Séries au long cours à rattraper pendant les fêtes

Alors que Peaky Blinders et Black Mirror sapprêtent à faire leur retour sur Netflix, quelles sont les séries au long cours que nous vous conseillons de rattraper pendant les fêtes ? Cinq séries méritent le temps dune pause.

 

1. PEAKY BLINDERS

Genre : saga criminelle
Bandeannonce : saison 1
Nombre de saisons à rattraper : 3
Diffusion : Netflix (S01-03, S04 le 29 décembre), BBC Two (S04)

L’histoire : En 1919 à Birmingham, Tommy Shelby et sa famille dirigent le gang des Peaky Blinders, une bande de malfrats qui règnent sur les faubourgs de la cité industrielle. Un inspecteur irlandais aux méthodes expéditives est dépêché sur place pour faire le ménage.

« You know, gentlemen, there is hell, and there is another place below hell. »

Elevé dans un quartier pauvre de Birmingham, Steven Knight a été marqué par le récit des méfaits des Peaky Blinders, ces gangsters tirés à quatre épingles qui terrorisèrent la population durant plusieurs décennies. D’une réalité historique et sociale brutale, l’auteur fait émerger une saga à l’esthétique onirique et baroque (hélas appuyée par une débauche de ralentis), vue à travers le prisme de ses souvenirs d’enfant.

Fondamentalement romanesque, la série est dotée d’une distribution cinq étoiles (Sam Neill, Adrien Brody, Tom Hardy, Aidan Gillen) et d’une bande-son résolument rock. Sous le vernis viril, Peaky Blinders teinte son récit d’une réflexion sociale (peut-on s’extraire d’un milieu défavorisé ?) et met en scène des femmes fortes, devenues le seul repère d’hommes traumatisés par la guerre qui n’ont trouvé que la violence pour exorciser leur mal.

 

2. LE BUREAU DES LÉGENDES

Genre : espionnage
Bandeannonce : saison 1
Nombre de saisons à rattraper : 3
Diffusion : DVD (S01-03), en janvier sur Canal+ Séries et Canal à la demande, S04 sur Canal+ en mai 2018

L’histoire : Au sein de la DGSE, le Bureau des Légendes forme et dirige à distance les agents clandestins envoyés à l’étranger pour recruter des cibles susceptibles de fournir des renseignements à la France. De retour d’une longue mission en Syrie, Guillaume Debailly va-t-il réussir à abandonner son identité double et oublier la femme qu’il a aimée à Damas ?

« Dans notre métier, on ne gagne aucune guerre, on ne gagne que des petites batailles. Et quand on les gagne, ce ne sont jamais vraiment des victoires. »

Créée par Eric Rochant (Les Patriotes), Le Bureau des Légendes n’est pas que la meilleure production française. C’est un chef-d’œuvre de l’espionnage. La série met en scène des personnages ordinaires qui se muent en experts de la manipulation, lorsqu’ils sont envoyés sur le terrain. Leurs missions d’une dangerosité extrême sont décrites avec un réalisme qui prend aux tripes (il faut chercher du côté de l’Angleterre avec la fantastique mini-série The Honourable Woman pour retrouver une telle tension).

Fil rouge de l’intrigue, la passion déchirante qui unit Guillaume Debailly (Mathieu Kassovitz, renversant de charisme et de naturel) à Nadia El Mansour (sublime Zineb Triki) va mener le héros à sa perte, compromettant tout le bureau. Servie par une mise en scène brillante, la série se dévore le cœur ardent et laisse une empreinte durable.

En savoir plus : billet de blog complet

 

3. THE AMERICANS

Genre : guerre froide
Bandeannonce : saison 1
Nombre de saisons à rattraper : 5
Diffusion : Netflix (S01-04), DVD (S05), 6ème et dernière saison sur FX en mars 2018

L’histoire : Washington, 1981. Agents de voyage vivant avec leurs deux enfants dans une jolie maison de banlieue, Philip et Elizabeth Jennings sont en réalité espions du KGB. Lorsqu’ils rendent visite à leurs nouveaux voisins pour leur souhaiter la bienvenue, ils découvrent que le mari, Stan, travaille au sein du service de contre-espionnage du FBI.

« I would lose everything before I would betray my country. »

Inspirée d’une histoire vraie, The Americans décrit avec un réalisme saisissant le quotidien des agents infiltrés : austère, routinier, hanté par la paranoïa. Multipliant les identités, les espions vivent dans le mensonge permanent et n’hésitent pas à assassiner des cibles dont ils sont devenus proches, lorsque cela s’avère nécessaire.

La série joue habilement sur plusieurs registres : au suspens de chaque instant se mêle une réflexion passionnante sur l’identité. Conquis par le mode de vie occidental, Philip (Matthew Rhys) éprouve de plus en plus de difficultés à mener une double vie. À l’inverse, Elizabeth (Keri Russell) reste dévouée à l’idéologie communiste, quel qu’en soit le prix. Leur couple y survivra-t-il ?

En savoir plus : billet de blog complet

 

4. FARGO

Genre : humour noir
Bandeannonce : saison 1
Nombre de saisons à rattraper : 3
Diffusion : Netflix (S01-03), S04 sur FX en 2019

L’histoire (S01) : En 2006 dans une petite ville du Minnesota, la vie sans histoire d’un agent d’assurance bascule, lorsqu’il croise la route d’un tueur à gages. Celui-ci propose d’éliminer l’homme qui le harcèle depuis l’enfance.

« The problem is not that there is evil in the world. The problem is that there is good. Because otherwise, who would care? »

Cette série d’anthologie (histoire et acteurs différents chaque saison) inspirée du long-métrage de 1996 est restée fidèle à l’esprit des frères Coen. Distraits, dépassés par les événements ou simplement idiots, les personnages de Fargo se retrouvent pris dans un enchaînement de quiproquos catastrophiques, semant la mort – violente et inéluctable – sur leur passage.

Les rebondissements loufoques se multiplient, dans le silence cotonneux des paysages enneigés. Un délice d’humour noir, modèle de construction narrative, porté par une distribution de rêve (Billy Bob Thornton, Kirsten Dunst, Ewan McGregor) et qui réussit le tour de force de ne rien perdre de son mordant au fil des saisons.

 

5. THE AFFAIR

Genre : liaisons dangereuses
Bandeannonce : saison 1
Nombre de saisons à rattraper : 3
Diffusion : DVD (S01-03), S03 sur RTS Un en mars 2018, S04 sur Showtime en 2018

L’histoire : Noah, un enseignant new-yorkais, se rend dans les Hamptons en compagnie de sa femme et de leurs quatre enfants pour passer les vacances d’été dans sa belle-famille. Sur la route, la famille s’arrête dans un restaurant, où elle est servie par Alison.

« I wanted to make a mistake. I’ve never made a single fucking mistake in my whole life. »

Adaptée d’une série israélienne (des créateurs de l’excellente In Treatment), The Affair bouscule les codes narratifs en basant son récit sur les différences de perception : chaque moitié d’épisode explore la façon dont un personnage a perçu les événements, mettant les points de vue en miroir. Un parti pris fascinant qui démontre à quel point la réalité est subjective.

Au-delà de l’astuce narrative, la série se distingue par la densité de ses personnages, dont on suit l’évolution – terriblement humaine – avec une bonne dose de désarroi. Les quatre acteurs incarnant Noah, Allison et leurs conjoints sont parfaits. Seul bémol : l’intrigue policière se révèle aussi inintéressante qu’inutile.

 

Puisque vous êtes

BLACK MIRROR

Difficile de conseiller de rattraper Black Mirror pendant les fêtes, tant la série de Netflix est éprouvante. Cette anthologie n’en reste pas moins indispensable, chacun de ses épisodes éclairant brillamment l’angle mort de notre époque.

Genre : dystopie terrifiante
Bandeannonce : saison 1
Nombre de saisons : 3
Diffusion : Neflix (S01-03, S04 le 29 décembre)

L’histoire (pilote) : Membre de la famille royale britannique, la princesse Susannah est kidnappée. Ses ravisseurs exigent que le Premier ministre ait une relation sexuelle avec une truie et que les images soient diffusées en direct sur l’ensemble des chaînes nationales. Les réseaux sociaux s’enflamment et ordonnent au chef du gouvernement de s’exécuter.

Black Mirror n’est pas le genre de série qui se visionne les orteils en éventail et le cerveau en veille. Cette anthologie (histoire et acteurs différents à chaque épisode) est un coup de poing asséné au spectateur pour l’éveiller à une réalité dérangeante : l’aveuglement de notre société à l’égard de la technologie.

« There’s sugary, then there’s fucking diabetes. »

Située dans un futur proche, la série dénonce la lente disparition du libre-arbitre au nom du progrès technologique, jusqu’à l’asservissement personnel et collectif. Une perspective cauchemardesque dont la résonnance avec le présent est abyssale.

Emilie Jendly

Emilie Jendly

Emilie Jendly est passionnée de séries télévisées depuis 20 ans. Journaliste franco-suisse, elle présente sur ce blog les nouveautés à ne pas manquer. Spoil prohibé.

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