La Grande Pomme a connu un dimanche hors de l'ordinaire. Répondant aux annonces alarmistes des télévisions au sujet de l'arrivée de l'ouragan Sandy (photo Bruce Bennett/Getty Images/AFP), les New-Yorkais se sont précipités dans les supermarchés, dépanneurs et autres épiceries pour faire le plein de nourriture. A Fairway, surBroadway, de nombreuses étagères de cette surface commerciale ont vite été vidées après le passage de milliers de personnes inquiètes des retombées possibles de l'ouragan. Certains magasins se sont barricadés. La mairie de New York a décidé de fermer le métro à partir de 19h et d'évacuer plusieurs zones inondables le long de l'East River et de l'Hudson River. L'ONU et les écoles seront fermées lundi.
A l'approche d'Halloween, le 31 octobre, les commentaires sont parfois alarmistes, mais aussi humoristiques. Tout le monde parle désormais de Frankenstorm pour qualifier l'ouragan Sandy. Couvrant une surface considérable en mer, ce dernier risque d'apporter énormément de précipitations et de provoquer d'importantes inondations. Il va surtout rencontrerles jet streams, des vents plus froids, et personne ne sait à ce stade ce que produira cette rencontre improbable. Les spécialistes avancent déjà que Sandy pourrait provoquer des milliards de dégâts le long de la côte Est des Etats-Unis.
Sandy, c'est manifestement un scénario que les deux candidats à la Maison-Blanche, qui entrent dans leur dernière semaine avant le jour J, n'avaient pas intégré dans leur plan de bataille. Le républicain Mitt Romney et le démocrate Barack Obama ont dû annuler certains meetings électoraux dans des Etats aussi cruciaux que la Virginie. Pour le président démocrate, la difficulté consistera à endosser avec le bon dosage la casquette de président qui se soucie de la population et celle de candidat. Tout dérapage pourrait se payer comptant, mais, bien gérée, la crise peut lui être bénéfique. Barack Obama ne sera sans doute pas George W. Bush,qui commit la faute politique la plus retentissante de ces dernières décennies en omettant de considérer l'ouragan Katrinaà sa juste valeur. Mitt Romney n'a pas ce problème. Il restera candidat tout en montrant son empathie le cas échéant. Les deux campagnes craignent aussi l'impact de l'ouragan sur le vote par anticipation qui se déroule actuellement et qui compte pour un tiers du total des votes.