justement non traités d’amour. Pendant la guerre 39 /45 à l’hôpital Cochin à Paris le directeur se désespérait de voir un taux de mortalité des petits-enfants, bébés orphelins de 70 %: aucune raison médicale détectable car ils étaient bien traité médicalement parlant.
      Il ordonna alors à toutes les femmes de l’hôpital de câliner une heure par jour ces enfants . Quelques mois après le taux s’est inversé: plus que 30 % des enfants qui mouraient. Les vieux meurent de
      chagrin et non-pas couronnés du label Covid…..

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