Quelque pistes pour un monde plus éthique

Peut-on enseigner l’éthique ?

Enseigner l’éthique est difficile, d’une part parce que le monde actuel n’y attache pas grande importance (elle est plutôt perçue comme une saboteuse d’ambiance), mais aussi parce que chaque situation est unique. Il est donc délicat d’édicter des règles absolues, infaillibles, chaque circonstance, chaque action demandant une compréhension, une réponse spécifique.

S’inspirer des femmes et des hommes qui brillent dans le firmament de l’humanité

Il est des femmes et des hommes qui brillent dans le firmament de l’humanité, des étoiles splendides qui nous accompagnent et nous guident à travers les nuits sans lune ; ils éclairent le monde de leur grandeur et de la pureté de leur aspiration, inspirons-nous en !

Inspirons-nous de personnages historiques qui ont fait preuve d’éthique ou qui ont fait de grandes choses pour le bien de leur communauté ou de l’humanité : les Rosa Parks et Wangari Maathai, Martin Luther King et Mandela, etc., des prix Nobel de la paix, ou des grands hommes/femmes du passé tels Socrate, Confucius, Vivekananda, etc. Inspirons-nous d’eux à travers des lectures, des biographies, des films, des pièces de théâtre, des reportages, des présentations, des poèmes.

Pour atteindre l’éthique ultime, le don de soi absolu, nous devons garder vivant et nourrir dans nos profondeurs secrètes cette flamme de vérité qui miraculeusement brûle, cette intense aspiration qui s’élève vers le Bien ultime, cette quête suprême vers la vérité. Quelque chose en nous sait, par-delà nos conceptions et nos habitudes ; quelque chose en nous aspire à la vérité, à la bonté, à l’amour et à l’unité. Elle est là, voilée derrière l’agitation de surface, prête à nous amener vers une noblesse de l’être inimaginable ; cette flamme splendide nous guidera à travers les méandres de la nuit ignorante jusqu’à la frontière libératrice, jusqu’à l’aurore de l’être.

Une invitation à une attitude éthique

Invitons les enfants à être à l’écoute de leurs intuitions, leur sens de ce qui est juste et bien et à agir en accord avec cela. Consacrons du temps à l’introspection et à la réflexion personnelle afin qu’ils apprivoisent leurs pensées et leurs émotions, qu’ils prennent conscience et transforment les différents mouvements en eux qui résistent à ce qu’ils perçoivent comme juste et éthique. Cultivons les qualités qui les encouragent à vivre une vie qui a profondément du sens. Encourageons-les à écouter profondément à l’intérieur d’eux-mêmes et à faire preuve d’humilité, de patience et de bienveillance, à suivre leur sentiment profond, intime, tout en gardant le discernement et la raison comme gardiens. Encouragerons-les à être à l’écoute de leur ressenti profond mais aussi du sentiment de culpabilité, du sentiment d’avoir fait quelque chose de faux ou de mal : malaise intérieur, tension, tristesse, découragement. Demandons-leur de regarder si des intérêts, des préférences personnelles, des désirs influencent leur raisonnement, leur ressenti et leur action ; encourageons-les à être et rester purs, vrais, et à penser et agir avec sincérité.

Ils découvriront ainsi par une expérience directe que la santé psychologique, le fait d’être aligné avec les valeurs humaines fondamentales est tout aussi important, si ce n’est plus, que l’opulence matérielle et la satisfaction des désirs. Nous leur ferons découvrir la légèreté, le bien-être, l’assise sûre qui résultent d’une conscience claire, et puis la paix qui nous habite lorsqu’on a fait une action juste.

Quelques idées supplémentaires

Bien que ce texte soit adressé aux enfants, il est bien clair qu’il faudra commencer par travailler sur nous-même en tant qu’adulte.

  • Habituons et encourageons les enfants (et nous-même) :
    – à tourner leur regard vers l’intérieur et à écouter et suivre leur ressenti, à faire confiance en la guidance venue de l’intérieur (sentiment de malaise après une action ou une parole ; élan spontané d’aider son voisin ; sentiment que quelque chose est faux ou « mal » ; sentiment que les choses ne sont pas à leur juste place et besoin d’ajuster une situation ; besoin de s’excuser pour une parole, une action, une erreur ; besoin de demander réparation quand un sentiment d’injustice se fait sentir) ;
    – à prendre conscience des émotions (fierté, timidité, peur) qui empêchent la connaissance de ce qui est bien et juste de se manifester dans l’action et à transcender ces limitations en explorant diverses stratégies ;
    – à discerner entre les intuitions (de ce qui doit être fait ou dit) et les désirs, les souhaits, les peurs, les réflexes et impulsions (qui quelquefois simulent une intuition) ; à faire la distinction entre les besoins et les caprices.
  • En tant qu’adultes, évitons de tout diriger et de tout contrôler dans leur vie :
    – en leur faisant confiance ;
    – en les aidant à comprendre les limites à ne pas franchir et les besoins des autres ;
    – en les encourageant à être responsables, autonomes et à suivre leur propre chemin (en fonction de leur âge et de leur maturité)
    – en les accompagnant afin qu’ils deviennent des êtres de plus en plus conscients et au service de ce qui est juste.
  • Soulignons les circonstances où ils ont fait preuve d’éthique. Quand ils font quelque chose de bien, félicitons-les, encourageons-les : quand ils font preuve d’honnêteté, de franchise, qu’ils aident quelqu’un, qu’ils respectent la nature, qu’ils font un effort pour être justes, etc. Explorons avec eux :
    Comment l’impulsion t’est-elle venue ?
    Comment t’es-tu senti en faisant la chose juste ?
    Quelle force de caractère as-tu utilisée ?
    Comment pourrais-tu reproduire cette attitude dans d’autres circonstances ?
  • Protégeons les enfants des trop nombreuses pressions auxquelles ils sont exposés de plus en plus jeunes de la part des parents, du système scolaire, des médias, des réseaux sociaux, d’internet : être performant à l’école, dans le sport, subir, etc. car dans ce contexte il leur est parfois difficile de garder leurs valeurs, leur authenticité. Régulons les heures de télévision, l’exposition à certains médias, l’utilisation d’internet, etc. et encourageons le sport, les jeux, la lecture, l’amitié, l’art, la nature et la créativité.
  • Observons leurs tendances naturelles et encouragerons-les à développer leurs centres d’intérêt. Aidons-les à découvrir et développer leurs qualités intrinsèques et à accorder le même privilège à tous ceux qui les entourent (en utilisant leurs forces de caractère ils s’approcheront tout naturellement de la vérité de leur être).

 

Les deux premiers articles sur le sujet :

Sans culture morale, aucune chance pour l’humanité

Est-ce éthique de suivre les règles ?

Est-ce éthique de suivre les règles ?

En réaction à l’injustice sociale, aux scandales politiques et économiques, à la consommation dévorante, aux catastrophes écologiques qui se profilent à l’horizon, en réaction à l’égoïsme et au cynisme, nous voyons partout sur la terre des centaines de milliers de femmes et d’hommes qui s’éveillent pour cultiver et incarner de vraies valeurs. Ils font fleurir partout sur la terre une myriade de projets éthiques, sociaux et solidaires. Nous voyons de nouveaux courants éthiques naître dans tous les domaines de la société : agriculture respectueuse de l’environnement, entreprise éthique, banque sociale et solidaire, etc. Des millions d’associations, d’artistes, de penseurs, d’activistes, d’hommes religieux et spirituels, de sportifs, d’amoureux de la nature, d’écoles œuvrent pour un monde nouveau, pour une femme/un homme nouveau.

Distinction entre morale et éthique

Les règles morales* se donnent pour but d’indiquer comment les êtres humains doivent se comporter, agir et être, entre eux et envers ce qui les entoure ; Napoléon disait qu’elles sont le complément naturel des lois. Le sens éthique lui, nous vient du dedans ; selon Sri Aurobindo, un philosophe indien, le sens éthique obéit à un idéal intérieur, non à une norme extérieure. Son action est motivée par un appel de l’être, par l’exigence d’un idéal, l’image d’un principe absolu ; c’est la quête vers le Bien.

Selon des recherches récentes il semblerait que le sens éthique soit inné et que l’on peut déjà l’observer chez les enfants à partir de l’âge trois ans. Des enfants vont jusqu’à dire qu’une action peut être mauvaise, même si un adulte l’a ordonnée. Selon le psychologue Jonathan Haidt, le sens éthique procède principalement d’intuitions (« je sais simplement que c’est mal »), auxquelles s’ajoute a posteriori une réflexion résultant de processus conscients et de raisonnements. Ces recherches montrent que l’attitude la plus favorable à l’épanouissement de la maturité éthique est de cultiver dans l’interaction parent-enfant « une relation positive, coopérative et un lien positif mutuel ».

Une intuition, une lumière issue de l’idéal

Une personne éthique :

  • A une grande aspiration pour le Bien ainsi qu’une connaissance intuitive de ce qui est juste
  • Aspire à la pureté, au don de soi, à la vérité et à l’amour
  • Fait preuve de discipline, de caractère et de maîtrise de soi ; elle a la capacité de mettre de côté ses préférences, ses désirs et ses intérêts personnels
  • A un profond respect pour les autres et la nature ainsi que la volonté et le courage d’agir en conséquence ; ses actions, son travail, ses émotions et pensées sont empreints de la volonté de faire le bien et d’être juste

Les défis

Les règles de vie sont bien sûr nécessaires à la vie collective, mais nous le voyons dans tous les domaines, l’homme a développé une grande habilité à les contourner.

Il existe aussi des dangers inhérents à une éthique extrême. Nous pouvons en effet apercevoir, chez les personnes où le sens éthique prend trop de place, une tendance à la rigidité, un manque de légèreté et de joie. Pour éviter “d’assécher l’être”, Sri Aurobindo propose : « Nous pouvons élargir le sens éthique par le sens de la beauté et de la joie, et corriger sa tendance à la rigidité et à l’austérité en y introduisant un élément de douceur, d’amour, d’affabilité ». 

Si nous souhaitons créer un monde plus harmonieux, édicter des règles ne suffira pas. Il sera nécessaire de cultiver le sens éthique : développer l’habitude de tourner le regard vers l’intérieur et percevoir avec sincérité ce qui est juste et vrai, être à l’écoute de nos ressentis et de nos intuitions puis développer le courage de les suivre avec discernement.

 

Dans mon prochain article nous verrons différentes manières de cultiver l’éthique (pour nous mais aussi pour encourager les enfants et adolescents à le faire).

Mon premier article sur le sujet : Sans culture morale, aucune chance pour l’humanité

 

*Je fais une distinction entre ces deux termes : éthique et morale. Parfois considérés comme synonymes, leur définition varie selon les cultures. Ce ne sont pas les mots en eux-mêmes mais la comparaison de deux idées ou aspects très différents dont il sera question ici – merci de votre compréhension.

“Sans culture morale, aucune chance pour l’humanité”

Le manque de sens éthique de notre civilisation combiné avec les pouvoirs extraordinaires que la science nous met à disposition a des répercussions catastrophiques. En effet, l’homme libéré du garde-fou qu’est l’éthique semble prêt à tout sacrifier sur l’autel de son égo : l’air, l’eau, les forêts, les animaux, la terre, les hommes à l’autre bout de la planète et les générations futures. Il semblerait que tous les moyens soient bons – au nom de l’argent, de la gloire, du plaisir, du confort et du pouvoir.

Ces quelques mots d’Albert Einstein, « sans culture morale, aucune chance pour l’humanité », prennent tout leur sens à cette étape cruciale de l’histoire extraordinaire de la terre et de l’humanité. Une série d’articles seront dédiés à l’exploration de l’éthique, cet aspect si essentiel si nous souhaitons nous diriger vers un futur plus harmonieux.

Le jeu de la mort

Le Jeu de la mort est un documentaire produit en 2009 par France télévisions mettant en scène un jeu télévisé fictif – La Zone Xtrême – durant lequel un candidat doit envoyer des décharges électriques de plus en plus fortes à un autre candidat (un acteur feignant de les subir), jusqu’à des chocs électriques pouvant entraîner la mort. Les décharges électriques sont fictives, et l’objectif est de tester la capacité à désobéir du candidat qui inflige ce traitement et qui n’est pas au courant de l’expérience. Le test commence et au fur et à mesure des mauvaises réponses, l’acteur simule de recevoir des chocs électriques. Sa souffrance apparente évolue au cours de la séance : à partir de 75 volts il gémit, à 120 V il se plaint qu’il souffre, à 135 V il hurle, à 150 V il supplie d’être libéré, à 270 V il émet un cri violent, à 300 V il annonce qu’il ne répondra plus. Lorsque l’acteur ne répond plus, l’animateur du jeu indique qu’une absence de réponse est considérée comme une erreur.

Au stade de 150 volts, la majorité des sujets manifestent des doutes et interrogent l’animateur qui est à leur côté. Celui-ci est chargé de les rassurer en leur affirmant qu’ils ne seront pas tenus pour responsables des conséquences. Si un sujet hésite, l’animateur lui demande d’agir. Malgré les hurlements, les pleurs, les supplications de l’acteur/victime plus de 80 % des personnes menèrent l’expérience à terme en infligeant à deux reprises les chocs électriques de 440 volts et plus (à l’aide des manettes intitulées XXX situées après celles faisant mention de Attention, choc dangereux).

Le documentaire Le Jeu de la mort, reproduisant l’expérience de Milgram, peut être trouvé sur internet.

Cette mise en scène reproduit une expérience réalisée initialement aux États-Unis dans les années 1960 par le psychologue Stanley Milgram. Il cherchait à évaluer le degré d’obéissance d’un individu face à une autorité qu’il juge légitime et à analyser le processus de soumission à l’autorité, notamment quand elle implique des actions qui posent des problèmes de conscience au sujet. Auprès des participants l’expérience était présentée comme l’étude scientifique de l’efficacité de la punition (par des décharges électriques) sur la mémorisation.

Après avoir visionné ce documentaire choquant nous nous apercevons à quel point l’influence d’une autorité quelconque enlève à quatre personnes sur cinq toute capacité à agir avec éthique. Par la même occasion, nous prenons conscience de l’importance et de l’urgence qu’il y a de cultiver le sens éthique en nous et chez nos enfants.

Car aujourd’hui, c’est la terre tout entière qui reçoit ces décharges électriques et malgré les cris d’alarme et de souffrance, celles-ci continuent à augmenter.

 

Mais qu’est-ce que l’éthique ? Dans un prochain article, je ferai une distinction entre l’éthique et la morale. Nous verrons aussi qu’il y a différentes manières de faire grandir ces valeurs en nous-même et dans la société et que les plus classiques sont souvent les moins bénéfiques.

Ps. Seul les commentaires constructifs seront publiés. Merci de votre compréhension.

Le Brainspotting, la thérapie qui a le vent en poupe

Il y a plus de 30 ans, une révolution a eu lieu dans le monde de la psychothérapie avec la découverte de l’EMDR. Tout d’abord utilisée pour traiter les traumatismes graves, cette thérapie permet aujourd’hui de traiter une large palette de troubles mais aussi de renforcer les ressources. Elle a fait ses preuves tant sur le terrain qu’au niveau scientifique et est recommandée par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

La naissance d’une nouvelle thérapie

Au cours d’une séance d’EMDR avec une patineuse artistique, le Dr. David Grand remarqua que le regard de sa patiente était resté figé sur un point précis. Pendant plusieurs minutes, la patiente a vu défiler des souvenirs difficiles de son enfance tout en ressentant une multitude de sensations corporelles, avant de se sentir soulagée et d’interagir à nouveau avec son psychothérapeute. Le lendemain, cette patineuse artistique a fait part à David Grand de sa joie d’avoir pu réaliser une triple boucle (triple rotation en l’air) qu’elle était incapable de mener à bien auparavant.

Sur la base de cette expérience, le Dr. Grand a exploré les possibilités de cette découverte.

C’est ainsi qu’une nouvelle thérapie était née : le Brainspotting.

Qu’est-ce que le Brainspotting ?

Le Brainspotting est une approche thérapeutique novatrice combinant une forme de pleine conscience focalisée, la direction du regard, les sons et la posture intérieure du thérapeute.

Elle permet d’accéder à des régions du cerveau qui sont inaccessibles par la parole et le raisonnement (par exemple le mésencéphale – une région du tronc cérébral) et de libérer les traumas qui s’y sont cristallisés.

Les séances de Brainspotting sont souvent surprenantes. Le psychothérapeute part du principe que le patient détient en lui-même toutes les clés permettant de résoudre la thématique et les défis qu’il rencontre. Le Brainspotting va donner un cadre très précis afin qu’un tel processus de traitement puisse avoir lieu.

Est-ce que cette méthode a fait ses preuves ?

Depuis sa naissance en 1987, l’EMDR a fait l’objet d’une multitude d’études et son efficacité n’est aujourd’hui plus à prouver.

Le Brainspotting, plus récent (2003), a fait l’objet de quelques études scientifiques. L’une d’elle*, datant de 2017, est une étude comparative entre le Brainspotting et l’EMDR. L’étude portait sur le traitement de 76 personnes atteintes de stress post-traumatique après avoir vécu un événement critique. Tous les participants ont bénéficié de 3 séances de 60 minutes. Une partie des participants ont été traités avec l’EMDR et l’autre partie avec le Brainspotting. Tous les participants de l’étude ont expérimenté une diminution significative des symptômes de stress post-traumatique juste après les séances et 6 mois après. Il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupes en termes de résultat.

Quand utiliser le Brainspotting ?

Comme pour l’EMDR, cette méthode est efficace pour traiter des souvenirs traumatiques, l’anxiété, les phobies, l’état de stress post-traumatique, le deuil et permet également de renforcer les ressources, les forces de caractère et améliorer les performances sportives ou artistiques.

Cette méthode puissante s’inscrit généralement (à l’exception des traumas complexes) dans le cadre de thérapies brèves.

 

 

Cet article a été écrit avec la précieuse collaboration de Linda McCarthy, Psychothérapeute FSP.

Ce livre écrit par le Dr. David Grand présente le Brainspotting : Grand, D. (2015). La thérapie Brainspotting. Paris : Trédaniel.

*Hildebrand, A., Grand, D., & Stemmler, M. (2017). Brainspotting – the efficacy of a new therapy approach for the treatment of Posttraumatic Stress Disorder in comparison to Eye Movement Desensitization and Reprocessing. Mediterranean Journal of Clinical Psychology MJCP, 5(1), 1-16. DOI: http://dx.doi.org/10.6092/2282-1619/2017.5.1376

 

Un futur viable passe nécessairement par le développement des compétences douces

Alors que l’intelligence émotionnelle, les qualités humaines fondamentales, la communication sont de plus en plus enseignées dans de nombreux systèmes scolaires à travers le monde, nous assistons à un changement correspondant dans le monde du travail.

En effet, les compétences valorisées sur le marché du travail aujourd’hui ne sont plus celles d’hier. Dans une interview au New York Times, Laszlo Bock, le vice-président du département des ressources humaines de Google expliquait que l’entreprise avait déterminé que : « Le GPA – la moyenne des notes annuelles – est sans valeur en tant que critère d’embauche, et les résultats des examens ne valent rien (…) nous avons constaté qu’ils ne prédisent rien. » Il a également commenté que la « proportion de personnes sans aucune formation collégiale augmente à Google au fil du temps »1.

Google est loin d’être un cas isolé ; cette tendance est globale : nous observons en effet une évolution dans le processus d’embauche de toutes les grandes entreprises, les « soft skills » ou compétences douces étant considérées comme un critère d’embauche plus sûr que les traditionnelles « hard skills » ou compétences dures (savoir théorique, technique, diplômes). Les études démontrent en effet qu’indépendamment du secteur d’activité, la maîtrise des compétences douces est importante pour le succès2. Dans un sondage mené par Career Builder, il apparaît que 77 % des recruteurs européens préfèrent des candidats émotionnellement intelligents plutôt que forts en diplômes3. La majorité des employeurs estiment que les futurs employés sont déficients en termes de compétences douces. Leur constat est clair et sans appel : « Même si les nouvelles recrues possèdent des compétences exceptionnelles sur le pan des technologies de l’information, les mêmes personnes manquent gravement de soft skills.»4

Les compétences douces désignent :

  • le sens de la communication
  • la capacité à travailler en équipe et le leadership
  • l’intégrité, l’éthique
  • l’optimisme, la confiance en soi et le sens de l’initiative
  • la capacité d’apprendre de nouvelles choses, la créativité
  • la capacité de raisonnement et de résolution de problèmes

Si nous souhaitons laisser un monde viable aux générations futures, il est clair que nous ne pouvons plus nous permettre d’avoir des personnes qui excellent en math, en sciences et en langues mais qui n’ont pas développé l’intégrité et le sens éthique.

Dans les entreprises, la capacité à travailler en équipe, la communication et le leadership sont des compétences essentielles ; celles-ci peuvent être développées à l’école déjà, par exemple en encourageant les enfants à collaborer dans le cadre de projets qui les passionnent.

Le système scolaire se doit en effet d’accélérer son mouvement vers l’avant (initié en Suisse romande il y a quelques années déjà avec le nouveau Plan d’études romand) et continuer à accorder plus de temps au développement de ces compétences essentielles tant à la santé psychologique des enfants qu’à la co-création d’une société harmonieuse et pérenne.

En tant que parents, nous pouvons consciemment choisir de transmettre les compétences douces aux enfants. Comment pouvons-nous les leur transmettre ? La meilleure manière de transmettre ces compétences est de les faire grandir en soi-même, en choisissant d’y consacrer du temps et en utilisant les opportunités que la vie nous offre à chaque instant.

 

 

 

 

 

Seul les commentaires constructifs seront publiés.
Merci de votre compréhension 

1.Thomas L. Friedman (2014). « How to Get a Job at Google. » February 23, 2014, on page SR11 of the New York edition. Article inspiré de l’interview de Laszlo Bock, senior vice president of people operations at Google. Adam Bryant (2013). In Head-Hunting, Big Data May Not Be Such a Big Deal. The New York Times, June 19, 2013.

« One of the things we’ve seen from all our data crunching is that G.P.A.’s are worthless as a criteria for hiring, and test scores are worthless — no correlation at all except for brand-new college grads, where there’s a slight correlation. Google famously used to ask everyone for a transcript and G.P.A.’s and test scores, but we don’t anymore, unless you’re just a few years out of school. We found that they don’t predict anything.

What’s interesting is the proportion of people without any college education at Google has increased over time as well. So we have teams where you have 14 percent of the team made up of people who’ve never gone to college. (…) After two or three years, your ability to perform at Google is completely unrelated to how you performed when you were in school, because the skills you required in college are very different. »

2.Mitchell, G. W., Skinner, L. B., & White, B. J. (2010). Essential Soft Skills for Success in the Twenty-First Century Workforce as Perceived by Business Educators. Delta Pi Epsilon Journal, 52(1), 43-53. 

3.Grasz, J. (2014). Overwhelming Majority of Companies Say Soft Skills Are Just as Important as Hard Skills, According to a New CareerBuilder Survey. April 10, 2014

The national survey was conducted online by Harris Poll on behalf of CareerBuilder from February 10 to March 4, 2014, and included a representative sample of 2,138 hiring managers and human resource professionals across industries and company sizes. Carrier Builder (1995) est le plus grand site de recherche d’emploi aux Etats-Unis ; dans le monde, il compte plus de 24 millions de visiteurs par mois.

4.Mitchell, G. W., Pritchett, C. C., & Skinner, L. B. (2013). The Importance of the Integration of Soft Skills into the Curriculum as Identified by MBA Students. Academy Of Business Research Journal. 167-181. 

 

UN MONSTRE SANGUINAIRE DANS LE SALON

On estime qu’un téléspectateur français est exposé à 2 600 meurtres et 13 000 actes violents par an. Dans les programmes destinés à la jeunesse, on compte 14 scènes de violence par heure ; une étude conduite auprès d’enfants de neuf ans démontre que la réduction des heures de télévision a pour conséquence directe une diminution du niveau de violence à l’école1.

Les psychologues Dimitri Christakis et Frederic Zimmerman ont mis en évidence que les effets néfastes de la télévision persistent longtemps puisqu’une heure de programmes violents par jour quadruple la probabilité d’observer chez les enfants des troubles du comportement dans les cinq années suivantes2.

Brandon Centerwall, de l’Université de Washington, a évalué qu’aux Etats-Unis, 10 000 homicides, 70 000 viols et 700 000 agressions avec coups et blessures pourraient être évités chaque année si la télévision n’existait pas. De multiples études montrent qu’une exposition quotidienne à la télévision crée un comportement antisocial, une propension à déprimer, à trop manger, mais aussi que la consommation précoce d’images télévisées altérerait la formation du cerveau des enfants3.

CRÉONS UNE ATMOSPHÈRE PSYCHOLOGIQUE LUMINEUSE ET SAINE

Nous pouvons créer à l’école comme à la maison une atmosphère psychologique lumineuse et saine, conscients que tout ce que nous sommes influence secrètement l’atmosphère.

Nous pouvons transformer en nous tout ce qui esquisse la haine ou le mensonge, éteindre toutes les violences, les méchancetés et la peur ; remplacer la grossièreté et la lâcheté par une attitude noble et privilégier ce qu’il y a de plus élevé en nous : l’amour, le raffinement, le courage, la compréhension, l’intelligence, le don de soi, etc.

L’adulte peut inviter des habitudes saines chez les enfants : aller dans la nature, faire de la musique, du théâtre, de la peinture, du cheval, du sport, de la danse ; apprendre, comprendre, progresser, faire les choses avec tout son cœur, etc. ; il peut explorer avec l’enfant ce qui le passionne et lui offrir la possibilité de s’épanouir tout en apprenant les règles nécessaires à la vie collective et à la discipline.

L’adulte, quand cela est nécessaire, imposera des règles : aller au lit tôt, dormir huit heures au minimum, manger sainement, etc. En effet, la liberté absolue, tant que la maturité n’est pas acquise, n’est pas possible. Il se doit de protéger les enfants de la TV, d’internet et de l’électronique durant de longues heures.

DANS NOTRE RAPPORT AVEC L’ENFANT, NOUS POUVONS DEVENIR

UN AMI SAGE ET UN GUIDE,

REMPLI DE BIENVEILLANCE

ET

EXIGEANT QUAND CELA EST NÉCESSAIRE,

QUELQU’UN VERS QUI IL PEUT SE TOURNER À TOUT MOMENT.

 

 

 

 

 

1.Les informations de ce paragraphe sont tirées du livre de Ricard, M. (2013). Plaidoyer pour l’altruisme (p. 415). Editions Nil.
2.Christakis, D., & Zimmerman, F. (2007). Violent television viewing during preschool is associated with antisocial behavior during school age. Pediatrics, 120(5), 993-999.
3.Christakis, D. A., Zimmerman, F. J., DiGiuseppe, D. L., & McCarty, C. A. (2004). Early Television Exposure and Subsequent Attentional Problems in Children. Pediatrics, 113(4), 708-713. Browne, K. D., & Hamilton-Giachritsis, C (2005). The influence of violent media on children and adolescents : A public-health approach. Lancet, 365, 702-710. Etude citée par le Courrier international, « L’abus de la télé tue la créativité », docteur Manfred Spitzer, neurophysiologiste, janvier 2006.

L’homme qui philosophait à l’oreille des enfants

Alexandre Herriger est la référence en Europe francophone quand on parle de philosophie avec les enfants. Il est co-fondateur de l’association Pro Philo (dont le but est de promouvoir le dialogue philosophique) et de SEVE Suisse (association qui propose des formations d’animateurs d’ateliers philosophiques et de pratique de l’attention). Il forme des enseignants d’écoles publiques et privées à travers l’Europe et travaille dans des établissements scolaires pour mettre en place une pratique régulière du dialogue philosophique dans les classes. Je l’ai rencontré et lui ai posé quelques questions.

Alexandre Herriger

Pourquoi est-il pertinent de faire de la philosophie avec les enfants ?

Pour plusieurs raisons, mais notamment parce que la pratique de la philosophie permet aux enfants d’apprendre à penser ensemble, à créer une culture du dialogue à travers laquelle les enfants apprennent de plus en plus à résoudre des problèmes de manière collaborative, à se parler et à réfléchir ensemble, à se poser des questions et à s’intéresser de plus en plus à ce que pensent les autres.

Une autre raison est que la pratique de la philosophie permet de renforcer des outils intellectuels importants. Parmi ces outils, il y a la pensée logique et ses différents raisonnements, il y a la pensée conceptuelle, qui nous aide à définir les choses, la pensée critique, fonction essentielle de notre intelligence pour évaluer une situation, une action ou une idée, la pensée créative pour imaginer des solutions, etc. Tous ces outils sont essentiels pour le bon développement de l’intelligence et pratiquer la philosophique permet de les travailler dans un contexte dialogique où la multiplicité des points de vue permet à̀ chacun d’enrichir son propre point de vue.

 

Pourquoi est-ce important de développer une culture du dialogue, ne vit-on pas déjà dans un monde de communication effrénée ?

L’hyper communication que nous connaissons aujourd’hui n’est malheureusement pas toujours de très bonne qualité. Souvent la quantité entame la qualité, mais ici c’est au détriment d’une de nos caractéristiques humaines les plus essentielles, soit celle de parler, voire celle de se parler. C’est donc justement en réponse à cette communication débordante qu’il s’agit d’offrir un espace de parole dans lequel on apprend à s’écouter, à respecter le point de vue des autres, à donner son avis, à regarder la personne qui parle, à donner des arguments et à s’entraider dans la réflexion. Ces principes de base de la communication se perdent et avec eux les rudiments de ce qui rend le monde véritablement humain.

 

 

 

 

 

 

Combien d’heures par jour êtes-vous assis ? … et vos enfants ?

« Rester trop longtemps assis augmente drastiquement le risque de diabète, de maladies cardio-vasculaires et tout simplement de mort prématurée. Ce risque existe, que l’on pratique du sport ou pas. »

Voici ce que nous dit une méta-analyse se basant sur les données de plus de 700 000 participants de dix-huit études1. En effet, rester assis six heures ou plus augmenterait le risque de 40 % de mourir dans les quinze ans par rapport à une personne qui passerait trois heures en position assise.

Suite à cette méta-analyse, de nombreuses entreprises réaménagent leurs bureaux pour permettre à leurs employés de travailler debout et d’être régulièrement en mouvement. On peut aussi s’équiper d’une galette ou d’un fauteuil ergonomique.

Que pouvez-vous/souhaitez-vous aménager sur votre lieu de travail ?

Pouvez-vous en parler à vos collègues et à vos supérieurs pour trouver des solutions ?

La santé des enfants

On peut facilement imaginer que les retombées sont encore plus néfastes pour la croissance et la santé des enfants, dont le corps est en pleine formation.

Le développement des facultés et l’acquisition de connaissances peuvent inclure une participation dynamique de la part des enfants. Sur la base d’une étude, Lengel démontre qu’il est même plus facile d’apprendre et de se rappeler des informations quand celles-ci sont associées à des mouvements2.

Cette idée barbare selon laquelle les enfants doivent être habitués dès le plus jeune âge à rester assis immobiles derrière un banc durant des heures doit laisser place à une compréhension intelligente du développement physique, émotionnel et cognitif des enfants.

Pour adresser cette problématique, de nombreux enseignants alternent les moments assis avec des activités en mouvement ou debout et des apprentissages dans la nature.

Il y a aussi de nombreuses manières de s’asseoir : sur une chaise, en tailleur, etc. Une enseignante me disait dernièrement qu’elle a deux ballons de gym dans sa classe et que les enfants peuvent s’asseoir à tour de rôle dessus. Non seulement ils sont contents quand c’est leur tour, mais en plus cela leur apprend comment être bien assis.

 Quelques pistes pour les enseignants

  • alterner entre les postures assis par terre et assis sur une chaise
  • avoir des ballons de gym dans la classe
  • habituer et autoriser les enfants à travailler debout (lors de partages, de discussions en petits groupes, etc.)
  • intégrer le mouvement à l’apprentissage. Dès le plus jeune âge, de nombreux apprentissages peuvent inclure le mouvement ; ainsi on peut par exemple découvrir les lettres en les mimant avec le corps, en écrivant avec un bâton sur la terre, etc.
  • faire de la pédagogie par la nature, apprendre dans et avec la nature
  • faire des pauses régulièrement dans la journée pour intégrer des mouvements
  • faire du théâtre improvisation

Pendant de nombreuses années j’ai enseigné le français deuxième langue en commençant le cours par quinze minutes de mouvements. Les élèves découvraient de cette façon les noms des parties du corps, les verbes et leur conjugaison ainsi que les adjectifs. Ils avaient ainsi plus de plaisir, faisant des exercices physiques tout en apprenant le français. Ils adoraient répéter en mouvement : « En haut, en bas, devant, derrière, à gauche, à droite. » A mesure qu’ils s’amélioraient en français, l’exercice se transforma en : « Là-haut dans le ciel, le soleil brille (en pointant du doigt le ciel et en s’étirant), en bas sous la terre, les vers de terre creusent des galeries (en se penchant et touchant des doigts le sol),… ». Avec un peu d’imagination et de créativité, de nombreuses activités passives ou ennuyeuses peuvent devenir profondément intéressantes et se transformer en un apprentissage actif, vivant et d’une efficacité redoutable.

A la maison

Réorganisez la maison afin que les enfants puissent étudier, lire, jouer dans différentes positions (debout, assis par terre ou sur une chaise). Aménagez des meubles afin de pouvoir lire, écrire, interagir debout ; installez une table basse pour qu’ils puissent étudier, jouer, dessiner assis par terre. Alternez entre ces différentes positions. Après une longue journée d’école, encouragez-les à aller dans la nature, à faire du sport…

 Est-ce important ?

Cette préoccupation peut sembler triviale, mais l’impact que cela peut avoir sur la vie d’un enfant peut se révéler considérable. Rappelons ici que plus d’un tiers des Suisses sont en surpoids. L’immobilité dès le plus jeune âge n’est certainement pas un moyen de remédier à ce problème majeur de santé. L’immobilité est même l’une des deux causes principales de surpoids dont les conséquences peuvent se révéler extrêmement néfastes. Et selon la fondation suisse de cardiologie :

« Les personnes en surpoids ont d’ailleurs une espérance de vie réduite. Le surpoids est un facteur de risque important de maladies cardio-vasculaires, mais un facteur modifiable. En outre, le surpoids favorise d’autres facteurs de risque tels que l’hypertension artérielle, l’hyperlipidémie et le diabète. L’appareil locomoteur souffre aussi de cet excès de poids, entraînant souvent, prématurément, des troubles articulaires et des douleurs dorsales occasionnés par l’arthrose. »

 

Combien d’heures êtes-vous assis lors d’une journée « standard » ?

 

Combien d’heures votre enfant passe-t-il assis ?

 

Que pouvez-vous mettre en place pour remédier à ce problème ?

 

 

 

 

  1. Wilmot, E. G., Edwardson, C. L, Achana, F. A., Davies, M. J., Gorely, T., Gray, L. J., Khunti, K., Yates, T., & Biddle S. J. H. (2012). Sedentary time in adults and the association with diabetes, cardiovascular disease and death: systematic review and meta-analysis. Diabetologia, 55(11), 2895-2905.Extrait des résultats d’une méta-analyse des universités de Leicester et de Loughborough en collaboration avec l’institut national pour la recherche médicale britannique.
  1. Lengel, T., & Kuczala, M. (2010). The kinesthetic classroom: Teaching and learning through movement. Thousand Oaks. Corwin Press. 

Le sacrifice de la terre

Depuis l’été 2018, le sentiment d’un détraquage climatique mondial est devenu palpable. Nous sommes entrés dans l’ère d’une catastrophe écologique mondiale sans précédent.

La 6ème extinction de masse de la terre est là !

Les oiseaux disparaissent presque aussi vite que les insectes. Quant aux populations d’animaux, depuis 1970, elles ont chuté de 60 pourcents.

Malgré les cris d’alarme venant de toute part, le monde des hommes (sur le plan collectif) a décidé de continuer à détruire, piller et abuser de la terre.

L’homo economicus dirige les opérations, il faut se gaver la panse jusqu’à l’explosion finale. Il faut nourrir les désirs insatiables d’un monstre aux millions de têtes. Peu importe le prix. Peu importe la vie sur la terre et les générations futures.

Je souhaite à tous ceux qui décident de se battre pour sauver notre futur (et ils sont nombreux), ces quelques mots de Swami Vivekananda :

 

Lève-toi, soit audacieux, soit fort.

Prends l’entière responsabilité sur tes épaules,

et sache que tu es le créateur de ta destinée.

Toute la force et l’aide que tu veux sont en toi.

Par conséquent, réalise ton futur !

 

Plaidoyer pour une éducation intégrale

Pour offrir à nos enfants une éducation s’inspirant de ce qu’il y a de meilleur en l’homme, l’éducation doit devenir intégrale. Elle doit intégrer le développement physique, émotionnel, cognitif et intérieur des enfants. Chacun d’eux pourra alors grandir dans un corps et un esprit sains, vivre son unicité et s’épanouir pour offrir le meilleur de lui-même au futur de la terre. Voici les ingrédients d’une éducation intégrale :

Entretenir un corps sain

  • Une heure d’activité physique quotidienne – pour cultiver la souplesse, la force, l’agilité, l’endurance, la grâce et pour renforcer le caractère.
  • Apprendre à être à l’écoute de son corps, de ses messages et de ses besoins.
  • Une hygiène de vie saine – activités et postures variées, temps d’assimilation et de repos, alimentation équilibré, apprentissage de l’art du repos.
  • Cultiver des sens aiguisés – entraîner la précision du scientifique et la sensibilité de l’artiste.

Cultiver l’intelligence émotionnelle et les qualités humaines

  • Développer l’intelligence émotionnelle : prendre conscience de ses émotions, réactions et impulsions ; se connaître, se maîtriser et s’épanouir.
  • Éveiller le sens esthétique – afin d’exprimer la beauté et l’excellence à travers les mouvements, les émotions, les pensées et les actions.
  • Cultiver les qualités humaines fondamentales tels le courage, la sincérité, la bienveillance, l’amour de l’apprentissage, la solidarité.
  • Développer une volonté puissante, au service de ce qu’il y a de plus noble et élevé.

Développer les facultés mentales

  • Développer les facultés mentales de façon méthodique et intéressante – observation, comparaison, concentration, mémorisation, imagination, raison, intuition.
  • Apprendre à communiquer, à exprimer ses émotions et ses besoins et comprendre les autres.
  • Développer l’éthique ainsi que l’intégrité.
  • Cultiver l’autodiscipline.
  • Entraîner le discernement – choisir ce qui est sain et harmonieux.
  • Développer une intelligence vive, subtile et intuitive.

Cultiver la présence, l’intériorité

  • Cultiver ce qui fait de chacun un être unique avec des qualités uniques.
  • Encourager la connaissance de soi.
  • Favoriser la profondeur d’être et l’élévation, la simplicité et l’aspiration.
  • Cultiver l’enthousiasme, la gratitude et la sagesse.
  • Encourager un but de vie noble et sain – correspondant à la nature intrinsèque de chacun – au service de ceux qui nous entourent, de la nature et du futur.
  • Nourrir l’aspiration pour le bien, le beau, le vrai.

Le rôle des adultes

  • Être – enseigner par l’exemple.
  • Devenir – avancer à son rythme vers sa propre culmination (afin de servir les autres et la terre).
  • Continuer à découvrir les richesses infinies de la vie.
  • Offrir aux enfants un équilibre entre liberté et discipline.
  • Être un ami, un sage, un guide sûr.

Voilà les lignes directrices pour offrir une éducation digne du 21ème siècle. Une approche qui allie de façon cohérente et subtile tous les aspects du développement de l’enfant – physique, émotionnel, mental et intérieur.

Extrait du livre de Fabrice Dini. « Une éducation intégrale pour grandir en s’épanouissant ».

Edition Faim de siècle. Préface de Matthieu Ricard.

https://www.faimdesiecle.ch/catalogue/non-fiction/enfants-education/grandir-en-s-epanouissant