Dès novembre, c'était prévisible: le PS et l'UDC feraient alliance pour élever les taxes d'étude des étudiants provenant de l'étranger à trois fois ceux des étudiants suisses. Au conseil national, ce forfait a été consommé le jeudi 6 mars par 99 voix contre 78. Pour l'instant cela concerne les EPF. Mais l'avenir amènera les universités à adopter la même pratique. Et puis à augmenter toutes les taxes d'études pour renflouer les finances des universités car ni la Confédération, ni les Cantons ne parviennent à les augmenter suffisamment pour tenir compte du nombre croissant d'étudiants. En faisant payer davantage les étudiants étrangers et dans le contexte d'abandon d'Erasmus, la Suisse universitaire cessera d'être attractive et cela fera d'autant moins d'étudiants au total. PLus d'argent moins de charges. Le cercle semble vertueux..
Pour l'UDC xénophobe cela se comprend. Pour le PS c'est plus compliqué. L'idée originale est de Roger Nordmann. Le Conseil des EPF méditait de doubler les taxes pour tous les étudiants. Nordmann négocia l'abandon de cette mesure impopulaire, en la compensant par une taxe encore plus élevée pour les étrangers. Cette astuce fut reprise à son compte par la Commission Scence, Education, Culture du Conseil national et le plenum la confirma le 6 mars.
Il est intéressant de voir quelle fut la majorité: tous les UDC, soit 52, tous les Verts libéraux, soit 12, et 29 PS votant sans scrupule avec l'extrême droite. Ont résisté tous les PBD, tous les Verts, 12 socialistes et la grande majorité des PDC et des PLR. Il existe donc maintenant un front populiste s'étendant sur tout le parlement, qui recoupe la majorité populaire du 9 février sur le thème porteur de la fermeture à l'étranger. Car les électeurs UDC n'auraient pas suffit pour atteindre la majorité absolue en février. Il a bien fallu que des électeurs de gauche les rejoignent.
C'est comme cela que les choses ont mal tourné dans les années 1930. A la montée du nazisme et du facisme, la gauche n'a pas vraiment résisté, car elle était secrètement complice.
Le 6 mars, elle a utilisé des arguments tellement faibles qu'elle n'y croyait pas elle-même. Elle ne cesse de répéter que les études doivent être accessibles à tous indépendamment de l'état de fortune de la famille. En pratique elle a imaginé et accepté un schéma qui privilégie les étrangers fortunés. Et tant pis pour les autres, car ce ne sont pas des électeurs.
Il manque dans ce pays un véritable gouvernement avec un chef, une équipe, un programme et une majorité. Il n'aurait pas laissé passer cette mauvaise action d'un PS qui s'est renié par seul appat du gain électoral.