Le charme des primaires américaines: la proximité

Les journalistes le diront tous: le côté le plus fascinant des primaires pour la présidentielle américaine, c’est la proximité avec les électeurs et surtout les candidats. Que ce soit Hillary Clinton, Bernie Sanders, Marco Rubio, Ted Cruz ou Rand Paul, il est possible de les approcher sans difficulté. Une chose bien sûr impensable une fois que l’un de ces candidats est élu en raison d’un service de sécurité (secret service) impressionnant.

 

 

En Iowa, “ça plane pour Bill Clinton”

Lundi matin, à quelques heures du caucus de l’Iowa, la tension est à son comble. Dans le camp démocrate, Bernie Sanders demeure la grande inconnue. Va-t-il remporter ce premier rendez-vous électoral à la barbe de la favorite Hillary Clinton?

L’ex-président Bill Clinton, croisé dans les rues de Des Moines lundi matin, ne semble pas préoccupé. Petite balade accompagnée de ses gardes du corps (secret service) et échange de quelques mots avec les passants. Le 42e président des Etats-Unis s’est beaucoup investi en Iowa pour aider la campagne de son épouse Hillary Clinton. Même la fille Chelsea a tenu des discours offensifs pour dénoncer l’utopisme de Bernie Sanders.

Bill Clinton

 

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L’enjeu majeur de la présidentielle: la nomination des futurs juges de la Cour suprême, dixit Ted Cruz

Ted Cruz, diplômé d’Harvard, connaît bien le droit et la Constitution dont il a une lecture originaliste. Un fait étonnant, car si on applique cette interprétation de la Constitution à son propre cas – celui d’un candidat né d’une mère américaine et d’un père cubain au Canada -, il ne pourrait convoiter la Maison-Blanche. Selon cette lecture dont le juge Antonino Scalia est le représentant le plus illustre, il faut être né sur sol américain et avoir obtenu la nationalité de son père pour pouvoir prétendre être né citoyen natural des Etats-Unis (natural born).

Le sénateur du Texas est pourtant très critique de l’actuelle Cour suprême, qui fait de l’activisme en faveur d’Obamacare et du mariage gay. A ses yeux, l’Amérique est à un juge près (pour l’heure, il y a cinq juges conservateurs et quatre juges progressistes) de la catastrophe, de la fin du second amendement de la Constitution autorisant la possession d’une arme à feu. Or il le rappelle: les juges en question ne sont pas élus, ils sont nommés par le président en place. L’attaque au vitriol de Ted Cruz est une remise en question de la séparation des pouvoirs. Ecoutez-le lors de son meeting électoral à Wilton, à l’est de l’Iowa.

“Hillary Clinton est mieux perçue que Bernie Sanders auprès des Afro-Américains: l’analyse du “démocrate” de Fox News Juan Williams

Juan Williams a longtemps travaillé au Washington Post. Or aujourd’hui, ce journaliste dont la soeur habite à Genève, travaille à Fox News. Lui, le démocrate, sert souvent de punching-ball des animateurs très conservateurs que sont Sean Hannity ou Bill O’Reilly. Rencontré après un meeting électoral de Hillary Clinton, il explique pourquoi elle a davantage de chances que Bernie Sanders après le caucus de l’Iowa et la primaire du New Hampshire.

Hillary Clinton défend avec acharnement Obamacare

Talonnée par le “socialiste démocratique” Bernie Sanders dans l’Iowa quelques jours avant le caucus, Hillary Clinton a musclé son discours. Devant plusieurs centaines de personnes réunies à la Grand View University de Des Moines, elle juge nécessaire de tout faire pour conserver Obamacare, la réforme de la santé de Barack Obama et de l’améliorer là où c’est possible. Elle refuse le discours de son rival Bernie Sanders qui veut créer une assurance-maladie publique comme au Canada (single payer). Elle juge une telle proposition irréaliste au vu des forces politiques en présence à Washington.

Pour étayer son discours, Hillary Clinton a fait témoigner une Américaine dont la fille a eu le cancer et qui, sans Obamacare, aurait eu mille et une difficultés à se faire soigner:

 

Christine Ockrent voit Hillary Clinton aller jusqu’au bout

Journaliste vedette de France Télévision, aujourd’hui active sur France Culture, Christine Ockrent a assisté au dernier meeting électoral du candidat démocrate Bernie Sanders à l’Université Grand View de Des Moines, la capitale de l’Iowa. Elle ne cache pas sa stupéfaction devant le phénomène “Bernie” qui a happé des milliers de jeunes à travers cet Etat du Midwest. Auteure d’un ouvrage consacrée à Hillary Clinton (“La Double Vie d’Hillary Clinton“), Christine Ockrent est convaincue que l’ex-secrétaire d’Etat ira jusqu’au bout, qu’elle accédera à la Maison-Blanche. Ses compétences, son expérience lui permettront, prédit-elle, de dépasser le problème de confiance qu’elle a avec une frange de l’électorat américain.

Le grand retour de Tina Fey pour célébrer celui de Sarah Palin

La comédienne américaine Tina Fey a repris du service dans le cadre de l’émission satirique Saturday Night Live (SNL). Elle n’a pu s’empêcher de rebondir sur les propos tenus au cours de la semaine passée par l’ex-gouverneure d’Alaska et ex-colistière de John McCain lors de la présidentielle de 2008. Sarah Palin vient en effet d’apporter son soutien à l’actuel favori de la course à l’investiture républicaine, le milliardaire Donald Trump.

Au cours de son discours de soutien, Sarah Palin a tenu des propos parfois peu cohérents que le New York Times a tenté de décrypter, parfois en vain… Un tel soutien sera-t-il bénéfique à Donald Trump? Le débat est ouvert. Pour certains, il pourrait profiter au milliardaire new-yorkais en Iowa, Etat où les conservateurs sont …très conservateurs. A long terme, c’est le type d’appui qui risque plutôt de desservir le candidat anti-establishment.

Voici Tina Fey alias Sarah Palin en 2016:

Et la même comédienne en 2008:

Iran: Marco Rubio fait l’apologie de Reagan pour fustiger Obama. Mauvaise idée

Ce week-end, le candidat républicain à la Maison-Blanche Marco Rubio a sévèrement critiqué le président Barack Obama au sujet de l’échange de prisonniers entre l’Iran et les Etats-Unis qui s’est déroulé samedi dernier. Aux yeux du sénateur de Floride, le démocrate n’aurait jamais dû négocier avec l’Iran, échangé des Américains qui n’auraient jamais dû être emprisonnés contre des Iraniens qui ont violé les lois américaines. Sa solution aurait été d’accroître les sanctions pour obtenir la libération des cinq Américains libérés dont le journaliste du Washington Post Jason Rezaian.

Voici l’interview réalisée par le journaliste de Meet the Press (NBC) Chuck Todd avec Marco Rubio:

CHUCK TODD:

So under President Rubio, you would not have negotiated any sort of prisoner exchange for those four American hostages.

MARCO RUBIO:

When I become President of the United States, our adversaries around the world will know that America is no longer under the command of someone weak like Barack Obama. And it will be like Ronald Reagan where as soon as he took office, the hostages were released from Iran. We would impose additional sanctions, not just this Congressional sanctions now that would have been–

CHUCK TODD:

You wouldn’t have given Iran anything–

MARCO RUBIO:

more additional sanctions on Iran.

CHUCK TODD:

You wouldn’t have given Iran anything even if it meant–

MARCO RUBIO:

We would have gotten them home–

CHUCK TODD:

–that Iran–

MARCO RUBIO:

We would have gotten them home.

CHUCK TODD:

Without giving them anything.

MARCO RUBIO:

Well, we would have given them sanctions, crippling sanctions. In fact, there would have never even been a discussion on these deals until they were released. Iran needs more from us than we need from them. We need to remind ourselves of that.

And at the end of the day, these are people that view these sorts of things as weakness. That’s why this week they captured our sailors. They tried to humiliate them on video, putting their hands behind their back and putting them on their knees and videotaping them apologizing. That doesn’t happen when I’m President because they will know that we now have a strong President unlike the weak one that we have now.

 

Marco Rubio a manifestement une compréhension particulière du rôle qu’a joué Ronald Reagan en 1981. Il estime que contrairement à Barack Obama, Ronald Reagan a obtenu la libération des otages américains de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran sans apparente contre-partie. La manière de travestir l’Histoire est surprenante pour quelqu’un qui dit avoir une compréhension meilleure que tous les autres candidats républicains des relations internationales. Oui, les otages ont été libérés immédiatement après le discours d’investiture du président fraîchement élu Ronald Reagan. Un affront pour Jimmy Carter. Mais c’est bien le président démocrate qui négocia la libération des 52 otages américains.

La lecture sélective de la présidence Reagan ne s’arrête pas là. Marco Rubio a voulu montrer que le républicain était un dur qui obtenait ce qu’il voulait quand il négociait. Or là aussi, Ronald Reagan n’a pas un bilan aussi glorieux. En 1987, lors d’une intervention télévisée depuis la Maison-Blanche, il confirmera le scandale des livraisons d’armes à l’Iran pour faire libérer des otages américains au Liban sous la garde de Gardiens de la révolution. Un scandale connu aussi sous le nom d’Irangate.

Se remémorer la marche de Washington à l’occasion du jour de MLK

Jour férié aux Etats-Unis. Les Américains célèbrent ce 18 janvier le jour de Martin Luther King qui commémore la date d’anniversaire (le 15 janvier) du fer de lance des droits civiques. Ce jour férié est célébré tous les troisièmes lundis du mois de janvier. En Alabama, dans le Mississippi et en Arkansas toutefois, le jour du “Dr. King” est célébré en même temps que celui de … Robert E. Lee, le général des Confédérés. La gouverneure d’Arkansas semble toutefois disposée à songer à mettre fin à cette embarrassante collision de célébrations.

En guise de souvenir, une vidéo sur la marche de Washington en 1963: