C'est sans doute la plus grande surprise de la première administration Obama. Le tandem Barack Obama-Hillary Clinton (ici à son arrivée à Yangon en Birmanie/photo Soe Than Win/AFP) a été d'une remarquable efficacité. Après des primaires démocrates très âprement disputées pour l'investiture présidentielle en 2008, les commentateurs de Washington craignaient le pire. Les blessures n'allaient peut-être jamais cicatriser. Or la relation entre la Maison-Blanche et Foggy Bottom aura été empreinte d'un profond respect et d'une grande loyauté, même si le président et la secrétaire d'Etat ne sont pas à proprement parler des amis proches. Cela est apparu de façon manifeste en Birmanie lors de la première visite d'Etat d'un président américain. Barack Obama a eu droit aux honneurs en tant que président, mais il n'a pas manqué de souligner le travail remarquable d'Hillary Clinton pour promouvoir le droit des femmes et les valeurs démocratiques à travers le monde. Cette dernière avait d'ailleurs déjà rencontré Aung San Suu Kyi il y a quelque temps et était manifestement plus à l'aise avec la Prix Nobel birmane que Barack Obama qui a eu de la peine à prononcer son nom.
D'une certaine manière, le voyage de la Maison-Blanche dans trois pays d'Asie (Thaïlande, Birmanie et Cambodge), c'est un peu la concrétisation du changement stratégique opérée par l'Amérique qui attache désormais une importance grandissante à l'Asie-Pacifique. Or Hillary Clinton est considérée comme l'une des grandes architectes de cette nouvelle politique. Aujourd'hui, même si l'affaire de Benghazi pose des questions sur la gestion des questions sécuritaires par l'administration Obama, notamment en Libye, Hillary Clinton est perçue par de nombreux experts, hormis de nombreux conservateurs qui la jugent toujours sévèrement, comme une secrétaire d'Etat de très haut rang qui pourrait entrer dans l'Histoire de la diplomatie américaine. Beaucoup mentionnent la maestria avec laquelle elle a géré la question libyenne dans les coulisses de la diplomatie mondiale.
Barack Obama et Hillary Clinton, pour leur dernière sortie à l'étranger ensemble, étaient, à en croire le New York Times, empreints de nostalgie. Après avoir déjeuner ensemble avec l'équipe du Département d'Etat à l'ambassade américaine de Yangon, le président et la secrétaire d'Etat ont encore longuement discuté dans l'avion qui les emmenait de Birmanie à Phnom Penh. Ont-ils parlé de 2016, quand Barack Obama arrivera au bout de son second mandat et où Washington dit déjà voir Hillary Clinton faire acte de candidature pour le remplacer? Pour l'heure, l'intéressée est fatiguée par près de 1,6 million de kilomètres parcourus à travers le monde en tant que cheffe de la diplomatie américaine. Elle entend faire autre chose, se reposer.