Dix idées pour se battre autrement pour le futur de la Terre

Un grand nombre d’entre nous perçoit l’urgence : l’humanité doit faire un bond en avant ! Il n’est plus possible de stagner, ni d’ignorer les incohérences.

Voici quelques réflexions et moyens d’action :

  1. Se battre pour ce qui est juste et vrai (lorsque les circonstances nous le demandent ou nous le font sentir). Dans tous les domaines, il y a des zones d’ombre, et les ombres sèment la nuit.
  2. Vivre pleinement notre vocation, exprimer notre unicité et nos forces intrinsèques. À travers chacun·e d’entre nous, l’excellence et le merveilleux peuvent s’exprimer, à nous de les éveiller et de les mettre au service de la Terre et du vivant.
  3. Incarner et appliquer pleinement nos valeurs sur notre lieu de travail. Notre énergie, notre temps et notre intelligence sont parmi nos offrandes les plus précieuses.
  4. Chercher sur les hauteurs de l’esprit les idées du futur : une idée forte peut modifier le cours des choses ; une action, changer le monde.
  5. Collaborer avec des artistes pour peindre, écrire, danser, filmer, sculpter et chanter le futur que nous souhaitons pour la Terre.
  6. Reconquérir l’argent. C’est une énergie extrêmement puissante, mettons-la au service d’un futur harmonieux.
  7. S’offrir tout entier avec détachement et équanimité. Être libres d’ambitions personnelles et d’égocentrisme.
  8. Agir par espoir, par amour et exclusivement pour servir avec sincérité la vérité.
  9. Aligner nos actions à nos connaissances et notre sagesse. Ne jamais se laisser emporter par la haine ni par des théories infra-rationnelles. Cultiver un mental subtil et non binaire.
  10. Développer notre faculté d’intuition. Elle est quelquefois un éclair de l’esprit transperçant les grisailles mécaniques et stagnantes de l’habitude. Les intuitions peuvent être des clins d’œil du futur nous invitant à faire un bond en avant.

La générosité de l’univers

Il existe des milliards d’êtres vivants sur cette planète et aucun d’eux n’est semblable, n’est-ce pas miraculeux ? Chaque feuille, chaque brin d’herbe, chaque être est unique, n’est-ce pas absolument miraculeux ?

La créativité de la nature semble inépuisable.

 

 

La nature ne déplace-t-elle pas des continents ? Ne fait-elle pas pousser des montagnes ?

À partir de deux êtres n’en fait-elle pas un troisième ?

D’un vide inimaginable n’a-t-elle pas enfanté la matière et les cristaux, la vie et les animaux, la pensée et l’art, la joie et l’amour ?

Combien a-t-elle créé d’espèces depuis le début des temps ? Des créatures de toutes les formes, de toutes les couleurs. Certaines nagent au plus profond des océans, d’autres rampent sous terre, d’autres encore sautent, courent, volent dans les airs. Certaines ont une vie collective, d’autres sont solitaires, d’autres encore ne vivent que par deux pour s’éteindre ensemble. Dans les profondeurs océaniques, jusqu’au sommet de l’Himalaya, la vie prospère.

L’infini n’est pas figé, il danse. Et vous ?

Cultiver la gratitude dans les écoles

Dans cet article, je souhaite parler d’une intervention de gratitude que je mène actuellement dans des écoles en Suisse romande :

PROJET GRATITUDE – Promotion de la santé psychique auprès des jeunes de Suisse romande

Il y a les qualités universelles que tout le monde pourrait cultiver (telle la sincérité, le courage, la gratitude, etc.) et puis il y a les forces intrinsèques, les qualités particulières avec lequel chacun d’entre nous est né. La psychologie positive (qui est une discipline scientifique à distinguer de la ‘pensée positive’) étudie cette qualité depuis de nombreuses années et les impacts d’interventions sur le thème de la gratitude en classe ont donné des résultats très satisfaisants.

Qu’est-ce que la gratitude ?

La gratitude est un sentiment de reconnaissance en réponse à un acte de générosité, une amitié, une opportunité, un bienfait, la beauté de la nature, une circonstance propice, une œuvre d’art… C’est un sentiment puissant qui s’éveille à la suite d’une interaction avec une personne, un évènement particulier, avec ce qui incarne la beauté, la bonté ou une vérité profonde. Ressentir de la gratitude, c’est avoir conscience du miracle de la vie, du miracle d’être en vie.

Il n’est pas possible de ressentir de la gratitude et d’être triste ou en colère ; elle est incompatible avec l’égoïsme et l’insatisfaction. Sa présence souveraine apaise nos doutes et nos douleurs et ensoleille notre être tout entier.

Selon Rebecca Shankland : « La gratitude est une émotion agréable que l’on éprouve lorsqu’on reçoit une aide ou un don d’autrui et qu’il s’agit d’un geste intentionnel et désintéressé. »

Quel est l’intérêt de cultiver la gratitude ?

  • Les études dans le champ de la psychologie positive indiquent que cultiver la gratitude diminue significativement la probabilité de présenter une gamme de maladies psychiques telles que la dépression majeure, l’anxiété généralisée, la dépendance à la nicotine et à l’alcool (Wood et al., 2010). Il se trouve que 90 % des jeunes qui se sont suicidés présentaient une maladie psychiatrique (Shain, B., & AAP Committe on adolescence, 2016). En Suisse, le suicide est la seconde cause de mortalité des 15-29 ans. Bien que le taux de suicide ait baissé depuis 2000 (-40,9 %) (OMS, 2012), il reste élevé et les efforts de prévention ont encore tout leur sens.
  • Un sondage a permis de mettre en lumière que 90 % des adolescents et adultes ressentent que l’expression de la gratitude les rend « extrêmement heureux » ou « quelque peu heureux » (Wood et al., 2010).
  • En effet, Jeffrey J. Froh, psychologue scolaire et chercheur spécialisé dans le domaine de la psychologie positive chez les enfants et les adolescents a développé des interventions permettant de promouvoir la gratitude dans les écoles. Les études portant sur ces interventions montrent non seulement une diminution des émotions négatives et des symptômes physiques mais également une augmentation des émotions positives et de l’optimisme des élèves. Les élèvent se sentent aussi plus satisfaits de l’école et de la vie en général (Froh et al., 2008).

Types d’interventions de gratitude à l’école

et leurs impacts respectifs

Les études en milieu scolaire indiquent différentes interventions relatives à l’entrainement de cette qualité humaine fondamentale.

L’une des interventions efficaces est de noter tous les jours trois choses qui se sont bien passées dans la journée et également comment et pourquoi elles se sont produites. Une étude portant sur 600 élèves a comparé un groupe qui écrivait simplement les événements de la journée avec un groupe qui écrivait trois choses qui s’étaient bien passées durant la journée pendant une semaine. Ce dernier groupe était plus heureux après cette semaine et le restait encore trois mois après l’intervention en comparaison avec le 1er groupe (Carter & al., 2018).

Une autre intervention efficace est d’écrire une lettre de gratitude et la remettre à la personne concernée (Lyubomirsky et al., 2011). La lire à haute voix à d’autant plus d’impact.

Une troisième intervention particulièrement efficace est la rédaction d’un journal de gratitude.

Les ouvrages que nous proposons lors de l’intervention offre une structure afin de rédiger ce journal. Une étude portant sur 221 adolescents révèle que des élèves ayant écrit tous les jours dans leur journal de gratitude sur une période de deux semaines étaient plus satisfaits de l’école (même trois semaines après) que les élèves qui ne l’avaient pas fait. En comparaison avec des élèves qui écrivaient à propos de leurs soucis, les élèves cultivant la gratitude ressentaient moins d’émotions négatives, une plus grande satisfaction reliée à la maison et plus d’optimisme (Froh et al., 2008).

Ce type de projet correspond à un réel besoin pour les enfants. En effet, suite à la pandémie, la souffrance des jeunes a été exacerbée et le nombre d’enfants et d’adolescents touchés par les troubles psychiques a beaucoup augmenté. Selon de nombreuses études, le fait de cultiver la gratitude a un impact direct sur les troubles psychiques et le bien-être des jeunes. De plus, les différentes interventions de gratitude montrent que cela un impact sur l’implication des jeunes dans leur apprentissage et leur plaisir d’aller à l’école.

Une erreur commune est de faire un exercice de gratitude en classe et puis simplement de passer à autre chose. Pour que ces qualités soient intégrées, un travail en profondeur est nécessaire. C’est en effet en cultivant intentionnellement et régulièrement cette qualité que ses effets pourront être ressentis tant pour les élèves que pour l’atmosphère générale de l’école.

Témoignage d’une adjointe de direction d’une école :

AD : Est-ce que vous pouvez m’expliquer ce que vous faites en lien avec la gratitude ?

El : On en parle, on a un livre dans lequel on peut écrire ou lire des textes. Le livre est beau, il y a plein de dessins.

AD : Qui apprécie de travailler ce thème, avec ce livre ?

El : 100% des mains levées

AD : Pourquoi ?

El 1 : A la fin du livre, on peut écrire librement sur des choses qui nous ont fait du bien. Il y a plein de petits espaces, on peut choisir où écrire et ce qu’on veut dire. Le prof nous fait écrire la date pour qu’on se rappelle quand ça s’est passé.

El 2 : Quand j’écris, je me sens bien, je pense à des choses pour lesquelles je veux dire merci et c’est agréable.

El 3 : C’est un moment rien que pour moi. Je me sens bien.

El 4 : Quand j’écris dans le livre, je ne pense pas à autre chose, je suis calme.

El 5 : Moi, des fois, quand je m’embête, je relis ce que j’ai déjà écrit et ça me rappelle de bons souvenirs auxquels je ne pense plus.

El 6 : On n’a pas l’habitude de repenser aux choses pour lesquelles on peut être reconnaissant. Avoir des moments dans la semaine pour le faire nous permet d’y repenser.

El 7 : J’ai aimé lister les animaux que j’apprécie ou les personnes qui m’entourent et que j’admire.

Le cerveau de l’adolescent

L’adolescence est une étape charnière de la vie. Mieux comprendre les changements émotionnels, corporels et neuronaux qui s’opèrent durant cette période permet d’accompagner les jeunes avec plus d’agilité et de sagesse.

Le cerveau de votre ado est le titre d’un livre de Daniel Siegel que tous les parents et les personnes dont le travail est en lien avec l’adolescence devraient lire. Ce livre nous le démontre, la connaissance, quand elle est au service du bien, devient sagesse.

Actuellement, de nombreux enseignants intègrent ces connaissances avec des résultats probants. Ils nous le démontrent, l’école peut offrir la possibilité aux adolescents de mieux gérer les défis qui se présentent à eux, de s’épanouir, de développer la confiance en soi et de trouver la place qui leur convient vraiment dans la société, tout cela avec un impact positif sur leurs résultats académiques.

Un jour, nous l’espérons, les programmes intègreront ces connaissances, évitant ainsi de nombreuses souffrances.

En tant que parents, le fait de comprendre les processus évolutifs en jeu présentés dans cet ouvrage permet d’être plus en paix et de mieux accompagner les adolescents et la famille dans cette période caractérisée par de profonds changements.

Le cerveau de votre ado, Dr Daniel Siegel, aux éditions Les Arènes.

L’être humain – un miracle égaré

Notre cerveau est un instrument d’une complexité infinie, les capacités de notre corps et de notre volonté semblent sans limites, notre créativité elle aussi peut être sublime, et puis il y a le monde des émotions, des instincts, des intuitions, les sens, les qualités du cœur, l’humour, l’éthique, la raison, le sens esthétique, les mystères de la conscience… Tout cela et bien plus encore est mis à notre disposition à la naissance.

Comment utilisons-nous cette « complexité divine » ?

Et que se passerait-il si nous consacrions cette « complexité divine » au service de l’harmonie et de la joie de tous et du tout ? Que se passerait-il si nous consacrions notre précieux temps à développer nos capacités, à transformer nos limitations, à servir le monde et à l’accompagner dans sa sublimation ?

Que se passerait-il si l’humanité – plutôt que d’utiliser son génie, ses forces, son argent et ses connaissances à fabriquer encore plus d’objets, à acquérir plus de pouvoir ou de renommée, à assouvir ses insatiables soifs irrationnelles – consacrait son temps avec sagesse et discernement ?

La terre nous miroite nos incohérences avec de plus en plus d’insistance.

Et ni la science, ni l’économie, ni la politique ou la technologie ne sauront résoudre à elles seules notre propre énigme. Toutes ces choses ne sont que le reflet désorganisé de notre propre monde intérieur. Sans y mettre de l’ordre, le chaos est certain.

L’être humain n’est-il pas un des « instruments » les plus extraordinaires et complexes qui soit ?

 

À l’orée d’une tempête,

un miracle de l’univers somnole.

 

Toute la nuit,

sans modération,

il a fêté sa propre naissance.

 

Le soleil va se lever,

le pilote et les membres de l’équipage

sont priés de s’éveiller.

 

 

 

Et si un ordinateur décidait du premier gouvernement mondial ?

Imaginez qu’une catastrophe mondiale pousse une grande partie de l’humanité à s’unir pour faire face à une difficulté. Imaginez que la compréhension du fonctionnement de l’esprit humain évolue au point qu’il soit possible de discerner, avec des appareils très précis, l’activation des aires du cerveau associées à la sagesse et à la connaissance. Une série de tests pourraient ainsi sélectionner des personnes sages de différents pays…

Mais qu’est-ce que la sagesse ?

Selon Wikipédia : « La sagesse est un concept utilisé pour qualifier le comportement d’un individu, souvent conforme à une éthique, qui allie la conscience de soi et des autres, la tempérance, la prudence, la sincérité, le discernement et la justice s’appuyant sur un savoir raisonné. »

Bien sûr, ce n’est pas suffisant. De nombreux écrits dans toutes les traditions explorent les différentes qualités d’une personne sage.

En Inde par exemple, la Bhagavad Gîtâ nous propose cette définition : « De celui dont le mental reste inébranlable au milieu des chagrins et libre de l’aiguillon du désir au sein des plaisirs, celui que la passion, la peur et la colère ont quitté, on dit qu’il est un sage à l’intelligence stable…»

De nombreux philosophes nous proposent aussi leur compréhension de la sagesse.

Imaginez qu’un groupe représentant les différentes nations se réunisse pour définir les qualités d’une personne sage. Un autre groupe de scientifiques pourrait quant à lui définir une batterie de tests permettant d’évaluer ces qualités.

Ainsi, des personnes de différents pays seraient sélectionnées pour siéger ensemble et … s’inspirer du génie humain, de ses intuitions les plus sublimes, pour inviter l’humanité à faire quelques pas vers plus de sagesse.

Véronique Nicolet, quand l’art devient sacré

Depuis l’enfance, créer est un jeu, une joie de partage avec les êtres que je côtoie, une intense observation du monde, de mon environnement, de la nature qui toujours nourrit mon émerveillement.

Je suis fascinée par la lumière qui anime le vivant, pulse, vibre, rayonne derrière le sombre, la lumière qui sans cesse en mouvement transforme.

La couleur, un monde en soi, une riche palette d’exploration : des jaunes incantations, des rouges palpitants, des bleus lumières, des verts bruissants, des terres sourdes.

Mon travail s’est imprégné du sourire des regards, de la multitude, du chaos, de l’intensité de la lumière, de la richesse de la palette, du sens du sacré, ce tout qui fût mon quotidien.
Comme un tissage, un ensemble de mots sanscrits que l’on nomme mantra, des mots porteurs de sens, vibrations sonores, trament la toile, installent la concentration pour laisser glisser le merveilleux, merveilleux parce qu’une certitude s’impose au geste.

Au travers de cette exposition, quelle est votre intention ?

Mon intention c’est de rendre les gens heureux. C’est vraiment ça depuis que j’ai commencé à créer, à peindre.

Après une longue pause dévolue à l’éducation de mes enfants, j’ai repris la création à Auroville et c’est vraiment ça le plus sincèrement, honnêtement, ce qui me pousse à créer : c’est rendre les gens heureux. Et j’ai pu constater que cela se passe, car à chaque fois que j’ai exposé dans les galeries, des gens me font un retour de ce type : « On ne sait pas pourquoi, mais quand on est en présence, on se sent si bien et heureux qu’on n’a juste pas envie de partir de la galerie. » Ben voilà, je crois que j’ai un petit peu réussi mon intention.

Le bonheur, c’est être en présence, trouver ce silence en soi et être ramené et connecté à soi-même, à ce qu’il y a de sacré en soi. Pour moi c’est ça.

Comment se passe le processus de création ?

Moi-même j’essaie déjà de ne pas avoir trop de brouhaha à l’intérieur. Je fais en sorte que ça se calme intérieurement et d’être là, présente, dans ce que je suis en train de faire. En fait dans ce processus de création, il s’agit d’être un instrument, d’être la main qui est là dans la création et d’essayer d’avoir au moment où tu poses les choses avec le plus de sincérité dans ce que tu es en train de transmettre, d’être au plus sincère avec soi-même. De nombreuses fois je ne suis pas dans l’atelier parce que justement c’est trop agité à l’intérieur ou je suis très extériorisée par les événements et pour moi ça n’a pas de sens d’aller dans l’atelier dans cet état-là parce qu’il y a déjà tellement de choses créées, pourquoi encore en rajouter dans ce qui déjà se crée s’il n’y a pas ce contenu. Je ne veux pas seulement m’en tenir à la forme, c’est-à-dire des cylindres, des couleurs, mais vraiment le contenu dans cette forme, c’est ça qui m’importe. Et chaque élément a essayé de tendre vers ça, chaque papier qui a été peint, imprimé, tend vers ça.

 

 

Une myriade multicolore de mantras enroulés s’élève d’une colonne d’un feu soyeux. En réponse, les profondeurs secrètes qui nous habitent s’écarquillent et s’ouvrent pour boire un peu de lumière. Chaque œuvre d’art ici, on le perçoit nettement, est le fruit d’un labeur céleste. Il ne s’agit pas de lire ni de comprendre mais de s’ouvrir et de percevoir.

Et si l’humanité évoluait ?

Presque tous les scénarios futurs qui nous sont proposés sont des dystopies. Comme si l’humanité était destinée à vivre dans un monde sans nature et rempli de robots incarnant les folies suprémacistes de l’homme.

Il est certain que nous allons traverser dans un futur proche le plus grand défi de l’histoire de l’humanité et toucher l’héritage d’une longue domination du cerveau reptilien et d’un égoïsme aveugle. Il est aussi très possible que tout le travail sur soi accompli par de nombreux êtres humains porte ses fruits. De nombreuses personnes se libèrent des traumatismes et pathologies qui étaient auparavant simplement transmises, avec une couche supplémentaire, à la génération future. Cette libération, qui a un impact transgénérationnel, permet à la prochaine génération d’être libre de certaines limitations.

Et si le futur était peuplé de personnes qui vivent et agissent à partir des fonctions exécutives supérieures ? Des personnes qui, n’étant plus dominées par la peur, l’ambition ou l’ignorance, mettent leur intelligence, leur volonté et leurs qualités au service du tout.

Les dinosaures, qui très certainement dominaient le monde, ont fini par disparaitre ; l’évolution continue sont chemin. Après eux de nombreuses espèces nouvelles ont pu voir le jour et s’épanouir.

Le futur sera peut-être glorieux, celui d’une humanité qui a fini de traverser son adolescence turbulente pour faire preuve d’une maturité lumineuse, de courage et de sagesse – qualités que nous portons tous en nous-même, comme la graine porte en elle l’arbre millénaire.

Étude sur les effets d’un programme d’entraînement à la méditation de type « pleine conscience » auprès d’enseignant.e.s en Suisse romande

La méditation de type MBSR signifie Mindfulness-Based Stress reduction – en français réduction du stress par la pleine conscience. L’essor que connait la pleine conscience aujourd’hui dans le monde prend naissance dans ce programme créé en 1979 par Jon Kabat-Zinn. Depuis de nombreuses années, j’ai le privilège de proposer le programme de pleine conscience MBSR à des enseignant.e.s de Suisse romande. Certaines interventions ont donné lieu à une recherche publiée en 2020 portant sur les effets du programme MBSR.

J’ai posé quelques questions aux chercheurs-euses au sujet des résultats de l’étude. Il s’agit de :

Dr. Philippe Gay, professeur associé dans les domaines reliés aux sciences affectives et cognitives en lien avec enseigner/apprendre à la HEP

Dr. Katia Lehraus, docteure en sciences de l’éducation et chargée d’enseignement à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation de l’Université de Genève

Dr. Sébastien Urben, psychologue, responsable de secteur de recherche au Centre Hospitalier Universitaire Vaudois

Linda McCarthy, master en psychologie générale et pédagogique, psychologue-psychothérapeute FSP dans un cabinet privé à Sion

Quel était le but de cette étude ?

Rapporter des premiers résultats en Suisse romande sur le vécu, les ressentis des enseignant.e.s qui ont suivi le programme MBSR.

  • Quels résultats avez-vous obtenus ?

Les enseignant.e.s rapportent de nombreux bénéfices pour eux-mêmes, mais également pour leurs élèves.

Plus spécifiquement, les résultats indiquent une satisfaction très élevée par rapport au programme MBSR ainsi que divers bénéfices subjectifs (p. ex., meilleure régulation émotionnelle et meilleure gestion du stress). De plus, les bénéfices ressentis sont également décrits pour les élèves (p. ex., atmosphère plus positive en classe) ainsi que pour l’établissement (p. ex., plus de bienveillance et relations de meilleure qualité avec les collègues).

À la lumière des résultats obtenus, pourquoi pourrait-il être pertinent pour les enseignant.e.s de suivre le programme MBSR ?

Les programmes MBSR sont reconnus pour diminuer le niveau stress et améliorer le bien-être individuel ; c’est encore plus important pour les enseignant.e.s qui ont un travail éprouvant, qui peut être empreint d’émotions fortes. Par ailleurs, le stress étant contagieux, tout comme le bien-être, un.e enseignant.e peut avoir un impact positif sur le climat en classe, ce qui permet de faciliter l’apprentissage.

  • Selon les résultats de votre étude, le MBSR a un impact sur la stabilité émotionnelle et psychologique des enseignant.e.s. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Cette amélioration peut être en partie expliquée par le développement de ressources attentionnelles et de régulation des émotions que ce type de programme permet de développer. En effet, les stratégies de gestion des émotions semblent plus fonctionnelles après la participation à un programme MBSR. En particulier, les enseignant.e.s peuvent développer des stratégies cognitives de régulation des émotions (p.ex., se focaliser sur les éléments positifs et non pas ruminer le négatif, remettre en perspective ou accepter), mais également des stratégies plus comportementales (p.ex., mieux respirer, se relaxer musculairement).

Ainsi, l’entrainement de la capacité à porter notre attention sur l’instant présent tel qu’il est peut avoir pour effet le développement de ces stratégies, même si ce n’est pas le but premier du programme MBSR.

  • Comment expliquez-vous que la participation des enseignant.e.s au programme MBSR ait un impact sur les enfants ?

Il convient de préciser que dans notre étude, ce sont les enseignant.e.s qui rapportent ressentir un impact positif sur leurs élèves. Il faudra confirmer ces résultats par des évaluations plus directes et plus objectives auprès des élèves. Cela étant, il est évident que les émotions désagréables de l’enseignant.e peuvent parasiter les apprentissages des élèves (p.ex., le stress ou la colère qui vont diminuer les ressources cognitives – attention, mémoire – nécessaires pour bien apprendre). Au contraire, des émotions agréables comme la joie ou l’enthousiasme de l’enseignant.e contribuent à l’intérêt des élèves et améliorent les apprentissages ainsi que le climat en classe.

 

 

Quelle suite donner à cette étude ?

Cette première étude était rétrospective, c’est-à-dire qu’elle consiste en une seule évaluation après le programme MBSR, la prochaine étude devra réaliser plusieurs temps de mesure (notamment avant et après l’intervention) et comparer ces résultats avec un groupe de contrôle. Par ailleurs, au-delà des mesures subjectives, des mesures objectives devraient être réalisées. Par exemple, des mesures physiologiques (p.ex., voir si le taux de cortisol – hormone de stress – diminue ou si la variabilité de la fréquence cardiaque – indicateur de la régulation de nos émotions, pensées et comportements – augmente après la participation au programme) pourraient contribuer à mieux appréhender les mécanismes permettant de comprendre les améliorations observées. De plus, nous pourrions récolter des informations auprès des élèves ou des directeurs d’écoles pour avoir une évaluation par des tiers des bénéfices d’un programme MBSR.

  • Dans votre article de recherche, vous faites référence à une enquête menée auprès de 5’500 enseignant.e.s de Suisse romande1. Celle-ci avait révélé que plus de 40 % d’entre eux avaient obtenu un score de burn-out élevé et que plus de 2/3 d’entre eux avaient l’impression de devoir « tenir le coup ». Est-ce que le programme MBSR pourrait être une option pour mieux gérer ce stress ?

Évidemment, le programme MBSR est un moyen de prévention efficace pour le burn-out puisque ce syndrome est particulièrement lié au stress. Plusieurs études portant sur des enseignant.e.s et professionnels de la santé ont en effet mis en lumière que la probabilité de présenter un burn-out diminuait significativement après un entrainement de pleine conscience (Luken & Sammons, 2016)2.

  • Quelles sont les limitations de ce genre d’approches ?

Le temps qu’il est nécessaire d’investir pour apprendre cette technique peut être un frein. En outre, pour maintenir les bénéfices, il faut pouvoir pratiquer régulièrement.

  • Selon les résultats de votre étude, en quoi est-ce que l’entrainement de la pleine conscience a un impact sur la gestion de la colère et de l’impulsivité ?

Comme pour le stress, les stratégies de gestion de ses pensées, émotions et comportements s’améliorent suite au programme, du point de vue subjectif des enseignant.e.s ayant participé aux «  entrainements » MBSR.  De plus, en diminuant le stress, ce programme va également réduire le nombre d’opportunités de se mettre en colère ou de réagir impulsivement en offrant la possibilité d’apprendre à prendre de la distance avec ses pensées et ses émotions et ainsi mieux les contrôler.

Un programme intensif et prometteur

Il est bien clair que pour que ce genre de programmes soient efficaces, il est important de proposer des interventions de pleine conscience de qualité. Hélas, nous le voyons, de nombreuses personnes confondent encore la pleine conscience avec d’autres méthodes comme la sophrologie, la PNL, l’hypnose, etc. Si ces interventions ont leur propre valeur et efficacité, il est bien clair qu’elles ne doivent pas être confondues avec la pleine conscience. On ne peut pas généraliser les bénéfices mis en lumière par des études sur la pleine conscience à d’autres interventions.

Un autre élément important est que ce genre d’approche ne peut pas être imposé aux enseignant.e.s. Comme spécifié dans l’étude, le programme MBSR implique un investissement important en termes de temps (il s’agit en effet de 8 sessions de 2h30 par semaine plus une journée entière et 40 minutes de pratique à domicile cinq jours sur sept).

Si tous ces éléments sont réunis, il s’avère que ce genre d’interventions sont très prometteuses, tant pour la gestion du stress et des émotions des enseignant.e.s que pour l’atmosphère en classe qui devient ainsi plus propice à l’apprentissage.

 

Gay, P., Dini, F., Lehraus, K., McCarthy, L. et Urben, S. (2020). Programme Mindfulness-Based Stress Reduction (MBSR) auprès d’enseignants de primaire : Résultats d’une enquête de satisfaction et bénéfices subjectifs ressentis. Formation et profession, 28(3), 36-48. http://dx.doi.org/10.18162/fp.2020.555

 

 

Références :

  1. Studer, R. et Quarroz, S. (2017). Enquête sur la santé des enseignants romands. Epalinges: Institut universitaire romand de Santé au Travail (IST).
  2. Luken, M. et Sammons, A. (2016). Systematic Review of Mindfulness Practice for Reducing Job Burnout. American Journal of Occupational Therapy, 70(2).

 

Les pouvoirs secrets de la respiration

Avez-vous déjà remarqué que vous respirez plus lentement lorsque vous êtes serein et que, lorsque vous êtes triste, votre respiration est interrompue par des soupirs ? Ainsi notre état d’esprit, notre niveau de stress, nos émotions influencent notre respiration ; mais l’inverse est-il possible ? À l’aide d’une respiration calme et profonde, pouvons-nous apaiser l’excitation, la souffrance, la colère et induire la tranquillité, le bien-être, la paix ?

Depuis des siècles, l’Orient a étudié la respiration et développé de nombreuses techniques, chacune avec des bienfaits spécifiques. En effet, il est déjà fait mention du pranayama, cette science du souffle, dans des textes venant de l’Inde et datant de plus de 2 500 ans1. Ces techniques sont utilisées depuis quelques décennies en Occident et font partie de l’entraînement quotidien de nombreux sportifs de haut niveau (golf, tir à l’arc, natation, course à pied, etc.), elles sont aussi utilisées par des pilotes de chasse, des hommes d’affaires, des artistes, des médecins, etc. De nombreuses écoles à travers le monde intègrent ces techniques dans leur cursus de formation. Les bienfaits de ces exercices de respiration ont été démontrés par de nombreuses études2.

La respiration a de nombreux secrets à nous révéler. Nous pouvons l’utiliser pour renforcer notre système immunitaire ou pour nous détendre, pour approfondir notre qualité de présence ou avoir plus d’énergie et d’enthousiasme.

 

Nous respirons en moyenne plus de 20 000 fois par jour. À l’inspiration nous oxygénons le corps et le cerveau (qui à lui tout seul utilise 20 % de l’oxygène) et à l’expiration nous expulsons du corps les déchets gazeux, principalement le dioxyde de carbone. Une mauvaise posture, le stress, l’anxiété le manque d’exercice réduisent le volume d’air inspiré, ce qui a des conséquences directes sur l’oxygénation du corps et du cerveau. On estime qu’en général nous utilisons moins de 50 % de nos capacités respiratoires ; en mode standard nous inspirons en moyenne 7 200 litres d’air par jour alors qu’avec une respiration ample nous pourrions inspirer plus de 17 000 litres d’air par jour3.

En respirant de façon ample et profonde, nous agissons directement sur la régulation du système cardio-vasculaire, nous abaissons la tension artérielle, renforçons les défenses immunitaires, offrons une meilleure oxygénation au cerveau, rééquilibrons l’acidité sanguine, facilitons la digestion et l’oxygénation des cellules, etc. ; mieux nous respirons, mieux nous nourrissons notre organisme. L’expiration elle aussi est essentielle, car elle chasse les toxines de notre corps. Nous observons de nombreux autres bienfaits : meilleure gestion des émotions, meilleure concentration et présence à ce que nous faisons, peut-être aussi sentirons-nous un sentiment de bien-être et de calme s’installer4.

Si vous souhaitez explorer certains des bénéfices de la respiration, prenez régulièrement une minute et faites quelques respirations lentes et profondes, vous expérimenterez peut-être un aperçu de ces bienfaits.

Nous verrons dans de prochains articles certaines techniques et méthodes développées en lien avec la respiration.

 

 

  1. On retrouve ce concept dans la Bhagavad-Gîtâ (datant selon diverses estimations entre le XXVe et le IIe siècle av. J.-C.) ainsi que dans les textes du sage indien Patanjali (200 avant J.-C.).
    Aurobindo, S. La Bhagavad-Gîtâ. Sabda.
    Satchidananda, S. (2012). The Yoga Sutras of Patanjali. Integral Yoga Publications.
  2. Sengupta, P. (2012). Health Impacts of Yoga and Pranayama: A State-of-the-Art Review. International Journal of Preventive Medicine, 3(7), 444-458.
  3. Stacke, E. (2013). Les vertus de la respiration (p. 26). Editeur Guy Trédaniel.
  4. ibid