L’esprit bipartisan, l’arme secrète de la fin de la campagne électorale

ChristieC'était l'espoir de Barack Obama: rassembler l'Amérique rouge (républicaine) et bleue (démocrate). Il s'est fracassé sur la réalité de la politique telle qu'elle est pratiquée "Inside the Beltway", à Washington. En partie en raison de son incapacité de négocier directement avec le Congrès, en partie en raison de la guerre de tranchée engagée d'emblée par les républicains du Congrès sous l'emprise du Tea Party.

L'esprit bipartisan prônant la coopération entre les deux partis n'a pourtant jamais autant soufflé sur la campagne électorale que lors des deux dernières semaines. L'ouragan Sandy en a été l'illustration la plus étonnante. Le gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie (photo Jewel Samad/AFP), n'a cessé de louer l'engagement du président démocrate pour gérer au mieux la catastrophe. Certains y ont vu un geste de sincérité dans une situation d'urgence. D'autres une manière de préparer l'élection présidentielle 2016. Chris Christie, qui était le républicain en tête de liste pour être le candidat à la vice-présidence aux côtés de Mitt Romney, a des ambitions. Si Mitt Romney échoue cette année, la course sera beaucoup plus ouverte dans quatre ans pour les républicains.

On aime ou on n'aime pas Chris Christie dont les discours populistes ne laissent jamais indifférent. Mais en l'occurrence, il a sans doute saisi qu'il y avait un boulevard politique devant lui en jouant la carte bipartisane. La raison? Les Américains sont fatigués par les disputes partisanes stériles.

Lundi, un jour avant l'élection, le candidat républicain Mitt Romney, irrité par la "performance bipartisane" de Chris Christie, a suivi l'exemple: “Les plus beaux succès sont ceux qui sont partagés", a déclaré Mitt Romney à 5000 partisans rassemblés au Patriot Center à l'Université George Mason de Fairfax. “J'ai appris que le respect et la bonne volonté permettent d'aller loin et sont un jour récompensés. C'est ainsi que je vais agir en tant que président. Je vais rassembler les gens. Je ne vais pas seulement représenter un partie, mais une nation."

Quel que soit le nouveau président, celui-ci aura rapidement l'occasion de concrétiser ces promesses bipartisanes. A la fin de l'année, le Congrès est confronté au "fiscal cliff", au précipice budgétaire. S'il ne trouve pas de compromis, les Etats-Unis pourraient plonger dans la récession.

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