Étude sur les effets d’un programme d’entraînement à la méditation de type « pleine conscience » auprès d’enseignant.e.s en Suisse romande

La méditation de type MBSR signifie Mindfulness-Based Stress reduction – en français réduction du stress par la pleine conscience. L’essor que connait la pleine conscience aujourd’hui dans le monde prend naissance dans ce programme créé en 1979 par Jon Kabat-Zinn. Depuis de nombreuses années, j’ai le privilège de proposer le programme de pleine conscience MBSR à des enseignant.e.s de Suisse romande. Certaines interventions ont donné lieu à une recherche publiée en 2020 portant sur les effets du programme MBSR.

J’ai posé quelques questions aux chercheurs-euses au sujet des résultats de l’étude. Il s’agit de :

Dr. Philippe Gay, professeur associé dans les domaines reliés aux sciences affectives et cognitives en lien avec enseigner/apprendre à la HEP

Dr. Katia Lehraus, docteure en sciences de l’éducation et chargée d’enseignement à la Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation de l’Université de Genève

Dr. Sébastien Urben, psychologue, responsable de secteur de recherche au Centre Hospitalier Universitaire Vaudois

Linda McCarthy, master en psychologie générale et pédagogique, psychologue-psychothérapeute FSP dans un cabinet privé à Sion

Quel était le but de cette étude ?

Rapporter des premiers résultats en Suisse romande sur le vécu, les ressentis des enseignant.e.s qui ont suivi le programme MBSR.

  • Quels résultats avez-vous obtenus ?

Les enseignant.e.s rapportent de nombreux bénéfices pour eux-mêmes, mais également pour leurs élèves.

Plus spécifiquement, les résultats indiquent une satisfaction très élevée par rapport au programme MBSR ainsi que divers bénéfices subjectifs (p. ex., meilleure régulation émotionnelle et meilleure gestion du stress). De plus, les bénéfices ressentis sont également décrits pour les élèves (p. ex., atmosphère plus positive en classe) ainsi que pour l’établissement (p. ex., plus de bienveillance et relations de meilleure qualité avec les collègues).

À la lumière des résultats obtenus, pourquoi pourrait-il être pertinent pour les enseignant.e.s de suivre le programme MBSR ?

Les programmes MBSR sont reconnus pour diminuer le niveau stress et améliorer le bien-être individuel ; c’est encore plus important pour les enseignant.e.s qui ont un travail éprouvant, qui peut être empreint d’émotions fortes. Par ailleurs, le stress étant contagieux, tout comme le bien-être, un.e enseignant.e peut avoir un impact positif sur le climat en classe, ce qui permet de faciliter l’apprentissage.

  • Selon les résultats de votre étude, le MBSR a un impact sur la stabilité émotionnelle et psychologique des enseignant.e.s. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

Cette amélioration peut être en partie expliquée par le développement de ressources attentionnelles et de régulation des émotions que ce type de programme permet de développer. En effet, les stratégies de gestion des émotions semblent plus fonctionnelles après la participation à un programme MBSR. En particulier, les enseignant.e.s peuvent développer des stratégies cognitives de régulation des émotions (p.ex., se focaliser sur les éléments positifs et non pas ruminer le négatif, remettre en perspective ou accepter), mais également des stratégies plus comportementales (p.ex., mieux respirer, se relaxer musculairement).

Ainsi, l’entrainement de la capacité à porter notre attention sur l’instant présent tel qu’il est peut avoir pour effet le développement de ces stratégies, même si ce n’est pas le but premier du programme MBSR.

  • Comment expliquez-vous que la participation des enseignant.e.s au programme MBSR ait un impact sur les enfants ?

Il convient de préciser que dans notre étude, ce sont les enseignant.e.s qui rapportent ressentir un impact positif sur leurs élèves. Il faudra confirmer ces résultats par des évaluations plus directes et plus objectives auprès des élèves. Cela étant, il est évident que les émotions désagréables de l’enseignant.e peuvent parasiter les apprentissages des élèves (p.ex., le stress ou la colère qui vont diminuer les ressources cognitives – attention, mémoire – nécessaires pour bien apprendre). Au contraire, des émotions agréables comme la joie ou l’enthousiasme de l’enseignant.e contribuent à l’intérêt des élèves et améliorent les apprentissages ainsi que le climat en classe.

 

 

Quelle suite donner à cette étude ?

Cette première étude était rétrospective, c’est-à-dire qu’elle consiste en une seule évaluation après le programme MBSR, la prochaine étude devra réaliser plusieurs temps de mesure (notamment avant et après l’intervention) et comparer ces résultats avec un groupe de contrôle. Par ailleurs, au-delà des mesures subjectives, des mesures objectives devraient être réalisées. Par exemple, des mesures physiologiques (p.ex., voir si le taux de cortisol – hormone de stress – diminue ou si la variabilité de la fréquence cardiaque – indicateur de la régulation de nos émotions, pensées et comportements – augmente après la participation au programme) pourraient contribuer à mieux appréhender les mécanismes permettant de comprendre les améliorations observées. De plus, nous pourrions récolter des informations auprès des élèves ou des directeurs d’écoles pour avoir une évaluation par des tiers des bénéfices d’un programme MBSR.

  • Dans votre article de recherche, vous faites référence à une enquête menée auprès de 5’500 enseignant.e.s de Suisse romande1. Celle-ci avait révélé que plus de 40 % d’entre eux avaient obtenu un score de burn-out élevé et que plus de 2/3 d’entre eux avaient l’impression de devoir « tenir le coup ». Est-ce que le programme MBSR pourrait être une option pour mieux gérer ce stress ?

Évidemment, le programme MBSR est un moyen de prévention efficace pour le burn-out puisque ce syndrome est particulièrement lié au stress. Plusieurs études portant sur des enseignant.e.s et professionnels de la santé ont en effet mis en lumière que la probabilité de présenter un burn-out diminuait significativement après un entrainement de pleine conscience (Luken & Sammons, 2016)2.

  • Quelles sont les limitations de ce genre d’approches ?

Le temps qu’il est nécessaire d’investir pour apprendre cette technique peut être un frein. En outre, pour maintenir les bénéfices, il faut pouvoir pratiquer régulièrement.

  • Selon les résultats de votre étude, en quoi est-ce que l’entrainement de la pleine conscience a un impact sur la gestion de la colère et de l’impulsivité ?

Comme pour le stress, les stratégies de gestion de ses pensées, émotions et comportements s’améliorent suite au programme, du point de vue subjectif des enseignant.e.s ayant participé aux «  entrainements » MBSR.  De plus, en diminuant le stress, ce programme va également réduire le nombre d’opportunités de se mettre en colère ou de réagir impulsivement en offrant la possibilité d’apprendre à prendre de la distance avec ses pensées et ses émotions et ainsi mieux les contrôler.

Un programme intensif et prometteur

Il est bien clair que pour que ce genre de programmes soient efficaces, il est important de proposer des interventions de pleine conscience de qualité. Hélas, nous le voyons, de nombreuses personnes confondent encore la pleine conscience avec d’autres méthodes comme la sophrologie, la PNL, l’hypnose, etc. Si ces interventions ont leur propre valeur et efficacité, il est bien clair qu’elles ne doivent pas être confondues avec la pleine conscience. On ne peut pas généraliser les bénéfices mis en lumière par des études sur la pleine conscience à d’autres interventions.

Un autre élément important est que ce genre d’approche ne peut pas être imposé aux enseignant.e.s. Comme spécifié dans l’étude, le programme MBSR implique un investissement important en termes de temps (il s’agit en effet de 8 sessions de 2h30 par semaine plus une journée entière et 40 minutes de pratique à domicile cinq jours sur sept).

Si tous ces éléments sont réunis, il s’avère que ce genre d’interventions sont très prometteuses, tant pour la gestion du stress et des émotions des enseignant.e.s que pour l’atmosphère en classe qui devient ainsi plus propice à l’apprentissage.

 

Gay, P., Dini, F., Lehraus, K., McCarthy, L. et Urben, S. (2020). Programme Mindfulness-Based Stress Reduction (MBSR) auprès d’enseignants de primaire : Résultats d’une enquête de satisfaction et bénéfices subjectifs ressentis. Formation et profession, 28(3), 36-48. http://dx.doi.org/10.18162/fp.2020.555

 

 

Références :

  1. Studer, R. et Quarroz, S. (2017). Enquête sur la santé des enseignants romands. Epalinges: Institut universitaire romand de Santé au Travail (IST).
  2. Luken, M. et Sammons, A. (2016). Systematic Review of Mindfulness Practice for Reducing Job Burnout. American Journal of Occupational Therapy, 70(2).

 

Les pouvoirs secrets de la respiration

Avez-vous déjà remarqué que vous respirez plus lentement lorsque vous êtes serein et que, lorsque vous êtes triste, votre respiration est interrompue par des soupirs ? Ainsi notre état d’esprit, notre niveau de stress, nos émotions influencent notre respiration ; mais l’inverse est-il possible ? À l’aide d’une respiration calme et profonde, pouvons-nous apaiser l’excitation, la souffrance, la colère et induire la tranquillité, le bien-être, la paix ?

Depuis des siècles, l’Orient a étudié la respiration et développé de nombreuses techniques, chacune avec des bienfaits spécifiques. En effet, il est déjà fait mention du pranayama, cette science du souffle, dans des textes venant de l’Inde et datant de plus de 2 500 ans1. Ces techniques sont utilisées depuis quelques décennies en Occident et font partie de l’entraînement quotidien de nombreux sportifs de haut niveau (golf, tir à l’arc, natation, course à pied, etc.), elles sont aussi utilisées par des pilotes de chasse, des hommes d’affaires, des artistes, des médecins, etc. De nombreuses écoles à travers le monde intègrent ces techniques dans leur cursus de formation. Les bienfaits de ces exercices de respiration ont été démontrés par de nombreuses études2.

La respiration a de nombreux secrets à nous révéler. Nous pouvons l’utiliser pour renforcer notre système immunitaire ou pour nous détendre, pour approfondir notre qualité de présence ou avoir plus d’énergie et d’enthousiasme.

 

Nous respirons en moyenne plus de 20 000 fois par jour. À l’inspiration nous oxygénons le corps et le cerveau (qui à lui tout seul utilise 20 % de l’oxygène) et à l’expiration nous expulsons du corps les déchets gazeux, principalement le dioxyde de carbone. Une mauvaise posture, le stress, l’anxiété le manque d’exercice réduisent le volume d’air inspiré, ce qui a des conséquences directes sur l’oxygénation du corps et du cerveau. On estime qu’en général nous utilisons moins de 50 % de nos capacités respiratoires ; en mode standard nous inspirons en moyenne 7 200 litres d’air par jour alors qu’avec une respiration ample nous pourrions inspirer plus de 17 000 litres d’air par jour3.

En respirant de façon ample et profonde, nous agissons directement sur la régulation du système cardio-vasculaire, nous abaissons la tension artérielle, renforçons les défenses immunitaires, offrons une meilleure oxygénation au cerveau, rééquilibrons l’acidité sanguine, facilitons la digestion et l’oxygénation des cellules, etc. ; mieux nous respirons, mieux nous nourrissons notre organisme. L’expiration elle aussi est essentielle, car elle chasse les toxines de notre corps. Nous observons de nombreux autres bienfaits : meilleure gestion des émotions, meilleure concentration et présence à ce que nous faisons, peut-être aussi sentirons-nous un sentiment de bien-être et de calme s’installer4.

Si vous souhaitez explorer certains des bénéfices de la respiration, prenez régulièrement une minute et faites quelques respirations lentes et profondes, vous expérimenterez peut-être un aperçu de ces bienfaits.

Nous verrons dans de prochains articles certaines techniques et méthodes développées en lien avec la respiration.

 

 

  1. On retrouve ce concept dans la Bhagavad-Gîtâ (datant selon diverses estimations entre le XXVe et le IIe siècle av. J.-C.) ainsi que dans les textes du sage indien Patanjali (200 avant J.-C.).
    Aurobindo, S. La Bhagavad-Gîtâ. Sabda.
    Satchidananda, S. (2012). The Yoga Sutras of Patanjali. Integral Yoga Publications.
  2. Sengupta, P. (2012). Health Impacts of Yoga and Pranayama: A State-of-the-Art Review. International Journal of Preventive Medicine, 3(7), 444-458.
  3. Stacke, E. (2013). Les vertus de la respiration (p. 26). Editeur Guy Trédaniel.
  4. ibid

Éveil de la conscience par le corps

Et si les enfants découvraient dès leur plus jeune âge comment cultiver la concentration, la relaxation, la connaissance de soi ? Et pourquoi attendre d’être adulte pour développer les compétences émotionnelles et l’art de vivre ensemble ?

Éveil de la conscience par le corps est un programme complet d’exercices qui vise à accroitre la conscience et à améliorer les perceptions et capacités sensorielles. Les enfants sont ainsi guidés sur la voie de la conscience et de l’autonomie. Les activités s’articulent autour de la créativité et présentent souvent un caractère ludique ; elles développent progressivement et stimulent la concentration, la cohérence, la relaxation et le sentiment d’épanouissement.

Le but principal de la méthode est d’amener l’enfant dans un état de réceptivité qui lui permettra « d’entendre » les différents signaux qu’il reçoit de son monde intérieur comme du monde extérieur. Les exercices lui permettront alors, peu à peu, de découvrir l’ensemble complexe qui le constitue et de trouver les outils pour bien gérer cette complexité.

Mais plutôt qu’une méthode, Éveil de la conscience par le corps est un chemin permettant aux enfants (et aux adultes) de mieux se connaitre, de l’intérieur à l’extérieur, de façon expérientielle plutôt que conceptuelle.

Petit florilège d’exercices :

 

De nombreux exercices destinés à développer la concentration sont basés sur la conscience de la respiration. Ces exercices uniques permettent d’approfondir un courant qui a le vent en poupe dans le monde entier, la pleine conscience. À l’image de l’exercice appelé « le respiromètre », où il s’agira de poser un bâton de bambou sur son corps, de façon à ce que le bambou révèle toutes les étapes de la respiration.  Il se lève vers la tête à l’inspiration, reste statique entre l’inspiration et l’expiration, descend à l’expiration et écrase le nez entre l’expiration et l’inspiration. Cela permet, de façon très concrète et expérientielle, de prendre conscience des étapes de la respiration.

 

Des exercices pour développer les sens ainsi que de nombreux exercices de relaxation, seul ou par deux.

 

L’enfant apprend également qu’il ne peut pas être séparé du groupe, qu’il est un être social. Il apprend à se connaitre également face à l’autre, où l’autre devient miroir. Aussi, il pourra observer, dans un contexte détendu et sécurisé, les habitudes et les rôles qu’il aura tendance à prendre au sein d’un groupe. Cette prise de conscience permettra de faire des choix plus conscients par la suite. Ces petits pas en tant qu’enfant peuvent avoir un impact considérable à l’âge adulte.

 

 

Aloka Marti et Joan Sala ont développé au fil des années de nombreux jeux et exercices avec des « installations de structure »*.

Aloka Marti et Joan Sala

Aloka Marti vit en Inde depuis 1971 et participe activement au développement de l’éducation intégrale dans les écoles d’Auroville. Ses domaines d’expertise incluent la danse créative, le hatha yoga, le tai chi, le yoga nidra et le watsu.

Joan Sala pratique les thérapies naturelles, le shiatsu, les arts martiaux et le taoïsme. Son travail corporel est basé sur la tradition somatique et sur les thérapies craniosacrale biodynamique et pulsing ainsi que les techniques samalin et strain-counterstrain.

Depuis 1992 Aloka Marti et Joan Sala proposent leur méthode Éveil de la conscience par le corps aux enfants et adolescents d’Auroville. Depuis 2002, ils organisent des ateliers pour enseignants, éducateurs et autres adultes intéressés à Auroville, en Europe et aux États-Unis.

Le site internet.

Sala, J., & Marti, A. (2021). Éveil de la conscience par le corps. Éditions Savitri.
Traduction française de Camille Foetisch.

 

 

 

 

 

* (…) une « installation de structure » peut être une simple planche posée sur un demi-cylindre qui bouge lorsqu’un enfant y pose le pied aussi bien qu’un « paysage » composite et complexe fait de nombreux éléments différents tels qu’échelles, tabourets, blocs de bois, tables, chaises, quilles, planches à bascule, demi-troncs, poutres, planches de bois, tréteaux, ballons, balles de santé, cordes, échelles de corde, coussins, matelas, tissus, etc. Comme Joan et Aloka le soulignent « On utilise tout ce que nous avons sous la main et qui est susceptible d’ajouter un autre champ d’expérimentation. Avec le temps, on a réuni des éléments très variés pour élargir le champ des explorations sensorielles possibles. Si l’on souhaite insister sur un certain travail (équilibre, par exemple), on n’utilisera qu’une partie de ces éléments, ceux qui correspondent au but recherché. Ou on en utilisera de nombreux si l’on souhaite exposer les enfants à une grande variété de réponses sensorielles. »

Ces « installations de structure » permettent d’aborder des sujets tels que, principalement, la conscience sensorielle, la conscience de l’usage de son propre corps, l’exploration des émotions et des attitudes, le développement de l’attention et de la concentration, la capacité à être présent, l’observateur intérieur et la conscience de ses propres limites et responsabilités.

La communication – un outil tout-puissant

Combien de difficultés – entre amis, dans la famille, au travail ou même entre nations – pourraient être évitées avec une meilleure communication ?

En améliorant la qualité de notre communication, nous avons le pouvoir de transformer radicalement et instantanément tous nos rapports et interactions.

La communication est un outil tout-puissant ; des premiers mots miraculeusement prononcés par un homo habilis il y a plus de deux millions d’années en passant par l’écriture – marquant la fin de la préhistoire –, le papier, l’imprimerie, le télégraphe, la télévision, internet et maintenant les objets connectés, chaque étape du développement des moyens de communication, chaque grande découverte marqua un tournant dans l’histoire de l’humanité.

Nous constatons la même puissance transformative au niveau individuel, que ce soit dans notre vie privée ou professionnelle : en améliorant la qualité de notre communication, nous avons le pouvoir de transformer radicalement et instantanément tous nos rapports et interactions.

Entendre par-delà les mots

Comprendre le point de vue de l’autre, ses idées et ses intentions, lire à travers ses émotions, sa gestuelle et ses expressions faciales ; s’exprimer sincèrement et clairement, avec précision et enthousiasme, savoir intéresser son interlocuteur, ne pas trop parler et répondre exactement à la question posée, trouver des solutions justes et satisfaisantes ; la communication est un art passionnant que nous pratiquons quotidiennement.

Elle devient source de connaissance quand l’on s’entraîne à lire entre les lignes, à percevoir les vraies intentions ou à trouver le mot, le rythme, l’intonation qui s’approche le plus de la perfection et à revêtir nos idées de lumière. En tendant l’oreille, nous nous apercevons combien la maturité, les préoccupations et centres d’intérêt des individus et des nations se reflètent dans leur communication.

Et si de nombreuses méthodes sont à notre disposition pour parfaire notre communication, il suffit souvent simplement d’être plus présent, plus attentif et concentré afin d’améliorer la qualité, la profondeur et l’authenticité de notre communication.

 

POUR DEVENIR, IL FAUT ÊTRE

À la montagne par un bel après-midi ensoleillé, Kevin et sa mère Sandra vont faire de l’escalade. Un léger courant fait danser leurs cheveux alors qu’ils traversent les prairies riantes et fleuries. Sur le chemin ils dégustent quelques fraises des bois, contemplent une coccinelle et se roulent dans les hautes herbes. Le sifflement d’une marmotte attire leur regard ; elle est debout, attentive, puis s’élance dans une course comique et disparaît sous un rocher. Plus haut les pics enneigés s’élancent silencieusement vers le ciel azuré. Ils s’approchent maintenant du rocher repéré quelques jours plus tôt par Sandra. À peine arrivé, Kevin, du haut de ses trois ans, se précipite avec enthousiasme ; il est prêt à conquérir les plus hauts sommets du monde. Les premières prises sont faciles ; Sandra, le sourire sur les lèvres, l’observe avec amour. Il faut dire qu’après son entraînement intensif du matin dans les escaliers Kevin se réjouissait d’affronter un adversaire à sa hauteur. Ses petits doigts s’accrochent avec aisance sur les plis du rocher, il est confiant, concentré, absorbé dans l’instant. Puis les choses se compliquent ; il arrive à un moment de son ascension où le rocher est escarpé ; il ne trouve pas la prochaine prise, ses bras deviennent douloureux, ses jambes tremblotent, sa voix devient plaintive. Sandra se tient juste derrière lui, prête à le rattraper ; elle ne le touche pas et l’encourage, lui donne quelques conseils. Kevin n’y arrive toujours pas, il est prêt à abandonner et à pleurer. Sandra, s’apercevant que la difficulté lui paraît trop grande, reste malgré tout intraitable, car elle sait qu’il est capable de relever le défi. Elle lui suggère une prise sur la droite tout en le soutenant légèrement de la main. Kevin, sentant sa présence protectrice, sous l’impulsion de ses encouragements, ose alors s’élancer et tenter l’impossible mouvement.

Laissons les enfants vivre et affronter leurs difficultés, grandir en courage, comprendre et mûrir à travers leurs propres expériences ; car cela n’est pas en apprenant le nom des continents que l’on devient marin, c’est surtout en affrontant la mer et ses tempêtes.

Tout en les protégeant quand cela est nécessaire, ne leur évitons pas toutes les situations difficiles et les conflits, mais encourageons-les à trouver leurs propres solutions, à comprendre et intégrer l’autre, à transcender leurs limitations, à conquérir leurs difficultés et à transformer leur caractère ; car c’est bien dans la réalité de tous les jours que l’ascension a lieu, que la maturité croît ; c’est par une expérience concrète et directe.

Si nous voulons travailler en profondeur sur notre nature, il faut savoir saisir les opportunités que la vie nous offre et y consacrer du temps ; même les conflits deviennent alors des opportunités de croissance, des opportunités pour explorer et pour perfectionner notre caractère.
En plus de profiter des situations qui se présentent naturellement, nous pouvons organiser des sorties dans la nature, des activités sportives, des jeux qui offriront de multiples occasions pour grandir intégralement.

 

 

 

Extrait du livre de Fabrice Dini. « Une éducation intégrale pour grandir en s’épanouissant ». Edition Faim de siècle. Préface de Matthieu Ricard.

La radio et la télévision, sources d’indigestion ou d’élévation ?

Assis dans ma voiture, j’allume la radio. Sans préavis, me voilà pilonné de mots d’une violence inouïe, de mauvaises nouvelles, de catastrophes, de peurs, de faits horribles… Je passe sur Espace 2, le même discours, sur Option Musique, toujours les mêmes nouvelles…. STOP ! Heureusement j’ai téléchargé quelques podcasts d’Altitudes, je voyage alors sur les sommets enneigés avec les amoureux des cimes….

Mais pourquoi la radio nous bombarde-t-elle, heure après heure, des cataclysmes du monde ?  Il semblerait que quelqu’un ait été engagé pour collectionner toutes les mauvaises nouvelles et les catastrophes. Quelles sont les intentions ? Nous informer ? Mais pourquoi nous informer presque exclusivement des folies du monde ?

Heureusement, il y a la télévision. Voici un florilège de descriptifs. Tout d’abord, une petite série pour se divertir avant d’aller au marché acheter vos légumes :

« L’unité spéciale peine à trouver un serial prédateur qui utilise une drogue de viol qui ne laisse pas de traces. Rollins reçoit de bonnes nouvelles. »

Pour une soirée en solitaire avant d’aller au concert de Noël :

« (…) plusieurs attaques terroristes coordonnées frappent Paris. Dans la salle de concert du Bataclan, 1’500 spectateurs vivent des heures de folie meurtrière. Minute après minute, des survivants racontent cet enfer (…) »

Pour finir, une perle rare. Attention à vos zygomatiques :

« Sam a dit à John que son frère Daniel est en Inde. Lorsque John le retrouve, Daniel lui dit que sa mère lui a dit qu’il était ailleurs. Daniel en veut à John depuis des années pour ne pas avoir donné de nouvelles. Chandrika arrive et ramène le chaos dans la maison. La mère de John entre dans une lutte de pouvoir avec elle et demande son identité. Est-elle la mère de l’enfant ? »

Bien sûr, de nombreux contenus proposés par la RTS sont exceptionnels. Mais il semblerait hélas qu’entre le nombre de nouvelles anxiogènes, de séries abrutissantes et le nombre de contenus qui élèvent, la balance penche du mauvais côté. Pourquoi ce choix ? N’y a-t-il pas assez de souffrance et d’anxiété ?

Il y a tellement de beauté et de qualités chez les humains, mettons-les en avant. On pourrait par exemple parler de choses que l’on peut faire pour améliorer notre système immunitaire, offrir des programmes et activités saines pour notre santé physique et psychologique….

Tellement de contenus pourraient être proposés pour s’entraider et s’élever ensemble, en mettant en avant les qualités de chacun.

Bien sûr, nous sommes libres, nous pouvons écouter Bach dans notre voiture et aller nous ressourcer dans la nature, nous pouvons voir des amis et faire du sport. Et puis, se régaler, quand de tels programmes nous sont proposés :

https://www.rts.ch/play/tv/passe-moi-les-jumelles/video/vincent-munier-eternel-emerveille?urn=urn:rts:video:10846815

 

À chaque instant, nous sommes libres de choisir

À chaque instant, nous sommes libres de choisir…

Chaque action, pensée, émotion active différentes aires et régions du cerveau simultanément dans un processus complexe et encore mystérieux.

À chaque fois que vous tendez le bras, différentes parties du corps s’activent et se musclent ; de la même manière, quand vous pensez, agissez, réagissez, les neurones spécifiques à la pensée, à l’émotion ou à l’action s’activent et renforcent ces régions. Ce n’est pas la même série de muscles qui s’active si vous tendez le bras ou si vous êtes mal assis ; de la même manière, ce n’est pas les mêmes parties du cerveau qui sont activées et renforcées si vous avez peur ou si vous êtes généreux.

En fonction des évènements de notre vie et de nos habitudes, nous renforçons des régions spécifiques qui deviendront alors « les muscles » que nous emploierons spontanément. Ainsi les pensées, les émotions et les actions que nous répétons définissent notre fonctionnement par défaut.

 

 

Chaque instant redessine les courbes de notre futur.

Tout ce que l’on fait, pense et vit modifie notre cerveau,

même au cœur de nos cellules, l’ADN est altéré par notre atmosphère intérieure.

Le stress, l’étroitesse, le mode automatique accé­lèrent

le processus de vieillissement du corps et du cerveau.

 

La nature, la connexion, l’activité physique, la médi­tation, la création artistique maintiennent notre corps et notre esprit jeunes et vigilants.

Nous sommes libres de choisir.

 

Nous pouvons laisser nos croyances, nos habitudes

et nos peurs nous gouverner,

ou nous pouvons redessiner notre maison,

instal­ler d’immenses baies vitrées

avec vue sur les splen­deurs de l’infini.

Nous pouvons nous emmurer derrière la télé, errer en mode automatique

ou boire l’infini à grandes gorgées et vivre une vie qui fait profondément du sens.

Nous sommes libres de choisir.

 

 

Extraits du livre « Le privilège d’être », aux éditions Savitri

Quand nous consommons, nous transmettons une force

Il y a mille manières de dessiner notre futur.
Nous pouvons l’industrialiser, le déshumaniser, l’enlaidir
ou au contraire
nous diriger vers plus d’humanité, de sens et de beauté.

Chacun contribue au monde de demain.
Nos choix et actions mettent en lumière nos intentions.

Notre travail est très souvent
notre principale action dans le monde.
Contribue-t-il à la construction d’un monde plus harmonieux
ou au contraire
à la vampirisation de la terre, de ses habitants et de ses ressources ?

Notre manière de consommer est aussi un levier.
Quand nous consommons,
à travers notre argent,
nous transmettons une force,
nous donnons du pouvoir.

 

Voici quelques arguments en faveur du petit magasin bio de votre quartier :

Les articles proposés sont en principe biologiques,
produits en respect avec la terre et ses animaux,
avec l’air et l’eau.

De nombreux magasins se soucient aussi
des conditions dans lesquelles leurs articles sont produits.

Les aliments sont plus naturels,
cela s’avère plus sain pour votre corps et votre esprit,
pour les vers de terre et les mésanges,
les argus bleus et les chevreuils.

L’or bleu des nappes phréatiques et des rivières s’éclaircira,
60 % de votre masse corporelle (et celle de vos enfants) sera moins chargée
en chlorothalonil et en micropolluants.
Cette eau de qualité profitera aussi
aux truites et aux grenouilles,
aux lézards et aux libellules.

Enfiler une combinaison de cosmonaute,
c’est sympa pour carnaval,
mais c’est moins sexy pour aller travailler
sous le soleil, un beau jour d’été.
Pensez aux agriculteurs,
à la santé de leurs enfants
et de leurs voisins.

Et puis, moins de pesticides, de fongicides, d’herbicides et d’insecticides,
c’est une joie pour vos poumons et ceux de vos amis.

Quelques lignes de Francis Cabrel, pour ceux qui apprécient sa poésie :

 

Tu peux être un ambassadeur
Un prince florentin
Tu peux crouler sous les honneurs
Coucher dans le satin
Être un as de la finance
Multiplier les pains
Exiger des révérences
Et qu’on vienne manger dans ta main

Il faudra que tu serves quelqu’un

Mais encore,

  • Les personnes qui travaillent dans ces magasins le font souvent par choix, par passion. Il est donc plus plaisant de converser avec eux. Ils sont impliqués dans ce qu’ils font.
  • Souvent dans ces petites structures, l’argent gagné est redistribué de manière plus équitable entre tous les employés et les responsables.
  • Vous et vos enfants, vous ne serez pas bombardés de publicités et de jeux abrutissants, mais plutôt invités à découvrir un atelier de peinture ou un livre de qualité.
  • Entrer dans un magasin bio, c’est souvent une expérience esthétique. Entrez simplement au magasin restaurant de la nouvelle terre à Martigny, et vous vous sentirez déjà mieux.
  • Dans ces magasins on découvre d’anciennes variétés de fruits et de légumes. Des pommes et des poires d’un autre temps font leur réapparition.

Bien sûr, tout le monde ne peut pas se permettre d’acheter ces produits de qualité. Mais, pour tous les autres, c’est un choix.

Offrir notre argent,
c’est remplir de force,
c’est donner de l’énergie.

Choisissons consciemment
les initiatives à fleurir.

 

 

 

 

Afin de ne pas alourdir cette page, les commentaires agressifs ne seront pas publiés. Merci de votre compréhension.

L’enseignement du pangolin ou l’unité de toutes choses

Que se passerait-il si, plutôt que de considérer la séparation comme étant le fondement de la vie, nous choisissions l’unité, le Tout ?

Que se passerait-il si nos actions, nos projets, nos rêves étaient basés sur l’unité ?

Que se passerait-il si nous prenions en compte dans nos entreprises, cette idée du Tout.

Que nous le voulions ou non, tout est interrelié. C’est une vérité essentielle. Tout est relié par le temps et l’espace. Tout est relié par la chaine des causalités.

Nos actes d’hier définissent ce que nous sommes aujourd’hui. Que ce soit sur le plan individuel ou collectif, nous héritons du passé de notre famille, de notre pays, ainsi que des croyances de notre civilisation.

 

Notre corps a le goût de la pomme que nous venons de manger,

il est aussi limpide que l’eau que nous buvons.

 

Nous retrouvons dans le sang de nos enfants

les pesticides interdits en Suisse…

vendus par nos entreprises …

dans des pays lointains.

Peut-on vraiment maltraiter ainsi la terre sans en payer nous-même le prix ?

Tout est secrètement relié.

Les émotions de milliards d’êtres humains ne sont-elles pas liées à un pangolin qui vivait sa petite vie tranquille de pangolin ?

Un pangolin… un désir, un braconnier, un marché, un éternuement…

et puis le lent embrasement….

L’économie mondiale à genoux, des centaines de milliers de morts, des drames et des faillites, des peurs et des doutes, des divorces et des mariages… Tout cela parce qu’un pangolin a rencontré la route d’un homme, quelque part, dans un pays lointain.

Il était bien tranquille le pangolin, mais il a croisé le cœur noir de l’homme, le cœur affamé d’une créature qui en veut trop… beaucoup trop. Ou peut-être, plutôt, qui veut mal.

Séparation ou unité…

L’homme s’est éveillé, mais pas encore assez, semble-t-il.

Il se sait séparé, mais il ne se sait pas encore un.

 

Que se passerait-il si, plutôt que de considérer la séparation comme étant le fondement de la vie, nous choisissions l’unité, le Tout ?

Prendre en compte le tout, n’est-ce pas partir d’une base plus saine, plus vraie ?

Prendre en compte le tout, c’est chercher l’action qui s’harmonise le mieux avec ce qui est juste et vrai. C’est prendre en compte notre futur, c’est prendre en compte la nature, c’est prendre en compte la vie, les hommes et les femmes et les enfants qui vivent à l’autre bout de cette planète merveilleuse.

Prendre en compte le tout, c’est chercher à incarner un peu de sagesse. Faire sa part dans cette symphonie miraculeuse de milliards d’années, de myriades de créatures et de phénomènes.

 

 

 

 

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Quel sera ce héros, qui mangera le dernier animal sauvage ?

Les quelques lignes qui suivent mettent en lumière une réalité, une réalité choquante, certes, mais que nous ne pouvons pas ignorer.

En ces temps de confinement, peut-être certains d’entre nous souhaitons méditer sur ces chiffres ?

 

De tous les mammifères sur la terre,
seuls 4 % sont des animaux sauvages.

Le reste, c’est vous et moi,
le chat et le chien,
le lapin dans sa cage et le hamster
qui, dans son roue,
tourne en rond.

Et puis, bien sûr,
il y a les poules et les cochons,
les chevaux et les vaches…
tous ces animaux
que l’on mange.

De tous les mammifères sur la terre,
seuls 4 % sont des animaux sauvages.

Un, deux, trois, quatre,
Une main suffit pour compter,
Une petite main… d’homme.

Vous me direz : non,
c’est six ou sept ou dix !
Vous me direz,
tu as tout faux. Tu…
Quelle tristesse !

L’humanité est affamée,
elle consomme plus de 2’000 animaux à la seconde.

2’000 animaux à la seconde,
c’est difficile…
à digérer !

L’homme ou l’ogre ?
Je ne sais pas, disons l’hogr’mme

Chaque année, l’hogr’mme
mange plus de 65 milliard d’animaux !
65 milliards !
Y’a pas à dire,
c’est difficile…
à digérer !

Vous avez un chat,
Imaginez-en 65,

cela fait déjà beaucoup de chats.
Imaginez maintenant 65… milliards d’animaux
que l’on mange par an.

Doit-on continuer ainsi ?
Peut-on continuer ainsi ?

Je vous en prie, dites-moi non !

Dans la publicité, on nous montre
de belles vaches gambadant dans les prés.
Heureuses, elles contemplent les trains qui passent,
mâchouillant leur chewing-gum, avec nonchalance.
Mais est-ce vraiment ainsi ?

En 2019, 2’406 tonnes de viande chevaline ont été importées en Suisse.
Des images, que je n’ai pas regardées, montrent
« Des chevaux battus, insultés
et électrocutés dans les parties génitales ».

Doit-on continuer ainsi ?
Peut-on continuer ainsi ?
Je vous en prie, dites-moi : Non !

Bientôt l’on se battra
pour manger le dernier animal sauvage.
Dites-moi, quel sera ce héros, qui mangera
le dernier animal sauvage ?

Seuls 4 % des mammifères sont des animaux sauvages.
Un, deux, trois, quatre,
Une main suffit pour les compter,
Une petite main… d’homme.

 

Références

https://www.pnas.org/content/115/25/6506

https://www.rts.ch/info/suisse/11096690-de-la-viande-de-chevaux-maltraites-en-australie-est-importee-en-suisse.html

 

Éveillons notre cœur,
Il est l’heure.

Mangeons les produits de la ferme,
les produits de la ferme d’à côté.

Aimons la terre, aimons les animaux,
aimons les femmes et les hommes et les enfants de demain.

Éveillons notre cœur,
Il est l’heure.

Nous sommes responsables de nos actes, nous créons, tous ensemble, notre futur et le futur de nos enfants. Je ne pense pas que tout le monde doive devenir végétarien. Je ne crois pas qu’il y ait une solution toute simple. Par contre, il est certain, que nous avons tous un rôle à jouer. Chacun de nous.

 

 

 

 

 

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