Depuis l'échec du ticket John McCain-Sarah Palin face à Barack Obama et Joe Biden en 2008, l'ex-gouverneure d'Alaska avait réussi à se maintenir dans le flux quotidien des médias grâce notamment à son mandat de contributrice extérieure pour Fox News. Mais la chaîne, qui caresse la droite conservatrice dans le sens du poil (à l'image de ce que fait MSNBC avec la gauche), a pris congé de Sarah Palin.
Samedi, l'ex-candidate à la vice-présidence des Etats-Unis a fait un retour tonitruant dans une arène qui lui sied comme un gant: la Conservative Political Action Conference (CPAC). Cette réunion annuelle, qui a vu défiler des Mitt Romney, Rand Paul, Jeb Bush ou encore Marco Rubio, a été conquise par Sarah Palin, qui a décoché des flèches empoisonnées en direction du président démocrate Barack Obama. Elle a aussi emballé son public en moquant l'interdiction des boissons sucrées géantes décrétée par le maire de New York Michael Bloomberg (désavouée par une cour de New York) en sirotant en plein discours son immense soda. Elle a montré qu'en tant qu'égérie du Tea Party, elle n'avait peur de rien en s'attaquant directement à l'ex-stratège de George W. Bush Karl Rove, qui juge nécessaire de mieux sélectionner les candidats aux primaires pour être sûr de gagner. Une manière, pour ce dernier, d'écarter des candidatures "folkloriques" issues du Tea Party.
Sans vision, Sarah Palin est devenue la divertisseuse en chef du Tea Party et des conservateurs. Dotée d'un talent de communicatrice, elle a toutefois montré samedi qu'elle conservera sans doute ce statut et aura plus de peine à franchir le cap d'une nouvelle candidature d'importance au plan national.
Un extrait de sa prestation de samedi à la conférence CPAC à Washington: