Eleanor Roosevelt va se retourner dans sa tombe. L'ex-First Lady et épouse du président Franklin Delanoe Roosevelt, qui présida la première session de la Commission des droits de l'homme créée en 1946 et qui contribua à l'élaboration de la Déclaration universelle des droits de l'homme serait sans doute choquer par le rapport que publie aujourd'hui Grace Meng, chercheuse au sein du programme "Etats-Unis" à Human Rights Watch.
Le document de 95 pages révèle que des centaines de milliers de femmes et de jeunes filles ouvrières agricoles immigrées aux Etats-Unis encourent un risque élevé de violence sexuelle sur leur lieu de travail. Enquêtant auprès de 160 personnes, des ouvrières agricoles, des avocats, des membres de l'industrie agricole voire même des policiers, Human Rights Watch montre à quel point les employeurs, basés en Californie, en Caroline du Nord et dans l'Etat de New York, profitent du statut précaire voire illégale des ouvrières agricoles pour les harceler ou les abuser sexuellement. Ces dernières déclarent avoir été victimes de viols, attouchements, scènes d'exhibitionnisme ou de propos vulgaires et obscènes.
Le Sénat américain débat toutefois toujours de la nécessité ou non de proroger la loi contre les violences faites aux femmes. Une adoption rapide de cette disposition permettrait de garantir une protection renforcée à ces ouvrières agricoles. Les problèmes d'abus sexuels relèvent aussi d'une loi sur l'immigration déficiente. Grace Meng le déplore: "Chaque jour où il s'abstient d'adopter la réforme de l'immigration, le Congrès expose davantage d'ouvrières agricoles au risque d'abus sexuels."