Le soldat Bradley Manning (photo à son arrivée au tribunal/Mark Wilson/AFP) a avoué jeudi, devant un juge militaire à Fort Meade, dans le Maryland, qu'il avait bien
transmis des archives militaires et diplomatiques à WikiLeaks. Motivé notamment par un ouvrage qu'il a lu sur "la diplomatie ouverte" pratiquée après la Première Guerre mondiale et par l'idée que la diplomatie secrète n'amène rien de bon, l'Américain de 25 ans l'a confié au juge. En transmettant près de 260 000 cables diplomatiques et 90 000 rapports des renseignements, il voulait améliorer le sort du monde.
Bradley Manning a déclaré assumer toute la responsabilité de ses actes et précisé qu'il n'avait subi aucune pression de la part de WikiLeaks. Jeudi, il a plaidé coupable pour dix chefs d'inculpation liés à la divulgation d'informations classifiées, de rapports secrets, de vidéos d'attaques perpétrées par des avions ou hélicoptères en Irak et en Afghanistan ou encore de dossiers de détenus de Guantanamo. Il encourt 20 ans d'emprisonnement. Mais sa peine pourrait être même plus sévère s'il est prouvé qu'il a aidé les ennemis de l'Amérique et qu'il s'est rendu coupable de violations en vertu de l'Espionage Act.
Bradley Manning pensait que la publication de ces informations pourraient embarrasser les Etats-Unis, mais il ne pensait pas qu'elle pouvait leur porter préjudice. Le soldat affirme avoir d'abord voulu remettre les documents à des médias, Bloomberg et le New York Times, mais aucun ne confirme avoir reçu un message de la part du soldat. Il se décida finalement à envoyer les documents à WikiLeaks au moyen du wifi de la librairie-café Barnes & Noble, car la maison de sa tante du Maryland, où il séjourna durant son congé militaire, venait de subir des coupures d'électricité en raison d'une tempête de neige.
Son sort n'est pas encore scellé. Mais il est peu probable qu'il recouvre la liberté de sitôt.