Les (médiocres) retours d’ascenseur d’Obama

Barack Obama (photo AFP), un président qui transforme l'Amérique? Cela dépend de quoi l'on parle. S'il s'agit de nominations d'ambassadeurs, BObamail est loin du compte. Il avait pourtant promis, lors de sa campagne électorale 2008, de mettre fin à cette pratique américaine consistant à récompenser de gros donateurs en leur offrant un poste d'ambassadeur quelque part sur le globe. Il a pourtant bien nommé plus d'une dizaines d'ambassadeurs non pas sur la base de leurs compétences diplomatiques, mais de leur portefeuille.

Comme nous le signale Josh Rogin dans son blog "The Cable (Foreign Policy)", un rapport de l'inspecteur général du Département d'Etat révèle que Nicole Avant, ancienne coresponsable des finances de la campagne électorale d'Obama en Californie du Sud, a géré l'ambassade des Bahamas où elle fut nommée en 2009 de façon catastrophique. Entre septembre 2009 et novembre 2011, elle fut absente 276 jours de l'ambassade, dont 102 jours pour des raisons personnelles et 77 jours en raison de voyages aux Etats-Unis dont seuls 23 étaient professionnels. Il en a résulté une gestion "médiocre" de l'ambassade qui emploie tout de même 154 citoyens américains et 61 personnes recrutées localement. La sécurité fut négligée et un bureau loué par l'ambassade resta vide pendant deux ans. Nicole Avant n'était quasiment jamais en contact avec le Département d'Etat.

Les inspecteurs du Département d'Etat visitèrent l'ambassade en septembre et octobre 2011. Un mois plus tard, l'ambassadrice démissionnait. Depuis, elle rejoint Michelle et Barack Obama lors de grands dîners de gala pour récolter des fonds pour la campagne 2012. Elle n'est pas la seule à avoir bénéficié des faveurs du président pour service (financier) rendu. Parmi d'importants donateurs, on trouve aussi l'ambassadrice Cynthia Stroum, au Luxembourg, qui quitta l'ambassade un peu dans les mêmes conditions. Il y a aussi l'ambassadeur Howard Gutman en Belgique qui se fait lui aussi régulièrement remarquer.

Cette pratique me rappelle un certain Warren Tichenor, ambassadeur américain auprès des Nations unies à Genève sous George W. Bush. Grand magnat texan des médias, il avait reçu une belle récompense en étant nommé dans la Cité de Calvin. Il a failli réussir à torpiller la création du Conseil des droits de l'homme avec lesquels il était visiblement peu familier. Pour Barack Obama, les choses seront-elles différentes s'il est élu pour un deuxième mandat? Entre espoir et illusion, laissons-nous du temps avant de trancher.

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