Après la défaite du républicain Mitt Romney (photo Stephan Savoia/AP/Keystone), c'est la nouvelle tendance. Des milliers d'Américains d'une vingtaine d'Etats, déçus par la défaite de l'ex-gouverneur du Massachusetts et surtout remonté contre la réélection du démocrate Barack Obama, ont signé des pétitions en ligne sur le site de la Maison-Blanche pour demander de faire sécession.
La plupart des signataires proviennent d'Etats qui ont soutenu Mitt Romney, mais aussi d'Etats démocrates tels que New York, Oregon ou New Jersey. Des pétitionnaires du Texas et de Louisiane ont sans doute rassemblé suffisamment de signatures pour que la Maison-Blanche prenne en considération leur requête…
Ces appels à la sécession font écho à une litanie de commentaires relevant que l'Amérique va vers son déclin et sa perdition. Le présentateur Bill O'Reilly sur Fox News en est le représentant emblématique. Les aspirants sécessionnistes d'Alabama par exemple formule leur demande ainsi: "Nous demandons à l'administration Obama d'accorder l'autorisation à l'Etat d'Alabama de se retirer des Etats-Unis et de créer son propre gouvernement."
La référence des pétitionnaires est bien entendu la Déclaration d'indépendance de 1776: "Nous tenons ces vérités pour évidentes en elles-mêmes: que tous les hommes sont créés égaux; que leur Créateur les a dotés de certains droits inaliénables, parmi lesquels la vie, la liberté et la recherche du bonheur; que pour garantir ces droits, les hommes instituent entre eux des gouvernements, qui tirent leurs justes pouvoirs du consentement des gouvernés; que chaque fois qu'un gouvernement, qu'elle qu'en soit la forme, menace ces fins dans leur existence même, c'est le droit du peuple que de le modifier ou de l'abolir, et d'en instituer un nouveau […]."
L'élection du Noir Barack Obama est synonyme, pour les sécessionnistes, d'une Amérique où l'Etat domine, autorise le droit à l'avortement, légalise les sans-papiers, légalise le cannabis (Colorado) et le mariage homosexuel (dans plusieurs Etats). "C'est une Amérique en danger", résume Bill O'Reilly.