Je rêve d’une école…

Je rêve d’une école qui offre un équilibre entre le développement du corps, de l’intelligence émotionnelle et des facultés mentales. Une école qui contribue à l’épanouissement de ce qui est unique et précieux en chacun ; où chacun, porté par une atmosphère saine et lumineuse se tourne spontanément, comme l’arbre s’élance vers le soleil, au service du vrai, du beau, du bon.

Je rêve d’une école où l’on suivrait le rythme naturel de développement de l’enfant, lui offrant les conditions idéales pour son épanouissement intégral ; une école où les enfants et les adolescents se plongeraient par pur plaisir dans les splendeurs de la connaissance, s’ouvrant ainsi à la merveille d’apprendre et de grandir en contact avec l’infinité de chaque chose.

Je rêve d’une école qui respecte les besoins et les spécificités de chaque enfant. Une école qui donne du temps pour découvrir les mécanismes et le fonctionnement du corps, des émotions et des pensées afin que chacun apprenne à se connaître et puisse s’occuper de soi avec bienveillance et discernement.

Je rêve d’une école où les enfants peuvent exprimer leurs émotions, explorer leurs challenges, trouver des solutions, des stratégies à leurs propres problèmes et ainsi s’éviter de répéter indéfiniment les mêmes difficultés tout au long de leur vie.

Je rêve d’une école où l’unicité de chacun pourrait être explorée, exprimée, et ainsi contribuer au bien commun et au futur de la terre ; une école qui serait ouverte à tout ce qui se fait de mieux dans le domaine de l’éducation ; une école qui promeut quotidiennement l’activité physique, les forces de caractère, les qualités humaines, l’éthique, la connaissance expérientielle, le sens esthétique, les facultés mentales et l’intelligence émotionnelle.

Je rêve d’une école qui puise sa stabilité dans les sagesses du passé et qui ose s’élancer avec enthousiasme et discernement vers les connaissances du futur.

Je rêve d’une école où la créativité, la collaboration, la connexion avec la nature serait mise en avant. Car que ferons-nous sans abeilles et sans oiseaux, sans ruisseaux et forêts saines ?

Je rêve d’une école qui surfe sur l’intérêt, la passion, l’émerveillement des enfants. La vie est infinie ; chaque instant, chaque objet et chaque activité peuvent se transformer (grâce à la curiosité naturelle des enfants) en sources de découverte, de développement et de connaissance.

Je rêve d’une école qui promeut l’harmonie et la fraternité, permettant aux enfants de s’associer plutôt que de se combattre, de s’entraider plutôt que d’être en compétition, une école qui permet l’équilibre et l’harmonie entre la Force, l’Amour et la Connaissance.

Je rêve d’une école qui trouve l’équilibre entre la discipline et la liberté, entre les besoins de la collectivité et celui de chaque individu, entre la discipline nécessaire au développement du corps et des facultés mentales et l’improvisation, la générosité du cœur, l’intuition, la créativité de l’artiste en chacun.

Je rêve d’une école où l’effort est un plaisir, et le plaisir est lumineux et sain. Une école où chaque enfant apprend à discerner ses caprices de ses besoins, où chaque enfant apprend à prendre soin de lui-même mais aussi de ses proches, de la planète, des animaux et des êtres humains de l’autre côté de la planète.

Je rêve d’une école nouvelle, inspirée, inspirante, où chacun, chaque élément, chaque parent, enfant, enseignant, directeur, intervenant s’épanouisse et grandisse à travers ses expériences.

Je rêve d’une école qui n’est peut-être plus une école mais un chemin lumineux qui s’élance vers la connaissance et la sagesse, la paix et l’harmonie, la beauté et l’éthique.

Je rêve d’un monde qui devient une école, où tous, conscients de nos forces et de nos limitations, de notre rôle et de nos possibilités infinies, avançons avec humilité et audace vers plus d’humanité et de fraternité.

 

 

P.S. Nous le verrons dans un prochain article, de nombreuses écoles en Suisse et partout dans le monde s’élancent dans cette direction…

Notre modèle éducatif est-il à l’heure de l’intelligence artificielle ?

L’intelligence artificielle au travail

Il y a quelques années déjà, des chercheurs de l’Université d’Oxford ont modélisé l’impact de la technologie sur plus de 700 professions. Résultat : 47 % des emplois aux Etats-Unis couraient le risque d’être automatisés dans les vingt ans à venir.

Ce processus a maintenant commencé et de nombreuses entreprises ont recours à l’automatisation grâce à l’intelligence artificielle. Des professions comme la médecine, que seuls quelques livres de science-fiction osaient imaginer robotiser, sont en mutation.

C’est un super-ordinateur du nom de Watson qui répond aux clients de la banque du groupe Orange. Chez Bouygues Telecom, Sylvain Goussot, le responsable de l’innovation, déclare que Watson s’est montré capable de répondre à 93 % des questions qui lui étaient posées.

En Suisse, Postfinance vient de supprimer des emplois « dans le cadre de l’automatisation et la numérisation des processus ». Chez UBS, le directeur général déclarait en octobre dernier qu’un tiers des emplois pourraient disparaître.

Uniquement dans le domaine de la médecine, le nombre d’applications du programme informatique d’intelligence artificielle Watson est absolument vertigineux.  Le constat est sans appel : presque toutes les professions vont être touchées par ce phénomène inéluctable. Et ce n’est que le début !

Comment préparer les enfants à des professions qui n’existent pas encore ?

L’alliance de la robotique, de l’intelligence artificielle et des réseaux internet est en train de bouleverser le monde que nous connaissons. La majorité des compétences analytiques sont aujourd’hui mieux maîtrisées par un robot-ordinateur capable de consulter en quelques secondes les connaissances que l’homme a accumulées depuis la nuit des temps.

De nombreux emplois vont disparaitre et bien sûr de nouveaux emplois vont émerger. Selon un rapport de Dell et de « l’Institut pour le Futur » : 85 % des emplois de 2030 n’existent pas encore aujourd’hui !

Dans ce contexte, croire que le système éducatif datant du début de l’ère industrielle est adapté paraît absurde. En effet, que ce soit sur le plan académique ou sur le plan analytique, qui peut rivaliser avec ces machines ?

L’homme bénéficie de nombreuses compétences inégalables par des machines. Il s’agit hélas de compétences reléguées au second plan dans l’approche pédagogique classique.

Plus dangereux qu’une bombe atomique ?

Les possibilités que nous offrent l’intelligence artificielle sont infinies. Mais mal employées (ce que l’homme sait très bien faire !), elles posent des risques immenses pour l’humanité.

De nombreux leaders de ces domaines nous avertissent des dangers de l’intelligence artificielle ; ainsi Elon Musk a déclaré sur Twitter que l’intelligence artificielle est « potentiellement plus dangereuse que les bombes atomiques » ; Bill Gates dit partager ces craintes et voit d’immenses risques sur le long terme pour l’humanité. Stephen Hawking, dans une interview à la BBC, va jusqu’à déclarer que « le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à l’humanité ».

Quel que soit notre avis, nous ne pouvons pas nier les risques potentiellement cataclysmiques de l’intelligence artificielle. Si nous voulons nous prévenir de ces risques, une compétence devient essentielle à cultiver pour l’humanité : le sens éthique.