La mort de Trayvon Martin, jeune Noir de 17 ans tué à bout portant par une autre jeune Blanc, George Zimmerman, 28 ans, est désormais l'objet d'un combat idéologique nauséabond entre la gauche et la droite. Le site conservateur Daily Caller vient de publier 152 pages de tweets envoyés par la victime Trayvon Martin. L'idée derrière cette publication est de montrer la "vraie nature" du défunt. Dans l'un des tweets, le jeune Noir semble brandir un doigt d'honneur. Sur un autre, on y voit un tatouage. Avec sa capuche et son tatouage, semble-t-on dire implicitement, Trayvon Martin n'était pas net. La méthode confine au délit de faciès. Fox News s'est emparé de l'affaire pour fustiger les bien-pensants.
A gauche, MSNBC a aussi bondi sur l'affaire pour dénoncer le fait que l'auteur de la tuerie n'est toujours pas arrêté. La chaîne de TV s'étonne que la droite conservatrice publie les tweets de la victime pour le salir au lieu d'exhorter les autorités à mener une enquête sur les circonstances du meurtre. Le commentateur Lawrence O'Donnell assène des vérités avec l'arrogance de celui qui croit tout savoir. De fait, tout le monde parle du cas, mais personne n'a des faits concrets, même si en apparence, ces mêmes faits semblent accablants pour le meurtrier Zimmerman.
Dans l'affaire, un nouvel épisode est venu brouiller les cartes. ABC News a publié une vidéo qui relance les spéculations sur la mort de Trayvon Martin. La vidéo correspond à la séquence filmée par les caméras de surveillance au poste de police de Sanford, au centre de la Floride. Elle montre George Zimmerman avec les menottes, mais sans blessure apparente, sans hématomes ou tuméfactions. Le jeune homme paraît dans un état physique normal qui ne correspond pas aux déclarations qu'il a faites à l'issue de la tuerie. Il avait déclaré que le jeune Noir, Trayvon Martin, s'était précipité sur lui par derrière et lui avait frappé la tête au sol. C'est pour se défendre que George Zimmerman aurait tué à bout portant Trayvon Martin. Le plus étonnant, c'est que la police l'avait bien arrêté peu après les faits, mais n'a visiblement pas jugé le coupable présumé suffisamment coupable pour le maintenir en détention.