Dans ses derniers jours à la tête du Pentagone, Leon Panetta décida de créer une médaille, la Distinguished Warfare Medal, pour récompenser les meilleurs pilotes de drones et autres cybersoldats. Mais ce faisant, il provoqua un tollé au sein de certains milieux du Congrès et de l'armée. De tels soldats ne sont pas soumis aux mêmes conditions que ceux qui bravent l'ennemi en direct, dans les collines d'Afghanistan. Les potentiels récipiendaires de ces médailles travaillent en effet depuis les Etats-Unis, notamment d'une base aérienne installée au milieu du désert du Nevada.
Pour les détracteurs de la récompense, celle-ci risquait de dévaloriser les médailles attribuées aux combattants du terrain, d'autant qu'elle avait davantage de valeur que deux distinctions pour les soldats engagés sur les théâtres d'opération les plus dangereux de la planète.
Vétéran du Vietnam, le nouveau patron du Pentagone Chuck Hagel (photo Jason Reed/AFP) sait de quoi il s'agit. Il a lui-même été décoré de deux "coeurs pourpres" (Purple hearts) pour sa bravoure sur le champ de guerre vietnamien. Il a entendu la plainte du Congrès et de vétérans et il a tranché. Il a interrompu la production de la médaille pour pilotes de drones.
Or il s'avère que les pilotes de drones basés notamment au coeur du désert du Nevada ne risquent pas de marcher sur une mine ou de tomber sous l'explosion d'un engin explosif au bord d'une route. Mais ils ne sont pas immunisés contre le stress. Selon une étude du Département de la défense, les pilotes d'avions sans pilote souffrent autant de dépression, d'anxiété et de stress post-traumatique que les pilotes d'avions de combats qui sillonnent les cieux d'Afghanistan et d'ailleurs.